Ouvrir le menu principal

Johnny Clegg

musicien sud-africain blanc et icône anti-apartheid
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Johnny et Clegg.
Johnny Clegg
Description de cette image, également commentée ci-après
Johnny Clegg en 2009.
Informations générales
Surnom Le « zoulou blanc »[1], Johnny
Nom de naissance Jonathan Paul Clegg[2]
Naissance
Rochdale (Grand Manchester, Angleterre, Royaume-Uni)
Décès (à 66 ans)
Johannesbourg (Afrique du Sud)
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Genre musical Mbaqanga, afro-pop, pop rock
Instruments Chant, guitare, concertina
Années actives 1976 - 2019 (42 ans)
Labels Capitol Records (1987-1993)
Rhythm Safari (1992-2006)
Universal (1997)
EMI Music (2004)
Rhythm Dog Music (2006)
ABC OZ (2007)
Site officiel www.johnnyclegg.com

Jonathan Clegg, dit Johnny Clegg, alias le « zoulou blanc », né le à Bacup aux environs de Rochdale (près de Manchester) au Royaume-Uni et mort le à Johannesbourg en Afrique du Sud, est un auteur-compositeur-interprète sud-africain et un danseur de danses zouloues.

Leader successif des groupes Juluka et Savuka, les thèmes de ses chansons sont principalement axés sur la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud. Il fut l’inlassable défenseur de la culture africaine, notamment avec sa chanson la plus célèbre, Asimbonanga, qui rend hommage à Nelson Mandela, alors incarcéré depuis plus de vingt ans[1], et Scatterlings of Africa, reprise pour la bande originale du film Rain Man (1988).

BiographieModifier

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2019)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

EnfanceModifier

Johnny Clegg est issu d'une famille de paysans juifs lituaniens et polonais immigrés en Rhodésie du Sud (devenu le Zimbabwe en 1980), les Braudo. La mère de Johnny Clegg, Muriel Braudo, suivant des cours à l'université de Johannesbourg en Afrique du Sud, se marie avec un non-juif, le Britannique Denis Clegg[3], contre l'avis de son père. Le couple part ensuite en Angleterre et y élève le petit Jonathan.

Cependant, six mois après cette naissance, le couple divorce et, après un bref passage en Israël, la mère retourne élever seule son enfant dans la ferme familiale à Gwelo, près de Selukwe, en Rhodésie. Alors qu'il a six ans, il suit sa mère en Afrique du Sud[4], où celle-ci est chanteuse dans les night-clubs et part en tournée dans le pays. Elle l'envoie dans une pension anglaise réservée aux Blancs à la discipline très stricte, dont il garde un très mauvais souvenir. Enfant blanc dans l'Afrique du Sud pendant l'apartheid, Jonathan grandit dans un environnement isolé de toute culture africaine. Malgré cela, il arrive à se lier d'amitié avec le fils du chauffeur de la famille, qui l'initie au ndébélé du Transvaal, une langue qui tire ses origines du zoulou.

Un an plus tard, sa mère épouse un journaliste sud-africain, Dan Pienaar, et la famille s'installe pour deux ans dans un appartement au centre de Johannesbourg. Écrivain et poète issu d'un milieu ouvrier blanc très pauvre, élevé durement dans une ancienne famille afrikaner, ce beau-père a une forte influence dans l'éducation de Jonathan (qui ne connaîtra son père biologique qu'à 21 ans) et lui fait partager sa passion pour l'Afrique.

La famille part vivre ensuite pendant deux ans en Zambie, où le beau-père de Jonathan a trouvé une place dans un journal de Lusaka et s'en va couvrir la guerre au Congo. Durant ce temps, l'indépendance nouvelle de la Zambie aidant, Jonathan Clegg entre pour la première fois dans une école multiraciale. Revenu à Johannesbourg, son beau-père lui apprend à survivre en pleine nature en l'emmenant tous les week-ends faire du camping sauvage dans la brousse. Alors que le garçon est au début de l'adolescence, son beau-père s'enfuit du jour au lendemain en Australie avec une autre femme, emmenant la demi-sœur de Jonathan qui vient d'avoir trois ans.

Âgé de treize ans, se sentant complètement étranger à la religion et à la communauté juive qu'il juge trop passive face à l'apartheid, il refuse de faire sa bar-mitsva. À quatorze ans, ne supportant plus non plus l'école, il fugue durant trois semaines en territoire zoulou avec deux amis avant d'être retrouvé par la police. De retour à Johannesbourg, il commence à traîner dans les rues sans enthousiasme.

Les débutsModifier

Jonathan Clegg, que tout le monde commence à appeler « Johnny », s'initie à la guitare à quinze ans, ce qui lui permet de rencontrer un musicien de rue zoulou qui jouait près de chez lui, Mntonganazo Mzila. Malgré la barrière du langage, il s'ensuit deux années durant lesquelles Clegg apprend les rudiments de la musique zoulou et le Ihhlangwini, accompagnant Mzila dans tous les « hostels », centres d'hébergements de travailleurs migrants, enfreignant l'interdiction des Noirs et des Blancs de franchir la limite des secteurs réservés. Cela permet à Clegg de se faire une réputation de bon musicien et de comprendre réellement le fossé qu'a creusé l'apartheid.

À la même époque, Sipho Mchunu quitte sa terre natale zouloue pour exercer le métier de jardinier à Durban. S'étant taillé une réputation de bon guitariste, et attiré par l'espoir d'un plus haut salaire, il décide de monter vers la grande ville, où il entend parler pour la première fois d'un garçon blanc au talent de musicien zoulou.

Il se trouve que le quartier de Johnny est également celui où travaillait Sipho. Cela mène à l'inévitable rencontre des deux musiciens. Tout d'abord stimulés par leur envie de comparer leurs talents de guitariste, les deux compères s'associent pour former un duo hors du commun, qui va avoir un succès international. Sipho permet à Johnny de parfaire ses techniques de guitare, de danse, de langue et de combat au bâton zoulou. Johnny permet à Sipho de connaître la musique celtique et le rock.

Ensemble, ils font secrètement la tournée de tous les foyers de travailleurs migrants, enjoignant aux autres musiciens de se mesurer à eux. En plein apartheid, cette association improbable provoque une forte agitation, aussi bien artistique que politique, partageant ceux qui condamnent cette multi-culturalité et ceux qui l'encouragent.

La période JulukaModifier

En 1976, Johnny Clegg et Sipho Mchunu décrochent leur premier vrai contrat, sous le nom Johnny et Sipho et s'ensuit la sortie de leur premier album Woza Friday (Come Friday). C'est là que commence le concept initié par Johnny Clegg qui consiste à réunir des paroles anglaises et des mélodies occidentales à la musique zoulou.

En 1979, le duo change de nom pour devenir Juluka dont le premier album, malgré l’acclamation des critiques, est censuré en Afrique du Sud, toujours sous la coupe de l'apartheid. Leur deuxième album, African Litany, est leur premier gros succès national, avec notamment leur premier hit Impi. Enfin, le quatrième album marque leur percée sur la scène mondiale. Cinq disques de Juluka deviennent disques d'or et deux, disques de platine.

En 1985, l'aventure Juluka se termine avec le départ de Sipho, retourné apporter de l'aide à sa communauté. Johnny forme ainsi son second groupe Savuka. Clegg et Sipho Mchunu ne perdront jamais contact et décideront par la suite de refaire une tournée et un nouvel album ensemble.

La période SavukaModifier

Le premier album de Savuka, Third World Child (« Enfant du Tiers-Monde », titre qui annonce son engagement) est un très gros succès, avec plus de deux millions d'exemplaires vendus dans le monde et les titres phares Asimbonanga (chanson dédiée à Nelson Mandela, alors prisonnier sur l'île de Robben Island au large du Cap) et Scatterlings of Africa, qui a été reprise pour la bande originale du film Rain Man, ce qui atteste de son succès international dès cette époque.

L'album suivant, Shadow Man permet à Clegg d'entreprendre une tournée mondiale, partageant la scène entre autres avec Steve Winwood aux États-Unis et George Michael au Canada.

En 1988, il est le plus gros vendeur de 45 tours en France. La même année, le chanteur français Renaud lui dédie la chanson Jonathan dans son album Putain de camion (en 2006, Renaud produira l'album One Life[5]).

Le quatrième album, Heat, Dust and Dreams, est nommé dans la catégorie Best World Music et gagne le Billboard Music Award pour le meilleur album du monde en 1993. La même année, en l'honneur de Dudu Zulu, danseur et ami de Johnny Clegg assassiné en 1992, le chanteur lui consacre un titre, The Crossing (Osiyeza).

 
Johnny Clegg et Mandisa Dlanga à la Fête de l'Humanité en 2007.

Durant toutes ces années, Johnny Clegg n'a jamais cessé de faire des tournées en Afrique du Sud. En 1994, il y part pour faire la promotion de son album de compilation des meilleurs titres In My African Dream. En 1997, Johnny et Sipho se rencontrent pour travailler un nouvel album de Juluka, après une parenthèse de dix ans. Cette collaboration produira l'album Ya Vuka Inkunzi (The Bull has Risen, Crocodile Love).

Serge Gainsbourg lui a consacré une chanson, Zoulou, enregistrée lors des séances de l'album Variations sur le même t'aime de Vanessa Paradis. Elle est encore inédite à ce jour[réf. nécessaire].

Sorti en 2006, One Life a été produit par Tchad Blake. Y figure notamment une chanson sur les enfants soldats (Boy Soldier). Avec cet album, on découvre aussi un nouveau Johnny Clegg avec une chanson en français Faut pas baisser les bras.

En décembre 2009, la chanson The Crossing (Osiyeza) fait partie de la bande originale du film Invictus, réalisé par Clint Eastwood et qui retrace le parcours de l'équipe d'Afrique du Sud de rugby à XV, championne du monde en 1995.

Dernières annéesModifier

 
Johnny Clegg en concert à Alençon en 2013.
 
Johnny Clegg en concert à Alençon en 2013.

En 2010, Johnny Clegg sort Spirit is the Journey, sous-titré « Celebrating 30 years of Johnny Clegg », une compilation qui présente une sélection de 17 titres de la période Savuka et 17 titres extraits de la période Juluka, ainsi que quelques titres d'albums solos moins connus (New World Survivor, One Life), soit un large échantillon de sa production durant ses trente années de carrière.

La même année sort l'album Human, produit par Nicolas Fiszman, et entame une tournée européenne et nord-américaine qui conduit l’artiste dans plus de 35 villes aux États-Unis et au Canada. La chanson Ibhola Lethu qui traite de la ségrégation dans les stades durant l'apartheid, période où dominèrent les équipes du township de Soweto mais où les Noirs étaient interdits de stade au côté des Blancs, est choisie comme hymne pour le Mondial de football 2010.

En 2012, il donne un concert unique en Europe en France à Latillé dans le cadre du festival Les Heures vagabondes.

En 2014, il entame une nouvelle tournée de concerts, Human Tour, avec notamment un passage en France (dont un passage à Montluçon le 18 juillet le jour de la naissance de Nelson Mandela) dans le cadre du festival Au fil des voix à Vaison-la-Romaine le 5 août, puis à Thuir le 7 août et Apremont le 10 août[6]. Il assure aussi le dernier volet des Jeudis du port à Brest le 14 août. Il se produit en France pour la dernière fois de cette tournée le 15 août à Luxey, lors du festival Musicalarue.

En 2015, après avoir découvert sa maladie, il démarre le Final Journey World Tour, une tournée qui doit l'amener à se présenter dans de nombreux pays du monde et qui devait conclure sa carrière internationale[7],[1]. « Le voyage que j’ai commencé quand j’avais 14 ans touche aujourd’hui à sa fin »[1]. Il aura vendu au cours de quarante-deux ans de carrière plus de 5 millions d’albums[1].

En septembre 2017, il sort son dernier album studio King of time qui s'ouvre sur un titre éponyme fort et dynamique, suivi d'un duo touchant avec son fils Jesse (I've been looking).

Vie privée et mortModifier

Johnny Clegg a deux fils : Jesse (musicien, né en 1988) et Jaron.[réf. nécessaire]

En avril 2017, il annonce qu'il souffre d'un cancer du pancréas, détecté en 2015[7],[1]. Il meurt le à l'âge de 66 ans à Johannesbourg, des suites de sa maladie[1].

DistinctionsModifier

DiscographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f et g « Mort de Johnny Clegg, le "zoulou blanc" qui combattait l’apartheid en chantant », Benjamin Puech, Le Figaro.fr, 16 juillet 2019.
  2. « Johnny Clegg, Who Battled Apartheid With Music, Is Dead at 66 », Alan Cowell, The New York Times.com, 16 juillet 2019.
  3. « Mort du chanteur sud-africain Johnny Clegg, le « Zoulou blanc » qui combattait l’apartheid », Le Monde.fr avec AFP, 16 juillet 2019.
  4. « Black and White and Heard All Over, Johnny Clegg and Savuka Cross South Africa's Color Barrier », People,‎ (lire en ligne).
  5. « Johnny Clegg, le retour du Zoulou blanc », sur ladepeche.fr, (consulté le 6 avril 2017).
  6. Johnny Clegg en concert à Apremont au mois d'août.
  7. a et b (en) « Johnny Clegg announces final world tour », Mpiletso Motumi, iol.co.za, 25 avril 2017.
  8. Bertrand Lavaine, « Johnny Clegg, la dernière danse du Zoulou blanc », sur RFI Musique (consulté le 26 juillet 2019).
  9. « C'était en 2010, Johnny Clegg était venu dans la Manche », La Manche libre,‎ (lire en ligne).
  10. (en) « Johnny Clegg Receives OBE for Services to South African Democracy », sur SAPeople news, .
  11. (en) « Her Majesty Queen Elizabeth II Birthday Honours 2015 – South Africa », sur gov.uk, .

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • Johnny Clegg, la passion zoulou, Philippe Conrath, édition Seghers, postface de Renaud, 1988.
  • Stan Motjuwadi et David Bristow, Soweto, préface de Johnny Clegg, traduit de l'anglais par Gilles Tordjman, éd. Taillandier, 1990.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier