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Hitler (au centre) et Papen (à sa gauche), suivis par Goebbels, se dirigent vers l'église de la Garnison à Potsdam.
Le chancelier Hitler s'incline devant le vieux maréchal Hindenburg, président du Reich, pour l'accueillir devant l’église.
Hitler, debout au centre, prononce son discours à l'intérieur de l'église, devant Hindenburg, assis à droite.
Reichsmark aigle « commémoration du serment du en l’église de la Garnison de Potsdam ».

La journée de Potsdam est une cérémonie de propagande nazie qui a eu lieu le . Elle avait pour but de solenniser l'ouverture de la session du nouveau Reichstag par le président du Reich, Paul von Hindenburg, et le nouveau chancelier proposé par ce dernier, Adolf Hitler.

Sommaire

RécitModifier

Ce cérémonial a été mis en place par le nouveau gouvernement du NSDAP et l'organisation complète de la cérémonie était de la responsabilité de Joseph Goebbels. Rien ne fut laissé au hasard dans l'organisation de cette cérémonie et tout un côté symbolique s'y rattache : la continuité de la Empire allemand d'avant 1918 et l'Allemagne de Hitler.

Durant la cérémonie, Hindenburg a demandé aux membres du parlement de soutenir le jeune cabinet Hitler. Goebbels est d'avis, dans son journal, que le discours que Hitler fit par la suite, fut son meilleur depuis le début du NSDAP. Cette cérémonie fut suivie de la parade de l'armée (la Reichswehr) et de plusieurs organisations paramilitaires dont la SA et le Stahlhelm. La journée de Potsdam s'est terminée avant midi. L'organisation de cette journée fait suite à l'incendie du Reichstag qui s'est produit dans la nuit du 27 au . Le nouveau gouvernement devait se trouver un nouveau parlement. Potsdam fut donc choisi car c'est à cet endroit que se trouve l'église de la garnison prussienne, sanctuaire de la tradition prussienne. Le fut choisi pour tenir cette cérémonie car c'est à cette date qu'a eu lieu l'inauguration du premier Reichstag par Bismarck. C'est le lendemain que les deux premiers camps de concentration officiels furent établis à Dachau et à Oranienburg. Finalement, c'est deux jours plus tard que fut adoptée la loi des pleins pouvoirs qui marqua le début de la dictature nazie.

Commentaire d'historienModifier

L'historien allemand Heinrich August Winkler s'exprime ainsi[1] :

Als Reichspräsident Hindenburg in der Garnisonkirche allein in die Gruft zum Sarg Friedrich des Großen hinunterstieg, um stumme Zwiesprache mit dem König zu halten, trat bei vielen Deutschen die gleiche patriotische Rührung ein, die seit Jahren die Fridericus-Filme aus Alfred Hugenbergs ‹Ufa› hervorriefen. Doch das alte Preußen erlebte am 21. März 1933 keine Auferstehung. Die neuen Machthaber nahmen nur seinen Mythos in Dienst, um ihrer Herrschaft den Schein einer noch höheren Legitimation zu verschaffen als jener, die sie am 5. März durch die Wähler empfangen hatten.

« Lorsque Hindenburg, en tant que président du Reich, dans l’église de la Garnison, descendait seul dans la crypte de Frédéric le Grand pour s'entretenir avec lui dans un dialogue muet, le même attendrissement patriotique que celui entretenu, par les films sur Frédéric de la UFA d’Alfred Hugenberg, atteignait beaucoup d’Allemands. Mais la Vieille Prusse n'était en rien ressuscitée : les nouveaux hommes au pouvoir utilisaient simplement son mythe pour obtenir un certificat légitimant une domination encore plus grande que celle qui leur avait été donnée par les électeurs le [précédent]. »

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  1. Winkler 2010, p. 11-12.