Joseph Vallot

astronome, géographe, naturaliste, alpiniste et mécène français
Joseph Vallot
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Joseph Vallot en 1892
Biographie
Nationalité Drapeau de la France France
Naissance ,
Lodève
Décès ,
Nice
Carrière
Disciplines alpinisme

Joseph Vallot (Henry Marie Joseph Vallot[1], Henri Marie Joseph selon d'autres sources) est un astronome, géographe, naturaliste, alpiniste et mécène français, né le à Lodève (Hérault) et mort le à Nice[2].

Issu d'une famille fortunée, il ne connaît jamais de problème financier et sa fortune lui permet de payer la plus grande partie de la construction de son observatoire. Cependant, les scientifiques universitaires ne le considèreront jamais comme un des leurs, mais au mieux pour un homme riche se distrayant avec la science. Pourtant, ses travaux exercés dans divers domaines : botanique, glaciologie, construction, géologie, photographie, médecine, physiologie, cartographie, alpinisme, météorologie, spéléologie, ont été reconnus comme présentant un intérêt scientifique important.

Ses travauxModifier

 
Buste en marbre par Henri Coutheillas, Musée alpin (Chamonix).

Il quitte Lodève pour intégrer le lycée Charlemagne à Paris, fait des études en botanique et géologie. Il est nommé vice-président de la société botanique de France et par la suite président du Club alpin français[3]

Il se découvre un intérêt pour le mont Blanc en 1875 lorsqu’il se rend à un congrès de géologie qui se tient à Chamonix. Entre lui et la montagne il y a alors comme un coup de foudre. À cette époque, malgré les quelques observations scientifiques menées par le naturaliste genevois Horace-Bénédict de Saussure, tout reste encore à découvrir sur la vie en altitude, le mouvement des glaciers, et de nombreuses autres questions. Il réalise sa première ascension en 1881 et rapidement décide de faire construire un observatoire-laboratoire où il pourra se livrer à de nombreuses expériences scientifiques, à une époque où les médecins estimaient comme très dangereux pour la santé de s’endormir à une si haute altitude, certains prédisant même la mort.

En 1887, pour prouver qu’il est possible de vivre, dormir, manger et travailler à une si haute altitude, Vallot et ses guides passent trois jours et trois nuits sous une tente au sommet du mont Blanc. À leur descente, ils reçoivent un accueil triomphal. Cette même année, Vallot effectue cinq fois l’ascension. Les trois années suivantes, il continue ses observations tout en négociant, avec la municipalité de Chamonix et la compagnie des guides, les conditions de la construction d’un refuge-laboratoire sur le site du rocher des Bosses situé à seulement 450 mètres en dessous du sommet. Il obtient 800 francs de la municipalité et 200 francs des guides et investit 5 500 francs.

En 1890, 110 guides et porteurs montent en huit jours sur leur dos (15 à 30 kg chacun) les matériaux nécessaires à la construction d’une cabane de 5 mètres sur 3 avec deux pièces, la première servant de refuge et la deuxième de laboratoire. Ce premier observatoire est réalisé à une altitude de 4 362 m et achevé fin . Le refuge Vallot, réservé aux guides et aux ascensionnistes, est construit en 1892 un peu plus loin à 4 365 m. Au XXIe siècle, ce refuge n’accueille plus les alpinistes. Il appartient au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et reste utilisé par des scientifiques qui étudient la physiologie en altitude (étude des comportements). C’est une petite maison, comprenant tout ce qui est nécessaire pour passer une nuit. On peut également y découvrir le matériel de météorologie de Joseph Vallot. Une annexe métallique est en revanche accessible en permanence et permet aux alpinistes de se reposer ou de se réfugier par mauvais temps.

En 1891, la communauté des scientifiques mandate un des leurs, Jules Janssen (1824-1907), pour construire un « observatoire de l’État » au sommet même du mont Blanc. Janssen a largement dépassé les soixante ans et boite, c’est donc sur un traîneau tiré par une douzaine de guides qu’il atteint le sommet. L’équipe est accueillie à l’observatoire Vallot. Vallot, qui connaît bien la montagne, estime que l'observatoire Janssen s'enfoncera dans la neige et disparaîtra à moyen terme. Après la mort de Janssen en 1907, l'observatoire s'abîme rapidement et, démonté en 1910 ses planches, seront utilisées pour chauffer le refuge Vallot.

L'observatoire Vallot est, quant à lui, agrandi au cours des années 1891 et 1892. En 1898, un observatoire est construit sur une surface de 60 m2 comprenant huit pièces. Ce bâtiment prend en compte l'expérience acquise sur les deux premiers bâtiments pour améliorer le confort de Joseph Vallot et celui de ses invités, avec une double paroi de bois pour les murs, quatre paratonnerres, le corps du bâtiment entièrement revêtu de feuilles de cuivre pour assurer une étanchéité et un bon échauffement intérieur lorsque le Soleil brille. Il y fait aussi installer un salon chinois meublé d'un canapé incrusté de nacre, de tapis brodés, de meubles laqués et de bibelots précieux.

Joseph Vallot a aussi travaillé sur un projet de train qui devait amener les touristes sur le sommet du mont Blanc et sur le premier projet de téléphérique de l'aiguille du Midi dont la première section Les Pélerins - La Para est inaugurée en 1924[4], constituant le premier téléphérique de France. Une seconde section jusqu'aux Glaciers est achevée après sa mort en 1927 et une troisième jusqu'au col du Midi, entamée dans les années 1930, reste à l'état de ligne de service.

Mordu de photographie, il a ramené de très nombreux clichés remarquables de ses expéditions en montagne. Le musée alpin de Chamonix conserve de nombreux documents le concernant et a reconstitué le salon chinois de son observatoire.

Joseph Vallot va aussi aider son cousin, l’ingénieur Henri Vallot, à réaliser, à partir de 1892, la carte au 1/20 000e du massif du Mont-Blanc et ceci sans bénéficier des moyens modernes (hélicoptères, avions et satellites)[5]. Ce travail est achevé après sa mort par son petit cousin Charles Vallot qui lancera la collection des guides Vallot pour les alpinistes. Henri Vallot a encouragé la vocation de Paul Helbronner qui réalisera la triangulation de l’intégralité des Alpes françaises et de la Corse.

Décorations et reconnaissancesModifier

En 1998-1999, le musée alpin de Chamonix tient l'exposition « Joseph, Henri, Charles et les autres... Les Vallot à Chamonix »[6].

Vie privéeModifier

Il est le mari de la spéléologue Gabrielle Vallot.

Leur fille, Madeleine, détint à son époque le record des ascensions du mont Blanc. En , Madeleine Vallot épouse Paul-Franz Namur, peintre et portraitiste qui illustre plusieurs fois des couvertures de revues et de magazines, notamment Femina ou Les Annales[7].

Joseph Vallot est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 37).

PublicationsModifier

  • Joseph Vallot, Classification iconographique générale établie pour le service de classement du Musée des photographies documentaires, 1895 [lire en ligne]
  • Joseph Vallot, La photographie des montagnes, à l'usage des alpinistes, 1899 [lire en ligne]

Notes et référencesModifier

  1. « Base de données Léonore (Légion d'honneur) », sur http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/leonore_fr,
  2. Pierre-Louis Roy, L'Aiguille du Midi et l'invention du téléphérique, Glénat, 2004 (ISBN 978-2723445634), p. 12.
  3. Biographie dans l'Album Mariani, tome XI, 1908.
  4. Laurent Berne, « TPH de l'aiguille du Midi, dit des Glaciers - Chamonix-Mont-Blanc », sur Remontees-mecaniques.net (consulté le 21 septembre 2011)
  5. « Carte du Mont Blanc dressée par Joseph et Henri Vallot », Documents anciens, Au pays du Mont Blanc (consulté le 3 novembre 2009)
  6. « Chamonix réhabilite le créateur de l'observatoire VallotJoseph Vallot a été dénigré par la communauté scientifique de l'époque », Tribune de Genève, (consulté le 3 novembre 2009)
  7. Généalogie de Paul-Franz Namur

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Vallot est l’abréviation botanique standard de Joseph Vallot.

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