Köten

Chef couman

Köten (Kotian) Khan est un chef militaire couman qui régna de 1223 à 1241. Il a réussi à forger des alliances militaires avec la Rus' de Kiev. Il a été à l'avant-plan de la défense des steppes russes lors du grand raid du commandant mongol Subötaï.

Kuthen
Image dans Infobox.
Fonction
Khan
Biographie
Naissance
Décès
Enfants
Q28962878
Élisabeth la Coumane
Mariya Kotyanovna (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Comme plusieurs personnalités historiques des peuples nomades, les informations sur Köten sont fragmentaires et imprécises. Il serait lié à la tribu des Duruts, possiblement un sous-groupe des Terter-Oba[1].

BiographieModifier

 
Cumans arrivant en Hongrie.

C’est le père de Köten, Kontchak, qui a uni les Coumans de l’Est et de l’Ouest dans une confédération tribale. Ce dernier a également changé le mode de succession pour accorder au leader tribal le plus âgé le titre d’héritier du royaume. C’est ainsi que Köten est devenu, à la mort de son père, le khan des Coumans[2].

En 1222, averti de l'arrivée de contingents mongols traversant le Caucase, Köten envoie un imposant contingent militaire pour affronter les forces de Subötaï. Sous le commandement de son frère Yuri, il réunit une coalition composée de Lezghiens, Tcherkesses, Bulgares, Khazars, et des Alains[3].

Les Mongols parviennent à repousser les forces déployées devant lui et ravagent le territoire Couman. Köten réussit à fuir le massacre et se réfugie dans la Rus' de Kiev. Il plaide une alliance contre les Mongols auprès de Mstislav Mstislavich, auquel il avait marié sa fille quelques années plus tôt. «Aujourd'hui, les Tatars ont pris nos terres. Demain, ils prendront les vôtres», plaidera-t-il. Il réussira à former une coalition réunissant 80000 hommes qui seront exterminés dans la célèbre bataille de la rivière Kalka en 1223[4].

Köten cherche protection pour lui et son peuple en Hongrie. Il accepte de devenir vassal de Bela IV et de se convertir au christianisme[5]. Bela se proposera même à être le parrain de Köten lors de son baptême[6].

Cependant, l'arrivée massive des Coumans dans le royaume ne fait pas l'affaire de tous. Déjà aux prises avec des barons qui voient d'un mauvais œil les réformes qu'il tente d'appliquer, Bela doit défendre sa décision d'accueillir ces barbares puants qui détruisent les terres cultivées avec leurs chevaux. Il refuse la demande des barons d'expulser les Coumans, sachant qu'il aura besoin de cette cavalerie puissante et expérimentée lorsque les Mongols arriveront[7].

En effet, en 1238 et à l'aube de l'invasion de l'Europe, Batu Khan envoie une lettre à Bela IV l'ordonnant d'expulser les Coumans de son territoire. Selon lui, le contrôle de ce peuple nomade doit revenir aux Mongols, un peuple nomade. Cette fois-ci non plus, Bela ne cède pas[8].

En 1241, Subötaï pénètre en Hongrie par le col de Verecke. Köten mobilise ses troupes pour aider son hôte. On estime que 10 % des Coumans en exil pourront se joindre à Bela, soit 4000 des 40000 membres de son peuple[9].

Alors que les Mongols sont à compléter leur conquête de la Hongrie, les barons de Bela en ont toujours contre Köten et son peuple. Après que le roi a à nouveau refusé leur expulsion, un certain nombre de barons pénètrent en pleine nuit dans les quartiers de Köten à Buda pour le capturer. Pris au piège, Köten tue sa femme et se suicide.

Les barons coupent les têtes de Köten, de sa femme et d'un certain nombre de prince Coumans et les jettent à la rue. Furieux, les Coumans se révoltent et pillent plusieurs villes et villages et se sauvent en Bulgarie[10].

GénéalogieModifier

Dans la cultureModifier

Jeu vidéoModifier

Notes et référencesModifier

  1. Sverdrup 2017, p. 203.
  2. Nicolle & Shpakovsky 2001, p. 21-22.
  3. Gabriel 2006, p. 96.
  4. Sverdrup 2017, p. 204-205.
  5. Sverdrup 2017, p. 305.
  6. Chambers 1979, p. 78.
  7. Chambers 1979, p. 90.
  8. Sverdrup 2017, p. 311.
  9. Sverdrup 2017, p. 313.
  10. Chambers 1979, p. 93-94.

BibliographieModifier