Jean de Cossonay

évêque catholique

Jean de Cossonay
Biographie
Naissance Inconnue
Décès
Lausanne
Évêque de l’Église catholique
Dernier titre ou fonction Évêque de Lausanne
Évêque de Lausanne

Ornements extérieurs Evêques.svg
Blason Maninghen-Henne.svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean de Cossonay, mentionné pour la première fois vers 1219 et mort le à Lausanne, était un prélat catholique suisse, issu de la famille de Cossonay, et qui devint évêque de Lausanne.

FamilleModifier

La date de naissance de Jean de Cossonay est inconnue, elle est parfois estimée aux environs de 1202. Il est le fils de Jean Ier de Cossonay, seigneur de Cossonay et Prangins, et de son épouse Agnès[1]. Il semble être le troisième fils après Humbert II et Guillaume (Willelme) et avant Amédée, selon un acte de 1236 que l'on retrouve dans le Régeste genevois[2].

BiographieModifier

Jean de Cossonay poursuit une carrière ecclésiastique. Il est attesté comme chanoine de la cathédrale de Lausanne vers 1219[1]. En 1236, il est, aux côtés de sa mère et ses frères, mentionné dans un acte comme chantre de Lausanne[2].

Querelle des investitures (1239-1240)Modifier

En 1239, l'évêque Boniface de Bruxelles démissionne quelque temps après avoir été victime d'un attentat. Le , Jean de Cossonay est candidat à la charge d'évêque de Lausanne[3]. L'archevêque de Besançon, Geoffroy, et le prince-évêque de Langres, Robert de Thourotte, interviennent dans une lettre pour demander au prévôt ainsi qu'au chapitre, à l'ensemble du clergé et du peuple de Lausanne de « reconnaître comme évêque légitime l'élu Jean de Cossonay »[3],[4]. Le parti de Jean de Conssonay compte également le soutien du comte de Genève ainsi que l'ensemble des partisans s'opposants à la famille de Savoie qui présente également un candidat[1]. Présent lors de la lecture de la missive, le baron Aymon II de Faucigny se range du côté des partisans de Philippe de Savoie[3], qui n'est autre que le frère du comte Amédée IV et de Pierre, ancien administrateur de l'évêché de Lausanne et désormais seigneur en Pays de Vaud. Aymon de Faucigny est par ailleurs le beau-père de Pierre de Savoie depuis 1234.

L'élection est remportée par le candidat des Savoie, Philippe de Savoie est investi comme nouvel évêque[1], très probablement avec le soutien de son frère Pierre. Un conflit militaire entre les deux candidats et les partisans est engagé. Au prétexte que l'évêché n'avait pas payé le rachat de l'avouerie de Lausanne, le baron du Faucigny les arme et attaque la ville[3],[5]. La ville haute est prise « le , jour de Pâques » et la cathédrale est assiégée[3],[6]. Pierre de Savoie interviendra pour soutenir son frère et son beau-père et affirmer son pouvoir en Pays de Vaud.

Épiscopat (1241-1273)Modifier

En 1241, le pape Innocent IV intervient et désigne finalement Jean de Cossonay comme nouvel évêque[1]. Toutefois, le conflit avec le baron de Faucigny et le principe Pierre de Savoie se poursuit.

Le conflit pour l'investiture prend fin avec le traité d'Évian du , signé par Jean, évêque, et Amédée IV, comte de Savoie, ainsi que son frère Pierre[7],[8]. La guerre trouve cette issue en raison de l'intervention et la médiation de plusieurs nobles locaux notamment Pierre de Grandson, ainsi que Humbert de Fernex, Guillaume, trésorier de Lausanne, Ulrich de Vuipens et Amédée de Montfaucon[7]. L'évêque doit, malgré le maintien de sa position, offrir de nombreuses garanties et abandonner des droits à la famille de Savoie[8]

Le conflit reste latent entre le nouvel évêque et les puissants seigneurs de Savoie. En 1260, l'évêque doit négocier le « partage de la juridiction séculière » avec Pierre de Savoie[1]. Ce dernier devient par ailleurs comte de Savoie trois ans plus tard.

Jean de Cossonay doit encore négocier en 1271 avec un nouveau comte de Savoie qui se trouve être son ancien opposant, Philippe de Savoie[1].

Jean de Cossonay disparaît en 1273 après un épiscopat de trente-trois ans[1].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève : Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe – XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, .
  • Catherine Santschi, Les évêques de Lausanne et leurs historiens des origines au 18e siècle, t. XI, Société d'histoire de la Suisse romande - Librairie Droz, , 453 p. (lire en ligne), « Troisième série ».

Articles connexesModifier

Lien externeModifier

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g et h Ansgar Wildermann, « Cossonay, Jean de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne..
  2. a et b Régeste genevois, acte de février 1236, REG 0/0/1/691, en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse).
  3. a b c d et e Régeste genevois, acte d'avril 1240, REG 0/0/1/729, en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse).
  4. Santschi 1975, p. 130 (Lire en ligne).
  5. de la Corbière 2002, p. 45
  6. Bernard Andenmatten, La Maison de Savoie et la noblesse vaudoise (XIIIe – XIVe siècle) : Supériorité féodale et autorité princière, Lausanne, Mémoires et Documents publiés par la Société d’histoire de la Suisse romande, , 722 p., p. 67.
  7. a et b Le Régeste genevois mentionne un acte du au lieu du mois de mai, REG 0/0/1/756, en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse).
  8. a et b (en) Eugene L. Cox, The Eagles of Savoy : The House of Savoy in Thirteenth-Century Europe, Princeton University Press, (réimpr. 2015) (1re éd. 1974), 512 p. (ISBN 978-1-4008-6791-2, lire en ligne), p. 165.  .