Julien Schmaltz

administrateur colonial français

Julien-Désiré Schmaltz, né le à Lorient et mort le à Smyrne (Turquie), est un administrateur colonial français qui fut gouverneur du Sénégal entre 1816 et 1820.

BiographieModifier

Jeunesse et débutsModifier

Julien-Désiré Schmaltz est né le à Lorient, fils de Jean-Boniface Schmaltz et de Louise Declos.

Enrôlé dans les troupes coloniales hollandaises à Batavia comme officier du génie militaire en 1799, il est capturé par les Anglais à la chute des Indes Néerlandaises en 1811. Il rentre au service de la France comme lieutenant-colonel major de place à la Guadeloupe en 1814.

Gouverneur du SénégalModifier

Succédant au comte Élie-Joseph Trigant de Beaumont, qui n'avait pu prendre ses fonction), et au Britannique Thomas Brereton, il est nommé gouverneur du Sénégal. Il rejoint son poste en 1816 à bord de La Méduse, cause partiellement son naufrage par son insistance à couper au plus court, et fait partie des rescapés. Il reprend officiellement possession, au nom de la France, de la colonie conquise par les Britanniques en 1809.

À la fin de l'année 1818, ayant de très mauvais rapports avec le clergé local, il contraint le préfet apostolique Giudicelli à quitter Saint-Louis. Il fit de même le avec le nouveau préfet Teyrasse, un mois à peine après son arrivée. Celui-ci prononça l'interdit sur la paroisse de Saint-Louis, sanction qui ne sera levée qu'en août 1820.

Le le colonel Schmaltz signe le Traité de Ndiaw avec le Brak (roi) du Waalo Amar Faatim Borso Mbodj et les principaux chefs du pays, tels que le Beethio Sakoura Diop, le Maalo Ndiack Danco Diaw ou le Diogomaye Ndiack Aram Kélar Diaw. Ce traité aboutit par la suite à la création de la ville de Richard Toll (1819) et d’une série de postes commerciaux le long du fleuve Sénégal, ainsi, (Bakel, 1820 ; Dagana, 1821 ; Merinaghen, 1822 ; Lampsar, 1843 ; Sénoudébou, 1845), non sans affrontements avec l'émirat du Trarza et l'almamy du Fouta-Toro qui envahirent alors le Waalo. Lors de ces affrontements, la prise de la capitale du royaume, Nder, engendra le suicide collectif de la Lingeer Fatim Yamar Khouriyaye et de sa suite. Cet épisode tragique est connu de l'historiographie sous le nom de « résistance de Nder ».

Il met en place un vaste projet de colonisation agricole, dans la région du Waalo (coton, indigo…), mais ne lance pas la culture de l'arachide, qui s'installe progressivement plus tard. Il devait être abandonné après son échec en 1831 (manque de colons et de main d’œuvre, insécurité dans la région).

En 1820, le capitaine de vaisseau Louis-Jean-Baptiste Le Coupé lui succède comme gouverneur du Sénégal.

Fin de carrière et mortModifier

Le colonel Schmaltz meurt le à Smyrne (Turquie) où il était en poste comme consul général de France.

Il était marié à Reine Marais, née à Lorient, fille de Julien-Michel Marais et de Michelle-Reine Fauvel, avec laquelle il avait eu une fille, Eliza Schmaltz, née à Port-Louis de l’île Maurice le , décédée le à Paris 8e (acte de décès n° 1333), elle était célibataire..

Julien Schmaltz repose avec son épouse et sa fille au cimetière de Montmartre (pierre tombale à l'abandon, avenue Berlioz, 21e division), dans la tombe repose aussi Pierre-Jacques Schmaltz décédé le , pour situer la tombe : 4e tombe à droite de la tombe de Ludmila Tcherina

FilmModifier

Dans le film Le Radeau de la Méduse, le rôle de Julien Schmaltz est interprété par Philippe Laudenbach, celui de Reine Schmaltz par Claude Jade et celui de leur fille Eliza par Stéphanie Lanoux.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • G. G. Beslier, « Le lieutenant-gouverneur Schmaltz », in Le Sénégal, Paris, Payot, 1935, p. 96-97.
  • Mamadou Diouf, « Le gouverneur Schmaltz et les débuts de la colonisation agricole » in Le Kajoor au XIXe siècle. Pouvoir Ceddo et conquête coloniale, Karthala, 1990, p. 123-128.
  • Pierre Gentil, Les troupes du Sénégal de 1816 à 1890. Tome 1. Soldats au Sénégal : Du colonel Schmaltz au général Faidherbe (1816-1865), Dakar-Abidjan, Les Nouvelles éditions africaines, 1978, 187 p.
  • Michel Hanniet, Le Naufrage de "La Méduse", paroles de rescapés, éditions L'Ancre de Marine, 2006, 495 p. (ISBN 2841412105).
  • Léonce Jore, « La vie diverse et volontaire du colonel Julien Désiré Schmaltz », in Revue d’histoire des colonies, t. XL, n° 139, 1953, p. 265-312.
  • Mahamadou Maïga, « Le plan de Julien Schmaltz (1802-1820) », in Le bassin du fleuve Sénégal. De la traite négrière au développement, Paris, L’Harmattan, 1995, p. 33 (ISBN 2738430937).
  • Walter Reichold, , « Les origines du colonel Schmaltz 1771-1827 », Revue française d’histoire d’outre-mer, t. LXII, n° 228, 1975, p. 505.

Article connexeModifier

Liens externesModifier