Ouvrir le menu principal

Jean Perrissin

peintre, graveur et architecte français
Jean Perrissin
Naissance
Vers 1536
Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Activités
Œuvres principales

Jean Perrissin (?, 1536? - Lyon 1616 ou 1617) est un artiste français, peintre, graveur et architecte. Il est connu notamment pour son rôle dans la réalisation du recueil des Quarante Tableaux, et est l'un des peintres les plus marquants du XVIe siècle avec Jean Maignan.

BiographieModifier

Jean Perrissin est mentionné pour la première fois à Lyon en 1561. Il a sept enfants connus, baptisés soit à Saint-Pierre le Vieux soit à Saint-Nizier. Il a habité rue de la Gerbe et rue Mercière. Il participe entre 1566 et 1608 à la réalisation des entrées solennelles, mandaté par le consulat. Il réalise en particulier une partie du décor du bateau fait pour l'entrée d'Henri III[1]. En 1595, il réalise avec Jean Maignan et sous la direction de Pierre Matthieu les décors de l'entrée d'Henri IV. Il illustre également le brevet de la cérémonie. En 1598, il est sollicité, toujours avec Maignan, pour organiser la fête qui célèbre la paix de Vervins[2].

Il a pu avoir un rôle, comme architecte ou comme peintre, dans la construction du Temple du Paradis à Lyon, lieu de culte bâti par les protestants à partir de 1564 et détruit en septembre 1567 au début de la seconde guerre de religion ; on a conservé en effet deux dessins de sa main qui représentent ce temple, une vue intérieure et une vue extérieure[1]. Ces dessins semblent être la base la plus sûre pour reconstituer le corpus d'œuvre de Perrissin[3]. Le tableau Le Temple de Paradis lui est attribué.

Il se réfugie par la suite à Genève, où il se trouve le 18 avril 1569 lors de la signature du contrat de commande des Quarante Tableaux, qu'il réalise avec Jacques Tortorel. Publié en 1569-1570 à Genève par Jean de Laon, cet ouvrage relate les guerres de religion sous un angle favorable aux protestants[1]. Les gravures signées ou co-signées avec Tortorel de cet ouvrage sont pourtant éloignées stylistiquement des dessins signés représentant le temple du Paradis. Frédéric Elsig, à la suite de Sara Petrella[4], en concluent qu'il a dû lors de ce travail reprendre les modèles d'un autre artiste[3].

Jean Perrissin est, avec plusieurs autres artistes tel Pierre Eskrich, à cheval entre Lyon et Genève, et dans une zone confessionnelle floue à Lyon, où peut un certain temps survivre une certaine indétermination religieuse. Il décède à la fin de 1616 ou au début de 1617 car ses héritiers payent le legs qu'il fait à l'Aumône générale[2].

ŒuvresModifier

  • Deux dessins du temple dit du Paradis.
  • Gravures de : Premier volume contenant quarante tableaux ou histoires diverses qui sont mémorables touchant les guerres, massacres et troubles advenus en France en ces dernières années. Le tout recueilli selon le tesmoignage de ceux qui y ont esté en personne...,, dit les Quarante Tableaux
Avec l'aide de Jacques Tortorel.
  • Illustrations du brevet de l'entrée solennelle d'Henri IV.
Avec l'aide de Jean Maignan.
  • La Guerre bannie, dans un livret de Pierre Matthieu.

GalerieModifier

BibliographieModifier

  • Pierre Bonnaure, « Des images à relire et à réhabiliter : l'œuvre gravé de Tortorel et Périssin », Bulletin de la Société d'histoire du protestantisme français, vol. 138,‎ , p. 475-514 (JSTOR 24296947).
  • Georges Guigue, « Jean Perrissin peintre lyonnais (1564-1608) », Réunion des Sociétés des beaux-arts des départements, 1891, pp.  429-460.
  • Catalogue raisonné des peintures françaises du XVe au XVIIIe siècle : Musée des Beaux-Arts de Lyon, Paris, Somogy ; Musée des Beaux-Arts de Lyon, , 463 p. (ISBN 978-2-7572-0822-9, notice BnF no FRBNF44231343)
  • (en) Philip Benedict, Graphic History : The Wars, Massacres and Troubles of Tortorel and Perrissin, Genève, Droz, coll. « Travaux d'Humanisme et Renaissance » (no 431), , XVI-421 p. (ISBN 978-2-600-00440-4, présentation en ligne).
    Édition française (revue, augmentée et corrigée) : Philip Benedict (trad. Anna Alvarez), Le regard saisit l'histoire : les guerres, massacres et troubles de Tortorel et Perrissin [« Graphic History : The Wars, Massacres and Troubles of Tortorel and Perrissin »], Genève, Droz, coll. « Titre courant » (no 47), , 303 p. (ISBN 978-2-600-00547-0, présentation en ligne).
  • (en) Philip Benedict, Lawrence M. Bryant et Kristen B. Neuschel, « Graphic History : What Readers Knew and Were Taught in the Quarante Tableaux of Perrissin and Tortorel », French Historical Studies, vol. 28, no 2,‎ , p. 175-229 (DOI 10.1215/00161071-28-2-175).
  • Patrice Béghain, Bruno Benoît, Gérard Corneloup et Bruno Thévenon (coord.), Dictionnaire historique de Lyon, Lyon, Stéphane Bachès, , 1054 p. (ISBN 9782915266658, notice BnF no FRBNF42001687)
  • Frédéric Elsig, Peindre à Lyon au XVIe siècle, Milan, Silvana Editoriale, coll. « biblioteca d'arte » (no 44), , 192 p. (ISBN 8836627684, notice BnF no FRBNF43834242) — Ouvrage issu d'un colloque international tenu à Genève les 26 et 27 octobre 2012 organisé par le Musée d’art et d’histoire de Genève, l'Université de Genève et Uni Bastions. Voir sur le site de l'Université de Genève.
  • D'encre et de sang : les guerres de Religion gravées par Tortorel et Perrissin, 1570, [exposition], Musée national de la Renaissance, Château d'Écouen, 5 avril-3 juillet 2006, Musée Jean Calvin, Noyon, 7 juillet-2 octobre 2006, 40 p., ill. en noir et en coul.
  • Gabriele Haug-Moritz (dir.) et Lothar Schilling (dir.), Médialité et interprétation contemporaine des premières guerres de religion, De Gruyter, coll. « Ateliers des Deutschen Historischen Instituts Paris » (no 10), , 149 p. (ISBN 978-3-110-34602-2).

Notes et référencesModifier

  1. a b et c D.H.L., p. 994.
  2. a et b D.H.L., p. 995.
  3. a et b Elsig 2014, p. 72.
  4. Frédéric Elsig et Sara Petrella, Enfer ou Paradis : aux sources de la caricature, XVIe-XVIIIe siècles, catalogue d'exposition (Genève, musée international de la Réforme, 16 octobre 2013-16 février 2014), Genève, .

Article connexeModifier

Liens externesModifier