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Jean V Paléologue

empereur byzantin

Jean V Paléologue
Empereur byzantin
Image illustrative de l’article Jean V Paléologue
Portrait de Jean V Paléologue sur un manuscrit byzantin du XVe siècle.
Règne
-
35 ans, 1 mois et 28 jours
-
10 ans, 9 mois et 13 jours
-
4 mois et 30 jours
Période Paléologue
Précédé par Andronic III Paléologue
Andronic IV Paléologue
Jean VII Paléologue
Co-empereur Jean VI Cantacuzène (1347-1354)
Mathieu Cantacuzène (1354-1357)
Suivi de Andronic IV Paléologue
Jean VII Paléologue
Manuel II Paléologue
Biographie
Naissance
(Didymotique)
Décès (58 ans)
(Constantinople)
Père Andronic III Paléologue
Mère Jeanne de Savoie
Épouse Hélène Cantacuzène
Descendance Andronic IV
Irène
Manuel II Paléologue
Théodore Ier Paléologue
Michel
Empereur byzantin
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jean Paléologue et Jean V.

Jean V Paléologue (grec : Ίωάννης Ε' Παλαιολόγος), né le à Didymotique[1], et mort à Constantinople le , est un empereur byzantin de juin 1341 à août 1376, puis de juillet 1379 à avril 1390 et enfin de septembre 1390 à février 1391, fils d'Andronic III Paléologue et de Jeanne de Savoie.

BiographieModifier

Guerre civile avec Jean VI CantacuzèneModifier

Il voit sa minorité troublée par la guerre civile entre sa mère Jeanne de Savoie, associé au mégaduc Alexis Apokaukos, et Jean VI Cantacuzène, qui se proclame empereur à Didymotique en octobre 1341, quatre mois après la mort d'Andronic III Paléologue. Après cinq ans et demi de guerre civile, Jean VI Cantacuzène entre dans Constantinople en février 1347 et écarte Jeanne de Savoie du pouvoir.

Pendant ce temps, l'Empire s'affaiblit par les attaques du tsar serbe Stefan Uroš IV Dušan, l'insolence des Génois et l'établissement des Turcs à Gallipoli, tête de pont pour leur passage en Europe, en 1354.

En 1351, Jean V entre à nouveau en guerre civile contre Jean VI Cantacuzène. La défaite de Jean VI en 1354, puis celle de Mathieu Cantacuzène en 1357, laisse Jean V seul empereur.

Déliquescence de l'EmpireModifier

Homme d'état médiocre et prétentieux, il n'est pas en mesure de relever l'Empire byzantin. En 1364, il est en guerre avec le tsar bulgare Ivan Aleksandre Asen et s'empare de la ville d'Anchialos. L'année suivante, il remonte le Danube pour rencontrer le roi Louis Ier de Hongrie, premier empereur byzantin régnant à se rendre dans une cour étrangère ; cette visite n'aboutit à rien ; l'empereur se retrouve bloqué de façon très humiliante à Vidin, le tsar bulgare refusant de le laisser passer au retour. Son fils aîné Andronic IV Paléologue qui assurait l'intérim à Constantinople, et de surcroît époux de la fille du tsar bulgare, Marie Keratsa de Bulgarie, se garda bien d'intervenir[2].

Heureusement pour l'empereur, son cousin du côté maternel Amédée VI de Savoie arrive à la rescousse avec une petite flotte pendant l'été 1366, reconquiert Gallipoli sur les Turcs, s'empare aussi du port bulgare de Messembrie, assiège Varna et oblige le tsar bulgare Ivan Aleksandre Asen à libérer l'empereur. Pour rembourser les frais du comte de Savoie, Jean V emprunte presque 42 500 hyperpérions, qu'Amédée VI s'engage à lui restituer s'il se rend à Rome et faire sa soumission au pape. L'empereur byzantin a récupéré deux ports importants (Gallipoli et Messembrie), mais le passage des Turcs en Europe n'est pas interrompu, et à une date incertaine entre 1361 et 1369, le sultan Mourad Ier s'empare d'Andrinople (3e ville de l'Empire) et en fait sa capitale.

En 1369, Jean V se rend à Rome (premier voyage d'un empereur byzantin en Italie depuis celui de Constant II en 663), confiant Constantinople à son fils aîné Andronic IV Paléologue et Thessalonique à son deuxième fils Manuel II Paléologue. En octobre, il fait sa soumission personnelle au pape Urbain V, et recueille en conséquence l'argent promis par Amédée VI de Savoie. Au printemps 1370, il se rend de Rome à Venise ; il y négocie l'annulation de ses dettes et le versement de 50 000 hyperpérions contre la cession à la République de Venise de l'île de Ténédos. Mais à Constantinople, Andronic IV refuse de céder Ténédos aux Vénitiens, et Jean V est retenu prisonnier à Venise jusqu'à ce que son deuxième fils Manuel II le rachète l'année suivante. L'empereur rentre à Constantinople en octobre 1371 sans avoir rien obtenu en Occident. Pratiquement au même moment, en septembre 1371, les Turcs écrasent les Serbes à la bataille de la Maritsa et étendent considérablement leur domination dans les Balkans.

Guerre avec son fils Andronic IVModifier

 
Jean V Paléologue représenté sur une pièce de monnaie.

Tandis que son fils Manuel II essaie tant bien que mal de résister à Thessalonique, Jean V préfère la voie de l'accommodement : en 1374, il accepte de se reconnaître vassal du sultan et de lui payer tribut. Cette politique entraîne une rupture complète avec son fils aîné Andronic qui, dès 1373, s'allie à un des fils de Mourad Ier, Savci Bey, en rébellion lui aussi contre son père. Mourad Ier et Jean V, alliés eux aussi, défont leurs fils révoltés ; le sultan fait crever les yeux du sien, qui meurt de ses blessures ; l'empereur applique le même traitement, mais moins rigoureusement, à Andronic IV et à son fils Jean (le futur Jean VII Paléologue). Andronic en reste borgne, Jean a les yeux très abîmés, et les deux en garderont pour la vie une haine mortelle de leur père et grand-père.

Jean V déshérite donc Andronic IV et sa lignée, et nomme son deuxième fils Manuel II héritier du trône. En 1376, il cède Ténédos à la République de Venise à peu près dans les termes de l'accord bloqué par Andronic IV six ans plus tôt ; mais ce traité avec les Vénitiens provoque une violente riposte des Génois installés dans le comptoir de Pera, près de Constantinople : ils aident Andronic IV à s'évader de prison, s'entendent avec Mourad Ier et assiègent la capitale. Jean V et son deuxième fils Manuel II sont capturés et emprisonnés, et Andronic devient l'empereur Andronic IV Paléologue, qui doit récompenser ses alliés en cédant Ténédos à Gênes au lieu de Venise, et en rendant la place stratégique de Gallipoli à Mourad Ier.

Mais la guerre est déclenchée avec Venise, qui s'empare de Ténédos par la force. En 1379, Jean V et Manuel II parviennent à s'évader et se rendent auprès de Mourad Ier à Andrinople. Jean V renoue leur alliance en lui promettant Philadelphie, une ville d'Asie mineure qui n'était toujours pas tombée aux mains des Turcs. Avec l'aide du sultan et des Vénitiens, Jean V reprend Constantinople, tandis qu'Andronic IV se réfugie dans le comptoir génois de Pera en emmenant sa mère Hélène Cantacuzène et son grand-père maternel le très vieux Jean VI Cantacuzène (devenu le moine Joasaph).

En 1381, un traité est signé entre toutes les parties : Venise et Gênes font la paix et se retirent de Ténédos, qui devient un no man's land ; Andronic IV est rétabli comme héritier du trône et reçoit en apanage Sélymbrie ; Manuel II retourne gouverner Thessalonique ; le troisième fils Théodore doit recevoir le Despotat de Morée après la mort de Manuel Cantacuzène et l'abdication de Mathieu Cantacuzène.

Vassal du sultan ottomanModifier

La décennie 1380-1389 voit le sultan Mourad Ier s'emparer de la plus grande partie des Balkans (chute de Thessalonique en 1387) sans que Jean V tente quoi que ce soit pour résister. Au printemps 1390, Jean VII Paléologue, fils d'Andronic IV Paléologue, s'étant entendu avec Bajazet Ier et les Génois, s'empare de Constantinople, tandis que son grand-père se barricade dans une forteresse près de la Porte d'Or. Mais en septembre, Manuel II, ayant rassemblé des troupes, parvient à le chasser et à restaurer Jean V. Jean VII trouve refuge auprès du sultan ; celui-ci le renvoie dans son apanage de Sélymbrie, convoque Manuel II pour qu'il participe à la prise de Philadelphie aux termes de l'accord de 1379 (la ville avait refusé de se rendre aux Turcs), et ordonne à Jean V, en menaçant sinon de faire aveugler Manuel II, de démolir la citadelle près de la Porte d'Or (l'empereur s'exécute).

Jean V meurt en février 1391 de complications de sa goutte, au terme d'un long règne catastrophique pour l'Empire byzantin, où l'empereur romain d'Orient perdit notamment une grande partie du prestige qu'il conservait auprès des peuples étrangers, devenant un petit roitelet quelconque, vassal du sultan ottoman. En 1391, personne ne pouvait croire que l'Empire durerait encore plus de quelques années.

Famille et descendanceModifier

Marié en 1347 avec Hélène Cantacuzène (1333-1396), fille de Jean VI Cantacuzène et d'Irène Asanina, il eut :

Fils illégitime :

  • Manuel.

Notes et référencesModifier

  1. Μιχαήλ Σταματελάτος et Φωτεινή Βάμβα-Σταματελάτου, Dictionnaire Géographique de la Grèce [« Επίτομο Γεωγραφικό Λεξικό της Ελλάδος »], Athènes, Ερμής,‎
  2. Donald MacGillivray Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éd. originale 1972, trad.fr. Les Belles Lettres 2005, rééd.Tallandier 2008 p. 288

AnnexesModifier