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John Bercow
Illustration.
John Bercow, en 2018.
Fonctions
Président de la Chambre des communes
En fonction depuis le
(10 ans, 3 mois et 26 jours)
Monarque Élisabeth II
Législature 54e, 55e, 56e et 57e
Prédécesseur Michael Martin
Membre de la Chambre des communes
En fonction depuis le
(22 ans, 5 mois et 17 jours)
Élection 1er mai 1997
Réélection 7 juin 2001
5 mai 2005
6 mai 2010
7 mai 2015
8 juin 2017
Circonscription Buckingham
Législature 52e, 53e, 54e, 55e, 56e et 57e
Groupe politique Conservateur (1997-2009)
Indépendant (depuis 2009)
Prédécesseur George Walden
Biographie
Nom de naissance John Simon Bercow
Date de naissance (56 ans)
Lieu de naissance Edgware (Royaume-Uni)
Nationalité Britannique
Parti politique Parti conservateur
(1986-2009)
Indépendant
(depuis 2009)
Conjoint Sally Illman
Enfants 3
Diplômé de Université de l'Essex
Résidence Palais de Westminster

John Bercow
Présidents de la Chambre des communes du Royaume-Uni

John Simon Bercow, né le 19 janvier 1963 à Edgware (Barnet), est un homme d'État britannique, président de la Chambre des communes du Royaume-Uni depuis 2009.

Issu d'une famille juive, il est sorti diplômé de l'université de l'Essex en 1985. Militant du Parti conservateur, auquel il adhère dans sa jeunesse, il est élu député pour la circonscription de Buckingham en 1997, à l'issue du scrutin général largement favorable au Parti travailliste de Tony Blair.

En 2001, Bercow est promu au cabinet fantôme de l'opposition, dans lequel il est chargé du portefeuille du Trésor, sous la direction d'Iain Duncan Smith, mais quitte l'institution en 2002, avant d'être chargé du Développement international, sous la conduite de Michael Howard, en 2003 ; il est limogé l'an suivant, en 2004, car étant en désaccord avec le chef de l'Opposition.

En 2009, John Bercow se déclare candidat à la succession du président de la Chambre, Michael Martin, démissionnaire après avoir été contesté dans sa gestion du scandale des notes de frais des parlementaires. Il est élu à l'issue du troisième tour de scrutin, devenant le 157e président de la Chambre des communes du Royaume-Uni. Comme le veut la règle, il quitte le caucus conservateur pour siéger sans étiquette.

BiographieModifier

ÉducationModifier

John Bercow, fils d'un chauffeur de taxi, naît le à Edgware, dans le Grand Londres[1]. Ses grands-parents paternels, de confession juive, sont originaires de Roumanie et ont anglicisés leur nom "Berkowitz" en "Bercow".

Brillant élève, il sort diplômé d'une mention Très bien de l'université d'Essex en 1985. L'un de ses professeurs, Anthony King, se souvient d'un « étudiant exceptionnel ». Jeune militant du Parti conservateur, il fréquente le Conservative Monday Club, courant d'étudiants conservateurs, mais le quitte car n'approuvant pas certaines de ses positions. Il dira plus tard qu'avoir adhéré à ce mouvement fut une « pure folie », regrettant d'avoir défendu des positions qu'il dit ne plus approuver.

Sorti diplômé de l'université, Bercow est désigné président de la Fédération des étudiants conservateurs (Federation of Conservative Students) en 1986 ; il sera le dernier président de cette association, dissoute par le président du Parti conservateur, Norman Tebbit.

Devenu banquier d'affaires, il entre au cabinet Saatchi & Saatchi, avant d'en devenir l'administrateur du conseil d'administration.

Vie privéeModifier

En 2002, John Bercow a épousé Sally Bercow (Illman), ensemble ils ont eu 3 enfants[2] et possèdent un chat s'appelant 'Order'.[3] Sa femme fut membre du parti conservateur avant de devenir membre du parti travailliste, faisant campagne pour son mari et également le parti travailliste dans les élections générales de 1997. Cependant John Bercow et ses proches ont toujours nié la potentielle influence qu'aurait pu avoir sa femme dans son changement d'opinion politiques, particulièrement proches de l'extrême droite dans sa jeunesse[4].

Il est un humaniste, et fut membre du All-Party Parliamentary Humanist Group.[5] En discutant du rôle du clergé dans le Parlement, il s'est décrit comme "une personne irréligieuse qui a un intérêt séculier envers un sujet important".[6] Il est également un fan du club de foot Arsenal depuis janvier 1971 et va régulièrement voir des matchs avec l'un de ses fils.[7] En 2014, il a publié un livre sur les 20 meilleurs joueurs de tennis de l'histoire[8], son joueur préféré étant Roger Federer.

Œuvres caritativesModifier

John Bercow soutient de nombreuses associations. Il est le parrain d'une association pour la recherche des tumeurs cérébrales[9], Patchwork Foundation[10] fondée par Harris Bokhari. Il soutient également d'autres association telles que Jami, une association juive pour la santé mentale[11]. Il a plus récemment soutenu une collecte de fonds pour Children in Need[12].

Carrière politiqueModifier

ConseillerModifier

En 1986, John Bercow est élu conseiller du Borough londonien de Lambeth pour le Parti conservateur, un mandat qu'il assume durant quatre ans. Âgé de vingt-trois ans lors de son élection, il est le plus jeune conseiller du Royaume-Uni.

ParlementaireModifier

Candidat aux élections législatives de 1987 à Motherwell, puis au scrutin parlementaire de 1992 à Bristol, John Bercow est finalement élu membre de la Chambre des communes du Royaume-Uni à l'issue des élections de 1997 pour la circonscription de Buckingham. Il sera réélu lors des scrutins de 2001, de 2005 puis, en tant que « président de la Chambre demandant réélection », et donc sans opposition travailliste, de 2010 et de 2015.

Très à droite lors de ses années étudiantes, et lors de ses premières années comme député, il connaît une « transition remarquable sur l'échiquier politique », rejoignant l'aile gauche du Parti conservateur, et défendant des idées progressistes. En 2002, il est ministre du Travail et des pensions de retraite dans le cabinet fantôme, sous le chef de l'Opposition Iain Duncan Smith. Il démissionne pour marquer son opposition au conservatisme du parti sur la question des droits des homosexuels. Lorsque Michael Howard devient chef de l'Opposition fin 2003, il nomme Bercow ministre du Développement international dans le Cabinet fantôme de 2003, poste qu'il occupe jusqu'en 2005[13].

Président de la Chambre des communesModifier

Le , les députés l'élisent président de la Chambre des communes[14], après la démission de son prédécesseur, le travailliste Michael Martin, dans le contexte difficile du scandale des notes de frais des députés britanniques. Sitôt connue son élection, le Daily Telegraph publie d'ailleurs les remboursements de notes de frais du député Bercow, qui n'apparaît pas comme sans reproche[15].

En tant que président de la Chambre, tenu à une stricte neutralité, il renonce à son affiliation politique et quitte le Parti conservateur[16]. Il est un président réformateur, cherchant à intéresser et impliquer les citoyens dans ce qui se passe au Parlement. À ce titre, il rappelle fréquemment aux députés que leur comportement parfois bruyant et enfantin dans l'enceinte de la Chambre est néfaste pour l'image publique du Parlement, et ne cesse de les rappeler sèchement à l'ordre. Par souci de modernité, il se défait de la tenue habituelle du président de la Chambre, et notamment de la perruque, portant simplement une tenue de cérémonie noire et une cravate. Il fait ouvrir une crèche pour le personnel du Parlement. Surtout, il cherche à accroître l'influence et l'indépendance de la Chambre vis-à-vis de l'exécutif. Bien plus que ses prédécesseurs, il autorise les députés à demander la présence de ministres lors de certains débats, et contraint les ministres à venir à la Chambre répondre aux questions des députés. S'il est admiré par une majorité, il est peu apprécié par les gouvernements de David Cameron, Theresa May et Boris Johnson, ses anciens collègues ministres et députés conservateurs ne supportant pas son impartialité en traitant de manière égale les conservateurs et travaillistes.[17].

En 2017, il fait la une des journaux en refusant d'inviter le président américain Donald Trump à s'exprimer devant le Parlement malgré la demande de la Première ministre Theresa May. Il invoque notamment le polémique décret présidentiel 13769 signé par Trump, et est soutenu par une majorité de députés[18].

En 2018, il déclare que Tommy Robinson est un individu répugnant, odieux, répulsif[19].

Le , il annonce qu'il refuserait un troisième vote sur le traité de sortie de l'Union européenne négocié par Theresa May, du moins si la motion présentée n'est pas substantiellement différente de celle rejetée quelques jours plus tôt[20].

Malgré de nombreuses rumeurs et sa promesse de quitter son poste au bout de 9 ans, il confirme le vouloir garder son rôle au moins jusqu'à ce que l'affaire du Brexit soit résolue[21].

Le , il annonce à la House of Commons sa décision de quitter ses fonctions en cas d'élections anticipées ou, au plus tard le 31 octobre 2019.

Titres et honneursModifier

 
Blason de John Bercow, conçu par Hubert Chesshyre

TitreModifier

  • Jusqu'à 1997: Monsieur John Bercow
  • 1997-2009: Monsieur John Bercow MP (= Membre du Parlement)

HonneursModifier

BlasonModifier

En tant que Speaker de la Chambre des Communes, John Bercow a comme ses prédécesseurs conçu son blason. Les trois couleurs, rouge, bleu et doré représentent les 3 partis (bleu pour conservateurs, rouge pour travaillistes), l'échelle représente son élévation sociale, les 4 balles représentent les 4 pays qui composent le Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles, Ecosse et Irlande du Nord) et son amour pour le tennis, les cimeterres le blason de l'Essex, où il a été à l'université et la phrase "All are Equal" séparés par de petits triangles roses représentent son engagement envers les droits des LGBTQ+.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Ellen Barry. Parliament's 'Brexit Destroyer' Draws Awe and Ire. The New York Times, Thursday, March 21, 2019, p. A6.
  2. Brian Wheeler, « The John Bercow story », BBC,‎ (lire en ligne)
  3. (en) « Speaker reveals cat's name », sur BBC News (consulté le 4 septembre 2019)
  4. « JOHN BERCOW INTERVIEW: "INSECURITY PROPELLED ME TOWARDS HARDLINE RIGHT-WING POLITICS" », Big Issue,‎ (lire en ligne)
  5. « All Party Parliamentary Humanist Group », Her Majesty's Government, (consulté le 4 novembre 2015)
  6. Modèle:Cite hansard
  7. [vidéo] Arsene Wenger Deserves Respect! John Bercow, Speaker Of The House of Commons sur YouTube
  8. https://www.amazon.fr/Tennis-Maestros-Twenty-Greatest-Players/dp/184954512X/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&keywords=john+bercow&qid=1567636106&s=gateway&sr=8-1
  9. « John Bercow », sur www.braintumourresearch.org (consulté le 4 septembre 2019)
  10. (en-US) Creative Digital, « Patrons », sur Patchwork Foundation, (consulté le 4 septembre 2019)
  11. https://www.thejc.com/community/community-news/bercow-backing-jami-s-aid-work-1.51424
  12. « Commons speaker John Bercow lends a backhand to Stratford charity », Stratford Herald,‎ (lire en ligne)
  13. (en) Circonscription de Buckingham en 2015, UK Polling Report.
  14. « Un "speaker" conservateur élu à la Chambre des communes », Le Monde du 23 juin 2009.
  15. Daily Telegraph du 23 juin 2009.
  16. (en) "The unusual battle in Speaker's seat", BBC, 1er mai 2015
  17. (en) https://www.theguardian.com/politics/2019/jan/09/tory-brexiters-calling-for-his-head-john-bercow-in-his-element
  18. (en) John Bercow justifies his comments on Donald Trump, bbc.co.uk.
  19. (en) « 'Loathsome' Tommy Robinson slammed after dining in parliament », sur news.sky.com,
  20. (en) Jessica Elgot, Rowena Mason et Daniel Boffey, « Constitutional chaos after third vote on Brexit deal blocked », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  21. https://www.lemonde.fr/international/article/2019/05/30/royaume-uni-le-speaker-john-bercow-confirme-vouloir-rester-en-poste-jusqu-au-brexit_5469543_3210.html
  22. « Orders Approved at the Privy Council Held by The Queen at Buckingham Palace on 8th July 2009 »
  23. « Speaker granted Freedom of the City », Parliament.uk (consulté le 7 décembre 2018)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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