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Joaquín Sorolla y Bastida

peintre espagnol
Joaquín Sorolla
Joaquin Sorolla by Gertrude Käsebier, 1908.jpg
Joaquín Sorolla photographié par Gertrude Käsebier en 1908.
Naissance
Décès
Nom de naissance
Joaquín Sorolla y Bastida
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Lieu de travail
Mouvement
Conjoint
Clotilde García del Castillo (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres principales
Promenade au bord de la mer (Paseo a orillas del mar) (1909), Madrid, musée Sorolla.

Joaquín Sorolla y Bastida (en castillan) ou Joaquim Sorolla i Bastida (en langue catalane normative), né le à Valence (Espagne) et mort le à Cercedilla, est un peintre espagnol.

Sorolla est connu pour ses scènes de genre alliant réalisme et lyrisme ainsi que pour ses scènes de plage et sa maîtrise de la couleur blanche dont il use avec brio dans de nombreux tableaux. Son style a été qualifié d'impressionniste, de post-impressionniste ou encore de luministe.

Sommaire

BiographieModifier

 
Marine (1880), Madrid, musée Sorolla. Œuvre de jeunesse de Sorolla, avant qu'il ne finisse sa formation académique.

Sorolla est né à Valence, en Espagne; il est le fils aîné d'un marchand, également nommé Joaquín Sorolla, et de son épouse, Concepción Bastida. Sa sœur Concha naît un an plus tard. En août 1865, leurs deux parents meurent (lors d'une épidémie de choléra) et les enfants sont pris en charge par leur tante maternelle et leur oncle, serrurier de profession. Avec les années, l'oncle tenta de lui enseigner en vain la serrurerie, et Joaquim fit connaître tôt sa volonté d'étudier la peinture. Il étudia le dessin à l'école des artisans de Valence[1]. Durant ses études au 12 rue Avellanas, il eut comme compagnons José Vilar y Torres, les frères Benlliure et Pinazo[2].

À la fin des ses études il commença à envoyer ses œuvres pour participer à des concours en province et à des expositions nationales des beaux-arts - celle de Madrid en 1881 - où il présenta trois marines de Valence qui furent ignorées car elles ne correspondaient pas à la peinture officielle qui demandait des thèmes historiques et dramatiques. L'année suivante, il étudia l'oeuvre de Vélasquez et d'autres auteurs au Musée du Prado. Après ces visites, Sorolla peignit en 1883 une toile inédite Étude du Christ redécouverte récemment, et où on note l'influence de Christ crucifié de Vélasquez[3],[4]. C'est avec cette toile que commença son étape « réaliste » où il eut Gonzalo Salva pour professeur. Finalement, en 1883, il obtint la médaille de l'exposition régionale de Valence et en 1884 il obtint la médaille de deuxième classe de l'Exposition Nationale gràce à son tableau Défense du Parc d'artillerie de Montéléon, œuvre mélodramatique et obscure, réalisée expressément pour l'exposition. Il confia à ce propos à un de ses collègues « Ici, pour se faire connaître et gagner des médailles, il faut qu'il y ait des morts ».

Il obtint un grand succès à Valence avec son tableau El Crit del Palleter (« Le Cri du marchand de paille ») sur la guerre d'indépendance espagnole grâce à quoi il obtint en 1885 une bourse de la Députation Provinciale de Valence pour Rome où, en parallèle de son travail, il découvrit l'art classique et renaissance, visita les grands musées et noua des liens avec les autres artistes. Il y développa son style et sa technique.

Avec son ami, le peintre Pedro Gil, il se rendit à Paris durant le premier semestre 1885, et observa de près la peinture impressionniste, qui, de retour à Rome, produisit un changement de thèmes et de style, avec des toiles à motifs religieux L'Enterrement du Christ, avec lequel il n'eut pas le succès espéré. Il se rapprocha ainsi des avant-gardes européennes. Les peintres qui l'influencèrent le plus furent John Singer Sargent, Giovanni Boldini et Anders Leonard Zorn.

 
La Vente des melons (1890), huile sur toile, Malaga, musée Carmen Thyssen (en).

En 1888 il se maria avec Clotilde García del Castillo à Valence, bien qu'ils vécurent une année de puis en Italie, à Assise. Il réalisa à cette époque quelques tableaux importants comme La Vente des melons (Malaga, musée Carmen Thyssen (en)), et plusieurs autres sur des thèmes costumbristes qu'il pouvait vendre facilement. C'étaient en général de petites aquarelles commercialisées par son marchand Francisco Jover.

AscensionModifier

En 1889, le peintre et sa famille s'installèrent à Madrid, et en à peine cinq ans, Sorolla jouit d'un grand renom comme peintre. De retour en Espagne, sa palette s'éclaircit avec les plages méditerranéennes, les ébats d'enfants, les nus, les pêcheurs valenciens. Il obtint son premier succès important avec Une autre Marguerite, qui lui valut la médaille d'or à Madrid et fut vendu à la galerie Saint-Louis. Il devient vite très connu et le meneur incontesté de l'école moderne espagnole de peinture.

En 1894, il voyagea de nouveau à Paris, où il développa le style appelé luminisme et qui devient dès lors caractéristique de son œuvre. Il commença à peindre à l'air libre, maîtrisant la lumière et l'utilisant dans des scènes quotidiennes et des paysages du bord de la méditerranée. Joaquin Sorolla exposa au Salon des artistes français en 1893, où il fut régulièrement admis entre cette date et 1909, et il obtint un 3e prix pour le Baiser à la Relique, puis un 2e prix pour Retour de la pêche : halage de la barque (1894), œuvre très admirée au salon de Paris[5] et acquis par l'État pour le musée du Luxembourg.

Dans ses tableaux Le Retour de la pêche, La Plage de Valence ou Triste héritage, il communique sa vision de la méditerranée, la splendeur d'une matinée à la plage dans des coloris vibrants, un style léger et vigoureux. Avec Triste héritage, il reçut en 1900 le « Grand Prix » du concours international de Paris. Il continua à traiter des thèmes sociaux qui lui avaient valu son succès, avec notamment Et en plus elles disent que le poisson est cher !(1894)[6]

En août 1900, à Valence, son ami sculpteur Ricardo Causarás Casaña lui rendit visite et lui demanda de poser pour réaliser une statue de terre et de plâtre qui fut finalement exposée à l'exposition générale des beaux-arts de Madrid. Elle se trouve actuellement dan les jardins royaux de los Viveros à Valence. A cette époque, la ville de Valence lui fit l'honneur d'une rue à son nom et nommé fils émérite de la ville. Après avoir beaucoup voyagé en Europe - en Angleterre et en France - l'exposition universelle de Paris en 1900 où il remporta une médaille d'honneur fut nommé chevalier de la Légion d'honneur. Ce succès lui donna des moyens financiers et une reconnaissance internationale inhabituelle, faisant connaître son oeuvre dans toute l'Europe et aux États-Unis.

A l'été 1905, il se rendit à Jávea et réalisa une série de peinture d'enfants nus, une de ses plus célèbres, et qui lui valut une commande de l'Hispanic Society of America, et dont fait notamment partie Le Bain (Musée Métropolitain, New York). Une exposition de ses œuvres — paysages, portraits — à la galerie Georges Petit à Paris en 1906 lui apporte une gloire encore plus grande et lui vaut de devenir officier de la Légion d'honneur. son succès social comme économique est alors évident.

En 1905, le peintre acquit un terrain sur le paseo del Obelisco à Madrid (Actuellement rue General Martínez Campos), à côté de la résidence de l'actrice María Guerrero. Peu après, il acheta le terrain contigu qu'il transforme en trois jardins. Sorolla inaugura en 1911 sa nouvelle résidence madrilène[7].

 
Jardín du musée Sorolla à Madrid.

Il exposa à New York en 1909, où il obtint un succès sans précédent, avec notamment les tableaux Soleil du soir et Les Nageurs et triompha également en 1911 au musée d'Art de Saint-Louis et à l'Institut d'art de Chicago.

Vision d'EspagneModifier

Article détaillé : Vision d'Espagne.

En novembre, il signa une commande pour Hispanic Society de New York. Il réalisa 14 panneaux de très grandes dimensions pour décorer les salles de l'institution. Chacune est dédicacée à une région d'Espagne. Il réalisa cette commande entre 1913 et 1919. Chaque tableau mesure 3.5mètres de haut, et, mis bout-à-bout, ils mesurent 70 m de long, ce qui en fait un monument magistral d'Espagne. Sorolla pris l'année 1912 pour voyager dans toute l'Espagne et faire des croquis des scènes, coutumes qu'il voyait. Chaque tableau décrit des scènes caractéristiques des diverses provinces espagnoles et portugaises.

PortraitisteModifier

 
Portrait de Raquel Meller (1918), Madrid, musée Sorolla.

Une facette importante de Sorolla est son activité de portraitiste. Il réalisa de nombreux portraits de célébrités Santiago Ramón y Cajal, Galdós, Machado, Vicente Blasco Ibáñez, des politiques comme Emilio Castelar, le roi Alphonse XIII, le président William Howard Taft, ainsi qu'une collection de portraits de famille et autoportraits[8]

En 1914 il fut nommé universitaire, et après ses travaux pour l'Hispanic Society il travailla comme professeur de composition et de couleurs à l'école des beaux arts de Madrid. En 1920, alors qu'il peignait dans le jardin de sa main au portrait de l'épouse de Ramón Pérez de Ayala, il subit une hémiplégie, qui diminua ses facultés physiques et l'empêcha de peindre. Il mourut trois ans après dans sa résidence de Cercedilla, le .

PostéritéModifier

Après sa mort, sa veuve fait don de beaucoup de ses tableaux à l'État espagnol. Ces peintures forment le fonds du musée Sorolla situé depuis 1932 dans la maison de l'artiste à Madrid. En 1933, Paul Getty achète dix de ses tableaux représentant des scènes de plages impressionnistes. Son principal disciple est Teodoro Andreu.

ŒuvresModifier

En plus de la maison-musée Sorolla, on trouve ses tableaux à la Alte Nationalgalerie de Berlin, au musée national d'Art de Catalogne de Barcelone, dans les musées de Venise et Madrid et dans de nombreuses collections privées en Europe et en Amérique, en particulier à Buenos Aires. Il peignit des portraits du roi Alphonse et de la reine Victoria Eugénie d'Espagne.

GalerieModifier

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ÉlèvesModifier

ExpositionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. (es) « La Escuela de Artesanos descubre en una exposición la faceta de estudiante de Joaquín Sorolla », Público,‎ (lire en ligne)
  2. (es) Marta Moreira, « Benlliure, Sorolla y Blasco Ibáñez, una amistad a tres bandas », ABC,‎ (lire en ligne)
  3. Agencia EFE, « Investigadores de la Universidad de Lleida descubren un Cristo inédito de Sorolla », El Mundo,‎ (lire en ligne)
  4. Agencia EFE, « Identifican una obra inédita de Sorolla », ABC,‎ (lire en ligne)
  5. Catalogues Gallica et catalogues du Salon des artistes français 1893 à 1909.
  6. « ¡Aún dicen que el pescado es caro! », sur Musée du Prado,
  7. « El edificio del museo: la casa Sorolla », sur Musée Sorolla (consulté le 25 octobre 2016)
  8. Begoña Torres González, Sorolla: La magia de la luz, Madrid, Editorial LIBSA, , 332 p. (ISBN 9788466210409)
  9. Dictionnaire Bénézit, Vicente Santaolaria, Gründ, 1999, tome 12 page 277.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Jordane Fauvey, Joaquín Sorolla pintor del Rey Alfonso XIII, dans Cahiers de civilisation espagnole contemporaine, 2007, n° 1 : présentation de son mémoire de master, Université de Franche-Comté, juin 2006, 163 p. (lire en ligne).

Articles connexesModifier