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Joseph d'Arimathie (roman)

roman écrit entre 1190 et 1199

Joseph d'Arimathie
Auteur Robert de Boron
Pays France
Genre roman
Date de parution XIIe siècle
Chronologie

Joseph d’Arimathie ou Estoire dou Graal est un roman en vers de 3500 octosyllabes, écrit par Robert de Boron entre 1190 et 1199. Le texte original, signé par l'auteur[1], est conservé dans un seul manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France (cote fr. 20047)[2], qui contient aussi un fragment en 502 vers du Merlin primitif[2]. Une version en prose de Joseph, composée peu de temps après, attribuée de façon incertaine à Robert de Boron, est connue par une quinzaine de manuscrits ou fragments[2]. Ensembles, Joseph d’Arimathie, Merlin et le Perceval en prose forment une trilogie appelée Le Roman du Graal ou Roman de l'estoire du Grall (aussi nommé Petit Cycle du Graal[3]).

Robert de Boron, s'appuyant sur les apocryphes[4], narre que le dernier repas du Christ se tient chez son frère Simon[5]. Joseph d’Arimathie conserve le vase de la Cène, dans lequel il recueille un peu du sang de Jésus, avant de le déposer dans son sépulcre. Jeté en prison par les autorités juives et privé de nourriture, il ne doit la vie qu'à la seule contemplation du Graal. Après douze ans, il est libéré par l'empereur Vespasien. Il quitte alors la Palestine, fonde une compagnie d'adeptes et crée une table pour les réunir, en souvenir de celle de la Cène, préfigurant ainsi la Table ronde. Il transmet ensuite le Graal à son gendre Bron, appelé le « riche pêcheur ». Alain, le dernier des douze fils de Bron, reçoit le savoir de son oncle Joseph[6]. Muni de la Sainte Lance et du Saint-Graal, ils emmènent les reliques dans l'île de Bretagne, mais Joseph lui-même n'y va pas[7]. Un des fils d’Alain deviendra un jour le gardien du Graal[6].

BibliographieModifier

  • Le Roman de l'Estoire dou Graal (Le roman de l'histoire du Graal) (1190-1199), éd. W. A. Nitze, Paris, Classiques Français du Moyen Âge, 1927
  • Joseph d'Arimathie : A Critical Edition of the Verse and Prose Versions, éd. Richard O'Gorman, Toronto, 1995
  • (fro) Le Saint-Graal ou, Le Joseph d'Arimathie; première branche des romans de la Table ronde, éd. Eugène Hucher, Le Mans, Monnoyer, 1875, tome I, p. 415-505 disponible sur Gallica — collation intégrale du manuscrit de Paris

RéférencesModifier

  1. Alexandre Micha, Étude sur le Merlin de Robert de Boron : roman du XIIIe siècle, vol. 151 de Publications romanes et françaises, Librairie Droz, , 239 p. (ISBN 2600004475 et 9782600004473, ISSN 0079-7812, lire en ligne)
  2. a b et c Richard O'Gorman, « La tradition manuscrite du Joseph d'Arimathie en prose de Robert de Boron », Revue d'Histoire des Textes, no 1,‎ , p. 145-181 (ISSN 2507-0185, lire en ligne)
  3. The Didot Perceval, according to the manuscripts of Modena and Paris, éd. William Roach, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1941
  4. Notamment l’Évangile selon Nicodème (IVe siècle) ou La Vengeance du Sauveur.
  5. Robert de Boron, Li Romanz de l’estoire dou Graal (lire en ligne), v. 893-894
  6. a et b « Les œuvres en prose : le Petit cycle de Robert de Boron », sur Encyclopédie de Brocéliande (consulté le 27 janvier 2019)
  7. Dans des romans ultérieurs tels que Perlesvaus, Joseph lui-même se rend en Grande-Bretagne, apportant des reliques avec lui. Dans d'autres, c'est son fils Josephus qui fait le voyage.

NotesModifier