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Joseph-François de Payan

BiographieModifier

Carrière pré-révolutionnaireModifier

Issu d'une famille noble, fils de l'écuyer François de Payan, Joseph-François est le frère aîné de Claude-François de Payan, futur agent national de la Commune de Paris en 1794.

Il fait carrière dans l'administration et devient en 1787 conseiller à la Chambre des comptes du Dauphiné.

La RévolutionModifier

Fonctions dans la DrômeModifier

Payan adhère avec enthousiasme aux idées révolutionnaires, tout en restant plus mesuré dans ses opinions que son frère cadet.

En 1790, alors que son père devient administrateur du département de la Drôme, Joseph-François est élu maire de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Il est alors l'un des principaux meneurs du mouvement révolutionnaire local.

En 1792, le voici administrateur de la Drôme, puis procureur-syndic de ce département l'année suivante.

Comme son frère, il se rallie aux Montagnards et prend le parti de la Convention contre les fédéralistes. Avec son frère, Payan aide les armées de la Convention à repousser l'armée départementale des Bouches-du-Rhône qui marchait sur Lyon.

En novembre 1793, un congrès des sociétés populaires réuni à Saint-Paul-Trois-Châteaux proclame que le citoyen Payan a « par son énergie, par ses travaux et par ses vertus républicaines sauvé la partie méridionale de sa patrie[1]. »

En germinal an II (mars 1794), il conseille le Comité de salut public dans le choix des juges de la Commission populaire d'Orange, dont Jean Fauvety devient président. Cette commission allait devenir célèbre pour sa grande sévérité dans l'exercice de la Terreur.

Directeur de l'Instruction publiqueModifier

Remarqué par le Comité de salut public, Payan est appelé au même moment à Paris, à son grand regret car il souhaite conserver ses fonctions départementales. Il est nommé directeur de l'Instruction publique.

À ce poste il contribue à l'encouragement des arts, des lettres et des sciences, et obtient la libération de plusieurs artistes et scientifiques.

Membre de la section des Invalides, il se garde toutefois de se mêler des affaires du gouvernement. Il n'adhère ainsi même pas au Club des Jacobins.

Mise hors-la-loi et fuiteModifier

Cela ne l'empêche pas d'être considéré à tort comme un robespierriste, et le 10 thermidor, jour de l'exécution de Robespierre et de son frère Claude-François, il est mis hors-la-loi.

Payan-Dumoulin parvient toutefois à échapper à la guillotine en s'enfuyant en Suisse. Il y reste jusqu'à l'amnistie du 4 brumaire an IV (fin 1795).

Carrière dans l'administrationModifier

De retour en France, il est nommé directeur des contributions directes, fonction qu'il occupe dix-huit ans dans de nombreux départements.

Il se marie à cette époque avec Sophie Marguerite Malleray, de laquelle il a deux enfants.

Fonctionnaire juste et intègre, il prend sa retraite en 1816. Il se retire alors dans la Drôme, à Alixan, et ne se mêle plus des affaires politiques.

Maire d'Alixan (1830-1848)Modifier

En 1830, la révolution des Trois Glorieuses le fait sortir de sa retraite. Il est alors nommé maire d'Alixan par le gouvernement de Louis-Philippe Ier.

Malgré son grand âge, il remplit ses fonctions durant toute la durée de la monarchie de Juillet.

En 1848, ce républicain de cœur salue l'avènement de la Deuxième République. Le 14 mars, il donne toutefois sa démission de son poste de maire, pour raisons de santé.

Il meurt quatre ans plus tard à 93 ans, ayant survécu cinquante-huit années à son frère.

Payan-Dumoulin a laissé quelques ouvrages : quelques pièces en vers et en prose qui ont été publiées dans Le Mercure de France ou Le Courrier de l'Europe.

Notes et référencesModifier

  1. Soboul, p. 828

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Albert Soboul, Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, PUF, 2005
  • Antoine-Vincent Arnault, Antoine Jay, Etienne de Jouy, Jacques Marquet de Norvins, Biographie nouvelle des contemporains, Paris, Librairie historique, 1824

Liens externesModifier