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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hoffa.
Jimmy Hoffa
James R. Hoffa NYWTS.jpg
Jimmy Hoffa en 1965.
Biographie
Naissance
Disparition
Décès
Nom de naissance
James Riddle Hoffa
Nationalité
Domiciles
Indiana, Détroit, Orion Township (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Enfants
Barbara Ann Crancer (en)
James P. HoffaVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Condamné pour
Pots-de-vin (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

James Riddle Hoffa dit Jimmy Hoffa, né le à Brazil dans l'Indiana, et disparu le à Bloomfield Township dans le Michigan (déclaré officiellement mort le 30 juillet 1982), est un dirigeant syndicaliste américain. Il disparaît mystérieusement le 30 juillet 1975, après avoir été vu pour la dernière fois sur le parking du restaurant Machus Red Fox[1].

BiographieModifier

Jeunesse et familleModifier

En 1920, son père John Hoffa (américain d'ascendance néerlandaise) qui travaillait dans les mines de charbon, meurt, et il est alors élevé par sa mère Viola (née Riddle)[2]. En 1924, la famille déménage à Détroit où elle travaille dans une usine automobile pour subvenir aux besoins de la famille et où Jimmy Hoffa demeure jusqu'à la fin sa vie. À 15 ans, il arrête ses études pour travailler afin d'aider sa famille. À 17 ans, il est manutentionnaire, déchargeant des wagons de marchandises pour un salaire de misère, ce qui l'incite à mener sa première grève surprise. Il attire l'attention des Teamsters (syndicat des conducteurs routiers américains) qui l'embauchent dans leur section de Détroit comme « organisateur », c'est-à-dire recruteur[3].

La 24 septembre 1936 à Bowling Green (Ohio), il épouse Josephine Poszywak, une blanchisseuse d'origine polonaise de 18 ans, dont il a fait connaissance lors d'une grève des blanchisseuses cinq ans plus tôt[4]. Le couple a deux enfants : une fille, Barbara Ann Crancer, et un fils, James.

En 1939, les Hoffas achètent pour 6 800 $ une modeste maison du nord-ouest de Détroit. Plus tard, le couple achète un chalet au bord d'un lac à Orion Township (en), au nord de Detroit. Son frère et un ami proche sont tués par des briseurs de grève engagés par le patronat[5].

Syndicalisme et mafiaModifier

Jimmy Hoffa grimpe rapidement la hiérarchie du syndicat des conducteurs routiers américains, dont il devient le président en 1957.

Il participe au blanchiment d'argent de la mafia italo-américaine de Chicago, à travers un système complexe utilisant l'argent de la caisse de retraite des Teamsters, souvent investi à Las Vegas. Il s'associe parfois au patronat, leur procurant des chauffeurs « occasionnels » peu payés et ne bénéficiant pas d'avantages sociaux (retraites, assurances maladies, etc) pour leur permettre de ne pas enrôler de chauffeurs à temps complet, Certains responsables de sections syndicales sont eux-mêmes chefs d'entreprise[5].

Il devient, notamment à la suite de ses liens avec la mafia, une des principales cibles de Robert Kennedy, Ministre de la Justice du gouvernement de son frère, le président John Fitzgerald Kennedy. À la suite du procès à Nashville en 1964, il est accusé d’avoir tenté d’acheter les membres du jury. Il est condamné à huit ans de prison et à une amende de 10 000 $. La même année, il est reconnu coupable et condamné à cinq ans de prison à Chicago pour fraudes et conspiration. Ayant épuisé tous les appels, il est envoyé le 7 mars 1967 au pénitencier de Lewisburg (en) pour purger ses deux peines consécutives[6].

De sa cellule, il continue à assumer la présidence des Teamsters et à agir en coulisse. En 1971, le président Richard Nixon (soutenu financièrement pendant ses campagne électorales de 1960 et 1968 par les Teamsters) le gracie à condition qu'il ne participe pas à des actions syndicales durant 10 ans[7].

Disparition et probable assassinatModifier

Il disparaît mystérieusement le 30 juillet 1975 à Bloomfield Township dans le comté d'Oakland (Michigan). Il est notamment aperçu brièvement pour la dernière fois sur le parking du restaurant Machus Red Fox[8]. On suppose qu'il est mort, peut-être assassiné par la mafia qui voyait d'un mauvais œil sa volonté de reprendre en main le syndicat[9]. Selon l'auteur américain Philip Carlo (en) dans son livre The Ice Man: Confessions of a Mafia Contract Killer qui est un recueil de ses entretiens avec le tueur à gages Richard Kuklinski, ce dernier aurait largement participé à la mort de Jimmy Hoffa et à la disparition de son corps. Il reprend la rumeur et dit qu'il aurait été enfermé dans un tonneau, mis dans le coffre d'une Toyota puis passé dans un broyeur avec d'autres véhicules et enfin expédié au bout du monde. Mais il n'en existe pas de preuve matérielle.

Frank Sheeran, un tueur à gages de la Mafia, a confessé peu de temps avant de mourir à son biographe Charles Brandt dans un livre I heard you paint houses qu'il aurait le jour de sa disparition assassiné lui-même Jimmy Hoffa sur ordre de Russell Bufalino, un chef mafieux. Son corps aurait été clandestinement incinéré dans un crématoire. La mafia l'aurait fait assassiner parce que Jimmy Hoffa menaçait de révéler au grand jour les liens étroits qu'il entretenait avec l'organisation criminelle et qu'il songeait à redevenir le président des Teamsters[10].

Sept ans jour pour jour après sa disparition, le 30 juillet 1982 Jimmy Hoffa a été déclaré légalement mort.

En 1998, son fils James deviendra président de l'International Brotherhood of Teamsters.

Dans un livre paru en 2012[11], le chauffeur de la mafia et informateur de police Marvin Elkind déclara avoir entendu Tony Jack (Anthony Giacalone) s'exclamer « Dites bonjour à Jimmy Hoffa, les gars » en passant devant le siège social de General Motors à Détroit. En construction à l'époque de la disparition d'Hoffa, cela laisserait entrevoir que son corps ait été coulé dans le béton du bâtiment[12].

Dans la culture populaireModifier

Danny DeVito a réalisé en 1992 un film sur sa vie, tout simplement appelé Hoffa, avec dans le rôle-titre, Jack Nicholson. Le film de 1978 F.I.S.T., avec Sylvester Stallone, s'inspire également de la vie de Hoffa.

En raison de ses liens avec la mafia et de sa mystérieuse disparition, Jimmy Hoffa a eu un impact important dans la mémoire collective américaine. On fait encore aujourd'hui référence à lui de manière plus ou moins claire dans des films[13], des séries télévisées[14], des dessins animés[15] ou encore des romans américains tels que American Tabloïd de James Ellroy, Vendetta de R. J. Ellory, ainsi que dans le morceau R u down wit da Goats du groupe de hip-hop The Goats.

Son personnage, incarné par Al Pacino, apparaîtra dans The Irishman, un film de Martin Scorsese consacré à Frank Sheeran (surnommé « L'Irlandais ») et dont la sortie est prévue en 2019.

Dans la version américaine du jeu Qui veut gagner des millions ?, notamment la version spéciale Who wants to be a Super Millionaire ?, une question est posée sur Jimmy Hoffa. Il s'agit d'une question à 2 500 000 $[16], ce qui en fait la question la plus chère de toute l'histoire du célèbre jeu télévisé, étant donné que le candidat Robert Essig n'y répondra pas et partira avec 1 000 000 $. La question était : « Dans le Michigan, quel est le nom du restaurant américain où fut aperçu pour la dernière fois le syndicaliste américain Jimmy Hoffa le 30 juillet 1975 ? », et la réponse était « Machus Red Fox ».

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Jimmy Hoffa disappeared 40 years ago », Detroit News, (consulté le 18 décembre 2017)
  2. (en) John Bartlow Martin, Jimmy Hoffa's Hot: A Crest Special, Fawcett Publications, , p. 28.
  3. (en) Steven J. Harper, Crossing Hoffa: A Teamster's Story, Minnesota Historical Society, , p. 22.
  4. (en) Dan La Botz, Rank-and-File Rebellion: Teamsters for a Democratic Union, Verso Books, , p. 100.
  5. a et b Frank Browning, John Gerassi, Histoire criminelle des États-Unis, Nouveau monde, , p. 578
  6. (en) Walter Sheridan, The Fall and Rise of Jimmy Hoffa, Saturday Review Press, , p. 7.
  7. William Reymond, Mafia S.A. Les secrets du crime organisé, Flammarion, , p. 195.
  8. (en) « Harris O. Machus, owner of the Red Fox restaurant, Jimmy Hoffa's vanishing point », sur New York Press, (consulté le 27 avril 2017)
  9. (en) Walter Sheridan, The Fall and Rise of Jimmy Hoffa, Saturday Review Press, , p. 527.
  10. (en) Frank Sheeran tueur à gages assassin de Jimmy Hoffa
  11. (en)The Weasel: A Double Life in the Mob du journaliste canadien Adrian Humphreys.
  12. (en) Source NewYork Post et Daily Mail.
  13. Comme dans Il était une fois en Amérique de Sergio Leone où il a inspiré le personnage de Jimmy Conway.
  14. Comme dans l'épisode 17 de la saison 2 de Clair de Lune, l'épisode 7 de la saison 2 de Dexter, l'épisode 11 de la saison 2 de House of Cards, l'épisode 19 de la saison 2 de À la Maison-Blanche, l'épisode 10 de Day Break, l'épisode 7 de la saison 3 de The Closer : L.A. enquêtes prioritaires, l'épisode 7 de la saison 1 de Fringe, l'épisode 8 de la saison 2 de Scorpion, l'épisode 4 de la saison 1 de Seven Seconds, l'épisode 13 de la saison 2 et l'épisode 12 de la saison 4 de Breaking Bad ou encore l'épisode 4 de la saison 6 des Soprano, dans l'épisode 6 de la saison 1 de Ozark, et également dans Veronica Mars, saison 2 épisode 12.
  15. Comme dans l'épisode 17 de la saison 10 des Simpson.
  16. [vidéo](en) « Super Millionaire - Bob-O's $2,500,000 Question », sur youtube.com, (consulté le 27 avril 2017)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) John Bartlow Martin, Jimmy Hoffa's Hot, Fawcett Publications, 1959
  • (en) Jim Clay, Hoffa! Ten Angels Swearin, Beaverdam Books, 1965
  • (en) Ralph James & Estelle James, Hoffa and the Teamsters: A Study of Union Power, Award House, 1965
  • (en) Walter Sheridan, The Fall and Rise of Jimmy Hoffa, Saturday Review Press, 1972
  • (en) Charles Ashman & Rebecca Sobel, The Strange Disappearance of Jimmy Hoffa, Manor Books, 1976
  • (en) Dan Moldea, The Hoffa Wars: Teamsters, Rebels, Politicians and the Mob, Paddington Press, 1978
  • (en) Arthur A. Sloane, Hoffa, MIT Press, 1991
  • (en) Ken Englade, Hoffa, Harper Paperbacks, 1992
  • (en) Thaddeus Russell, Out of the Jungle: Jimmy Hoffa and the Remaking of the American Working Class, Alfred A. Knopf, 2001

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier