Joseph Boczov

résistant français

Joseph Boczov ou József Boczor dit Ferenc Wolff (, Felsőbánya (Hongrie) - , fusillé au fort du Mont-Valérien), est un ingénieur chimiste, juif hongrois communiste, soldat volontaire de l'armée française de libération (FTP-MOI de la région parisienne), fondateur, en 1942, et chef du 4e détachement dit des « dérailleurs ».

Joseph Boczov
Bundesarchiv Bild 146-1983-009-11A, Französischer Widerstandskämpfer.jpg
Portrait conservé dans les archives fédérales allemandes, dans une pose similaire à celle de l'Affiche rouge
Biographie
Naissance
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Nationalité
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Ingénieur chimiste, résistantVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Cet ingénieur chimiste de profession était un grand spécialiste en explosifs et s'était aguerri à la vie combattante durant la guerre d'Espagne.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Ferenz Wolf est né à Baia Sprie, ville appartenant alors à l’empire austro-hongrois. Le père de Ferenz, un juif hongrois, est un prêteur d’argent plutôt aisé[1]. Après le Traité de Versailles, en 1920, la ville de Baia Sprie et sa région sont cédées à la Roumanie. La famille Wolf décide de rester dans la ville et devient roumaine. Ferenz Wolf peut donc s’inscrire au collège de Cluj[2]. Durant ses études il milite au jeune Parti communiste roumain et rencontre Ana Pauker, une des dirigeantes du parti[3]. Son diplôme d’ingénieur en poche, il devint permanent du Parti communiste roumain et milita à Iasi[4]. Il décide de s’engager dans la lutte antifasciste et de combattre en Espagne. Pour protéger sa famille, il change de nom et prend celui de Joseph Boczov[5].

À l'âge de 32 ans, il quitte la Roumanie pour se rendre, à pied, en Espagne, combattre dans les rangs des Brigades internationales. Il perd six mois sur les routes et dans les prisons avant d'atteindre son but. Après la défaite de la République espagnole, il se retrouve interné avec ses camarades de lutte dans les camps d'Argelès et de Gurs. Avec nombre de ses compatriotes, il est déchu de sa nationalité. En tant qu'apatrides, ils sont déportés vers l'Allemagne. Joseph est le chef du groupe roumain du camp. Pendant la déportation, il organise leur évasion. Il passe le dernier.

Seconde Guerre MondialeModifier

Il vient à Paris et, lorsque sont formés les premiers groupes de FTP, il devient le chef du premier détachement FTP-Immigrés, composé d'éléments hungaro-roumains de la région parisienne. Il organise la première attaque à la grenade contre la gare de Belleville où de grandes quantités de marchandises sont stockées dans les dépôts.

Son détachement se spécialise dans le déraillement des trains de SS et de la Wehrmacht. Les déraillements, qui se font d'abord à l'aide de simples outils, sont perfectionnés car la surveillance allemande se fait de plus en plus rigoureuse. L'ingénieur-chimiste Boczov, aux prises avec mille difficultés, fait preuve de beaucoup d'ingéniosité et d'initiative. Ensuite, lorsque la lutte clandestine se développe et prend des formes toujours plus élaborées, Boczov, par son intelligence et son expérience, devient le chef du 4e détachement, qui se consacre à des actions d'envergure contre les chemins de fer utilisés par l'armée allemande[6]. Sa formation de chimiste lui permet de concevoir des mines et des « charges en cisaille » efficaces pour faire dérailler les trains[7].

Filé depuis le par la Brigade Spéciale no 2 (BS2) des Renseignements généraux, Joseph Boczov se cache : à Paris, au 85, rue de Turbigo ; au 1bis, rue de Lanneau ; au 9, rue Caillaux. Le , Joseph Boczov, Léon Goldberg et quatre autres combattants partent en mission pour faire stopper un convoi allemand sur la ligne Paris - Troyes, à Grandpuits près de Mormant. Dans la nuit du au , le train déraille, mais ils n'ont pas repéré qu'ils étaient filés par la BS2. Une fusillade s'engage. Trois résistants sont tués ou faits prisonniers, et les trois autres s'enfuient, mais sont repérés. L'étau se resserre.

Joseph Boczov est arrêté le . Accusé d'avoir accompli 20 attentats (chiffre éloigné de la réalité), il est traduit devant le Tribunal militaire. Il est fusillé au fort du mont Valérien le avec les 22 autres membres de l'Affiche rouge.

Affiche rougeModifier

Son nom figure sur l'« affiche rouge » éditée par les Allemands, avec le texte suivant :

« BOCZOV JUIF HONGROIS CHEF DÉRAILLEUR 20 ATTENTATS ».

DiversModifier

  • Profession : Ouvrier menuisier
  • Lieu d'habitation : Paris 13e

Liste des membres du "groupe Manouchian" exécutés le 21 février 1944Modifier

 
Mémorial de l'Affiche rouge à Valence.

La liste suivante des 23 membres du groupe Manouchian exécutés par les Allemands signale par la mention (AR) les dix membres que les Allemands ont fait figurer sur l'Affiche rouge :

FilmographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Viviane Janouin-Benanti, Ils sont venus pour nous – Joseph Boczov et Olga Bancic, deux de l’Affiche rouge, LA BAULE, 3E éditions, , 316 p. (ISBN 979-10-95826-64-4), p. 40
  2. Viviane Janouin-Benanti, Ils sont venus pour nous – Joseph Boczov et Olga Bancic, deux de l’Affiche rouge, LA BAULE, 3E éditions, , 316 p. (ISBN 979-10-95826-64-4), p. 127
  3. Viviane Janouin-Benanti, Ils sont venus pour nous – Joseph Boczov et Olga Bancic, deux de l’Affiche rouge, LA BAULE, 3E éditions, , 316 p. (ISBN 979-10-95826-64-4), p. 190
  4. Viviane Janouin-Benanti, Ils sont venus pour nous – Joseph Boczov et Olga Bancic, deux de l’Affiche rouge, LA BAULE, 3E éditions, , 316 p. (ISBN 979-10-95826-64-4), p. 235
  5. Viviane Janouin-Benanti, Ils sont venus pour nous – Joseph Boczov et Olga Bancic, deux de l’Affiche rouge, LA BAULE, 3E éditions, , 316 p. (ISBN 979-10-95826-64-4), p. 241
  6. « Le groupe Manouchian », sur ivry94.fr (consulté le 10 février 2017)
  7. Viviane Janouin-Benanti, Ils sont venus pour nous – Joseph Boczov et Olga Bancic, deux de l’Affiche rouge, LA BAULE, 3E éditions, , 316 p. (ISBN 979-10-95826-64-4), p. 264

Articles connexesModifier

Source bibliographiqueModifier

Liens externesModifier