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Jocelerme Privert

homme politique haïtien

Jocelerme Privert
Illustration.
Jocelerme Privert en 2016.
Fonctions
Président de la République d'Haïti

(11 mois et 24 jours)
Élection 14 février 2016
Premier ministre Evans Paul
Fritz Jean
Enex Jean-Charles
Prédécesseur Michel Martelly
Successeur Jovenel Moïse
Président du Sénat de la République

(1 mois)
Élection
Vice-président Ronald Larêche
Prédécesseur Andris Riché
Successeur Ronald Larêche
Sénateur de Nippes

(4 ans, 9 mois et 19 jours)
Élection
Ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales

(1 an, 10 mois et 25 jours)
Président Jean-Bertrand Aristide
Premier ministre Yvon Neptune
Prédécesseur Henri-Claude Ménard
Successeur Hérard Abraham
Secrétaire d'État aux Finances

(1 an et 16 jours)
Président Jean-Bertrand Aristide
Premier ministre Jean Marie Chérestal
Biographie
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Petit-Trou-de-Nippes (Haïti)
Nationalité haïtienne
Parti politique Inite
Conjoint Ginette Michaud Privert (depuis 1988)
Profession Comptable

Jocelerme Privert
Présidents de la République d'Haïti

Jocelerme Privert, né le à Petit-Trou-de-Nippes[1], est un homme d'État haïtien, membre du parti Inite et président provisoire de la République d'Haïti du au .

D'abord membre du gouvernement sous la présidence de Jean-Bertrand Aristide entre 2001 et 2004, il est absent de la vie politique pendant quelques années. De retour, il est élu sénateur du département de Nippes en 2011 jusqu'à son élection pour la présidence du Sénat. Il est également nommé président du Comité de l'économie et des finances du Sénat.

Après la fin du mandat du président Michel Martelly, Privert a été élu par le Sénat à la présidence provisoire d'Haïti le 14 février 2016, dans l'attente d'élections générales dans un délai maximal de 120 jours. Mais le Conseil électoral provisoire a décidé le 5 avril 2016 d'annulé le scrutin à cause d'irrégularité et de tenir un nouveau scrutin début octobre 2016. Le 14 juin, son mandat présidentiel a expiré, mais Privert reste néanmoins président de facto, l'Assemblée nationale ayant refusé de se réunir pour désigner un successeur à son poste ou mener une action contraire.

Le 7 février 2017, le candidat à la présidentielle du parti politique de Michel Martelly, Jovenel Moïse, lui a succédé.

Jeunesse et étudesModifier

Né dans une famille modeste, Jocelerme Privert arrive à Port-au-Prince en 1969 pour y poursuivre ses études secondaires jusqu'à l'obtention de son baccalauréat en 1976. Après avoir décroché un diplôme en comptabilité à l'Institut national d'administration, de gestion et des hautes études internationales (INAGHEI), il réussit un concours du ministère de l'Économie et des Finances en 1978, ce qui lui permet d'intégrer l'administration.

Entré en 1979 à la Direction générale des impôts comme inspecteur comptable, Privert gravit les échelons jusqu'à sa nomination comme directeur général de l'institution le . À la suite d'un mouvement de protestation de ses employés, il est démis de ses fonctions en 1999.

Carrière ministérielleModifier

En mars 2001, peu après le retour au pouvoir de Jean-Bertrand Aristide, il est nommé secrétaire d'État aux Finances dans le cabinet du Premier ministre Jean Marie Chérestal. En mars 2002, il devient ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales dans le gouvernement d'Yvon Neptune, successeur de Chérestal. Deux ans plus tard, Privert doit quitter ses fonctions à la suite du coup d'État du 29 février 2004 qui amène au départ du président Aristide et à la constitution d'un gouvernement provisoire dirigé par Gérard Latortue.

Le 4 avril suivant, Privert est arrêté sur ordre du nouveau gouvernement provisoire, en raison de sa participation présumée à un massacre à Saint-Marc, et conduit au pénitencier national où il reste détenu jusqu'à sa libération le . Privert nie avoir donné l'ordre du massacre alors qu'il était ministre de l'intérieur.

Retour en politiqueModifier

Au SénatModifier

En septembre 2006, il rejoint le cabinet du président René Préval dont il est consultant, puis conseiller. Candidat malheureux aux élections sénatoriales partielles en 2008, il est finalement élu le lors des élections générales et prête serment le [2] en tant que sénateur représentant le département de Nippes.

Le , il est élu président du Sénat[3].

Président de la République à titre provisoireModifier

Après la fin du mandat de Michel Martelly, le , Privert est élu président provisoire de la République d'Haïti par le Sénat de la République et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale le 14 février suivant au deuxième tour du scrutin[4]. Son mandat est limité à cent vingt jours, selon les termes d’un accord signé quelques heures avant la fin du mandat du président Martelly[5]. Il démissionne dans la foulée de son siège de sénateur et de président du Sénat[5].

Le 19 février, il annonce les noms de six candidats au poste de Premier ministre, qui sont Mirlande Manigat, Edgard Leblanc Fils, Fritz Jean, Jacques Sampeur, Joanas Gay et Simon Dieuseul Desras[6]. Le 25 février, il nomme finalement Fritz Jean[7] à l'issue d'une consultation conjointe avec le président de la Chambre des députés, Cholzer Chancy, et le vice-président du Sénat de la République, Ronald Larêche.

Le 22 mars, après le rejet par le Parlement du gouvernement de Fritz Jean[8], il nomme Enex Jean-Charles au poste de Premier ministre[9], après un accord avec le Parlement[10].

En avril, le second tour du scrutin présidentiel est reporté à une date inconnue[11], puis, le 31 mai, la commission électorale préconise d'organiser un nouveau premier tour[12], tandis que le mandat de Privert prendra fin le 14 juin[12]. Le 6 juin, la présidentielle est officiellement annulée par le président du Conseil électoral provisoire, provoquant un nouveau scrutin[13].

Le 14 juin, le Parlement constate la fin du mandat présidentiel[14]. Trois jours plus tard, lors d'un entretien à l'AFP, il annonce qu'il resterait en poste jusqu'à ce que le Parlement prenne une décision[15]. Néanmoins, l'Entente démocratique, coalition d'opposition dirigée par l'ancien Premier ministre Evans Paul, appelle à son départ[16]. Une séance de l'Assemblée nationale est prévue pour le 21 juin pour décider de la prorogation ou non de son mandat[17]. Cette séance est reportée à une date indéterminée, après des manifestations pro-Privert[18]. Une nouvelle séance se tient le mais ne débouche sur aucun résultat[19].

Le , Jovenel Moïse est élu président de la République[20]. Le , Jocelerme Privert quitte ses fonctions et transmet le pouvoir au président élu[21].

Notes et référencesModifier

  1. Fiche de Jocelerme Privert sur le site du Sénat
  2. Les nouveaux sénateurs prêtent serment, Le Nouvelliste, 27-04-2011.
  3. « L'ancien ministre Jocelerme Privert élu président du Sénat haïtien! », Rezo Nodwes, 15 janvier 2016
  4. AFP, « Haïti: Jocelerme Privert élu président provisoire », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  5. a et b AFP, « Haïti : Jocelerme Privert élu président provisoire », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  6. « Haïti - FLASH : 6 candidats au poste de Premier ministre - HaitiLibre.com : Toutes les nouvelles d’Haiti 7/7 », sur HaitiLibre.com (consulté le 22 février 2016)
  7. Lefigaro.fr avec Reuters, « Élections/Haïti: nomination d'un premier ministre », sur Le Figaro (consulté le 26 février 2016)
  8. « Le Nouvelliste; L’énoncé de politique générale de Fritz Jean rejeté par les députés » (consulté le 23 mars 2016)
  9. Haïti : élection du premier ministre en pleine crise politique, Le Figaro, 23 mars 2016.
  10. « Le Nouvelliste; Enex Jean-Charles en tête sur la courte liste des premiers ministrables » (consulté le 24 mars 2016)
  11. Lefigaro.fr avec AFP, « Haïti: vers une présidentielle en octobre », sur Le Figaro (consulté le 27 avril 2016)
  12. a et b « Haïti : la commission électorale recommande l’annulation de la présidentielle », sur Le Monde, (consulté le 31 mai 2016)
  13. Lefigaro.fr avec AFP, « Haïti: 1er tour de la présidentielle annulé », sur Le Figaro (consulté le 6 juin 2016)
  14. « Haïti : fin du mandat du président provisoire sans solution de sortie de crise - outre-mer 1ère », sur outre-mer 1ère (consulté le 15 juin 2016)
  15. « Agence France-Presse - Haïti: son mandat expiré le président provisoire affirme qu'il "reste encore en charge" » (consulté le 17 juin 2016)
  16. Esther Versiere, « Haiti Press Network - Haïti-Crise: L’Entente Démocratique campe sur sa position » (consulté le 17 juin 2016)
  17. « Haïti - FLASH : Convocation de l’Assemblée Nationale », sur HaitiLibre.com,
  18. « Haïti - FLASH : Assemblée Nationale reportée «sine die» pour cause de violence », sur HaitiLibre.com,
  19. « Haïti - Politique : Quorum infirmé au Parlement, la séance est mise en continuation », sur HaitiLibre.com,
  20. « En Haïti, Jovenel Moïse remporte la présidentielle au premier tour », [Le Monde], 29 novembre 2016.
  21. Jean-Michel Caroit, « Jovenel Moïse investi président d’Haïti », sur Le Monde, (consulté le 9 février 2017)

Voir aussiModifier

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