Ouvrir le menu principal

Jean de Garlande

professeur de grammaire et de musique anglais
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Garlande.

Jean de Garlande, dit aussi Gerlandus ou Hortulanus, né vers 1190 en Angleterre, décédé après 1252, est un grammairien et un des principaux théoriciens de la musique de l'ars antiqua aux côtés de Francon de Cologne.

Sommaire

BiographieModifier

Il fait des études à Oxford, puis enseigne la musique à Paris. En 1229, il est invité à enseigner à l'Université de Toulouse qui vient d'être fondée par le cardinal Romain de Bonaventure auquel il dédie un traité intitulé Epithalamium Beatæ Virginis Mariæ, et rédige De triumphis ecclesiæ qui est une apologie du triomphe de la foi sur l'hérésie cathare, ainsi qu'un prospectus circulaire des études invitant tous les maîtres et les écoliers du Nord à venir s'établir à Toulouse.

La trilogie grammaticale qui vient clore son Ars lectoria ecclesiæ (1234) est un traité versifié qu'on peut rapprocher du Doctrinale d’Alexandre de Villedieu et du Græcismus d’Évrard de Béthune un peu antérieurs et dont il a donné une glose.

En 1234, il revient à Paris.

Il est possible que le grammairien et le musicien soient deux homonymes.

Œuvres écritesModifier

  • Dictionnaire de musique (vers 1230)
  • Si fistulæ æqualis (...), ms
  • De Musica mensurabili, publié en facsimilé en 1969 par Erich Reimer
  • De Musica mensurabili position, ms
  • Habito de ipsa plana musica, ms
  • Stella maris, recueil de poèmes et de prières dédiés à la Vierge[1]

On a conservé de lui, en plus des œuvres sur la musique, deux chapitres d'une grammaire versifiée, Accentuarum, un long poème sur les règles de l'accentuation, Ars lectora ecclesiæ sur les règles de diction, Dictionarius cum commento, qui est un traité de rhétorique, et un recueil d'Exempla de morale.

Son Dictionarius, écrit vers 1250, est le plus ancien document qui fournisse une liste un peu détaillée des métiers exercés à Paris. Plusieurs pages y désignent, à l'usage de ses élèves parisiens, les activités auxquelles on se livrait autour d'eux pour leur apprendre à traduire en latin le nom des objets les plus usuels[2]

Un traité d'alchimie lui est attribué.

  • Compendium d'alchimiæ avec une table et un dictionnaire (Compendium alchimiæ [sive in tabulam Smaragdinam Hermetis Trismegisti]. Cum dictionario ejusdem artis, atque de metallorum tinctura præparationeque eorumdem libello, ante annos DXX. Eodem authore conscripto. Adiecimus ejusdem compendii per Arnoldum de Villa Nova explicationem. Cum tractatu de salium aluminumque varietate, compositione et usu, scriptoris incerti), Bâle, 1560 et 1571.

Œuvres musicalesModifier

On lui doit une transcription de pièces vocales tirées du Magnus liber organi (Grand livre de l'organum) de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, notamment sept compositions de son maître Pérotin qui, d'après Eudes de Sully, les avait fait chanter en 1198 et 1199.

RéférencesModifier

  1. Jacques Le Goff, Les intellectuels au moyen-âge, Paris, Seuil, , 192 p., p. 92
  2. Alfred Franklin, Dictionnaire historique des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le XIIIe siècle, H. Welter, , 359 p. (lire en ligne). Voir aussi : Frédérique Lachaud, « « La première description des métiers de Paris : le Dictionarius de Jean de Garlande (vers 1220-1230) » », Histoire urbaine, vol. 2, no 16,‎ , p. 91-114 (lire en ligne)

BibliographieModifier

  • Elsa Marguin-Hamon, L’Ars lectoria Ecclesie de Jean de Garlande. Une grammaire versifiée du xiiie siècle et ses gloses, Turnhout, Brépols, 2003, 358 p.
  • Marie-Noëlle Colette, "Musica plana Johannis de Garlandia.", in Revue de musicologie, T 85 n° 1.