Julius Ritter

militaire allemand

Julius Ritter (1893-1943 à Paris) était un colonel SS (Standartenführer) qui supervisait en France le Service du travail obligatoire (STO), qui envoyait des dizaines de milliers de travailleurs français en Allemagne pour y soutenir l'industrie nazie. Son chef à Berlin était Fritz Sauckel qui fut condamné à mort au procès de Nuremberg. Julius Ritter a été exécuté par des membres du mouvement Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée le à Paris.

Julius Ritter
Bundesarchiv Bild 183-J15613, Julius Ritter.jpg
Julius Ritter en 1943.
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Julius Ritter lors du discours pour le premier départ pour le STO.

BiographieModifier

Julius Ritter a adhéré au parti nazi (NSDAP) et à la SS en 1931[1]. En 1932, il devient Docteur en Droit, spécialisé en Droit du Travail, à l'Université d'Iéna.

L’exécutionModifier

Le , vers h 30, devant son domicile du 18 rue Pétrarque dans le 16e arrondissement de Paris, une équipe des FTP-MOI (Marcel Rajman, Leo Kneler, Spartaco Fontanot et Celestino Alfonso) abat l'officier SS Ritter[2].

Au moment où celui-ci monte dans sa voiture, Celestino Alfonso tire plusieurs coups de feu qui sont amortis par la vitre. Essayant de se dégager du côté opposé, Ritter se trouve en face de Marcel Rajman, qui l'achève de trois balles[3],[4].

Les coups fatals sont portés par le pistolet donné par Hans Heisel, Allemand du ministère de la Marine passé à la Résistance via l'organisation du Travail allemand[5],[6].

Dans Paris-Soir du 2 octobre 1943, la dénonciation en première page de cet « acte abominable » et les obsèques officielles en l'église de la Madeleine donnent plus d'éclat encore à l'opération. On y parle aussi de « lâche assassinat par des terroristes ». Le corps de la victime avait été placé dans une chapelle ardente à l'intérieur du musée de l'Orangerie. De chaque côté du cercueil, trois officiers allemands montaient la garde (photo Paris-Soir). L'assassinat de Ritter eut un grand impact à Berlin et Heinrich Himmler ordonna à son représentant en France, Carl Oberg, de réprimer les « terroristes ». Les fusillades d'otages, qui avaient cessé depuis l'automne 1942, reprirent. Pour cet attentat, 50 otages du camp de prisonniers du fort de Romainville ont été sélectionnés et exécutés le au Mont Valérien[7],[8], dont quatorze membres du réseau Alliance[9].

Notes et référencesModifier

  1. (de) NSDAP-Mitgliedsnummer 680 323, Beitritt am 1. November 1931. SS-Mitgliedsnummer 34 491, Beitritt am 1. Dezember 1931.
  2. Charles de Saint Sauveur, « L’ange tueur de l’Affiche rouge », sur atelier.leparisien.fr
  3. « Rue Pétrarque », sur parisrevolutionnaire.com,
  4. Adam Rayski, « L’Affiche rouge » [PDF], sur fondationresistance.org, Ville de Paris,
  5. Schaul 1973.
  6. Collin 2014, p. 86 (note de bas de page).
  7. Michel Dalan, « 15 décembre 1941 - 75 otages, dont Gabriel Péri, fusillés au mont Valérien », sur herodote.net,
  8. Sylvie Zaidman, « Le fort de Romainville : des traces du camp d'internement aux graffitis de la casemate n°17 », sur criminocorpus.org,
  9. Daniel Grason, Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés par condamnation et comme otages et guillotinés en France pendant l'Occupation (lire en ligne), Notice « RIMBERT Jean, Antoine »

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Claude Collin, Le « Travail Allemand », une organisation de résistance au sein de la Wehrmacht : Articles et témoignages, Paris, Les Indes savantes, , 131 p. (ISBN 978-2-84654-352-1) ; en particulier le chapitre « Hans Heisel. « S'il y a une période de ma vie dont je ne regrette rien, c'est bien celle-là » », dans Claude Collin, Le « Travail Allemand », une organisation de résistance au sein de la Wehrmacht, p. 79-101 propos recueillis en 2009  
  • (de) Dora Schaul, Resistance : Erinnerungen deutscher Angehöriger der französischen Resistance und der Bewegung »Freies Deutschland« für den Westen, Berlin, Dietz Verlag, .  

Articles connexesModifier