Karl Denke

tueur en série allemand

Karl Denke
Tueur en série
Image illustrative de l’article Karl Denke
Photo de police de Karl Denke après son suicide.
Information
Naissance
Oberkunzendorf, Münsterberg, Province de Silésie
Décès (à 64 ans)
Münsterberg, Province de Basse-Silésie
Cause du décès Suicide par pendaison
Surnom Papa Denke
Actions criminelles Meurtres
Victimes 30
Période 1903-1924
Pays Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Arrestation

Karl Denke, né le à Oberkunzendorf, à Münsteberg, et mort le à Münsterberg, dit Papa Denke, est un tueur en série allemand des années 1920.

BiographieModifier

L'enfance de Denke n'est pas connue. Âgé d'une vingtaine d'années, il s'installe en 1880 à Münsterberg au 10 de la rue Teichstraße qui sera le lieu de ses crimes. Denke est connu dans le voisinage comme un personnage un peu excentrique mais aussi pour avoir toujours un repas à offrir aux sans-abris et aux ouvriers itinérants. De 1893 à 1895, il est mentionné comme assistant organiste chargé de la machinerie de l'orgue et comme porteur de croix lors des processions de la communauté évangélique. Il est à noter qu'en 1906 il choisit de ne plus payer d'impôt religieux et qu'il se considère depuis comme sorti de l'Église[1].

Arrestation et décèsModifier

Le , des cris s'échappent du logement de Denke. Vincenz Olivier, ouvrier itinérant et sans-abri, en sort avec une blessure ouverte à la tête. Un voisin accouru pour l'aider ne le croit pas quand Olivier déclare avoir été agressé par le vieux Denke à coups de pioche, car Denke est favorablement connu du voisinage. Vincenz Olivier est d'abord arrêté pour vagabondage avant d'être présenté le lendemain au juge devant lequel il réussit à plaider sa bonne foi. Le juge ordonne le placement de Denke en détention provisoire, décision qui provoque la colère du voisinage de Denke scandalisé par l'emprisonnement d'un concitoyen irréprochable. Le jour suivant son interpellation, Denke est retrouvé mort pendu dans sa cellule juste avant sa première audition[1].

EnquêteModifier

Le tribunal ordonne la fouille de son logement. Les autorités y découvrent de nombreux restes humains, dont 420 dents, 480 ossements, et des repas préparés à base de viande humaine, certains destinés à une consommation prochaine, d'autres conservés dans des bocaux de conserve pour une consommation ultérieure. On trouve aussi trois bretelles de pantalon et des lacets confectionnés à base de peau humaine[2].

Le suicide de Denke éteint l'action judiciaire : en l'absence de son audition, le détail de ses crimes, le nombre réel de ses victimes et ses motivations restent incertains. Néanmoins, les conclusions de l'enquête menée par la suite établissent :

  • que Denke a tué au moins 30 personnes, a cuisiné leur chair, en a consommé, et en a vendu une partie sur le marché de Breslau, ce qui est contesté par le porte-parole du marché de l'époque
  • que Denke a scrupuleusement consigné par écrit avec une précision de comptable les noms des victimes et leur « poids d'abattage »
  • que les victimes sont soigneusement mentionnées comme étant pour la plupart des vagabonds, dont quatre femmes
  • que les notes de Denke, établies avec minutie, commencent le avec la première victime nommée Ida Launer, et s'arrêtent le avec la trentième victime nommée Kaspar Hubalk, et également la trente-et-unième victime désignée, Vincenz Olivier, mentionnée à l'avance[1].

En 1924 est arrêté le meurtrier en série Fritz Haarmann à Hanovre. En 1921 également, les crimes de Carl Großmann à Berlin sont révélés au grand public. Les trois événements furent mis en parallèle par la presse et dans l'opinion[3].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c murderpedia.org.
  2. Friedrich Karl Kraul: Prozesse, die Geschichte machten : Deutscher Pitaval von 1887 bis 1933. Verlag Das Neue Berlin, 1988, p. 178.
  3. Matthias Blazek: Haarmann und Grans. Der Fall, die Beteiligten und die Presseberichterstattung. ibidem, Stuttgart 2009, (ISBN 978-3-89821-967-9).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Matthias Blazek : Karl Denke, dans : Carl Großmann und Friedrich Schumann – Zwei Serienmörder in den zwanziger Jahren (« Deux tueurs en série des années 1920 »), ibidem-Verlag, Stuttgart 2009, pp. 133 suiv., (ISBN 978-3-8382-0027-9)
  • Michael Horn, Michael Kirchschlager, Petra Klages, Wolfgang Krüger : Historische Serienmörder II : Menschliche Ungeheuer vom späten Mittelalter bis zur Mitte des 20. Jahrhunderts (« Tueurs en série célèbres, tome 2 : Monstres humains du Bas Moyen Âge au milieu du vingtième siècle »), Kirchschlager, Arnstadt 2009, (ISBN 978-3-934277-25-0)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier