Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pringle.
John Pringle
John Pringle (détail).jpg

John Pringle, détail d'une gravure de W. H. Mote d'après un portrait Joshua Reynolds[1],[2]:273.

Titre de noblesse
Baronnet
Biographie
Naissance
Décès
(à 74 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Autres informations
Membre de
Arme
Conflit
Distinction
signature de John Pringle

signature

Sir John Pringle (), est un médecin écossais[3]. On lui doit un travail de pionnier en médecine militaire, en particulier en ce qui a trait à la salubrité et à l'asepsie ; il a aussi une place dans l'histoire de l'humanisation des lois de la guerre.

Sommaire

BiographieModifier

Pringle est le plus jeune fils de Sir John Pringle, deuxième baronnet[4] de Stichill (en)[5] dans le Roxburghshire ; sa mère s'appelait Magdalen[6]. Il étudie dans les universités de St Andrews, d'Édimbourg et de Leyde. Il obtient son diplôme de docteur à Leyde, où la réputation de Hermann Boerhave l'a attiré. Ses camarades assidus y sont Gerard van Swieten et Albrecht von Haller ; sa thèse est une esquisse de gérontologie. Il s'installe à Édimbourg, d'abord comme médecin puis, après 1734, aussi comme professeur de philosophie morale à l'université.

En 1742 il devient médecin du deuxième comte de Stair (en), qui commande alors l'armée britannique dans les Flandres. En 1744 il est promu médecin-général des forces britanniques aux Pays-Bas par le prince Guillaume Auguste, duc de Cumberland. Il s'installe à Londres en 1749 et devient son médecin personnel.

Il se marie en 1752 avec la sœur du Dr William Oliver (en)[7]. Il est fait médecin de la reine en 1761, baronnet en 1766 et, en 1774, médecin du roi George III.

En novembre 1772, il est élu président de la Royal Society. Durant sa présidence il fait six allocutions éditées plus tard en un seul volume. Il s'établit à Édimbourg en 1780, mais retourne à Londres en septembre de l'année suivante ; c'est là qu'il meurt, d'apoplexie[8], en 1782, âgé de 74 ans[9].

Il avait été un ami de Benjamin Franklin, aussi compagnon de voyage, de James Burnett, lord Monboddo, correspondant assidu, et d'Alexander Boswell[10], dont le fils James le mentionne dans ses écrits[11].

ContributionsModifier

MédecineModifier

Le premier livre de Pringle, sur la nature et le traitement des « fièvres » qui se produisent dans les hôpitaux et les prisons, est publié (à la hâte, nous dit-on[12]) en 1750 ; la fièvre est alors une maladie, non un symptôme. Une « fièvre », un « mal des prisons[13] » (aujourd'hui identifié au typhus), emporte presque simultanément plusieurs personnages importants, dont des juges de la cour d'assises, et met Londres en émoi. Pringle, qui a vu de tels évènements se produire dans l'armée, et qui sait aussi qu'ils se produisent sur les bateaux (particulièrement si les marins sont confinés pendant qu'on attend le vent), pointe du doigt l'air corrompu des baraquements, des navires, des prisons surpeuplés.

Toujours en 1750, il commence à lire devant la Royal Society des articles sur les substances accélérant ou retardant la corruption : Experiments on septic and antiseptic substances. Ces articles lui valent la médaille Copley ; il y avait alors, « dans la Royal Society, un vent qui poussait vers des recherches sur la putréfaction et les substances favorisant une infection[14] ». Ils sont publiés en français dans la traduction de l'ouvrage qui suivra, Observations sur les maladies des armées, dans les camps et dans les garnisons[15].

Son plus important travail, paru en 1752, sur les maladies qui se propagent dans l'armée, le fait regarder de nos jours comme un des pionniers de la médecine militaire moderne.

Lois de la guerreModifier

Vers le temps de la bataille de Dettingen en Bavière (juin 1743) (l'armée britannique est alors campée à Aschaffenburg), Pringle, par l'entremise de son supérieur, le comte de Stair, est à l'origine d'un accord original avec le maréchal de Noailles, commandant français.

À cette époque, les blessés devaient être évacués à la hâte — ou laissés à la merci de l'ennemi, quand un mouvement de troupes mettait les hôpitaux militaires à la portée de celui-ci. « M. Pringle engagea milord Stairs [sic] et le maréchal de Noailles à convenir que ces asiles du malheur seraient réciproquement respectés ; son zèle obtint la récompense qui pouvait le plus le toucher, puisque ses compatriotes furent les premiers qui profitèrent de cette convention. Après la bataille d'Étingue [sic][16], un hôpital anglais se trouva dans le terrain occupé par l'armée française, et le premier soin du maréchal de Noailles fut de rassurer les soldats qui y étaient déposés, en leur annonçant que les troupes françaises avaient ordre de ne pas les inquiéter[17] ». Pringle a donné aussi son récit[18], paru en français dix ans plus tard, et qui est très proche. « Cet accord, écrit Pringle en 1752, s'observa strictement deux côtés durant cette campagne ; et quoiqu'il ait été négligé depuis, on espère cependant que dans la suite les généraux le regarderont comme un exemple, qu'ils empresseront de faire revivre[19],[20]. »

On peut voir dans cet évènement une étape[21] vers le premier article de la première convention de Genève du  : « Les ambulances et les hôpitaux militaires seront reconnus neutres, et, comme tels, protégés et respectés par les belligérants[22] ».

Œuvres (liste partielle)Modifier

Sauf mention contraire, les écrits de Pringle sont en anglais.

  1. I-1 « Expériences qui démontrent qu'on ne doit point appeller les substances putrides alcalines ; que ni les sels alcalis volatils, ni les fixes, ne tendent naturellement à produire la putréfaction dans le corps humain, étant d'eux-mêmes antiseptiques… », p. 313 — Lu le
  2. II-1 « Suite des expériences et des remarques sur les substances antiseptiques… », p. 323 — Lu le
  3. III-1 « Expériences sur les substances qui résistent à la putréfaction des liqueurs animales… », p. 334 — Lu le
  4. IV-2 [sic] « Suite des expériences sur les substances septiques… », p. 346 — Lu le
  5. V-1 « Expériences et remarques sur la fermentation des végétaux par le moyen des substances animales putrides… », p. 357 — Lu le
  6. VI-1 « Expériences sur les substances qui hâtent, qui retardent, qui augmentent et qui diminuent la fermentation des aliments, avec des remarques sur leur usage pour expliquer l'action de la digestion… », p. 368 — Lu le
  7. VII-1 « Expériences et remarques sur la putréfaction du sang et d'autres substances animales… », p. 377 — Lu le
  1. « On the different kinds of air », 1773
  2. « On the torpedo », 1774[29] — Il s'agit de l'animal appelé torpille.
  3. « On the attraction of mountains », 1775
  4. « Upon some late improvements of the means for preserving the health of mariners », 1776[30] — Développements récents pour la préservation de la vie des marins.
  5. « On the invention and improvements of the reflecting telescope », 1777
  6. « On the theory of gunnery », 1778

AttributionModifier

  • Pringle fait remarquer[31] qu'on lui a attribué par erreur un ouvrage, paru en 1722, dont le titre est traduit : « Recherches raisonnables sur la nature de la peste, faites d'après des remarques historiques, par Jean Pringle, docteur en médecine ».

BibliographieModifier

ÉtudesModifier

MédecineModifier

Lois de la guerreModifier

Textes courtsModifier

ComplémentsModifier

MémoireModifier

HonneursModifier

  • Le titre de baronnet Pringle de Pall Mall, créé pour lui, s'est éteint avec lui[4].
  • Le clan Pringle, dont il était membre, honore sa mémoire.

IconographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Portrait original. Le portrait était un cadeau du modèle lui-même à la Royal Society ; Pringle ne consentit pas à ce que la Société, qui voulait son portrait, ait à payer pour : site de la Royal Society.
  2. Selwyn.
  3. La page de titre de sa thèse le présente (en latin) comme « Scoto-Britannus ».
  4. a et b Pour les baronnets Pringle de Stichill et Pringle de Pall Mall, voir notre article en anglais.
  5. « [U]n des plus fameux professeurs en médecine de l'université d'Édimbourg » : Bayle.
  6. a et b « Sir John Pringle », site de l'abbaye de Westminster.
  7. L'inventeur du biscuit Bath Oliver (en).
  8. Joseph Frank Payne.
  9. Pringle fut enterré à l'église St James, rue Piccadilly, à Londres (« Sir John Pringle ») ; sa tombe a été détruite par les bombardements de la Deuxième Guerre.
  10. « John Pringle — father of military medicine », site Jamesboswell.info.
  11. Sur les amis de Pringle, on peut consulter Dorothea Waley Singer.
  12. « Ces lettres furent publiées à la hâte à l'occasion de la maladie contagieuse qui enleva quelques-uns des magistrats de Londres qui avaient tenu les assises du mois de mai 1750. Cette maladie tirait son origine de Newgate, prison qui a le désavantage de recevoir, de toutes les autres, les criminels qu'on y conduit dans le temps des assises. L'air renfermé, l'humidité et la malpropreté du lieu et de ceux qui l'occupent, rendent comme impossible d'y éviter un mal qui se communique si aisément. Cette fièvre des prisons a tant de rapport avec la fièvre pestilentielle des hôpitaux, qui cause de si grands ravages dans les armées, que M. Pringle n'a pas voulu priver ses lecteurs des observations qu'il avait publiées dans sa lettre sur ce sujet. Il les a donc refondues, et après y avoir fait les changements et les corrections qu'il a crues nécessaires pour les perfectionner, il en a fait un chapitre à part qu'il a inséré dans un ouvrage intitulé : Observations on the disease of the army in camp and garnison [sic], Londres, 1752 » : Bayle.
  13. « Jail distemper ».
  14. Marc J. Ratcliff, The quest for the invisible : microscopy in the Enlightenment, 2016, p. 144.
  15. a et b Consulter les titres détaillés des mémoires.
  16. « Bataille d'Étingue ». On appelait ainsi à cette époque la bataille de Dettingen. Voir par exemple : Histoire des guerres des Gaulois et des Français en Italie, t. 3, 1805, p. 394.
  17. Éloge, p. 58. Nous avons introduit les caractères gras. L'orthographe, comme en général dans cet article, en français et en anglais, a été modernisée.
  18. « [R]egarder des deux côtés les hôpitaux comme des sanctuaires ».
  19. La traduction française, 1795, d'après la septième édition anglaise, est de Pierre-Henri Larcher.
  20. « This agreement was strictly observed on both sides all that campaign ; and tho' it has been since neglected, yet we may hope, that on future occasions, the contending parties will make it a precedent. » Cité d'après la deuxième édition, 1753, p. ix.
  21. Stanhope Bayne-Jones, The evolution of preventive medicine in the United States Army, 1607–1939, deuxième partie : « The colonial period (1607–1775) ». Sous l'intitulé « Sir John Pringle ».
  22. Extrait de l'article 1.
  23. La recension a trois pages.
  24. Détail des éditions, worldcat.org
  25. « The cause seems plainly to arise from a corruption of the air, pent up and deprived of its elastic parts by the respiration of a multitude ; or more particularly vitiated with the perspirable matter, which, as it is the most volatile part of the humours, is also the most putrescent.
    As soon as I became acquainted with this fever in the hospitals abroad, I suspected it to be the same with what is called here the jayl-distemper, which I had never seen.
     »
    Observations on the nature and cure of hospital and jayl fevers, p. 4.
  26. (de) Beobachtungen über die Krankheiten der Armee, trad. A. E. Brande, Altenburg, Richtersche Buchhandlung, 1772.
  27. « [S]ur la septième anglaise » : Bayle.
  28. Fiche du SUDOC.
  29. Aussi, en volume séparé : A discourse on the torpedo [Allocution sur la torpille], Londres, 1775. .
  30. Date de la page d'errata.
  31. Observations sur les maladies des armées, p. 21, n. 1.
  32. Thomas A. Prendergast, Poetical dust : Poets' Corner and the making of Britain, p. 174.

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :