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Jerzy Giedroyc

journaliste et homme politique polonais
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir famille Gedroitze.

Jerzy Giedroyć, né le à Minsk (alors dans l'ancien grand-duché de Lituanie, annexé à l'Empire russe, aujourd'hui en Biélorussie), dans une famille portant un titre princier mais appauvrie, est mort le à Maisons-Laffitte, est un journaliste et homme politique polonais, d'ascendance lituanienne.

Sommaire

BiographieModifier

Il fonde la revue, Kultura à Paris. Cette revue sur la culture polonaise et mondiale devient un instrument de lutte contre le totalitarisme communiste. Il parvint à obtenir pour sa publication la collaboration des plus grands écrivains et penseurs du XXe siècle, comme Albert Camus, Simone Weil, George Orwell, Witold Gombrowicz, Thomas Stearns Eliot, Emil Cioran, Wisława Szymborska et Czesław Miłosz.

Son père, Ignacy Giedroyc, était pharmacien. Il avait deux frères plus jeunes: Zygmunt (1909-1973) et Henryk (1922-2010). Malgré son origine aristocratique, Jerzy Giedroyć ne se reconnaissait pas comme prince.

Après sa scolarisation d'abord à Moscou jusqu'à la Révolution, ensuite au lycée Jan Zamoyski à Varsovie, il étudia le droit à l'Université de Varsovie. En 1930, il travailla pour l'hebdomadaire Dzień Akademicki et pour Dzień Polski (« Le jour polonais »). Puis il le réorganisa comme larevue Bunt Młodych (« La Révolte de Jeunes »). Il fut aussi le secrétaire particulier de personnalités gouvernementales, notamment du vice-ministre de l'Agriculture, un de ses mentors des premières années et ami Roger Adam Raczyński[1]. En 1937, la revue Bunt Młodych changea de titre pour Polityka (« Politique »)[2].

Au début de la guerre, en tant que secrétaire de l'Ambassade polonaise en Roumanie, il contribua auprès du même Raczyński à recueillir et faire transiter, en particulier vers la France, de nombreux Polonais soucieux de poursuivre le combat sous les ordres des autorités polonaises légitimes en exil (les autorités polonaises passées en Roumanie avant le 17 septembre 1939 et internées ayant pu transmettre leurs pouvoirs)[3].

Jerzy Giedroyć fut soldat de l'armée de Władysław Anders. Il voyagea en Syrie, jusqu'à Rome où il fonda l'Institut Littéraire (pl) (Instytut Literacki) et la revue Kultura, avant de l'installer à Paris. Il mobilisa les talents de l'émigration polonaise autour de la revue. Parmi ceux-ci, à différentes périodes, Witold Gombrowicz, Czesław Miłosz, Marek Hłasko, Leszek Kołakowski.

Il publia également des textes d'autres grands écrivains, comme Albert Camus, Simone Weil, Emil Cioran et George Orwell.

Il développe dans les années 1970 la doctrine Giedroyc avec Juliusz Mieroszewski dans le journal Kultura. Cette doctrine appelle à la réconciliation entre les pays d'Europe centrale et orientale.

Après la chute du communisme en Pologne, il ne revint jamais dans son pays d'origine. Conformément à son souhait, la revue Kultura a cessé de paraître après sa mort. Son héritage intellectuel et les archives de l'Institut littéraire sont conservés au siège historique de Kultura à Maisons-Laffitte, près de Paris.

Il reçut le titre de docteur honoris causa de l'Université Jagellonne en 1991[4].

BibliographieModifier

  • « La Lituanie dans la pensée politique de Jerzy Giedroyc », Malgorzata Ptasinska, in Cahiers Lituaniens, n°14, 2015, p. 5-15.
  • « Aktualność przesłania paryskiej "Kultury" w dzisiejszej Europie. Zbiór studiów », 2008.
  • « Ostatnie lato w Maisons-Laffitte », Hanna Maria Giza, 2007.
  • « Rozmowy w Maisons-Laffitte, 1981 », Barbara Toruńczyk, 2006.

Notes et référencesModifier

  1. Andrzej Stanislaw Kowalczyk, Giedroyc i Kultura, Wroclaw 2000, p. 20
  2. Andrzej Stanislaw Kowalczyk, Giedroyc i Kultura, Wroclaw 2000, p. 34
  3. Andrzej Stanisław Kowalczyk, Giedroyć i Kultura, Wrocław 2000, p. 54-55
  4. (pl) Doktorzy honoris causa, sur le site de l'UJ

AnnexesModifier