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Jules Mousseron

mineur de fond et poète français de langue picarde
Jules Mousseron
Jules Mousseron 1912.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
DenainVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière de Denain (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
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Distinction
Denain - Cimetière de Denain (A070, tombe de Jules Mousseron).JPG
Vue de la sépulture.

Jules Mousseron, né le à Denain (Nord) où il est mort le [1], est un poète français de langue picarde et mineur de fond à la Compagnie des mines d'Anzin. Il est particulièrement connu pour avoir créé le personnage de Cafougnette.

BiographieModifier

Jules Mousseron est né à Denain, au « coron Plat », dans une famille de mineurs ; il travaille lui-même à la mine dès l'âge de douze ans et un jour (le 1er janvier étant férié) comme galibot. Orphelin de père à 14 ans, il devient en surface marchand de bonbons pour subvenir aux besoins de la famille, tout en suivant des cours du soir pour s'instruire[2]. Lorsqu'il rencontre en 1886 Adélaïde Blottiaux, celle qui deviendra son épouse, il commence à écrire des vers pour elle, d'abord en français. Le couple aura trois filles[2]. Mais c'est en écrivant des textes en rouchi, sur les conseils de Julien Renard, connu en littérature sous le nom d'André Jurénil, qu'il présente dans les spectacles locaux qu'il commence à connaître un certain succès.

Il publie son premier recueil, Fleurs d'en bas, en 1897. Onze suivront, soit plus de 300 poèmes qui luivalent la reconniassance des milieux littéraires[2].

Il « crée »[note 1],[note 2] en 1899 le personnage de Cafougnette, qui prendra progressivement de l'importance dans son œuvre jusqu'à devenir le thème comique central. La notoriété de Jules Mousseron s'étend alors bien au-delà de la région, il va recevoir chez lui Jean Casimir-Perier, (président de la République de 1894 à 1895)[2]. Il reçoit les Palmes académiques en 1908, est fait Rosati d'honneur en 1924[2]. Il multiplie les spectacles, mais travaille toujours à la mine en tant que mineur de fond, et y restera jusqu'à sa retraite en 1926. Il met sa notoriété au service des plus déshérités, ses spectacles servant également à recueillir des fonds pour les plus déshérités[2].

Il cesse pratiquement d'écrire en 1933. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1936. Son dernier recueil paraît à titre posthume en 1946.

La ville de Denain, la ville « feumière » (association de feu et de fumée des usines travaillant l'acier) comme l'a surnommée Jules Mousseron, par opposition à Paris la Ville lumière[3], a matérialisé le personnage de Cafougnette en créant en 1950 un géant à son image.

ŒuvresModifier

  • Fleurs d'en bas (1897)
  • Croquis au charbon (1899)
  • Feuillets noircis (1901)
  • Coups de pic et Coups de plume (1904)
  • Au pays des corons (1907)
  • Les Boches au Pays Noir (1919)
  • Éclats de gaillettes (1913)
  • La Terre des Galibots (1923)
  • Les Fougères noires (1926)
  • Autour des Terris (1929)
  • Mes Dernières Berlines (1933)
  • Dans nos mines de charbon (1946)
Monologues
  • Cafougnette à Paris (1899)
  • Souvenirs d'une excursion en Suisse (1907)
  • Cafougnette à Ostende (1927)
  • Cafougnette à Bonsecours (1930)
  • Cafougnette garde-champêtre (1930)
  • Cafougnette in aéroplane (1943)
Pièces
  • Brodequin sans talon
  • Vieux mineur

Les filles de Jules Mousseron ont donné ses manuscrits, sa correspondance ainsi que des imprimés et coupures de presse le concernant à l'université de Valenciennes. Conservé entre 1984 et 2005 à la bibliothèque universitaire de Valenciennes, le fonds a depuis été confié à la bibliothèque municipale où il est en cours de numérisation[4]. Il reste la propriété de l'université de Valenciennes[5].

HommagesModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

Notes
  1. Voir le site web de Guy Dubois sur l'ordonnance du 3 janvier 2001 du tribunal de Béthune. « L’affaire Cafougnette », sur http://www.guydubois.free.fr/
  2. D’après le Juge des référés,

    « La juridiction observe qu’il résulte de plusieurs documents (journal Le Galibot) que le nom de Cafougnette a été utilisé par de nombreux auteurs régionaux à la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, et que, selon un spécialiste de la littérature du Nord, Jean Dauby, Jules Mousseron n’en serait pas le créateur, Cafougnette étant un personnage populaire vraisemblablement né d’une tradition orale. »

Références
  1. Jules Mousseron (1868-1943) sur Data.bnf
  2. a b c d e et f Richard Gotte, cité dans la bibliographie
  3. « Denain, l’histoire d’un village devenu ville feumière - La Voix du Nord », sur www.lavoixdunord.fr (consulté le 13 octobre 2019)
  4. « Rouchi »
  5. « Fonds Mousseron »

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Jean Dauby, Tout Cafougnette, Éd. Jean Dauby,
  • Jules Mousseron, Œuvres complètes, Éd. Guy Cattiaux, 1994-1995
  • Richard Gotte, « El'père ed' Cafougnette a cassé s'pipe », dans Cent ans de vie dans la région, tome 3 : 1939-1958, La Voix du Nord éditions, hors série du 17 juin 1999, p. 63.