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L'exécution des conjurés d'Amboise.
Gravure de Tortorel et Perrissin, série des Quarante Tableaux, vers 1570.

Jean du Barry, seigneur de la Renaudie[1] était un gentilhomme protestant qui s'illustra comme chef de la conjuration d'Amboise prélude en mars 1560 des guerres de religion.

Sommaire

BiographieModifier

La Renaudie est un gentilhomme du Périgord. À la suite d'un procès contre le juriste Jean du Tillet, il est condamné pour usage de faux en 1546 par le parlement de Dijon[2]. Exilé temporairement en Suisse, il se convertit au calvinisme. Il est le beau-frère de Gaspard de Heu qui fut exécuté sommairement en 1558.

A l'avènement du roi François II, il devient l'instigateur principal de la conjuration d'Amboise. Le nouveau gouvernement avait été confié par le jeune roi aux Guise (François de Guise et le cardinal Charles de Lorraine) et suscitait par la répression des protestants qu'il menait, un profond mécontentent dans le royaume. Devant l'inaction des princes du sang, espoir de l'opposition, La Renaudie espérait fédérer les mécontents pour renverser le gouvernement honni.

Il tenta d'abord de chercher des appuis à Genève auprès des autorités religieuses calvinistes comme Jean Calvin, mais celui-ci devait ressentir une vive répulsion à son égard. La Renaudie était pour lui un « homme plein de vanité et d'outrecuidance, famélique, cherchant partout une proie, menteur impudent, en quête d'argent à extorquer et d'amitiés à exploiter ». Calvin devait vivement condamner ses entreprises[3].

La Renaudie chercha alors des appuis politiques comme celui du prince de Condé et passa plusieurs mois à recruter des hommes et à trouver des fonds. Après être passé par Lyon et en Périgord, il réunit les principaux conjurés composés de nobles et de roturiers protestants à Nantes le 1er février 1560. Il passe ensuite à Paris, où il réunit les conjurés chez un avocat appelé Pierre des Avenelles et qui devait par la suite le trahir.

La Renaudie a pris la direction opérationnelle de la conjuration. Le coup de main sur les Guise doit se dérouler à Amboise où la cour est installée depuis le 22 février. L'affaire est fixée au 6, puis, est reportée au 16 mars. De sérieux manques de coordination devaient faire échouer l'entreprise. Chaque jour des groupes d'hommes venus de toutes les provinces arrivaient perdus en désordre aux abords du château.

Le 10 mars, les Guise procèdent, dans les forêts entourant Amboise, aux premières arrestations des conjurés. Le roi se montre d'abord clément en les libérant, mais l'attaque du 17 mars sur la porte des Bons-Hommes à Amboise le pousse à les réprimer sévèrement.

La Renaudie est tué le 18 mars dans une escarmouche dans la forêt de Château-Renault (situé sur la rive droite de la Loire), après avoir tué son cousin d'une estoc, il est tué par une décharge de d'arquebuse tirée par un serviteur du chevalier de Pardaillan[4], le sieur de Pardaillan membre de la patrouille lancée par les Guise à la poursuite des conjurés. Son corps est coupé en cinq morceaux et exposé aux portes d'Amboise.

PrénomModifier

Dans plusieurs récits du XVIe siècle, La Renaudie est appelé Godefroy de Barry, mais sur les actes officiels, c'est bien le prénom Jean qui est transcrit. Godefroy de Barry résulte probablement d'une erreur recopiée de main en main par les historiens.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Elizabeth A. R. Brown, « La Renaudie se venge : l'autre face de la conjuration d'Amboise », dans Yves-Marie Bercé et Elena Fasano Guarini (dir.), Complots et conjurations dans l'Europe moderne : actes du colloque international, Rome, 30 septembre-2 octobre 1993, Rome, Publications de l'École française de Rome, coll. « Collection de l'École française de Rome » (no 220), , 773 p. (ISBN 2-7283-0362-2, lire en ligne), p. 451-474.
  • Arlette Jouanna, « Le thème polémique du complot contre la noblesse lors des prises d'armes nobiliaires sous les derniers Valois », dans Yves-Marie Bercé et Elena Fasano Guarini (dir.), Complots et conjurations dans l'Europe moderne : actes du colloque international, Rome, 30 septembre-2 octobre 1993, Rome, Publications de l'École française de Rome, coll. « Collection de l'École française de Rome » (no 220), , 773 p. (ISBN 2-7283-0362-2, lire en ligne), p. 475-490.
  • Louis-Raymond Lefèvre, Les Français pendant les guerres de religion : le Tumulte d'Amboise, Paris, Gallimard, , 255 p.
  • Henri Naef, La Conjuration d'Amboise et Genève, Genève, A. Jullien, Georg et Cie, , 407 p. (présentation en ligne)
    Extrait des Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, t. XXXII.
  • Charles-Hippolyte Paillard, « Additions critiques à l'histoire de la conjuration d'Amboise », Revue historique, Paris, Librairie Germer Baillière et Cie, t. XIV,‎ , p. 61-108 ; 311-355 (lire en ligne).
  • Lucien Romier, La Conjuration d'Amboise : l'aurore sanglante de la liberté de conscience, le règne et la mort de François II, Paris, Librairie académique Perrin et Cie, , 290 p. (présentation en ligne).
  • (it) Corrado Vivanti, « La congiura d'Amboise », dans Yves-Marie Bercé et Elena Fasano Guarini (dir.), Complots et conjurations dans l'Europe moderne : actes du colloque international, Rome, 30 septembre-2 octobre 1993, Rome, Publications de l'École française de Rome, coll. « Collection de l'École française de Rome » (no 220), , 773 p. (ISBN 2-7283-0362-2, lire en ligne), p. 439-450.

Notes et référencesModifier

  1. Du nom de son château implanté sur l'actuelle commune de Saint-Front-la-Rivière (Guy Penaud, Dictionnaire biographique du Périgord, Éditions Fanlac, 1999, (ISBN 2-86577-214-4))
  2. Lucien Romier, La Conjuration d'Amboise. L'aurore sanglante de la liberté de conscience, le règne et la mort de François II, Paris, Librairie académique Perrin et Cie, 1923, p. 36.
  3. Lucien Romier, op. cit, p. 38-39.
  4. Anatole de Roumejoux ((auteur)), Essai sur les guerres de religion en Périgord (1551-1598), Périgueux, Imprimerie de la Dordogne, , 225 p. (présentation en ligne, lire en ligne), chap. 1 (« 1551-1572 »), p. 15