Joseph Salvador

historien français

Joseph Salvador (né le à Montpellier, mort le à Versailles) est un historien français du judaïsme.

Joseph Salvador
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BiographieModifier

Son père vient d'une famille marraniste du sud de la France ; la famille avait fui l'Espagne vers le sud de la France au XVe siècle à la suite de l'Inquisition espagnole. La mère de Joseph Salvador est catholique romaine[1]. Il est élevé dans l'éducation juive[1].

Salvador soutient ses études médicales à Montpellier jusqu'à une thèse en quand il apprend les émeutes anti-juives en Allemagne en 1819[1] ; il décrira son impression de l'évènement dans son dernier livre, Paris, Rome, Jérusalem, ou la Question religieuse au XIXe siècle en 1860.

L'œuvre de Joseph Salvador est mise à l’Index librorum prohibitorum par l'Église catholique[2]. Dans Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu, en 1828, il explique le déicide du point de vue des Juifs[3].

La thèse de Salvador « est une tentative d'esquisser une religion universelle basée sur une fusion du judaïsme et du christianisme, réformant le judaïsme. Il croit que le centre naturel de cette religion syncrétiste est Jérusalem, et conçoit l'évolution de cette foi universelle comme une excroissance linéaire de ce qu'il imagine être le judaïsme classique. Pour réaliser cette fusion des religions, Salvador préconise la création d'un nouvel État, un pont entre l'Orient et l'Occident, englobant les frontières de l'ancien Israël[4]. » Il est ainsi détesté par les religieux conservateurs et soutenu par les libéraux[3].

Ses obsèques ont lieu dans le cimetière protestant du Vigan, village cévenol où vit son frère Benjamin, selon le rite juif  : l’office est célébré par le rabbin Weyl de Nîmes en présence de la population catholique et protestante du lieu[3].

Joseph Salvador, considéré par certains comme un proto-sioniste[5], considère Jérusalem et le futur État des Juifs rétablis comme une condition spirituelle et non politique. Sa thèse est modifiée et reprise par des penseurs sionistes ultérieurs tels que James Darmesteter, Theodor Herzl[6] et Ahad Ha'Am.

ŒuvreModifier

  • Considérations générales sur l'application de la physiologie à la science des maladies, 1816
  • Loi de Moïse, ou Système religieux et politique des Hébreux, 1822
  • Histoire des institutions de Moïse et du peuple hébreu, 1828
  • Jésus-Christ et sa doctrine. Histoire de la naissance de l'Église, de son organisation et de ses progrès pendant le premier siècle, 1838
  • De quelques faits relatifs au système historique des Évangiles (entre autres, de la réhabilitation obligée de Jésus, fils d'Abbas, appelé vulgairement Barrabas). Réponse aux articles critiques du journal La Presse sur l'ouvrage intitulé : Jésus-Christ et sa doctrine… , 1839
  • Histoire de la domination romaine en Judée et de la ruine de Jérusalem, 1847
  • Paris, Rome, Jérusalem, ou la Question religieuse au XIXe siècle, 1860

Notes et référencesModifier

  1. a b et c « Joseph Salvador (1796-1873) : Un historien à l’identité complexe », sur Akadem (consulté le 21 mai 2020)
  2. Philippe Boutry, « Papauté et culture au XIXe siècle. Magistère, orthodoxie, tradition », Revue d'histoire du XIXe siècle, no 28,‎ , p. 31-58 (lire en ligne)
  3. a b et c Joël Sebban, « Une controverse judéo-chrétienne dans la France du XIXe siècle : l’œuvre scandaleuse de Joseph Salvador », Revue d'histoire du XIXe siècle, no 43,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Joseph Adler, Restoring the Jews to their Homeland, Nineteen Centuries in the Quest for Zion : Nineteen Centuries in the Quest for Zion, Jason Aronson Inc, , p. 160
  5. (en) Paula E. Hyman, « Joseph Salvador: Proto-Zionist or Apologist for Assimilation? », Jewish Social Studies, vol. 24, no 1,‎ (lire en ligne)
  6. Antoine Compagnon, Connaissez-vous Brunetière ? : Enquête sur un antidreyfusard et ses amis, Le Seuil, , 288 p. (ISBN 978-2-02-115761-1, lire en ligne)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (de) Gabriel Salvador, J. Salvador : sa vie, ses oeuvres et ses critiques, Calmann Lévy, , 539 p. (lire en ligne)

Liens externesModifier