Jules André Peugeot

militaire français

Jules André Peugeot
Jules André Peugeot

Naissance
Étupes
Décès (à 21 ans)
Joncherey
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Grade Caporal
Années de service -1914
Conflits Première Guerre mondiale

Jules André Peugeot, né le à Étupes dans le Doubs et mort le à Joncherey dans le Territoire de Belfort, est un caporal de l’armée française. Il est le premier mort militaire français de la Première Guerre mondiale.

BiographieModifier

Issu d'un milieu modeste, il est en instituteur au « Pissoux » sur la commune de Villers-le-Lac. Une plaque commémorative sur le mur de l’école rappelle sa nomination à sa sortie de l’école normale de Besançon. Son nom figure sur le monument commémoratif de tous les morts enseignants à l’IUFM de Besançon.

Depuis le mois d'avril, Jules André Peugeot, qui effectue son service militaire, est caporal. Au cours de l'été suivant, il prépare le concours des officiers de réserve. Son régiment faisant partie des troupes de couverture, il a pour mission de surveiller la frontière franco-allemande, en cas de tension entre les deux pays[1].

Incident de Joncherey, et premiers morts d'une guerre non encore déclaréeModifier

 
Plaque commémorative installée par M. Docourt sur la façade de sa maison : « Ici mourut le caporal Peugeot, 2 août 1914 ».

Face à la menace de guerre, le gouvernement Français mobilise ses troupes mais pour éviter toute provocation, les enjoints de rester à 10 km de la frontière. Le 2 août 1914 au matin, le caporal Peugeot et quatre de ses hommes sont en mission de surveillance et arrivent à la maison de Monsieur et Madame Docourt. Le couple vit ici avec ses deux fils, leur fille Adrienne Nicolet et sa petite Fernande sont aussi présentes.

Ils prennent une collation quand la fille du propriétaire, partie chercher de l'eau, revient effrayée en criant "Les prussiens! Les prussiens arrivent!".

Il s'agit d'un détachement de reconnaissance allemand de huit hommes du Jäger-Regiment zu Pferde Nr. 5, le 5e régiment de chasseurs à cheval de Mulhouse, commandé par le sous-lieutenant Albert Mayer, 22 ans, qui progresse vers Joncherey en venant de Faverois après avoir violé la frontière française.

Commandant une escouade de la 6e compagnie du 2e bataillon du 44e régiment d'infanterie de Lons-le-Saunier, la mission du caporal Peugeot est de faire barrage et d'empêcher la progression du détachement allemand.

Après avoir sabré sans la tuer la sentinelle française postée en avant de l'escouade, Mayer tire trois fois en direction de Peugeot. Bien que blessé par la deuxième balle, le caporal français riposte et atteint le cavalier d’une balle dans le ventre. Revenant sur ses pas, le caporal Peugeot s’affaisse devant la maison des Docourt et meurt à 10 h 7. Quant à l'officier allemand, il est entretemps atteint d'une seconde balle française qui le frappe mortellement à la tête.

Les deux soldats sont le premier mort militaire français et le premier mort militaire allemand d'une guerre qui ne commença officiellement que le lendemain 3 août, jour de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France[2]. Les deux jeunes gens tombés au champ d'honneur étaient âgés de 21 et 22 ans.

HommagesModifier

 
Bas-relief du premier monument Peugeot à Joncherey.

Le , Raymond Poincaré, à l'époque ancien président de la République, inaugure devant 5 000 personnes à Joncherey le monument érigé pour le caporal Peugeot. Dans son discours, il explique que le caporal Peugeot a été « assassiné » car il a été tué un jour avant la déclaration de guerre avec l'Empire allemand. Cet argument est développé sur le monument lui-même, avec un grand bas-relief allégorique intitulé Violation du droit et représentant Germania qui poignarde dans le dos une personnification du droit. En , le monument de Joncherey est détruit par l'occupant allemand. Mais en 1959, il est reconstruit sous la forme d'un mur souvenir[3].

En , la rue Anatole-France située dans le 17e arrondissement de Paris, à la limite avec Levallois-Perret, est rebaptisée au nom du caporal Peugeot. Un petit square adjacent porte également son nom.

Le , une cérémonie est organisée à Joncherey, en mémoire des deux premières victimes de la Grande Guerre, Jules André Peugeot et Albert Mayer.

Notes et référencesModifier

  1. « Le drame de Joncherey », sur http://www.joncherey.fr/.
  2. Laurent Tatu et Jean-Christophe Tamborini, La Grande guerre dans le Territoire de Belfort, Strasbourg, Éd. Coprur, , 131 p. (ISBN 978-2-842-08139-3, OCLC 469435917), p. 29.
  3. Les secret de la grande guerre, de Rémy Porte, Librairie Vuibert, 2012.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • J. Sibille et Julien Mauveaux, Le premier sang versé par l'Allemagne : L'affaire de Jonchery du 2 août 1914, le récit allemand, les témoignages français, Besançon, Impr. de Millot frères, , 12 p. (notice BnF no FRBNF34086698, lire en ligne).

Liens externesModifier

Articles connexesModifier