Juan Vernet

historien espagnol
Juan Vernet
Biographie
Naissance
à Barcelone (Espagne)
Décès
à Barcelone (Espagne)
Nationalité Drapeau de l'Espagne Espagnol
Thématique
Formation Licence de philologie sémitique (arabe et hébreu) et thèse de doctorat sur l'astronomie marocaine du XIVe siècle.
Titres Professeur de langue et littérature arabe à l'université de Barcelone.
Profession Historien, arabisant, professeur d'université (d) et traducteur (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université de BarceloneVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne (1978/1985).
Approche histoire des rapports scientifiques et intellectuels entre le monde arabe et l'Espagne.
Distinctions Creu de Sant Jordi () et prix Narcís Monturiol ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Académie royale d’histoire (depuis ), Académie royale des belles-lettres de Barcelone (depuis ), Section historico-archéologique de l'Institut d'études catalanes (d) (depuis le ), Académie royale des sciences et arts de Barcelone (depuis ) et Académie internationale d’histoire des sciencesVoir et modifier les données sur Wikidata
Auteurs associés
Partisans
(A influencé)
Julio Samsó Moya et l'école barcelonaise d'histoire des sciences arabes en Occident.
Astrolabe d'Ibrahim ibn Said al-Sahli, Tolède, XIe siècle.
Al-Fârâbî traduit par Gérard de Crémone, ms. du XIIIe siècle.

Juan Vernet est un historien des sciences et arabisant espagnol, né en 1923 et mort en 2011, professeur à l'université de Barcelone pendant plus de trente ans.

Il est l'élève et l'héritier intellectuel du grand orientaliste Maria Millàs Vallicrosa. La rigueur et l'étendue de son œuvre savante lui confèrent une autorité internationale dans le domaine de l'histoire des sciences et des transferts culturels entre l'Orient et l'Occident.

Auteur du livre Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, il est aussi traducteur du Coran et des Mille et Une Nuits en langue espagnole (castillan).

BiographieModifier

Juan Vernet, ou Juan Vernet Ginés ou Joan Vernet i Ginés, est né le à Barcelone, d'une famille venant de Tarragone[1]. Sa mère était originaire d'El Puente del Arzobispo (province de Tolède) et son père un catalan de la commune d'El Masroig (province de Tarragone)[2].

Il meurt à Barcelone le à l'âge de quatre-vingt-sept ans.

Formation scolaireModifier

 
Pensionado de la Enseñanza, Barcelone.

Dans les années 1931-1932, Juan Vernet est élève au Colegio Alemán (collège allemand), situé Calle Moià à Barcelone[3]. En 1933, il fréquente l'école municipale de Prades (province de Tarragone)[2],[3].

À partir de 1936 et jusqu'en 1939, il prépare son baccalauréat à l'Institut Salmerón, rue Muntaner à Barcelone[4], dans lequel il entre sur la suggestion du professeur Pere Bosch Gimpera. Il y apprend notamment le français en mémorisant des textes et en traduisant des nouvelles. Dans son autobiographie intellectuelle, Juan Vernet se souvient du nom de plusieurs de ses professeurs mais aussi des événements extérieurs à l'école comme l'activité des milices anarchistes[3].

Affecté très jeune par une bronchite chronique, qui l'affligea toute sa vie, il est contraint à de longs mois de claustration et d'alitement qu'il consacre à l'étude. Adolescent, il entreprend de déchiffrer l'écriture cunéiforme quand il peut se rendre[3] à la prestigieuse biblioteca del Ateneo de Barcelone où il découvre la Revue d'Assyriologie et les ouvrages contenant la correspondance d'Hammourabi[5].

Parallèlement à l'Institut Salmerón, il suit des cours privés en astronomie et mathématiques avec Joaquín Febrer Carbó[6] (1893-1970) qui dirigeait l'Observatoire Fabra[7]. Le professeur Febrer conduisait ses élèves dans les locaux de la Société astronomique d'Espagne et d'Amérique, situés dans le pensionnat de la Enseñanza et leur enseignait l'algèbre, la trigonométrie plane et sphérique, le calcul infinitésimal[3]. Dans ce groupe se trouvait également Juan-José Orús Navarro (1921-2005)[8] qui succéda à Febrer, en 1964, à la chaire d'Astronomie de l'université de Barcelone[9].

Grand lecteur dès sa scolarité secondaire, à côté de son attrait pour les mathématiques et l'astronomie, Juan Vernet est également passionné par l'histoire[3], au point qu'il hésite jusqu'au dernier moment entre un baccalauréat scientifique ou littéraire. Il choisit finalement le second[1]. Mais il continue à se rendre à l'Observatoire astronomique Fabra scruter le ciel et ses astres[1].

Formation universitaireModifier

 
Université de Barcelone, avant 1914 (carte colorisée).
 
Millàs Vallicrosa, avant 1949.

En [2],[4], Juan Vernet entame des études de lettres et de philosophie à l'université de Barcelone, dans le contexte de dénuement des années qui suivent la guerre civile[5]. Il doit subvenir au coût de ses études et commence à travailler : stagiaire auprès d'un procureur nommé Sola, surveillance du travail des manutentionnaires qui déchargeaient les wagons de charbon sur le port de Barcelone[5] et diverses autres tâches[3].

En 1943, il découvre à la bibliothèque de l'Athénée, le livre de Josep Maria Millàs Vallicrosa[10], Assaig d'història de les idees físiques i matemàtiques a la Catalunya medieval (Essai sur l'histoire des idées physiques et mathématiques dans la Catalogne médiévale, en catalan, 1931) qui décide de son attirance vers l'histoire des sciences arabes.

Durant les vacances universitaires de l'année 1944-1945, il traduit tous les textes arabes et hébreux qui figuraient dans les anthologies du professeur Millàs Vallicrosa[3].

 
Manuscrit d'Ibn al-Banna (1256-1321).

Juan Vernet suit pendant deux ans les cours d'arabe du professeur Ramón Mallofré y Lletgé[11] puis, la troisième année, les cours d'arabe et d'hébreu du professeur Millàs Vallicrosa[10].

Ce dernier, constatant un jour, par hasard, l'inclination de son étudiant pour les astres, l'invita à devenir son successeur : «Il m'a convaincu que je ne devais pas étudier l'arabe et l'hébreu pour, une fois la guerre terminée, partir à l'étranger me consacrer au sumérien et à l'assyrien, mais que je devais rester ici et poursuivre son propre travail. Il pourrait se passer de nombreuses années avant qu'on ne trouve un autre étudiant qui connaisse à ce point les mathématiques et l'astronomie nécessaires pour continuer avec succès mes recherches, argumenta-t-il»[3].

En 1946, Juan Vernet obtient sa licence en philologie sémitique[12], et en 1948 son doctorat de Lettres et Philosophie, à l'université de Madrid, avec une thèse sur Ibn al-Banna, astronome marocain (1256-1321). Le choix de ce travail fut le résultat d'un accord entre Millàs Vallicrosa et son disciple[3]. La thèse s'intitule : Contribución al estudio de la labor astronómica de Ibn al-Banna’[13].

C'est dans ce milieu d'érudits de haut niveau que Juan Vernet acquiert les connaissances scientifiques, philologiques et linguistiques qui lui permirent ensuite de mener des investigations savantes en histoire des sciences[5].

EnseignementModifier

 
Alcazarquivir, ancien Protectorat espagnol au Maroc.

En 1946, Vernet fait partie de la délégation d'étudiants de la section de philologie sémitique de l'université de Barcelone qui effectue un voyage de fin d'année scolaire au Maroc, sous la direction de Millàs Vallicrosa. Il visite Tétouan, Chaouen, Alhucemas, Larache et Alcazarquivir.

Dès sa licence obtenue, en 1946, Juan Vernet sollicite une place de professeur de lettres auprès du Centro Oficial de Enseñanza Media de Alcazarquivir, l'organisme qui s'occupait des écoles hispano-arabes[14] dans les petites provinces de la zone du Protectorat espagnol au Maroc. Il obtient ce poste et arrive sur place le [15]. Il y enseigne pendant quelques mois mais fréquente aussi, en tant qu'élève adulte, une école arabe où il se familiarise avec le dialecte qu'il trouve assez proche de l'arabe classique acquis à l'université. Il retourne à Barcelone en .

 
Édifice historique de l'université de Barcelone (2004).

Millàs Vallicrosa le recrute, après un test réussi, comme chargé de cours pour l'année 1947-1948. Il demeure adjoint de Millàs Vallicrosa, de 1947 à 1954. Cette fonction lui laisse le temps de se préparer aux épreuves pour accéder à un poste de professeur. Il dépouille alors tous les articles du Journal asiatique (depuis 1822 !) et de la Revue des études islamiques, fondée par Louis Massignon.

En 1954, enfin, il accède au poste de professeur, chargé de toutes les disciplines relatives à la langue arabe, à l'université de Barcelone. Il y demeure jusqu'en 1987, formant un grand nombre de disciples.

Idées politiquesModifier

Juan Vernet a révélé dans son autobiographie intellectuelle qu'avant d'être nommé professeur à Alcazarquivir (1946), la police de Barcelone avait enquêté sur son passé politique et qu'elle n'avait rien trouvé en sa faveur ni en sa défaveur : «Religion et politique, dans le sens que l'on donne à ses termes, ne m'intéressent plus depuis 1939 - avant, j'étais trop jeune»[3].

Sur le jihad et l'extrémisme musulmanModifier

Interrogé, en 2001, par le journal El País, Juan Vernet exprime des positions plutôt modératrices. Ses propos ont été relayés en 2005 par une association musulmane espagnole (le Rassemblement islamique d'al-Andalus)»[16].

À la question : sommes-nous confrontés à une guerre sainte ? il répond : «La guerre sainte n'existe pas. J'ai traduit deux fois le Coran et le mot jihad y apparaît dans le sens d'effort. Dans mes éditions du Coran, j'ai ajouté en italique des petits titres. Et dans certains cas, j'ai indiqué guerre sainte, geste que je regretterai toute ma vie. Le problème est celui de la transmission et de l'interprétation selon les différentes écoles»[17].

À la question : pensez-vous que l'islam soit intégriste ? Juan Vernet répond : «Je n'aime pas le mot intégriste. Je préfère extrémiste. On ne peut identifier l'islam avec un intégrisme»[17].

À propos des caricatures de MahometModifier

À propos des caricatures de Mahomet parues dans un journal danois en 2005, Juan Vernet a déclaré qu'elles ne lui plaisaient pas car « elles suscitaient la haine sans raison ». Il a ajouté que « la liberté d'expression, c'est aussi le respect des autres »[18].

Vie privéeModifier

Il épouse en 1961 Leonor Martínez Martín (née le et morte le )[19] qui était professeur de langue et littérature arabe à la faculté de philologie de l'université de Barcelone[2]. Avec elle, il a trois filles : Leonor, Isabel et Diana[12].

À la mort de leurs parents[20], les trois filles ont légué à la bibliothèque de l'université de Barcelone, un fonds de 4 000 volumes : histoire de la science et de la technologie, et études arabes et islamiques pour le fonds Juan Vernet ; philologie et littérature pour le fonds Leonor Martínez Martín[21].

Travaux et apports à l'histoireModifier

Ce que la culture doit aux Arabes d'EspagneModifier

PrésentationModifier

 
Tour de guet musulmane à Torrelodones (proche de Madrid).

En 1978, Juan Vernet fait paraître un livre, achevé depuis 1974 : La cultura hispano-árabe en Oriente y Occidente. Sa traduction en langue française est due à Gabriel Martinez-Gros et paraît en 1985.

L'auteur affiche son objectif dès le prologue : «Ce livre prétend faire l'inventaire de ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne. Qu'il soit bien entendu d'emblée que le mot «arabe» ne renvoie pour moi, ni à une ethnie, ni à une religion, mais à une langue : celle des Arabes, des Perses, des Turcs, des Juifs et des Espagnols au Moyen Âge et qui fit office de vecteur dans la transmission des savoirs les plus divers de l'Antiquité - classique ou orientale - au monde musulman. L'Islam les réélabora et les accrut de nouveaux apports décisifs - l'algèbre et la trigonométrie pour ne citer qu'un exemple ; de l'arabe, ils passèrent à l'Occident grâce aux traductions en latin et en langues romanes et débouchèrent sur le majestueux déploiement scientifique de la Renaissance»[22].

Pour l'historien Floréal Sanagustin[23] : «L'intérêt majeur de ce livre, outre la qualité de ses annotations et son index très fouillés (...) réside dans le fait que Juan Vernet a su éviter l'écueil qui eût consisté à établir un inventaire pur et simple des œuvres scientifiques traduites en Andalus entre le Xe et le XIIIe siècle. Bien au contraire, l'auteur étudie en détail le contexte historico-culturel qui favorisa l'éclosion de ce qu'il est convenu d'appeler la culture arabo-musulmane et sa transmission en Occident chrétien, par le biais de l'Andalus»[24].

L'arabisant espagnol, Serafín Fanjul, par ailleurs très critique sur le mythe d'un Andalus tolérant[25], reconnaît que : «L'apport des scientifiques d'al-Andalus fut sans doute important, surtout dans la transmission des connaissances perses, indiennes et de l'Antiquité grecque qui parvinrent en Europe par diverses voies dont celle d'al-Andalus»[26].

Place historiographiqueModifier

Juan Vernet a amassé, dans ce livre, une somme considérable de connaissances et de références (près de 1500 notes bibliographique) sur le transfert de savoir et de sagesse de l'Orient à l'Occident. Ce transfert ne doit pas être entendu comme un apport délibéré du monde de l'Islam au monde latin, dans une vision anachronique de partage généreux et sans contrepartie de l'intelligence.

Il s'agit plutôt d'une assimilation, recherchée par les chrétiens, des avancées d'une culture concurrente qui tenait son prestige autant de sa considération à l'égard des savants grecs et perses de l'Antiquité que de sa dynamique propre.

 
Ch. Haskins.
  • Pour la médiéviste Danielle Jacquart : « Après une longue somnolence, dont il ne faut pas exagérer la profondeur, l'Occident médiéval connut au XIIe siècle un renouveau intellectuel, qualifié de "renaissance" depuis l'ouvrage de Charles Haskins paru en 1933. (...) L'Occident se mit à s'approprier les richesses intellectuelles du monde arabe, au moment même où il se sentait assez fort pour le combattre par les armes. Alors que les expéditions des croisés en Orient ne jouèrent qu'un rôle mineur, le transfert de savoir se fit en Europe, aux marges des régions qui connurent l'occupation musulmane. (...) Au XIIe siècle, les acquis et les progrès de la Reconquête firent de l'Espagne le lieu privilégié de la transmission. Vers le milieu du siècle, Tolède devint, par ses traducteurs, le symbole du renouveau occidental»[27].

Toutes les œuvres et traductions dont parle Juan Vernet ne concernent finalement que des milieux très restreints. Il est impossible d'en faire une histoire sociale ni de connaître la diffusion réelle de ce savoir au-delà de ces micro-milieux. Il faut souvent se contenter d'une stratigraphie intellectuelle des transferts et d'une analyse du contenu des œuvres traduites.

  • «Si l'impact des traductions tolédanes est incontestable et relativement bien connu, les conditions de leur élaboration gardent une partie de leur mystère. La tentation d'éclairer les zones d'ombre amène souvent l'historien le plus honnête à se transformer en romancier. La personnalité des traducteurs et leur méthode de travail ne se discernent dans les sources qu'à travers un voile qu'il serait hasardeux de faire arbitrairement tomber»[28].

Sur le plan formel, le livre de Juan Vernet présente quelques anomalies de narration : il cherche à suivre la chronologie mais ne l'observe pas toujours. Il revient plusieurs fois sur des aspects identiques dans différents chapitres. L'ouvrage a vraisemblablement été composé à partir d'éléments antérieurs déjà rédigés et assemblés pour l'occasion. Ce qui ne retire rien à sa valeur d'ensemble, aujourd'hui encore inégalée.

Traduction du CoranModifier

 
Page manuscrite d'un Coran andalou du XIIe siècle.

Juan Vernet effectua deux traductions du Coran en langue castillane, l'une en 1953 et l'autre en 1963. Ses éditions comportent des notes, des petits titres thématiques à l'intérieur des sourates et la double numérotation des versets[29] (comme le faisait l'orientaliste français Régis Blachère dans sa propre traduction dès 1949). L'œuvre de Vernet a reçu de multiples approbations aussi bien académiques que des milieux croyants musulmans.

L'arabisant espagnol et catalan, Mikel de Epalza, observe que la traduction par Juan Vernet du Coran en castillan est : «considérée comme un classique unique en cette langue. Elle est apparue meilleure que celle de ses prédécesseurs argentins et que celle de l'écrivain juif-espagnol, Raphaël Cansinos-Assens (1863-1964). Les études universitaires ont utilisé une méthode "laïque", non confessante et objective d'étude des phénomènes religieux de l'islam, avec l'approche qui domine en général dans l'université européenne»[30].

Ailleurs, Mikel de Epalza cite les propos du traducteur spécialisé dans les versions coraniques en espagnol, Juan Pablo Arias Torres[31] : «les versions de Vernet durant les décennies antérieures et celle de Cortés, plus récente, ont joué le rôle d'une sorte de "traduction académique officielle" et ont été l'objet de références obligées dans la plupart des travaux scientifiques en langue castillane sur ces questions»[32].

Traduction des Mille et une NuitsModifier

C'est en 1964 que Juan Vernet proposa sa traduction des Mille et une Nuits[2]'[n 1]. L'accueil que lui réserva le public fut un succès durable.

 
ʾAlf Laylah wa-Laylah (Les Mille et une Nuits, en arabe.

La traductrice et chercheuse Margarida Castells Criballés[34] note : «ce qui est certain, c'est qu'en Espagne, la traduction standard en castillan - intégrale, directement de l'arabe et réalisée selon les critères philologiques appropriés - est encore celle de Juan Vernet, continuellement rééditée. Vernet, exceptionnellement et au-delà de sa tâche de traducteur, était aussi un arabisant universitaire attaché à communiquer ses recherches sur les Mille et une Nuits au monde académique. Sa traduction est basée sur une réimpression de l'édition égyptienne de Bulaq avec des ajouts provenant de la seconde édition arabe publiée à Calcutta et d'autres sources»[35].

Biographie de MahometModifier

Juan Vernet a publié, pour la première fois en 1974, une biographie de Mahomet qu'il a rééditée en 2006[36]. C'est à la suite de ses traductions du Coran qu'il est conduit à travailler sur la vie du prophète de l'islam. Sa biographie est marquée par une empathie à l'égard du personnage dont il regrette qu'il soit une figure mal connue et chargée de préjugés en Occident[37].

La vie de Mahomet est marquée par de récurrentes guerres tribales. Cependant dit Juan Vernet : «L'Islam s'est consolidé avec les guerres, certes, mais toutes les religions ont agi de même». Au sujet des relations avec les chrétiens, Vernet note que le prophète les admirait. Quant aux Juifs «il les a tolérés et ne les a combattus que pour des disputes temporaires». Selon le biographe, le Coran signale qu'avec «la mort de Muhammad, les guerres n'étaient plus "saintes"», bien que «les chiites croient que la "guerre sainte" continue avec les descendants du Prophète», selon lui[38].

 
Mahomet, copie ottomane du XVIIe siècle d'un manuscrit nord-iranien ou nord-irakien du XIVe siècle.

Le savant espagnol de Barcelone explique encore : «Muhammad était un garçon orphelin et un homme pratique, juste, impartial et pieux, de grande intelligence. Il a eu des révélations, a répété la parole de Dieu et a créé une religion qui s'est répandue dans le monde entier». À l'encontre de l'opinion répandue dans le monde islamique, Vernet affirme que Muhammad savait lire et écrire parce qu'il était le chef des caravanes, ce qui impliquait, ajoute-t-il, «acheter, vendre et assurer le contrôle des marchandises»[36].

Sa méthode d'investigation reste fidèle aux sources islamiques traditionnelles, particulièrement la Sîra, mais il les utilise toutes sans se préoccuper de l'interprétation exclusiviste de tel ou tel courant de la tradition musulmane. Selon Julio Samsó, Vernet «avait envie de suivre scrupuleusement le contenu de la Sîra d'Ibn Ishâq, la source historique la plus ancienne de la vie du Prophète»[39].

  • Or, pour les musulmans malékites, cette source est irrecevable. Un membre du Collectif al-Hanifiyyah, qui prétend présenter une image correcte et non déformée de l’Islam, explique : «Ibn Ishâq ne fait pas l'unanimité parmi les spécialistes du hadîth, certains l'encensent et d'autres l'accusent de tous les maux. Par exemple, selon le grand Imam Malik, Ibn Ishâq rapporterait ses histoires des juifs qui lui racontaient le déroulement des campagnes ou des guerres. C'est pour cette raison que l’Imam Malik le traita de "menteur" et "d’imposteur"»[40].
  • Que Juan Vernet, savant formé aux critières de validité de la méthodologie historienne, n'ait pas privilégié le champ du hadîth n'est pas surprenant : la crédibilité historique de ces ensembles de propos n'a jamais été établie par la critique non confessante[41]. La probabilité d'authenticité de l'œuvre des historiens musulmans est plus forte, en tout cas pour l'épistémologie du savoir rationnel occidental.

Lola Infante, de la revue en ligne Revista de Libros[42] consigne la remarque suivante : «La biographie de Mahomet publiée cette année [2006] par l'illustre Juan Vernet (une réédition de celle parue en 1987), auteur de la première traduction du Coran en espagnol, suit scrupuleusement les données du Coran lui-même et des sources canoniques musulmanes de la vie du Prophète : la Sira d'Ibn Hisham, probable refonte de celle d'Ibn Ishaq, celle des Annales de Tabari, les campagnes de Muhammad écrites par Al-Waqidi et le Tabaqat[43] d'Ibn Saad. À travers sa lecture, il est impossible de conclure qu'il n'y a rien de vrai dans le stéréotype chrétien médiéval : guerres, meurtres, terreur, extermination, viols de prisonniers, désir de pillage, assassinats par traîtrise, élimination préméditée des Juifs de Médine...»[44].

Témoignages et jugementsModifier

Jugements approbateursModifier

  • Serafín Fanjul, à l'occasion de la réédition, augmentée, du recueil Littérature arabe en 2002, écrit : «Juan Vernet, arabisant reconnu à juste titre, chez nous comme à l'extérieur de nos frontières, et depuis de nombreuses années membre de l'Académie royale d'Histoire espagnole, a dédié la plus grande partie de sa vie professionnelle aux études spécialisées de la science arabe ; champ dans lequel il laissera une école - fondamentalement composée de catalans - d'autant plus nécessaire qu'elle est rare. Cependant, si le professeur Vernet est connu parmi le public espagnol cultivé, cela est dû à l'attention qu'il consacra à quelques-unes des œuvres fondamentales de la littérature arabe : ses traductions des Mille et une Nuits et du Coran comptent parmi les raretés existantes dans notre langue, et au moment de leur apparition elles ont constitué des apports indispensables face à l'océan des multiples lacunes concernant les œuvres de base, lacunes dont nous avons souffert quand nous étions étudiants»[45].
 
Université de Salamanque, salle des actes.
  • Julio Samsó[39] : «Quand, avec le temps, j'ai pu connaître personnellement les arabisants espagnols de sa génération, j'ai réalisé qu'ils étaient tous des spécialistes d'une discipline spécifique, alors que Vernet les contrôlait toutes avec une compétence totale»[46].
  • Miquel Forcada[47] : «Juan Vernet était parmi nous, les Occidentaux, l'un des plus grands chercheurs et propagateurs de la civilisation arabo-islamique dans trois des domaines les plus importants de son apport : la science, la littérature et la religion. Il le fut aussi pour les Arabes et les musulmans en général, à qui il a fait découvrir des profondeurs inexplorées de leur propre passé»[48].
  • Camilo Álvarez de Morales[49] et Concepción Vázquez de Benito[50] : « La plupart des arabisants espagnols, en tout cas tous ceux qui ont passé l'âge de cinquante ans, ont eu, en Vernet, un professeur plus ou moins direct, dont nous avons appris en lisant son travail ou lors de conversations directes en de multiples occasions, contacts qu'il n'a jamais négligés. C'était un maître chaleureux chez qui on trouvait toujours une réponse assurée et prévenante aux questions posées, à laquelle il savait joindre quelque chose de personnel qui le faisait sentir proche et ouvert[51]. »

Jugements critiquesModifier

  • Serafín Fanjul reproche à Juan Vernet sa vision irénique des liens entre hommes et femmes dans le monde de l'Islam ou entre musulmans et non musulmans : «Juan Vernet se montre assez désinvolte en s'appuyant sur des exceptions à propos de la question clé et très sérieuse des relations des musulmans avec le reste des êtres humains, à propos du mariage ou de la liaison sexuelle et affective, ou encore des rapports entre les musulmans et ceux qui ne le sont pas, sans oublier la mention inévitable de la bienheureuse Wallada bint al-Mustakfi (XIe siècle) que tout arabisant se doit d'exhumer pour attester, à grand-peine, la liberté des femmes musulmanes d'al-Andalus»[52].

Postérités inégalesModifier

 
Fonds Maria Millàs Vallicrosa dans une bibliothèque de l'université de Barcelone.

Étrangement, l'accueil de l'œuvre de Juan Vernet en France est resté très modeste. Exception faite, bien sûr, de la traduction de La cultura hispano-árabe en Oriente y Occidente (1978) sous le titre Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne par le médiéviste Gabriel Martinez-Gros en 1985.

Aucun autre ouvrage n'a été traduit, très peu d'écho universitaire, des comptes rendus quasi squelettiques. Le livre Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne est souvent cité dans les bibliographies mais son contenu ne fait pas l'objet d'une réelle appropriation en termes d'analyses et de discussions de fond. Mentionné mais rarement lu. À tel point qu'on attribue parfois à l'héritage andalousien ce qui revient aux traducteurs chrétiens de «l'école de Tolède», oubliant que ce travail s'est effectué dans les territoires reconquis par les souverains catholiques.

Il en va différemment en Espagne, bien sûr. Une école d'arabisants et d'historiens des sciences, axée sur les apports arabes à l'Occident durant le Moyen Âge - la période de rencontre des cultures wisigothique, latine, et arabe (et des deux dernières avec l'héritage de l'Antiquité) dans les deux espaces : musulman (al-Andalus) et chrétien (Reconquista) - s'est constituée, à l'université de Barcelone, depuis l'époque de Maria Millàs Vallicrosa (1897-1970)[53].

Ce dernier a eu pour disciple Juan Vernet et lui-même pour disciple Julio Samsó Moya[54] (né en 1942). Ce travail se poursuit avec de nombreux chercheurs[55] : María Mercè Viladrich[56], Mercé Comes, Emilia Calvo[57], Miguel Forcada[58], Mónica Rius Piniés[59], Joan Carandell[60], Margarita Castells Criballés[61] et Roser Puig Aguilar[62].

DistinctionsModifier

PublicationsModifier

Auteur de 22 livres et de 325 articles[51], il collabore aussi à plusieurs ouvrages collectifs dont le Dictionary of Scientific Biography (sous la direction de Charles Gillispie), l'Histoire des sciences arabes (sous la direction de Roshdi Rashed), l'Encyclopédie de l'Islam.

 
le prophète Mahomet, miniature ottomane, XVIe siècle.
  • Contribución al estudio de la labor astronómica de Ibn Al-Bannā', memoria que presenta... D. Juan Vernet Ginés para obtener el título de Dr en filosofía y letras, sección de filología semítica, Tétouan, 1951.
  • Historia de Marruecos. La islamización (681-1069), Tétouan, éd. Marroquí, 1957.
  • Los musulmanes españoles, Barcelone, 1961.
  • Literatura árabe, éd. Labor, Barcelone, 1966.
  • Astrología y astronomía en el Renacimiento. La revolucíon copernicana, éd. Ariel, Barcelone, 1974.
  • Historia de la ciencia española, Madrid, 1975.
  • Estudios sobre historia de la ciencia medieval, Faculté de philologie de l'université de Barcelone, 1979.
  • Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne (1978), traduction de l'espagnol par Gabriel Martinez-Gros, éd. Sindbad, 1985.
  • Estudio sobre historia de la ciencia arabe, éd. CSIC, Madrid, 1980.
  • El Islam y Europa, éd. El Abir, Barcelone, 1982.
  • Nuevos estudios sobre astronomía española en el siglo de Alfonso X, éd. CSIC, 1983.
  • La ciencia en Al-Andalus, Editoriales Andaluzas Unidas, Séville, 1986.
  • Al-Andalus, el islam en España, Barcelone, Madrid, 1987.
  • De Abd al-Rahman I a Isabel II, Instituto Millá Vallicrosa de historia de la ciencia árabe, Barcelone, 1989.
  • Mahoma (1953-1963), éd. Espasa-Calpe, Madrid, 1992.
  • El legado científico andalusí, Exposition du musée archéologique national, Madrid, 1992.
  • Astrología y astronomía en el Renacimiento, d. Acantilado, Barcelone, 2000.
  • Los orígenes del Islam, éd. Acantilado, Barcelone, 2001-2013.
  • El Corán, traduction en castillan (1953 et 1963), Plaza & Janés, Barcelone, 2001.
  • Al-Andalus, culturas de convivencia, Barcelone, 2002.
  • Literatura árabe, éd. Acantilado, Barcelone, 2002.
  • Les Mille et une Nuits (1964), traduction en castillan, Círculo de Lectores, Barcelone, 2006.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « La première traduction intégrale en castillan », d'après Camilo Álvarez de Morales et Concepción Vázquez de Benito 2012.

RéférencesModifier

  1. a b et c "Joan Vernet, un arabista total", Carles Geli, El País, 26 juillet 2011
  2. a b c d et e Diccionario Akal de Historiadores españoles contemporáneos, Ignacio Peiró Martín y Gonzalo Pasamar Alzuria, Madrid, 2002, notice "Vernet Ginés Juan".
  3. a b c d e f g h i j et k Juan Vernet, "Autobiografía intelectual", Anthropos. Revista de documentacion cientifica de la cultura, n° 117 : "Juan Vernet, historia de la ciencia y de la cultura. Aportaciones de la Escuela de Barcelona", Barcelone, février 1991.
  4. a et b "Recuerdos de un estudiante de la facultad de filosofía y letras (1942-1946)", Juan Vernet, Boletín de la Real Academia de la Historia, tome CXCIX, n° I, année 2002.
  5. a b c et d "Joan Vernet (1923-2011) y la luz de Oriente y Occidente", Miquel Forcada, Quaderns de la Mediterrània, 16, 2011, Barcelone.
  6. Joaquim Febrer i Carbó
  7. "Joaquín Febrer Carbó", Biografías y Vidas.
  8. Jorge Núñez, Boletín de la SEA, n° 15, invierno 2005-2006, p. 2-3.
  9. Iván Fernández Pérez, Aproximación histórica al desarrollo de la astronomía en España, 2009, p. 128-129.
  10. a et b Josep Maria Millàs Vallicrosa. Millàs Vallicrosa, érudit renommé, travaillait à la résurrection des textes littéraires, scientifiques et religieux laissés par les Juifs catalans.
  11. Ramón Mallofré y Lletgé était chargé de cours. Il meurt en 1951 et lègue à Juan Vernet tous les livres qu'il désire de sa bibliothèque.
  12. a et b Biographie parue sur le site de l'Académie royale d'histoire.
  13. Contribution à l'étude de l'œuvre astronomique d'Ibn al-Banna'
  14. González González Irene, «École et idéologie dans le protectorat espagnol au Nord du Maroc (1912-1956)», Carnets de l’IREMAM, 18 octobre 2012.
  15. "Juan Vernet: su presencia en Marruecos y en Madrid", Mariano Arribas Palau, Anthropos. Revista de documentacion cientifica de la cultura, no 117 : "Juan Vernet, historia de la ciencia y de la cultura. Aportaciones de la Escuela de Barcelona", Barcelone, février 1991.
  16. Islam y al-Andalus, en ligne, 1er mai 2005.
  17. a et b El País, propos recueillis par Javier Rodrígues Marcos, 29 septembre 2001.
  18. (es) Debate de civilizaciones, El PaÍs (Madrid), 7 février 2006
  19. Fiche data.bnf.fr sur Leonor Martínez Martín et sur 'blogarabiia.
  20. Julio Samsó Moya leur a rendu hommage en ces termes : "Avec leur mort disparaît la génération des maîtres du département d'Arabe de l'université de Barcelone, auquel mari et femme ont été liés toute leur vie et sur lequel ils ont laissé leur empreinte", in "Leonor Martínez Martín (1930-2013)", Traducir el mundo árabe. Homenaje a Leonor Martínez Martín, publications de l'université de Barcelone, 2014, p.11.
  21. Biblioteca Leonor Martínez i Juan Vernet.
  22. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 11.
  23. Floréal Sanagustin, professeur de langue et civilisation arabes à l’Université.
  24. Floréal Sanagustin, Bulletin critique des annales islamologiques, 4, 1987, p. 175-177.
  25. Serafín Fanjul, Al Andalous, l'invention d'un mythe: La réalité historique de l'Espagne des trois cultures, éd. L'Artilleur, octobre 2017.
  26. « Entretien avec Serafín Fanjul, propos recueillis par Arnaud Imatz » (entretien republié sur le site Novopress), La Nouvelle Revue d'histoire, no 62, septembre-octobre 2012.
  27. Danielle Jacquart, "L'école des traducteurs", Tolède, XIIe-XIIIe. Musulmans, chrétiens et juifs : le savoir et la tolérance, dir. Louis Cardaillac, éd. Autrement, 1991, p. 178-179.
  28. Danielle Jacquart, "L'école des traducteurs", Tolède, XIIe-XIIIe. Musulmans, chrétiens et juifs : le savoir et la tolérance, dir. Louis Cardaillac, éd. Autrement, 1991, p. 179.
  29. Celle de l'Allemand Flügel et celle de l'édition arabe du Caire (1923).
  30. Mikel de Epalza, "Antecedentes islamocristianos concretos de la traducción del Corán al catalán", 'Ilu. Revista de Ciencias de las Religiones, no 8, 2003, p. 213.
  31. Juan Pablo Arias Torres, Universidad de Málaga, Traducción e Interpretación.
  32. Mikel de Epalza, El Corán y sus traducciones: propuestas, publications de l'université d'Alicante, 2008, p. 309
  33. Una temporada en el infierno, Juan Pedro Quiñonero, 7 décembre 2017.
  34. Éléments biographiques sur Margarida Castells Criballés : Centre de culture contemporaine de Barcelone (2013) et Dialnet (2007-2014).
  35. "En el laberinto de «Las mil et una noches» : ficciones, tradiciones y traducciones", Traducir el mundo árabe. Homenage a Leonor Martínez Martin, université de Barcelone, 2015, p. 284.
  36. a et b Eugenia Ibañez, Cordoba cultural, 29 juin 2006.
  37. "Juan Vernet publica una biografía de Mahoma y lamenta que sea una figura que se conozca con «defectos» y «prejuicios»", Epcultura.es Europa press, Barcelone, 2 juillet 2006.
  38. "Juan Vernet : Mahoma respetó a los chistianos y toleró los judios", Sergi Doria, ABC.es, 29 juin 2006.
  39. a et b Julio Samsó sur Wikipédia en espagnol.
  40. Sâlik al-Hanîf, "Quelle crédibilité donner aux sources que les islamophobes emploient contre le Prophète", Collectif al-Hanifiyyah.
  41. Critique de l'islam.
  42. Revista de Libros, Segunda época, en ligne.
  43. Kitâb al-tabaqât al-kubrâ (le Livre des hautes classes), IXe siècle..
  44. Lola Infante, "Mahoma y sus caricaturas", Revista de Libros, no 118, octobre 2006.
  45. Serafín Fanjul, ABC Cultural, 22 juin 2002.
  46. Estudis Romànics [Institut d’Estudis Catalans], vol. 35 (2013), p. 700.
  47. Miquel Forcada Nogues, université de Barcelone.
  48. 'Quaderns de la Mediterrània 16, 2011, p. 329.
  49. École des études arabes, Grenade.
  50. Université de Salamanque
  51. a et b Camilo Álvarez de Morales et Concepción Vázquez de Benito 2012
  52. Serafín Fanjul, "Parábola del fraile o divertimentos sobre el islam" (Parabole du moine ou divertissement sur l'islam), Revista de Libros, no 94, octobre 2004.
  53. En 1984, Juan Vernet l'a appelée "la Escuela de la Ciencia Arabe de Barcelona", "Alfonso X y la astronomía", Boletín de la Real Academia de la Historia, tome 181, cahier III (1984), pp. 349-369.
  54. Bibliographie sur le site Dialnet et fiche data.bnf.fr.
  55. "Medicina y ciencia en al-Andalus. Presentación", Fernando Girón Irueste, professeur d'histoire des sciences, université de Grenade, Dynamis, Acta Hisp. Med. Sci. Hist. Illus, 2001, n° 21, p. 23-25 et sur le site Dialnet.
  56. Bibliographie sur le site de l'université de Barcelone.
  57. Bibliographie sur le site de l'université de Barcelone.
  58. Bibliographie sur le site de l'université de Barcelone.
  59. Bibliographie sur le site de l'université de Barcelone.
  60. Université de La Rioja, bibliographie sur Dialnet.
  61. Université autonome de Barcelone.
  62. Chaire d'histoire des sciences au département de philologie sémitique, université de Barcelone, et fiche data.bnf.fr.
  63. Unesco, Communiqué de Presse no 2004 - 83.
  64. Prix de l'Académie internationale d'histoire des sciences.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Miquel Forcada, « Joan Vernet (1923-2011) y la luz de Oriente y Occidente », Guaderns de la Mediterrània, Barcelonne, no 16,‎ (ISSN 1577-9297, lire en ligne)
  • Carles Geli, « Joan Vernet, un arabista total », El Pais,‎ (lire en ligne)
  • Juan Vernet : historia de la ciencia y de la cultura, Barcelone, coll. « Anthropos. Revista de documentacion cientifica de la cultura » (no 117), (ISSN 0211-5611, présentation en ligne).
    • Juan Vernet, « Autobiografía intelectual », dans Juan Vernet : historia de la ciencia y de la cultura,
      « El auteur expone con orden y detalle el hacerse y despartar de su interés por la historia de la ciencia, por el mundo árabe, por la España medieval. »
  • "Recuerdos de un estudiante de la facultad de filosofía y letras (1942-1946)", Juan Vernet, Boletín de la Real Academia de la Historia, tome CXCIX, n° I, année 2002, p. 35-40.
  • Dolors Bramon i Planas, « Joan Vernet i Ginés (1923-2011) : In memoriam », Catalan Historical review, no 5,‎ , p. 239-240 (DOI 10.2436/20.1000.01.81, lire en ligne)
  • Serafín Fanjul, "Juan Vernet Ginés. Oración necrológica", Boletín de la Real Academia de la Historia, tome 209, cahier II, mai-, p. 135-140.
  • Camilo Álvarez de Morales et Concepción Vázquez de Benito, « Juan Vernet Ginés (1923-2011) », Dynamis, vol. 32, no 2,‎ (ISSN 2340-7948, lire en ligne)
  • (en) Julio Samsó, « In Memoriam: Juan Vernet », Suhayl, vol. 10,‎ , p. 143-168 (lire en ligne)

Articles connexesModifier

 
Madinat al-Zahra, Xe siècle.

Liens externesModifier