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Jocelyne Saab

réalisatrice libanaise
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Jocelyne Saab
Jocelyne saab.jpg
Portrait de Jocelyne Saab au FICA en 2009
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
جوسلين صعبVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinction

Jocelyne Saab (ou Jocelyn Saab), née à Beyrouth le et morte le à Paris[1], est une réalisatrice, photographe, plasticienne libanaise.

Elle fut l'une des cinéastes du nouveau cinéma libanais[2].

BiographieModifier

Après des études de sciences économiques à Paris, Jocelyne Saab fait ses débuts dans une émission de pop musique à la radio au Liban, puis elle est engagée par Etel Adnan dans le journal As Safa. À partir de 1973, elle devient reporter de guerre au Moyen-Orient en couvrant notamment la Guerre d'Octobre pour le Magazine 52, de la troisième chaîne de télévision française. En tant que journaliste indépendante pour des chaînes de télévision européennes, nord-américaines et japonaises, elle réalise de nombreux films documentaires : sur la Guerre du Liban, la guerre d'Irak, le Kurdistan, l'Iran, la Syrie, le Golan, le Sahara occidental, les conséquences du conflit Israëlo-palestiniens mais aussi en Asie, notamment au Vietnam.

Les trois documentaires essayistes Beyrouth, jamais plus (1976), Lettre de Beyrouth (1978), Beyrouth, ma ville (1982), consacrés aux désastres provoqués par la Guerre du Liban, forment un triptyque spontané dont Etel Adnan écrira :

« Jocelyne a saisi d'instinct, grâce à son courage politique, son intégrité morale, et sa profonde intelligence, l'essence même de ce conflit. Aucun document sur cette guerre n'a jamais égalé l'importance du travail cinématographique que Jocelyne a présenté dans les trois films qu'elle a consacrés au Liban[3]. »

En moins de trente ans, Jocelyne Saab réalise un total de trente documentaires qui reçoivent plusieurs prix dans les festivals européens et internationaux. Cependant, sa filmographie ne se limite pas au documentaire.

Parallèlement à son travail de cinéaste, Jocelyne Saab se met à photographier sans cesse. Elle est alors en Égypte[4]. Elle commence à exposer à partir de 2006. En 2008, elle publie son livre Zones de guerres, aux éditions de l'Œil, qui rassemble ses photographiques et témoigne de cinq décennies de conflits dans le tiers-monde en général et au Moyen-Orient en particulier. L’ensemble permet à la fois de suivre un panoramique exceptionnel de l’histoire contemporaine (Liban, Libye, Égypte, Iran, Sahara occidental, Kurdistan, Vietnam…), et de découvrir le regard analytique et aimant d’une artiste engagée.

Elle expose une autre série de cent photographiques nommée Sense, Icons and Sensitivity dans plusieurs pays (la foire d’Abû Dhabi en 2007, la foire d’Art-Paris, des galeries d’Abû Dhabi et de Beyrouth en 2008...). Divisée en deux thèmes « Le revers de l'orientalisme » et « Architecture molle », ce cycle questionne les rapports de représentations entre Orient et Occident et les fractures de sens qui en découlent.

Elle réalise une dernière série photographique et deux vidéos d'art en 2016, nommées One dollar a Day (série photo et vidéo) et Imaginary Postcard.

Jocelyne Saab vivait entre Beyrouth, Paris et Le Caire.

PatrimoineModifier

Pour préserver son patrimoine et faire vivre sa mémoire[5], le fils de Jocelyne Saab, Nessim Ricardou-Saab, ayant-droit de la quasi-totalité de son œuvre (hormis les premiers reportages de la cinéaste réalisés pour l'ORTF, conservés à l'INA), a créé avec trois anciennes collaboratrices de Jocelyne Saab l'association des amis de Jocelyne Saab[6].

FilmographieModifier

Reportages télévisésModifier

Jocelyne Saab est l'auteure de nombreux reportages diffusés à la télévision[7] :

  • 1970 : La Maison Libanaise (indisponible) ;
  • 1970 : Bombardement dans les quartiers palestiniens de Beyrouth (indisponible) ;
  • 1973 : Kadhafi : L'Islam en marche (ou La Marche Verte) (10 min) ;
  • 1973 : Kadhafi, l'Homme qui venait du désert (60 min) ;
  • 1973 : Portrait de Kadhafi (5 min) ;
  • 1973 : Spécial Proche-Orient : Israël (26 min) ;
  • 1973 : La Guerre d'Octobre (ou La Guerre en Orient) (8 min) ;
  • 1973 : Proche-Orient : Égypte (8 min) ;
  • 1973 : La Guerre en Orient : Égypte (8 min) ;
  • 1974 : Le Refus Syrien (ou Le Golan, sur la ligne de front) (10 min) ;
  • 1974 : Irak, la guerre au Kurdistan (16 min) ;
  • 1982 : Les Libanais, otages de leur ville (ou Bilan de la guerre : destructions au Liban) (6 min) ;
  • 1982 : Le Liban : état de choc (6 min).

DocumentairesModifier

FictionsModifier

PhotographieModifier

EvénementsModifier

InstallationsModifier

  • 2006 : Strange Games and Bridges (Dubai Art Fair ; Singapore National Museum )[8]
  • 2011 : Le Jardin de la guerre (Les Halles de Saerbeck, Bruxelles)
  • 2013 : Café du Genre (MuCEM, Marseille)
  • 2017 : One dollar a day (Institut Culturel Français, Istanbul/Beyrouth)[9]

DécorationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Newsdesk Libnanews, « Décès de la réalisatrice libanaise Jocelyne Saab », sur Libnanews, (consulté le 7 janvier 2019)
  2. Ghada Sayegh, « Penser et figurer la guerre comme rupture, Jocelyne Saab et le Nouveau cinéma libanais (1975-1990) », La Furia Umana,‎ , p. 257 (ISBN 9788494099984)
  3. Etel Adnan, « Pour Jocelyne Saab », in La Furia Umana, no 7, 2015.
  4. « Against the tide », Onorient (consulté le 23 août 2019).
  5. Hugo Altmayer, « Il est temps de faire (re)vivre le cinéma de Jocelyne Saab - Hugo ALTMAYER », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 26 août 2019).
  6. (en) « جمعية أصدقاء جوسلين صعب -Association des amis de Jocelyne Saab », sur جمعية أصدقاء جوسلين صعب -Association des amis de Jocelyne Saab - Jocelyne Saab's Friends Association (consulté le 26 août 2019).
  7. (en) « Oeuvre de Jocelyne Saab », sur جمعية أصدقاء جوسلين صعب -Association des amis de Jocelyne Saab - Jocelyne Saab's Friends Association,‎ (consulté le 23 août 2019).
  8. « "Strange Games" & "Bridges" de Jocelyne Saab », sur La France à Singapour (consulté le 28 octobre 2017).
  9. « Jocelyne Saab », Istanbul,‎ (lire en ligne, consulté le 28 octobre 2017).
  10. Mathilde Rouxel, « Jocelyne Saab, cinéaste témoin de la cinéphilie libanaise », Cycnos,‎ , p. 123 (lire en ligne).
  11. Ministère français de la Culture, Arrêté du 13 septembre 2016 portant nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • Mathilde Rouxel, Jocelyne Saab, La Mémoire indomptée (1970-2015), Dar an-Nahar / Presses du Réel, 2015 (ISBN 978-9953-74-411-7)
  • Stefanie van de Peer, Negotiating Dissidence. The Pioneering Women of Arab Documentary, Edimburgh University Press, 2017 (ISBN 978-0748696062)

Liens externesModifier