Kaiser-Fleetwings XBTK

Le Kaiser-Fleetwings XBTK était un bombardier-torpilleur monomoteur monoplace développé pour la Marine américaine à partir de 1944. Le projet prit fin en septembre 1946 après la construction de 5 exemplaires seulement.

Kaiser-Fleetwings XBTK
Vue de l'avion.
Le Kaiser-Fleetwings XBTK-1 en 1945.

Constructeur Kaiser-Fleetwings
Rôle Bombardier-torpilleur
Bombardier en piqué
Statut Projet annulé
Premier vol
Nombre construits 5
Équipage
1
Motorisation
Nombre 1
Type moteur en étoile 18 cylindres Pratt & Whitney R-2800-34W
Puissance unitaire 2 100 chevaux (1 545 kW)
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 14,83 m
Longueur 11,86 m
Hauteur 4,78 m
Surface alaire 35 m2
Masses
À vide 4 517 kg
Avec armement 7 159 kg
Performances
Vitesse maximale 600 km/h
Plafond 10 200 m
Vitesse ascensionnelle 1 080 m/min
Rayon d'action 1 126,5 km
Armement
Interne 2 canons de 20 mm
Externe 910 kg sous le fuselage
450 kg sous chaque aile
8 roquettes HVAR (en)

DéveloppementModifier

Début 1942 le bureau d'aéronautique de la Marine américaine (BuAer) commença à préparer le remplacement du bombardier en piqué Curtiss SB2C Helldiver et du bombardier-torpilleur Grumman TBF Avenger. L’appareil devait pouvoir emporter une torpille en soute. Fin 1943 il apparut que le design VBT (comme le Douglas SB2D) avait beaucoup augmenté en taille et en poids. Par conséquent l’US Navy lança un design de bombardier en piqué moins grand prévu pour les porte-avions d’escorte[1]. Face à la charge de travail d’un tel programme, le BuAer confia la conception de l’appareil à des entreprises qui n’avaient pas de gros contrats militaires en aéronautique. Le BuAer opta pour Fleetwings[2].

Le projet de bombardier en piqué XBK commença en avec un contrat pour deux prototypes. Afin de limiter la taille de l’appareil, on décida qu’aucune bombe ne serait emportée dans le ventre de l’appareil. Un radar pouvait s’ajouter sous l’aile gauche. Les aérofreins pour le piqué se relevaient vers les haut et le bas sur la partie des ailes la plus proche du fuselage. Le plan horizontal était monté sur l’empennage plus haut que le fuselage. Cette disposition évitait le tremblement de l’empennage lorsque les aérofreins étaient déployés. L’échappement des gaz moteur se faisait presque en arrière du cockpit avec l’espoir de réduire ainsi la traînée aérodynamique de manière significative[2],[3].

Une première inspection de l’appareil avant sa motorisation eut lieu en . Le moteur fut installé en , l’achèvement du premier prototype étant prévue pour [2],[4]. Afin d’accélérer la production, l’US Navy bâtit une nouvelle piste près de l’usine Fleetwing. Début 1945 le BuAer demanda que l’avion puisse aussi emporter une torpille. Celle-ci devait être emportée sous le fuselage de l’appareil dont le nom fut changé en XBTK[2],[4]. Le premier XTBK-1 fut achevé en et effectua son premier vol le [2],[4].

Essais et abandon du projetModifier

Les essais en vol révélèrent une insuffisance du refroidissement moteur et des vibrations du fuselage. Le remplacement du moteur R-2800-22W, dont la production avait cessé, par sa version -34 repoussa les nouveaux essais à . L’avion fut livré à l’US Navy pour évaluation par son centre d’évaluation aérien de la marine (Naval Air Test Center, NATC) au Naval Air Station de Patuxent River dans le Maryland. Après la fin de la seconde guerre mondiale, l’US Navy réduit sa commande de 20 à 10 exemplaires[5]. Le NATC recommanda qu’un système plus classique d’échappement des gaz remplace le système novateur qui entraînait des températures élevées dans le cockpit, des difficultés pour s'en extraire et rendaient l’accès au moteur très difficile après une panne. On nota également que les performances de décrochage étaient mauvaises, particulièrement avec le moteur coupé. On nota cependant que les caractéristiques de piqué étaient supérieures à tout autre bombardier en piqué en service ou en phases de développement[4],[6].

L’appareil retourna à Fleetwings pour de nouvelles modifications. Le deuxième appareil pris son envol en mais 1946. Il était équipé de becs de bord d'attaque qui améliorèrent grandement les caractéristiques de décrochage. Cependant fin 1946 les budgets consacrés aux nouveaux avions furent revus à la baisse. Par ailleurs le Douglas AD Skyraider et le Martin AM Mauler remplissaient déjà le même rôle. En il fut décidé de terminer les cinq appareils déjà en production. Des essais supplémentaires montrèrent des problèmes lors des mises en vrille. L’US Navy mit un terme au contrat le en l’absence de besoin pour un tel appareil[6]. Les cinq prototypes furent mis à la ferraille. Les deux exemplaires ayant volé furent démantelés en 1946[7].

Notes et référencesModifier

  1. Kowalski 1999, p. 1–2.
  2. a b c d et e Andrews 1994, p. 28.
  3. Francillon 1995, p. 238–239.
  4. a b c et d Francillon 1995, p. 239.
  5. Andrews 1994, p. 28-29.
  6. a et b Andrews 1994, p. 29.
  7. Kowalski 1999, p. 26.

BibliographieModifier

  • (en) Hal. Andrews, « XBTK-1 », Naval Aviation News, vol. 76, no 4,‎ , p. 28–29 (lire en ligne).
  • (en) David Donald (dir.), Encyclopedia of World Aircraft, Etobicoke (Ontario), Prospero Books, , 928 p. (ISBN 1-85605-375-X).
  • (en) René J. Francillon, « From Torpedo and Scout Bombers to Attack Aircraft », Air International, vol. 49, no 4,‎ , p. 236–242 (ISSN 0306-5634).
  • (en) Bob Kowalski, Kaiser Fleetwings XBTK-1, Simi Valley (Californie), Ginter Books, , 33 p. (ISBN 0-942612-48-5).