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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kasa-Vubu.

Joseph Kasa-Vubu
Illustration.
Fonctions
Président de la République du Congo
(Congo-Léopoldville)

(5 ans, 4 mois et 25 jours)
Premier ministre Patrice Lumumba
Joseph Ileo
Justin Marie Bomboko
Joseph Ileo
Cyrille Adoula
Moïse Tshombe
Évariste Kimba
Prédécesseur Fonction crée
Successeur Mobutu Sese Seko
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Tshela (Congo Belge)
Date de décès
Lieu de décès Boma (République démocratique du Congo
Nationalité Congolais (RDC)
Parti politique ABAKO
Père Mpiana
Mère Kangshe
Entourage Gaston Diomi Ndongala, Patrice Lumumba, Joseph Iléo, Justin Bomboko, Mobutu Sese Seko
Diplômé de louvanium
Profession Enseignant, comptable
Religion Catholicisme

Joseph Kasa-Vubu
Présidents de la République du Congo-Léopoldville

Joseph Kasa-Vubu, né vers 1917 et mort le , est le premier président de la République du Congo-Léopoldville de 1960 à 1965.

Sommaire

BiographieModifier

Né en 1917[1] à Dizi près de Tshela centre dans le Mayombe (Bas-Congo), district du Bas-fleuve au Congo belge et décédé le 24 mars 1969 à Boma (Bas-Congo).

Élève brillant et discipliné au petit-séminaire de Mbata-Kiela, il a poursuivi ses études supérieures au grand-séminaire de Kabwe au Kasaï pour devenir prêtre catholique. Cependant, au cours de la dernière année de sa formation, il a été jugé trop indépendant et trop critique pour devenir prêtre. Exclu du grand-séminaire sans motif valable à ses yeux et fort de sa formation en philosophie, il s'engage alors dans l'enseignement colonial. S'estimant insuffisamment payé pour son niveau d'instruction, il abandonne la carrière d'enseignant, et devient employé dans la société Agrifor à Tshela pour ensuite devenir en 1942, comptable au service des finances du gouvernement colonial à Léopoldville.

C'est là qu'il subit les influences parfois divergentes de divers groupes d'« évolués » congolais et du mouvement de la décolonisation africaine. Il a été le premier Congolais à réclamer auprès du colonisateur les droits des premiers occupants en 1947. Il s'est surtout révélé au grand public national et international en tant que dirigeant et président de l'Association de Bakongo, ABAKO en sigles, peuple qui constituait plus de 60 % de la population qui habitait la ville de Léopoldville dans les années 1950.

Association culturelle au départ, l'ABAKO s'est peu à peu transformée en parti politique vers 1955. Joseph Kasa-Vubu a, au nom de l'ABAKO, réagi au plan Van Bilsen qui demandait que l'élite congolaise soit préparée avant d'accéder à l'indépendance. Ce plan proposait 30 ans pour cette préparation.

En effet, le groupe congolais de la conscience africaine (Malula, Iléo, etc) répondit au plan Bilsen par un manifeste pour l'approuver tout en demandant l'intégration progressive du peuple congolais dans la gestion de la chose publique avant l'échéance de 30 ans. Par contre, l'ABAKO, à travers son contre-manifeste, voulait l'annulation du plan Bilsen et avait demandé l'indépendance immédiate et sans condition du Congo conduisant à la première crise politique belgo-congolaise. Par cet acte, l'ABAKO était le premier parti-politique à demander l'indépendance du Congo.

En 1958, après une élection largement remportée par l'ABAKO à Léopoldville, il devient le premier bourgmestre noir de la commune de Dendale (aujourd’hui commune de Kasa-Vubu)[2] situé au centre de la ville de Léopoldville (actuellement Kinshasa).

Le 4 janvier 1959, à la suite de l'interdiction par le pouvoir colonial du rassemblement politique de l'ABAKO devant être donné par Joseph Kasa-Vubu et les autres dirigeants de l'ABAKO, de graves émeutes éclatent à Léolpoldville. Les partisans de l'ABAKO revenant du lieu de l'évènement annulé, pour manifester leur colère, s'attaquent aux édifices coloniaux, commerces et magasins appartenant à des Blancs. Il s'est ensuivi un affrontement sanglant avec les forces de l'ordre lourdement armées. Ces émeutes font plusieurs morts et blessés, particulièrement du côté des manifestants.

À la suite de ces graves émeutes, Joseph Kasa-Vubu et les autres dirigeant de l'ABAKO (Daniel Kanza, Gaston Diomi Ndongala, Pindi, etc.) sont recherchés et certains d'entre eux arrêtés, mais à la suite de la pression populaire et politique de plus en plus montante, ils ont été vite libérés. La Belgique a alors ouvert des négociations avec les forces politiques locales, négociations dites de la « table ronde de Bruxelles », pour une indépendance immédiate.

 
Joseph Kasa-Vubu à la conférence de la table ronde de Bruxelles en janvier 1960.

Lors de la table ronde de Bruxelles, Joseph Kasa-Vubu s'est particulièrement illustré en demandant la libération immédiate de Patrice Lumumba et sa participation à la table ronde, menaçant de quitter lui-même la table ronde. Lumumba était incarcéré à la prison de Stanleyville pour un prétendu détournement des fonds de la société qui l'employait au profit de son parti politique. Grâce à son intervention, Lumumba a été libéré et a rejoint la table ronde.

 
Kasa-Vubu et le gouverneur général du Congo belge Cornelis.

À l'indépendance du pays (30 juin 1960), Joseph Kasa-Vubu est largement élu premier président de la jeune République du Congo par le premier Parlement congolais face à Bolikango. Il dirige le pays du 30 juin 1960 au 24 novembre 1965, dans un contexte de crises politiques, rébellions et tentatives de sécession. Il garde aujourd'hui en République démocratique du Congo une image généralement positive, et reste dans les mémoires comme un homme politique soucieux d'honnêteté et de transparence[3].

Quelques mois après l'indépendance, un conflit ouvert éclata entre Joseph Kasa-Vubu et le Premier ministre Patrice Lumumba. Ce dernier était accusé de mauvaise gouvernance, mais aussi de vouloir conduire le pays vers le communisme et aussi d'entretenir l'anarchie dans le pays notamment en poussant les militaires à se révolter contre les partenaires et techniciens étrangers encore présents au pays - d'où la décision de Joseph Kasa-Vubu de révoquer Lumumba et de demander au Parlement de pouvoir choisir un autre Premier ministre. Ce dernier, à son tour, par un message diffusé à la Radio nationale tenta de révoquer Kasa-Vubu avant d'être mis en résidence surveillée, puis assassiné.

Après avoir été évincé par le coup d'État militaire de Joseph Mobutu en novembre 1965, Joseph Kasa-Vubu fut astreint à résidence par ce dernier et meurt de maladie et du manque de soins en 1969 dans sa résidence surveillée de Kisundi, situé à Boma, dans l'actuelle province du Bas-Congo, à l'extrême ouest de la République démocratique du Congo.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. La date exacte de sa naissance est incertaine. N'ayant pas été baptisé à sa naissance, la date de cette dernière n'a pas été enregistrée. D'après le témoignage de condisciples de Kasa-Vubu, ainsi que de missionnaires de Scheut ayant eu Joseph Kasa-Vubu pour élève, son année de naissance se situerait en 1915, et non en 1913 ou 1917 comme le relèvent d'autres sources biographiques.
  2. Séminariste, enseignant, bourgmestre… Joseph Kasa-Vubu, Le Potentiel, 24 mars 2004.
  3. Joseph Kasa-Vubu, symbole de l’honneteté et de la bonne gouvernance, Radio Okapi, le 13 janvier 2016.

BibliographieModifier

  • Gilis, C.A., Kasa-Vubu au cœur du drame congolais, Bruxelles, Europe-Afrique, 1964

Articles connexesModifier

Liens externesModifier