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Jeanne Galzy

femme de lettres française
Ne doit pas être confondu avec Jeanne Baraduc.
Jeanne Galzy
Photographie de Jeanne Galzy publiée dans le journal La Vie montpelliéraine en 1923.png
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jeanne Baraduc
Nationalité
Formation
Activité
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Distinctions
Prononciation
Œuvres principales

Jeanne Galzy, née Jeanne Baraduc en 1883 et morte en 1977, est une femme de lettres françaiseRomancière et biographe, elle est aussi poétesse, essayiste, critique littéraire, membre du Jury du prix Femina et dramaturge.

Sommaire

BiographieModifier

Jeanne Galzy est née Louise Jeanne Baraduc le à Montpellier. Ses parents sont Léon Baraduc, négociant en mercerie de gros, et Émilie Blanche Guillot, fille d'un opticien. Jeanne Galzy est le nom de son arrière grand-mère. Sa sœur cadette Berthe a écrit deux romans pour enfants.

Jeanne grandit à Montpellier dans un milieu protestant. Dans cette même ville, elle poursuit sa scolarité secondaire dans le premier lycée public de jeunes filles (actuellement Lycée Clemenceau) en France, puis entame des études supérieures en auditrice bénévole à l'Université de Montpellier. Elle poursuit ses études supérieures à Paris à l'École normale supérieure de jeunes filles, puis obtient l'agrégation féminine de lettres à la Sorbonne en 1911[1],[2]. Elle sera professeure de lettres de 1915 à 1944, avec la spécificité d'avoir été la première femme à avoir enseigné dans un lycée de garçons à Montpellier pendant la Première Guerre mondiale[3]. Elle publie son premier roman L'ensevelie en 1911 sous le nom asexué de J.Galzy.

Jeanne Galzy a entretenu une relation amoureuse avec l'actrice Caroline Eugénie Segond-Weber (1867-1945), de 1911 environ jusqu'à la mort de cette dernière en 1945[1],[4].

Œuvre littéraireModifier

Durant ses premières années d'enseignement, elle souffre d'une tuberculose osseuse (maladie de Pott) qui la conduit en convalescence à Berck[5]. Elle se sert de cette expérience pour écrire Les Allongés, qui emporte le Prix Femina en 1923, devant Henri de Montherlant et Joseph Kessel[6]. Elle écrit par la suite de nombreux romans, dont L'Initiatrice aux mains vides en 1929[7] et Jeunes filles en serre chaude en 1934[8] où elle aborde le thème du lesbianisme[9],[10]. Elle est aussi l'autrice de nombreuses pièces de théâtre, ainsi que plusieurs biographies.

Jeanne Galzy écrit sur l'époque qu'elle traverse, sur ses propres expériences, décrivant avec sensibilité le quotidien de ses contemporains, et place la majorité de ses romans dans sa région natale. Montpellier est ainsi évoqué dans au moins onze de ses romans. Jacques Angleviel, auteur d'un mémoire sur la vie montpelliéraine du 19e siècle à la Première Guerre mondiale fait de Jeanne Galzy la " Mauriac du Languedoc"[11].

Le lesbianisme est un thème récurrent dans sa production littéraire[10],[12]. Raymond Huard dans la biographie qu'il lui consacre précise que le lesbianisme de Jeanne Galzy lui permet de décrire les femmes avec une grande sensualité :

« De cette attraction passionnée vers les autres femmes, il y a (...) l’acuité avec laquelle elle décrit le corps féminin. Le plaisir que la vue ou l’imagination de ce corps semblent lui procurer est profondément sensuel. »

En 1969, elle commence une tétralogie située en Camargue, dans le milieu protestant au début du XXe siècle, La Surprise de vivre[4]. Dans les Nouvelles littéraires parues le 2 juillet 1971, Jean d’Ormesson écrit à propos du roman Les sources vives, tome 2 de la saga La surprise de vivre :

« Dans ce milieu de grands bourgeois languedociens et puritains, le goût salé de la mer, l’amour des chevaux et des jeunes corps, la découverte du plaisir et de l’art ébranlent la rigueur des principes protestants. (…) Un vrai roman plein de vent, de chevaux et de trouble pureté. »

Jeanne Galzy devient membre du jury du Prix Femina dans les années 1940 et le reste jusqu'à sa mort en 1977. Elle meurt le à Montarnaud[1] et est inhumée au cimetière protestant de Montpellier[7].

DistinctionsModifier

Prix littérairesModifier

Décorations honorifiquesModifier

Hommages posthumesModifier

Son nom est donné à :

Liste d’œuvresModifier

  • L'Ensevelie, Mercure de France, 1911.
  • Les Allongés, Payot, 1919 ; réédition F. Rieder et cie, 1924 ; rééd. Ferenczi et fils ; rééd. Gallimard, 1975.
  • La Femme chez les garçons, F. Rieder et cie, 1924 ; réédition Ferenczi et fils, 1932
  • La Grand Rue, Rieder et cie, 1925 ; réédition Ferenczi et fils.
  • Le Retour dans la vie, F. Rieder et cie, 1926 ; réédition Ferenczi et fils.
  • Sainte Thérèse d'Avila, 1927.
  • Les Démons de la solitude, 1931.
  • L'Initiatrice aux mains vides, Ed. Rieder, 1929.
  • Jeunes filles en serre chaude, Gallimard, 1934.
  • Le Village rêve, NRF, 1935.
  • Catherine de Médicis, NRF « Leurs figures », 1936.
  • Les Démons de la solitude, Rieder, 1936.
  • Margot, reine sans royaume, NRF « Leurs figures », 1939.
  • Les Oiseaux des îles, NRF, 1941.
  • Pays perdu, NRF, 1943.
  • Diane de Ganges, Lyon, Gutenberg, 1945 ; rééd. sous le titre Le Dieu terrible, Diane de Ganges, SEPE, Paris, 1949. — biographie de Diane de Joannis de Chateaublanc
  • La Cage de fer, NRF, 1946.
  • George Sand, Julliard, 1950.
  • La Femme étrangère, 1950.
  • L'Image, Gallimard, 1952.
  • La Jeunesse déchirée, 1952.
  • Le Parfum de l'Œillet, Gallimard, 1956.
  • Celle qui vint d'ailleurs, 1958.
  • La Fille, 1961
  • La Surprise de vivre
    • La Surprise de vivre, Gallimard NRF, 1969 ; Double Interligne, 1997.
    • Les Sources vives : la surprise de vivre II, NRF, 1971.
    • La Cavalière : la surprise de vivre III, NRF, 1974 ; Double Interligne, 2000.
    • Le Rossignol aveugle : la surprise de vivre IV, NRF, 1976.
  • J'écris pour dire que je fus... Poèmes 1910-1921, Inclinaison, 2013

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Claire Pascal, Portraits d'écrivains, Le miroir des idées, 1979 [13].
  • Jacques Proust, « Eloge de Mme Jeanne Galzy », Bulletin de l'Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, vol. Tome 10,‎ .
  • Jacques Angleviel, Montpellier du Second Empire à la guerre de 14-18 d’après l’œuvre de Jeanne Galzy, Mémoire de maîtrise, Université de Montpellier III, .
  • Dieudonné Giraut, "n°27 Grand’rue, le souvenir de l’écrivain Jeanne Galzy", Cahiers de la Grand'Rue - volume n°7 "La Grand’rue, il y a cinquante ans, 1987[14].
  • Jeanne Galzy, romancière languedocienne 1883-1977, Catalogue de l’exposition présentée à la Bibliothèque du Carré d’Art de Nîmes, 1997.
  • Jean Sagnes, «Jeanne Galzy devant la révolte paysanne de 1907», Histoire et littérature en France au vingtième siècle, ouvrage collectif dédié à Jean Rives, 2003
  • Nadine, membre de l’Association Mémoire Protestante Montpelliéraine, « Louise Jeanne Baraduc, dite Jeanne GALZY », Bulletin d’information et d’étude de l’association, vol. 1,‎ , p. 6-7 (lire en ligne)
  • Raymond Huard, Jeanne Galzy, romancière ou la surprise de vivre, Éditions Inclinaison, (ISBN 9782916942094, OCLC 424138272)[15].
  • Un beau portrait de Jeanne Galzy dans le livre d'Hubert Delobette au Papillon rouge Éditeur; novembre 2010; (ISBN 978-2-917875-13-1)
  • Une des écrivaines étudiées par Paula Dumont, Entre femmes - 300 œuvres lesbiennes résumées et commentées, Éditions l'Harmattan, .
  • Michèle Verdelhan-Bourgade, « Jeanne Galzy ou comment la région devient roman », Bulletin de l'Académie des Sciences et des Lettres de Montpellier., vol. 48,‎
  • Michèle Verdelhan-Bourgade, « Jeanne Galzy, témoin de Montpellier », Bulletin historique de la ville de Montpellier,‎ , p. 96-107 (ISSN 0758-332X)

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. a b et c Raymond Huard, Jeanne Galzy, romancière, ou, La surprise de vivre, Inclinaison, 2009, p. 163
  2. http://rhe.ish-lyon.cnrs.fr/?q=agregsecondaire_laureats&annee_op=%3D&annee%5Bvalue%5D=1911&annee%5Bmin%5D=&annee%5Bmax%5D=&nom=&periode=All&concours=12&items_per_page=10&page=3
  3. Delobette, Hubert., Femmes d'exception en Languedoc-Roussillon, Papillon rouge, (ISBN 9782917875131 et 2917875135, OCLC 688495700, lire en ligne)
  4. a et b « pierresvives | Jeanne Galzy, romancière montpelliéraine », sur pierresvives.herault.fr (consulté le 12 février 2018)
  5. a et b Huard 2009
  6. a et b « Jeanne Galzy : découverte d'une grande romancière », Marie France, magazine féminin,‎ (lire en ligne, consulté le 26 novembre 2017)
  7. a et b « Jeanne Galzy et les autrices aujourd'hui, Languedoc-Roussillon livre et lecture », sur www.lr2l.fr (consulté le 12 février 2018)
  8. Valérie Triweiler, « Littérature érotique: Libres et sensuelles... », Paris Match,‎ (lire en ligne, consulté le 26 novembre 2017)
  9. (en) Jennifer Waelti-Walters, Damned Women: Lesbians in French Novels, 1796-1996, McGill-Queen's Press - MQUP, (ISBN 9780773521100, lire en ligne)
  10. a et b Larivière, Michel (1934-....)., Dictionnaire historique des homosexuel-le-s célèbres (ISBN 9782842717797 et 2842717791, OCLC 1014240293, lire en ligne)
  11. Jacques Angleviel, Montpellier, du second Empire à la guerre de 1914-1918, d’après l’œuvre de Jeanne Galzy. Mémoire de maîtrise, gérard Cholvy dir. Université Montpellier 3.1982
  12. Dumont, Paula., Entre femmes : trois cents œuvres lesbiennes résumées et commentées (ISBN 9782343054704 et 2343054703, OCLC 904241037, lire en ligne)
  13. Pascal-Brocardi, Claire., Portraits d'écrivains, Arcam, ©1979- (ISBN 2902312709 et 9782902312702, OCLC 6304447, lire en ligne)
  14. Dieudonné Giraut, « Jeanne Galzy, romancière montpelliéraine », Mémoire d’Oc, Montpellie, vol. n°45,‎
  15. Andréani, Roland, « La vie et l’oeuvre de Jeanne Galzy : Huard (Raymond), Jeanne Galzy romancière ou la surprise de vivre, Uzès, Inclinaison, 2009 », Annales du Midi, vol. 121, no 267,‎ (lire en ligne, consulté le 12 février 2018)