Kafū Nagai

écrivain et nouvelliste japonais

Kafū Nagai (永井 荷風, Nagai Kafū?), pseudonyme de Sōkichi Nagai (永井 壮吉, Nagai Sōkichi?) né le à Tokyo et mort le à Ichikawa, est un écrivain et nouvelliste japonais. Il est reconnu pour ses œuvres décrivant le Tokyo du XXe siècle, et particulièrement le monde de la prostitution et des geishas.

Kafū Nagai
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Biographie
Naissance
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Tokyo (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
IchikawaVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière Zōshigaya (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
永井荷風Voir et modifier les données sur Wikidata
Noms de naissance
永井 壮吉, 永井 壯吉Voir et modifier les données sur Wikidata
Noms de pinceau
金阜山人, 断腸亭日乗Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Kalamazoo College (en)
Université HitotsubashiVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Autres informations
A travaillé pour
Mouvement
Distinctions

BiographieModifier

Kafū, né à Tokyo, au numéro 45 de la Kanetomi-chō, dans l'arrondissement de Koishikawa, est le fils de Kyūichirō Nagai (永井 久一郎, Nagai Kyūichirō?), bureaucrate et homme d'affaires qui devint célèbre plus tard pour ses poèmes en style chinois. Kafū est l'aîné de trois frères et sœurs. Lors de la naissance de son frère en 1883, il est envoyé dans la famille de sa mère puis rentre chez lui en 1886 lors de son entrée à l'école secondaire.

En 1891, il intègre une école privée de langue anglaise à Tokyo. Toutefois, il passera de nombreux mois entre 1894 et 1895 à l'hôpital d'Odawara, sans doute atteint de la tuberculose. À l'âge de dix-sept ans (1896), bien qu'échouant aux examens d'entrée à l'université, il est diplômé de son école. Cette même année, il commence l'étude des poèmes chinois et entame une longue série de visites dans le quartier chaud de Yoshiwara (à Tokyo). Plus tard, il rend visite à son père à Shanghai qui y est employé par la compagnie de transport maritime Nippon Yusen Kaisha. Il rentre à l'automne et devient employé dans le département de langue chinoise d'une université de langues étrangères[1].

En 1898, Kafū commence à écrire de courtes nouvelles. Dans le même temps, il étudie avec Hirotsu Ryurō (広津 柳浪?). Deux ans plus tard, il publie quelques nouvelles après avoir quitté son poste à l'université. Il trouve par la suite un poste de journaliste et commence l'étude du français[2].

De 1903 à 1908, il séjourne aux États-Unis, où il est étudiant à l'Université du Michigan, puis travaille, à New York, au consulat du Japon et à la succursale de la banque Shôgin[3]. En 1908, il séjourne en France : huit mois à Lyon, employé de Shôgin et deux mois de liberté à Paris[4]. Cela lui permet de publier Amerika monogatari (あめりか物語?, litt. « contes américains ») et Furansu monogatari (ふらんす物語?, litt. « contes français »).

Opposé à l'occidentalisation de la vie japonaise, il tente une redécouverte de la culture de l'époque d'Edo. Découlent de cette volonté plusieurs textes, dont le roman Le Bambou nain (Okame zasa, 1920), qui évoque la vie des quartiers de geisha et de prostituées[5].

Œuvres traduites en françaisModifier

  • 1909 : Le Renard (?), dans Japon et Extrême-Orient n°3, nouvelle traduite par Serge Elisséev, . Nouvelle reprise dans Neuf nouvelles japonaises, G. Van Oest, 1924 (rééditions Le Calligraphe-Picquier, 1984 et Editions Philippe Picquier, 2000).
  • 1909 : Prière à la statue de Maupassant (extrait de ふらんす物語), dans La Nouvelle Revue Française n°599-600 (Du Japon - p. 156-161), essai traduit par Brigitte Lefèvre et Tomomi Ota, .
  • 1909 : La Sumida (すみた川?), suivi de Fantaisie, roman court traduit par Pierre Faure, Gallimard (Collection « Connaissance de l’Orient »), 1975 (rééditions 1988 et 1995).
  • 1909 : Le Jardin des pivoines (牡丹の客?), dans Le Jardin des pivoines par Nagaï Kafû suivi de cinq récits d’écrivains japonais contemporains (p. 1-16), nouvelle traduite par Serge Elisséev, Au Sans Pareil, 1927.
  • 1912-1921 : Interminablement la pluie (雨潚潚?), précédée de En eau peu profonde et Feu d’artifice, trois nouvelles traduites par Pierre Faure, Maisonneuve et Larose, 1985 ; réédition Picquier poche, 1994 (réédition 2011).
  • 1915 : Scènes d'été (Natsu sugata), nouvelle traduite par Jean-Jacques Tschudin, Éditions du Rocher (Collection « Nouvelle »), 2007.
  • 1918 : Du côté des saules et des fleurs (腕くらべ?), roman traduit par Catherine Cadou, Editions Philippe Picquier, 1989 ; réédition Picquier poche, 1994 (réédition 2019).
  • 1920 : Le Bambou nain (おかめ笹?), roman traduit par Catherine Cadou, Editions Philippe Picquier, 1991 ; réédition Picquier poche, 1998.
  • 1931 : Chronique d'une saison des pluies (つゆのあとさき?), roman traduit par Marc Mécréant, Editions Philippe Picquier, 1992 ; réédition Picquier poche, 1997 (réédition 2014).
  • 1931-1935 : Voitures de nuit, sept nouvelles (Une femme en chambre garnie ; Saison des pluies ; L’Hortensia ; Voitures de nuit ; Un soir au café ; Un amour non partagé ; Cheveux bouclés) traduites par Roger Brylinski, Publications Orientalistes de France (Collection « D’étranges pays »), 1986 ; réédition 10/18 (Collection « Domaine étranger »), 1992. Réédition en deux tomes : La Saison des pluies, Cambourakis (Collection « Cambourakis Poche »), 2019 et Voitures de nuit, Cambourakis (Collection « Cambourakis Poche »), 2020.
  • 1937 : Une histoire singulière à l'est du fleuve (濹東綺譚?), roman traduit par Alain Nahoum, Gallimard (Collection « Connaissance de l’Orient »), 1992.
  • 1940 : Le Secret de la petite chambre (四畳半襖の下張, Yojōhan fusuma no shitabari?), dans Le Secret de la petite chambre, suivi de La Fille au chapeau rouge, nouvelle traduite par Elisabeth Suetsugu, Editions Philippe Picquier, 1994 ; réédition Picquier poche, 1997 (Note : cette nouvelle est attribuée, sans certitude, à Kafû Nagai).
  • 1942 : La Décoration (勲章?), dans Anthologie de nouvelles japonaises contemporaines (tome I), nouvelle traduite par Marc Mécréant, Gallimard, 1986.
  • 1956 : Les Yôkan, nouvelle traduite par Ryoko Sekiguchi et Patrick Honnoré, La Cocotte (Collection « Raconte-moi une histoire de cuisine », Volume 7), 2012. Reprise dans Le Club des gourmets et autres cuisines japonaises, P.O.L., 2013.
  • ? : Conte d’été (Enoki monogatari), traduit par Roger Brylinski dans France-Japon n°43-44 (p. 388-392), juillet-.

Adaptations de ses œuvres au cinémaModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Nagai Kafu », sur www.nautiljon.com (consulté le 14 février 2020)
  2. « Nagaï Kafū », sur Éditions Cambourakis (consulté le 14 février 2020)
  3. Tomomi Ota, « Récits d’Amérique (1908), Récits de France (1909) : images hybrides de l’Occident et de l’Orient chez Nagai Kafu (1879-1959) », dans L'ailleurs de l'autre : Récits de voyageurs extra-européens, Presses universitaires de Rennes, coll. « Enquêtes et documents », (ISBN 978-2-7535-4930-2, lire en ligne), p. 111–122
  4. Pierre Faure, « Avant-propos », in Nagai Kafū, La Sumida, Gallimard, 1975, p. 18-19
  5. Seiichi Iwao, Teizō Iyanaga, Susumu Ishii et Shōichirō Yoshida, « 3. Nagai Kafū (1879-1959) », Dictionnaire historique du Japon, vol. 15, no 1,‎ , p. 39–40 (lire en ligne, consulté le 14 février 2020)

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