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Jean Vanier

personnalité catholique et philosophe canadien, fondateur de la Communauté de l'Arche et d'Intercordia
Ne doit pas être confondu avec Jean Vanier (homme politique).
Page d'aide sur l'homonymie Pour les personnes ayant le même patronyme, voir Vanier.

Jean Vanier (né le à Genève (Suisse) et mort le à Paris[1]) est un philanthrope, philosophe et théologien canadien.

Personnalité catholique, il s'est consacré aux personnes ayant une déficience intellectuelle : il crée la Communauté de l'Arche en 1964, fonde en 1968 l'association Foi et Partage puis Foi et Lumière. Il est aussi à l'origine de la création de l'association Intercordia en 2000.

Sommaire

BiographieModifier

Enfance et quête spirituelleModifier

De nationalité canadienne, Jean Vanier naît en 1928, en Suisse, quatrième et avant-dernier enfant de la famille. Son père, Georges Vanier, Gouverneur général du Canada de 1959 à 1967, fera carrière dans la diplomatie entraînant sa famille au gré de ses fonctions en France et en Angleterre où Jean passera son enfance. En 1942, Jean rejoint la Marine royale britannique en tant que cadet au Collège naval de Dartmouth au Royaume-Uni. Il a alors 13 ans. Le jeune garçon s’embarque dans la marine anglaise, puis canadienne, en pleine Seconde Guerre mondiale où il restera 8 ans. Cette expérience le façonne pour toute la vie. Pourtant, il ressent un appel à une autre forme de vie. Commence ainsi sa quête spirituelle. En 1950, il choisit de démissionner de la marine canadienne où une carrière toute tracée l’attendait. Les années qui suivent sont des années de recherche de sens et d’approfondissement de sa foi. Des années où il réfléchit à la façon dont il pourrait vivre l'Évangile plus pleinement au quotidien. Il rejoint le centre international d’enseignement théologique des laïcs, « L'Eau vive », que dirige le père dominicain Thomas Philippe. La rencontre entre les deux hommes marque un tournant et signe le début d’une amitié qui ne se démentira jamais par la suite. Jean Vanier, en homme d’action et d’expérience se nourrit des discussions avec celui qui devient en quelque sorte son maître. Il commence sa thèse de doctorat sur l’éthique d’Aristote qu’il soutiendra en 1962. Ce sera le premier des ouvrages dont une version simplifiée est éditée sous le titre « Le Goût du bonheur ».

L’Arche : l’histoire d’une rencontreModifier

A la fin de l’année 1963, il rend visite au père Thomas qui vient d’être nommé aumônier du Val Fleuri à Trosly‐Breuil, petit bourg situé au bord de la forêt de Compiègne dans l’Oise. Le Val Fleuri est une institution qui accueille une trentaine d’hommes avec un handicap mental. Il repart au Canada où il doit assurer un cycle d’enseignement au Collège Saint Michael de l’Université de Toronto, ses conférences rencontrent très vite l’intérêt des étudiants. Pourtant, son cycle terminé, Jean retourne à Trosly et commence à s’intéresser à la question de l’accueil des personnes avec un handicap mental. C’est ainsi qu’il visite l’asile psychiatrique de Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux dans le nord-est de la banlieue parisienne. Les conditions de vie y sont très difficiles. Il y fait la connaissance de Raphaël Simi et de Philippe Seux et il est profondément touché par leur détresse. Il décide d'acheter une petite maison dans le voisinage pour les accueillir et vivre avec ces deux nouveaux compagnons. Ce ne sont pas « des handicapés mentaux » que Jean Vanier accueille, ce sont Raphael et Philippe; ce n’est pas une institution qu’il crée, mais lui qui s’engage auprès de ces deux hommes dont le cri l’a touché. Cette démarche d’engagement personnel va se révéler extraordinairement féconde.

Pour tous les trois, c’est le début d'une vie nouvelle, radicalement différente de tout ce qu'ils connaissaient jusque-là. C’est aussi, après quelques mois d'ajustements et de tâtonnements, le début d'une aventure humaine hors du commun : "au fond, raconte Jean Vanier, ils voulaient un ami. Ils ne voulaient pas d’abord mes connaissances, mes capacités de faire des choses, mais mon cœur et mon être » (Le corps brisé). Dès l'année suivante, de nouveaux lieux de vie voient le jour et Jean Vanier fait appel aux bonnes volontés pour l'accompagner dans sa tâche. Des jeunes de France, du Canada, d'Angleterre, d'Allemagne se joignent à lui et deviennent des assistants qui font le choix de vivre avec des personnes avec un handicap mental.

C’est cette même expérience de la rencontre que vivent aujourd'hui les assistants de l'Arche. Ce qui donne un sens pour tous ces jeunes, et qui les ancre dans cette réalité, c'est la relecture de cette expérience de vie commune qui modifie profondément le regard qu’ils portent sur la personne humaine et sur le handicap. Tous mettent en œuvre un projet communautaire dans lequel la personne avec un handicap tient une place centrale et elle est appelée à développer ses dons. Le projet se répand vite dans d'autres régions, d'autres pays, d'autres continents.

Aujourd'hui, L'Arche est constituée de 147 communautés réparties sur les cinq continents, dont 32 en France qui sont reconnues comme établissements médico-sociaux. Elle compte plus de 5 000 membres. De nouveaux projets sont chaque jour à l'œuvre pour répondre à l'appel des personnes ayant une déficience intellectuelle, vulnérables et pleinement humaines.

Foi et LumièreModifier

Parallèlement, Jean Vanier a cofondé Foi et Lumière avec Marie-Hélène Mathieu, « des communautés de rencontres » qui se tissent autour des personnes, enfants ou adultes ayant une déficience intellectuelle. Ces personnes accompagnées de leur famille et amis, sont invitées à participer à des rencontres mensuelles durant lesquelles sont partagés des temps d'amitié, de prière et de fête. Foi et Lumière compte près de 1 500 communautés dans 82 pays des cinq continents.

Autres activitésModifier

Jean Vanier est titulaire d'un doctorat de philosophie de l'Institut catholique de Paris[2].

Il est par ailleurs l'auteur de plusieurs livres d'inspiration catholique, au croisement de l'anthropologie, de la psychologie et de la philosophie.

L’Association Intercordia a été créée en 2000 à l’initiative de Jean Vanier, pour proposer aux jeunes une année de formation au cours de leur cycle universitaire, afin de leur permettre d’acquérir une « pratique de paix » dont ils auront le plus grand besoin dans leur vie tant professionnelle que personnelle.

HonneursModifier

DécorationsModifier

PrixModifier

HommagesModifier

L'astéroïde (8604) Vanier porte son nom depuis 2010[7].

ŒuvresModifier

  • Ma faiblesse, c'est ma force : un aperçu de la vie intérieure du général Georges P. Vanier, gouverneur général du Canada de 1960 à 1967, 1970
  • Ton silence m'appelle, 1971
  • Ouvre mes bras, 1973
  • Disciple de Jésus, 1977
  • Ne crains pas, 1978
  • La Communauté, lieu du pardon et de la fête, 1979
  • Je rencontre Jésus : il me dit "je t'aime" : histoire de l'amour de Dieu à travers la Bible, 1982
  • Je rencontre Jésus, 1983
  • “Homme et femme, Il les fit” : pour une vie d'amour authentique, 1984
  • Ils sont nos piliers, 1988
  • Le corps brisé : retour vers la communion, 1989
  • Le Bon Berger, 1989
  • Une porte d'espérance, 1993
  • Jésus, le don de l'amour, 1994
  • Toute personne est une histoire sacrée, 1994
  • Aimer jusqu'au bout : le scandale du lavement des pieds, 1996
  • Dans la souffrance, ouvrir des chemins d'espérance, 1998
  • Dieu choisit la faiblesse, 1998
  • Accueillir notre humanité, 1999
  • La dépression, 1999
  • Ensemble vers une terre d'unité : une vision de l'œcuménisme, 1999
  • Le goût du bonheur : au fondement de la morale avec Aristote, 2000
  • Visages de Marie : dans la littérature et la peinture, 2001
  • Recherche la paix, Le Livre ouvert, 2003
  • Entrer dans le mystère de Jésus : une lecture de l'Évangile de Jean, Bayard, 2005
  • Lettres à des amis : d'après les rendez-vous d'“Ombres et Lumière”, 2008
  • La fragilité, faiblesse ou richesse ?, ouvrage collectif de Marie Balmary, Lytta Basset, Xavier Emmanuelli, Éric Geoffroy, Elena Lasida, Lama Puntso, Bernard Ugeux et Jean Vanier, Paris, Albin Michel, 2009.
  • Leur regard perce nos ombres, avec Julia Kristeva, Fayard, 2011
  • Plus jamais seuls, Presses de la Renaissance, 2011
  • Tous Intouchables, Manifeste coécrit avec Philippe Pozzo di Borgo et Laurent de Cherisey, Bayard Editions, 2012
  • Les signes des temps : à la lumière de Vatican II, Albin Michel, 2012
  • Entrer dans le mystère de Jésus, une lecture de l'évangile de Jean, Salvator, 2013 (ISBN 978-2706710803)
  • La source des larmes : Une retraite d'alliance, Parole et Silence, 2014 (ISBN 978-2889182138)
  • Un cri se fait entendre, avec François-Xavier Maigre, Bayard Culture, 2017 (ISBN 978-2227489172)

Notes et référencesModifier

  1. Anne-Bénédicte Hoffner et Martine de Sauto, « Jean Vanier, le fondateur de l’Arche, est mort », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 7 mai 2019)
  2. SUDOC 010400575
  3. https://www.lapresse.ca/actualites/201905/07/01-5224966-le-fondateur-de-larche-jean-vanier-seteint-a-90-ans.php
  4. https://www.ordre-national.gouv.qc.ca/membres/membre.asp?id=394
  5. La Croix, « Le Prix “Pacem in terris” à Jean Vanier », 21 juin 2013.
  6. Associated Press, « Jean Vanier reçoit le prix Templeton », Le Devoir,‎ (ISSN 0319-0722, lire en ligne).
  7. Base JPL de la NASA, accès à la notice par « 8604 » ou par « Vanier ».

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Anne-Sophie Constant, Jean Vanier : portrait d'un homme libre, Albin Michel, 2014, 248 p. (ISBN 978-2226256942).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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