Jules Marcou

géologue français voyageur scientifique
Jules Marcou
Description de l'image ETH-BIB-Marcou, Jules (1824-1898)-Portrait-Portr 09635.tif (cropped).jpg.
Naissance
Salins, Jura (France)
Décès (à 73 ans)
Cambridge, Massachusetts (Drapeau des États-Unis États-Unis)
Domicile France, États-Unis
Nationalité Française
Domaines Géologie
Institutions Société géologique de France
École polytechnique fédérale de Zurich
American Academy of Arts and Sciences
Renommé pour Première carte géologique des États-Unis, première carte géologique du monde
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur

Jules Marcou né le à Salins-les-Bains (Jura), et mort à Cambridge, Massachusetts aux Ėtats-Unis, est un géologue français, suisse et américain, connu pour avoir osé publier, le premier, une carte géologique de l'ensemble des États-Unis en 1855. Il sera quelques années plus tard le second géologue à publier une carte géologique mondiale en 1861.

Connu pour son caractère abrupt et son franc-parler, il se fera beaucoup d'ennemis dans les milieux de la géologie.

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Il naît à Salins, dans le Jura français, où son père, Philippe Marcou (1795-1854) est négociant et secrétaire de mairie, et sa mère Jeanne Bordy est négociante.

Au cours de ses études à Besançon et au collège Saint-Louis, à Paris, où il côtoie Louis Pasteur, il est souvent malade et en échec scolaire. Dès l'âge de 21 ans, il fait la connaissance de Jules Thurmann, Louis Agassiz et Jean Deluc.

Travaux et vie privéeModifier

Il travaille avec Jules Thurmann à la géologie des monts du Jura. En 1846 et en 1847, il travaille successivement avec Gabriel Delafosse à la Sorbonne, puis avec Louis Cordier au Muséum national d'histoire naturelle. En , il part en Amérique en qualité de géologue itinérant pour le compte du Jardin des plantes, à l'initiative de Louis Cordier. L'année suivante, il rejoint Louis Agassiz à Boston, et l'accompagne dans la région des Grands Lacs.

Son mariage en 1850 avec Jane, fille de l'historien Jeremy Belknap, lui donne une grande aisance financière. Délivré du souci de gagner sa vie, il va faire de nombreuses courses géologiques en Amérique, et au Panama, malgré de nombreuses maladies.

En 1856 il est nommé professeur à la chaire de géologie et paléontologie de l'École polytechnique fédérale de Zurich, dont il démissionnera 2 ans plus tard pour raison de santé.

Après un séjour à Salins, il retourne aux États-Unis en 1860, et devient membre de l'American Academy of Arts and Sciences en 1861. Il fait de nouvelles campagnes géologiques dans les régions les plus dangereuses en pleine Guerre de Sécession.

De 1864 à 1881, il fait des aller-retours entre la France et les États-Unis. À partir de 1881, il ne quitte plus les États-Unis, résidant près de Boston. Ce n'est que fortuitement en 1912 que la chancellerie de la Légion d'honneur est en mesure d'enregistrer son décès intervenu en 1898 à Cambridge (Massachusetts). Il est enterré au Cimetière de Mount Auburn (Massachusetts).

Jules Marcou est père de trois enfants avec Jane Belknap, dont John Belknap Marcou (1855-1912) avec qui il publiera certains de ses ouvrages.

PublicationsModifier

 
Carte de la distribution géographique de l'or et de l'argent aux États-Unis - 1867

Parmi ses 188 publications :

  • Recherches géologiques sur le Jura salinois, [Paris], Société géologique de France, (lire en ligne)
  • Lettres sur les roches du Jura et leur distribution géographique dans les deux hémisphères, Paris, F. Klincksieck, (lire en ligne)
  • Première carte géologique des États-Unis en 1855[1] et deuxième carte géologique du globe en 1861[2].
  • Distribution géographique de l'or et de l'argent aux États-Unis et dans les Canadas, Paris Bulletin de la société de géographique, 1867
  • Explication d'une seconde édition de la Carte géologique de la terre, Zurich, Wurster, (lire en ligne)

Grands amis et grands ennemisModifier

Ses très grands amis furent Louis Pasteur[3] qui fit de lui, en 1842, un portrait au fusain[4], Louis Agassiz et Joachim Barrande. Il écrivit leurs biographies. Il épaula Agassiz dans le cadre du Musée de zoologie comparative que ce dernier créa à Harvard en 1859.

Il attaqua très violemment un certain nombre de personnes ou d'institutions : Edmond Hébert (censé diriger sur le plan scientifique la géologie française), l'Académie des sciences (qui avait un positionnement décalé par rapport à la science vivante et n'accueillait pas suffisamment de jeunes scientifiques), le Corps des ingénieurs des mines (qui monopolisait la fabrication de la Carte géologique de France), le Muséum national d'histoire naturelle, le Geological Survey of America, etc.

La Roche pourrieModifier

 
La Roche pourrie

Le géologue et salinois ne pouvait que s'intéresser à la Roche pourrie, curiosité géologique située près du fort Belin : dans cette faille, les calcaires jaunes (écrasés) de l'Aalénien côtoient les calcaires blanc du Bajocien. Marcou demande à Courbet de peindre le site. La toile, datée de 1864, est exposée sous le titre : "Roche pourrie, étude géologique" ; Courbet a représenté la silhouette d'un homme en noir(Marcou) en bas à droite entre deux blocs de calcaire.

Notes et référencesModifier

  1. Jules (1824-1898) Auteur du texte Marcou, « Carte géologique des Etats-Unis et des possessions britanniques de l'Amérique du Nord / d'après Jules Marcou. 30 myriamètres », sur Gallica, (consulté le 27 octobre 2020)
  2. La première est due à Ami Boué en 1843.
  3. Pasteur fit décorer Marcou de la Légion d'honneur en 1867
  4. « Oeuvre artistique de Louis Pasteur - Louis Pasteur (1822-1895) - HISTOIRE - Institut Pasteur », sur Oeuvre artistique de Louis Pasteur - Louis Pasteur (1822-1895) - HISTOIRE - Institut Pasteur (consulté le 27 octobre 2020)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier