Jean III d'Alexandrie

patriarche d'Alexandrie entre 681 et 689

Jean III est le quarantième patriarche d'Alexandrie selon le décompte de l'Église copte, en fonction de 681 à sa mort le .

Jean III d'Alexandrie
Fonction
Pape copte orthodoxe
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Biographie
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Religion

BiographieModifier

Selon la notice qui lui est consacrée dans l'Histoire des patriarches de l'Église d'Alexandrie, il était natif de la localité de Samanoud en Basse-Égypte. Il effectua un pèlerinage dans le Ouadi Habib, près d'Assiout, tomba malade, et connut ensuite une guérison jugée miraculeuse. En conséquence il entra au Monastère des Frères (Dayr al-Ikhwah) dans le Fayoum. Ménas, évêque de cette région, l'ordonna prêtre, et le patriarche Agathon le fit venir à Alexandrie et le nomma archiprêtre de son diocèse. À sa mort, Jean fut choisi pour lui succéder.

Pendant son pontificat, il fit reconstruire la cathédrale Saint-Marc d'Alexandrie. Il bénéficia de la bienveillance des autorités musulmanes, notamment dans le conflit qui opposait l'Église copte à l'Église melkite : quand le prince omeyyade Abd al-Aziz, fils cadet du calife Marwān Ier, devint gouverneur d'Égypte (685), il ordonna d'attribuer tous les lieux de culte d'Alexandrie qui étaient sous scellés à l'Église copte. Jean fit aussi construire un moulin et un pressoir à huile pour aider les nécessiteux pendant une période de sécheresse qui dura trois ans.

ŒuvreModifier

On conserve de lui deux dialogues sur des sujets théologiques, et peut-être un Éloge de saint Ménas d'attribution discutée. Ce dernier texte, conservé en copte, raconte la vie du saint, son martyre, la destinée de ses reliques, les miracles qu'elles produisirent quand on les eut retrouvées, et décrit la ville qui se développa autour de son sanctuaire. Le nom d'auteur qui est donné est simplement Jean, ce qui permet plusieurs identifications[1].

Le Dialogue avec le prêtre Théodore, conservé à la fois en copte, en arabe et en éthiopien, consiste en vingt-trois questions et réponses sur les sujets suivants : le Saint-Esprit, la Loi biblique, le Jugement dernier, la résurrection des corps, les prophètes, le Verbe divin, l'origine du mal, les sacrements, le diable, la personne du Christ et la rédemption. Le Dialogue avec un Juif et un Melkite est conservé en arabe et par fragments en copte. Il se mène en présence du prince Abd al-Aziz : celui-ci a trouvé dans le legs d'un Juif mort un morceau de bois que Jean identifie comme une relique de la croix du Christ ; il le prouve en le jetant dans le feu, car le bois ne brûle pas et le feu s'éteint ; Abd al-Aziz exprime alors le désir de savoir quelle est la vraie religion. L'échange avec le Juif porte sur l'interprétation de l'Ancien Testament, littérale chez le Juif, allégorique chez Jean, qui se réclame de plus des grands noms du christianisme égyptien (Marc, Macaire, Antoine, Chenouté, Pacôme). La dispute avec le melkite porte sur des questions de dogme ; Jean argue aussi du fait que le Christ lui est apparu deux fois au cours de sa vie ; il explique l'usage liturgique d'une planche sur laquelle on frappe, par quoi on imite les coups de marteau clouant Jésus sur sa croix et on fait fuir les démons. Jean sort vainqueur haut la main de la dispute : le melkite se convertit au monophysisme, et Abd al-Aziz lui-même se dit très impressionné. Selon Georg Graf[2], ces dialogues renvoient peut-être pour partie à des échanges ayant vraiment eu lieu.

BibliographieModifier

  • Georg Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, vol., Biblioteca apostolica vaticana, 1944-1953.

Notes et référencesModifier

  1. James Drescher (éd.), Apa Mena : a selection of Coptic texts relating to St. Menas, Institut français d'archéologie orientale, Le Caire, 1946 (J. Drescher rejette l'attribution du texte à Jean III).
  2. vol. I, p. 479.