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Jeanne-Marie Leprince de Beaumont

écrivain française
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Jeanne-Marie Leprince de Beaumont
Description de l'image Jeanne-Marie Leprince de Beaumont.jpg.
Nom de naissance Marie-Barbe Vaimboult
Naissance
Rouen
Décès (à 69 ans)
inconnu
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement Les lumières
Genres
Conte (récit de faits et d'aventures imaginaires)

Œuvres principales

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, de son vrai nom, Marie-Barbe-Nicole Vaimboult, née le à Rouen et morte le , est une femme de lettres célèbre, auteur d'environ soixante-dix volumes de contes pour enfants, comme La Belle et la Bête, devenus des classiques de la littérature d’enfance et de jeunesse. Elle est considérée comme l'un des premiers auteurs de ce genre. Elle fut l'arrière-grand-mère de Prosper Mérimée.

Sommaire

BiographieModifier

Fille aînée du sculpteur-peintre Jean-Baptiste-Nicolas Vaimboult, dit Le Prince, et de sa deuxième femme Marie-Barbe Plantart, et sœur du peintre Jean-Baptiste Le Prince, Marie-Barbe (pour lui donner les prénoms qui figurent sur son acte de baptême[1]) perd sa mère à l'âge de onze ans : son père se remarie avec Marie Anne Thérèse du Guillaud, puis Anne Gaultier. Elle passera dix ans (1725-1735) à la maison d'éducation des dames d'Ernemont[2] et devient institutrice des petits en 1736. Elle sera notamment la gouvernante et professeur de chant de la fille de la duchesse de Lorraine.

Elle épouse le 22 juin 1737, à Lunéville, Claude-Antoine Malter, danseur et maître à danser, célèbre pour sa dissipation et son goût pour le tripot. [3] Ce mariage, on le sait de nos jours, n'était pas valide, l'acte de catholicité présentant trois cas de nullité : Marie-Barbe signale surtout son père comme mort, alors qu'on le retrouve bien vivant trente ans plus tard à Londres ! Une fiche de police de 1751[4] nous apprend qu'elle a eu une fille avec Malter, Elisabeth, qu'elle présentera plus tard comme sa nièce, sous le nom de Betsy, et qu'elle "a donné dans sa jeunesse dans la débauche".

Possédant une belle voix, elle se produit avec son mari sur diverses scènes, notamment celle de Marseille, et elle avouera plus tard au prince de Wurtemberg (lettre de 1767-68) que :

Le malheureux talent d'une très belle voix me retenait au monde, dont je connaissais le danger, et la nécessité de vivre de ce talent barrait tous mes projets de réforme.

Elle quitte son "mari" vers 1744, en raison de ses infidélités, et, en 1748, se rend en Angleterre et s'installe à Londres. Elle y séjournera plus de quinze ans. Elle devient gouvernante et s'occupe de l'éducation des enfants de la haute société anglaise. Là, elle vit d'abord jusqu'en 1756 avec un dénommé Antoine Grimard, marquis de Beaumont, un contrebandier[5] qu'elle connaît depuis sa rupture avec Malter, qu'elle fait passer pour son mari et dont elle prend le nom, puis, jusqu'en 1762, avec un exilé français, traître à sa patrie[6], Thomas Pichon (1700-1781) qui se faisait appeler Tyrrell. Aucun acte de mariage ou de divorce n'a jamais été retrouvé la liant à ses deux compagnons successifs, son contrat de mariage avec Malter, pourtant frappé de nullité, n'ayant d'ailleurs jamais pu être cassé légalement en raison d'un manque de moyens financiers.[7]

En 1756, elle publie un traité d'éducation des jeunes filles, Le Magasin des enfants, ou Dialogues d’une sage gouvernante avec ses élèves de la première distinction. Forte de son succès, elle réitère en 1760 avec Le Magasin des adolescentes et publie, en 1772, un traité d'éducation des jeunes garçons : Le Mentor moderne.

En 1763, après un drame obscur, elle part précipitamment pour le duché de Savoie avec sa fille et son beau-fils Nicolas Louis Joseph Moreau, et se retire dans son petit domaine près d'Annecy où elle vivra sous la conduite d'un directeur de conscience, le chanoine Riondel. Puis en 1774, elle déménage à Avallon[8], près de Dijon. Elle meurt en 1780. Son lieu de décès n'est pas précisément connu. On a pu donner Chavanod dans le duché de Savoie, localité rurale qui aurait pu être confondue avec Chavoire près d'Annecy. Selon son petit-fils, M. Moreau, elle meurt à Paris.

ŒuvresModifier

  • Le Triomphe de la vérité, et Mémoires de M. de La Villette, 1748 ;
  • Lettre en réponse à l’Année merveilleuse, 1748 ;
  • Le Nouveau Magasin François, et Bibliothèque instructive et amusante, 1750-51 ;
  • Lettres de Mme Du Montier à la marquise de ***, sa fille, avec les réponses, où l’on trouve les leçons les plus épurées et les conseils les plus délicats... pour servir de règle dans l’état du mariage, 1756 ;
  • La Belle et la Bête, dans le Magasin des enfans, Londres, Haberkorn, 1756, 4 volumes in-12, vol. 1, p. 70sq [exemplaire à la British Library consultable en ligne]
  • Magasin des enfans, ou Dialogues d'une sage gouvernante avec ses élèves de la première distinction, dans lesquels on fait penser, parler, agir les jeunes gens suivant le génie, le tempérament et les inclinations d'un chacun... on y donne un abrégé de l'histoire sacrée, de la fable, de la géographie, etc., le tout rempli de réflexions utiles et de contes moraux... par Mme Leprince de Beaumont..., Lyon, Reguilliat, 1758 ; [C'est l'édition la plus ancienne du fonds de la Bnf]
  • Magasin des adolescentes, et Dialogues d’une sage gouvernante avec ses élèves de la première distinction, 1760 ;
  • Principes de l’histoire sainte, mis par demandes et par réponses, pour l’instruction de la jeunesse, 1761 ;
  • Instructions pour les jeunes dames qui entrent dans le monde et se marient, leurs devoirs dans cet état et envers leurs enfants, 1764 ;
  • Lettres d’Emerance à Lucie, 1765 ;
  • Mémoires de Madame la Baronne de Batteville et la Veuve parfaite, 1766 ;
  • La Nouvelle Clarice, histoire véritable, 1767 ; roman épistolaire d’après le roman de Samuel Richardson, Clarisse Harlowe, 1748 ;,
  • Magasin des enfants, et Dialogues d’une sage gouvernante avec ses élèves de la première distinction, dans lesquels on fait penser, parler, agir les jeunes gens suivant le génie, le tempérament et les inclinations d’un chacun... on y donne un abrégé de l’histoire sacrée, de la fable, de la géographie, etc., le tout rempli de réflexions utiles et de contes moraux, 1756-Londres ;
  • Magasin des pauvres, artisans, domestiques et gens de campagne, 1768 ;
  • Les Américaines, et la Preuve de la religion chrétienne par les lumières naturelles, 1770 ;
  • Éducation complète, et Abrégé de l’histoire universelle, mêlé de géographie et de chronologie, 1772 ;
  • Contes moraux, 1774 ;
  • La Dévotion éclairée, et magasin des dévotes, 1779.
  • La Veuve et ses deux filles, date non connue
  • La Belle et la Bête, ill. de Willi Glasauer, 1983.
  • Le Prince Fatal et le Prince Fortuné [lire en ligne]
  • Le prince Chéri [lire en ligne]
  • Joliette et le danger de rapporter [lire en ligne]

AdaptationsModifier

MusiqueModifier

CinémaModifier

TelevisionModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • J. Chiron et C. Seth, Marie Leprince de Beaumont. De l'éducation des filles à La Belle et la Bête, Paris, Classiques Garnier, 2013
  • Marc Soriano, Guide de littérature pour la jeunesse : courants, problèmes, choix d'auteurs, Flammarion, 1974  

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Mme de Beaumont n'aimait pas son second prénom : elle signe Marie, et se laisse appeler Marie-Jeanne.
  2. « LEPRINCE DE BEAUMONT, Jeanne-Marie - (1711 - 1780) », Mame et Fils.
  3. Geneviève Artigas-Menant, "Marie Leprince de Beaumont" in Dix-Huitième Siècle revue publiée par la Société française d'étude du 18e siècle, P.U.F, 2004, no 36, p. 296.
  4. Geneviève Artigas-Menant, ibid. p.297.,
  5. Geneviève Artigas-meant, ibid.,p. 295.
  6. Dans sa correspondance, on voit que Mme de Beaumont était au courant que la fortune londonienne de Tyrrell était due à une pension versée par le gouvernement anglais pour le récompenser d'avoir livré le fort de Beauséjour aux Anglais au début de la guerre de sept ans sur le continent américain.
  7. Elle songea en 1745, comme elle le signale dans une lettre à Tyrrell (vers le 2 mars 1757), à faire casser ce contrat pour épouser un "M. de B." à Londres, mais elle renonça au procès en cassation pour faire des économies : "je refermai les cordons de ma bourse".
  8. Cf. la lettre #21, datée du 22 décembre 1774 à Thomas Tyrrell