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Juan Manuel de Prada

écrivain espagnol

BiographieModifier

ÉtudesModifier

Juan Manuel de Prada naît à Barakaldo mais il passe son enfance et jeunesse à Zamora (Castille et Léon), la ville d'origine de ses parents[2].

Il apprend à lire et à écrire très tôt avant même d'aller à l'école grâce à son grand-père avec qui il allait à la bibliothèque municipale presque tous les jours. Pendant que le grand-père consulte la presse, Juan Manuel de Prada lit tout ce qui lui tombe sous la main. Plus tard il affirme que ses goûts littéraires sont très éclectiques et qu'il apprécie autant Marcel Proust qu'Agatha Christie.

À l'âge de seize ans, il écrit son premier récit, El diablo de los destellos de nácar, inspiré d'une randonnée en compagnie de son grand-père qui obtient le deuxième prix lors d'un concours littéraire. Il écrit par la suite des centaines de nouvelles où un élément fantastique et surnaturel est souvent présent. Il traduit également des romans pulp, genre qu'il affectionne.

Il étudie le Droit à l'Université de Salamanque où il obtient un diplôme d'avocat, profession qu'il n'exercera jamais car il décide de se consacrer entièrement à la littérature.

Débuts littéraires avec CoñosModifier

Sa première œuvre importante est Coños (Cons) en 1994, un livre original de proses lyriques conçu comme un hommage au Seins de Ramón Gómez de la Serna. Coños est salué par de grandes figures de la critique littéraire comme Francisco Umbral.

Premier roman : Les masques du hérosModifier

En 1995, De Prada publie Le Silence du patineur, recueil de douze récits courts au style recherché et baroque, à l'opposé des écrivains de sa génération. Le dernier récit, Gálvez (à propos de l'écrivain Pedro Luis de Gálvez), sera le point de départ du premier roman de De Prada, le monumental Les masques du héros (1996), œuvre ambitieuse de 600 pages qui recrée la bohème artistique espagnole des débuts du XXe siècle jusqu'à la Guerre civile. Pour l'élaboration de son roman, De Prada a eu recours à diverses sources littéraires comme La novela de un literato de Rafael Cansinos Assens et Automoribundia de Ramón Gómez de la Serna. Presque tous les grands écrivains espagnols de l'avant-guerre défilent dans le roman. En France, le livre est accueilli avec enthousiasme par la critique : « Un nouveau Grand d'Espagne » annonce Frédéric Vitoux dans Le Nouvel Observateur. « Peut-être le meilleur roman espagnol des vingt dernières années » selon Arturo Pérez-Reverte.

La TempêteModifier

Le roman suivant, La Tempête (1997), basé sur une intrigue policière, remporte le Prix Planeta et est traduit en plus de vingt langues. Le roman est adapté au cinéma, adaptation que Juan Manuel de Prada n'a pas appréciée.

L'écrivain Javier Marías s'est plaint des phrases empruntées par De Prada à son texte Venecia, un interior[3] pour La Tempête[4]. Ayant pour cadre une Venise lugubre et sombre, comme un décor de roman gothique, La Tempête obtint un grand succès.

Juan Manuel de Prada a exprimé sa position sur le plagiat dans un texte programmatique, véritable manifeste, qui porte justement le titre de Plagiats (Plagios en espagnol) et qui permet de comprendre la littérature moderne en général, pleines de citations et de clins d'œil, dans son intertextualité. Dans ce texte, De Prada justifie l'appropriation de petits textes d'autres auteurs sans nécessité de citer leurs noms. Pour contrer ce qu'il appelle l'« interprétation extensive du plagiat », il cite les mots de Sainte-Beuve : « En littérature, on peut voler un auteur à condition qu'on l'assassine ». De Prada explique : « Cela veut dire que le vol - ou si vous préférez, le plagiat - doit être utilisé à bon escient afin de créer une nouvelle forme expressive qui surpasse la précédente, la faisant oublier ». Plus loin il affirme que « tout a été inventé par les maîtres qui nous ont précédé; notre seule mission, notre seule possibilité d'être originaux consiste à répéter les mêmes choses que nos prédécesseurs, mais d'une façon personnelle, avec un nouveau regard qui aspire à dépasser formellement ceux qui les avaient énoncées auparavant » et il conclut en rappelant ce que Valle-Inclán disait de son plagiat des Mémoires de Casanova : « En littérature, le vol avec assassinat — le plagiat qui annule ou fait oublier la source plagiée — peut parfois être la forme la plus haute d'originalité »[5].

Les lointains de l'airModifier

Ses deux œuvres suivantes constituent des exercices d'archéologie littéraire : d'une part le roman Les lointains de l'air (en espagnol, Las esquinas del aire) dans lequel le protagoniste suit les traces de l'écrivaine et femme de sport Ana María Martínez Sagi; et d'autre part un recueil d'essais, Desgarrados y excéntricos, sur la vie d'écrivains restés méconnus (Armando Buscarini, Pedro Luis de Gálvez) ou ratés.

La vie invisibleModifier

Publié en 2003, La vie invisible (La vida invisible) est peut-être le roman le plus complexe et sombre de De Prada. Le roman raconte l'histoire d'un jeune écrivain sur le point de se marier dont la vie change radicalement lors d'un voyage à Chicago où il fait la connaissance d'Elena, une femme rendue folle par une rupture amoureuse.

Le septième voileModifier

En 2007, De Prada publie Le septième voile (El séptimo velo), roman épique dans la France occupée de la Seconde Guerre mondiale où sont mis en question les mensonges de l'Histoire et les dangers de la mémoire.

Recueils d'articles polémiquesModifier

La nouvelle tyrannie (La nueva tiranía) en 2009, est un recueil d'articles journalistiques dans lesquels De Prada s'oppose à ce qu'il appelle le matrix progressiste qui serait en train d'imposer une nouvelle idéologie de façon dictatoriale sous couvert d'humanisme[6].

Dans la même lignée, en 2010, De Prada publie Nadando contra corriente (En nageant à contre-courant). Toujours en 2010, l'auteur publie Lágrimas en la lluvia, recueil d'articles consacrés au cinéma et à la littérature qui l'ont influencés.

Me hallará la muerteModifier

En novembre 2012, après cinq années sans avoir publié d'ouvrage de fiction, il publie un nouveau roman : Me hallará la muerte[7].

Reconnaissance internationaleModifier

En 1998, la revue The New Yorker sélectionne Juan Manuel de Prada parmi les six écrivains âgés de moins de 35 ans les plus importants d'Europe en compagnie des Allemands Marcel Beyer et Ingo Schulze, de la Française Marie Darrieussecq, du Britannique Lawrence Norfolk et du Russe Viktor Pelevine[8].

Positions politiques et idéologiquesModifier

Juan Manuel de Prada défend dans ses articles des positions proches de l'Église catholique sur les questions de l'avortement ou de l'euthanasie. Il est éditorialiste du journal madrilène de droite ABC depuis de nombreuses années.

Radio et télévisionModifier

Entre 2007 et 2009, Juan Manuel de Prada participe au programme "Julia en la Onda" présenté par la journaliste Julia Otero sur Onda Cero. En 2009, il rejoint la Cadena COPE qu'il quitte en 2010.

Juan Manuel de Prada dirige et présente depuis septembre 2010 "Lágrimas en la lluvia", un programme de débats politiques et culturels sur la chaîne de télévision espagnole Intereconomía TV.

ŒuvresModifier

En françaisModifier

  • Les masques du héros, Éditions du Seuil.
  • La Tempête, Éditions du Seuil.
  • Les lointains de l'air, Éditions du Seuil.
  • Cons, Éditions du Seuil.
  • Le silence du patineur, Éditions du Seuil.
  • La vie invisible, Éditions du Seuil.
  • Le septième voile, Éditions du Seuil.
  • Une imposture, Éditions du Seuil.
  • Mourir sous ton ciel, Éditions du Seuil.

En espagnolModifier

NouvellesModifier

  • Un mundo especular y otros relatos. Valencia, 1991. Contient quatre récits :
    • Un mundo especular, Elogio de la quietud, Ojos de gacela, y Pecados íntimos
  • Una temporada en Melchinar, Agrupación Madrileña de Arte, 1994
  • Coños. Ediciones Virtuales, 1994, en edición no venal; reeditado: Valdemar, 1995
  • El silencio del patinador. Valdemar, 1995. Contient douze récits :
    • Las manos de Orlac, Señoritas en sepia, Sangre azul, Las noches galantes, Las noches heroicas, Vísperas de la revolución, Hombres sin alma, El silencio del patinador, Concierto para masonas, La epidemia, El gallito ciego y Gálvez

RomansModifier

  • Las máscaras del héroe. Valdemar, 1996; Premio Ojo Crítico de Narrativa de RNE (1997)
  • La tempestad. Planeta, 1997; Prix Planeta
  • Las esquinas del aire: en busca de Ana María Martínez Sagi. Planeta, 2000
  • La vida invisible. Espasa-Calpe, 2003; Premio Primavera, Prix national de Narration
  • El séptimo velo. Seix-Barral, 2007; Prix Biblioteca Breve
  • Me hallará la muerte. Destino, 2012
  • Morir bajo tu cielo. Espasa, 2014
  • El castillo de diamante. Espasa, 2015
  • Mirlo blanco, cisne negro. Espasa, 2016

Romans graphiquesModifier

  • Penúltima sangre. Accion Press, S.A., 2006.

Essais et articles journalistiquesModifier

  • Reserva natural, articles publiés dans ABC. Llibros del Pexe, 1998
  • Animales de compañía, articles publiés dans ABC. SIAL, 2000
  • Desgarrados y excéntricos. Seix Barral, 2001
  • La nueva tiranía, articles publiés dans ABC. Libros Libres, 2009
  • Lágrimas en la lluvia. Sial, 2010
  • Nadando contra corriente, articles publiés dans ABC. Buenas Letras, 2010
  • Dinero, demogresca y otros podemonios. Temas de hoy, 2015

Liens externesModifier

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RéférencesModifier

  1. (es) Europa Press, « El escritor Juan Manuel de Prada imparte mañana una conferencia sobre educación organizada por el Foro de la Familia », europapress.es,‎ (lire en ligne, consulté le 30 juin 2017)
  2. Biographie de Juan Manuel de Prada, seculares.es
  3. Javier Marías. «Venecia, un interior», consulté le 02.08.2011
  4. «Esas máquinas mágicas», El Semanal 29 octobre 2000; reproduit sur le site de Javier Marías; consulté le 02.08.2011
  5. «Plagios», XLSemanal, Nº1157 (27.12.2009–02.01.2010); consulté 02.08.2011
  6. «Juan Manuel de Prada - La nueva tiranía»
  7. «Juan Manuel de Prada - Me hallará la muerte»
  8. "Best Young Novelists", text: Bill Bufro; photo: Deborah Reisman; The New Yorker, 27.04.1998