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Jean Desailly

acteur français

CarrièreModifier

Il commence ses études supérieures à l'École nationale supérieure des beaux-arts, puis fait ses classes au Conservatoire de Paris après un passage à La Roulotte, une compagnie dirigée par André Clavé. Il sort du Conservatoire avec le premier prix, puis entre à la Comédie-Française en 1942 pour jouer des rôles de jeune premier. Il y rencontre Jean-Louis Barrault qui y met en scène de nombreuses pièces (Phèdre, Le Soulier de satin…).

Il rejoint Barrault qui fonde sa compagnie en 1946 avec Madeleine Renaud. Dans cette troupe, installée au Théâtre Marigny, il va connaître une très riche vie professionnelle et privée. Il y retrouve surtout Simone Valère avec qui il avait joué en 1943 dans Le Voyageur de la Toussaint de Louis Daquin. Ce fut pour eux, dix années de succès, lors desquelles ils jouent dans Les Fausses Confidences, Intermezzo, Occupe-toi d'Amélie, La Cerisaie…, il connut aussi quelques échecs comme Bérénice et Le Songe d'une nuit d'été.

Il intègre ensuite la troupe du théâtre de l'Odéon qui sur décision du ministre des Affaires Culturelles, André Malraux, est confié en 1959 à la compagnie Renaud-Barrault et renommé Odéon-Théâtre de France. Il connaît un nouveau succès avec le Mariage de Figaro où il joue les deux rôles principaux, Figaro en province et le comte Almaviva à Paris. Il rencontre également le succès dans Il faut passer par les nuages de François Billetdoux.

Jean Desailly débute au cinéma dans des rôles de jeunes premiers un peu fades. Avec l'âge, il campe des rôles plus fouillés et cinq de ses prestations sont particulièrement remarquables :

  • le mari impuissant et assassin de Maigret tend un piège (1958) où, dans une scène d'anthologie face à Jean Gabin (Maigret), il livre un portrait de psychopathe hallucinant ;
  • il affronte à nouveau Jean Gabin dans le film de Denys de La Patellière Les Grandes Familles (1958), tiré du roman éponyme de Maurice Druon ;
  • le commissaire, dans Le Doulos de Jean-Pierre Melville ;
  • dans La Mort de Belle (1961) où, encore bien assis socialement, suspecté de meurtre, il devient assassin ;
  • dans La Peau douce (1964) où il campe avec finesse et sensibilité un écrivain partagé entre une liaison adultère et son statut social.

Au début des années 1960, il joue pour la télévision dans Le Chevalier de Maison-Rouge qui fut un grand feuilleton populaire, ce qui lui permet de relancer sa carrière au cinéma, qui lui offre alors quelques beaux rôles. Après , et la fin de la direction du couple Renaud-Barrault au théâtre de l'Odéon, commencent pour le couple Desailly-Valère quelques années difficiles.

Dans les années 1970, ils prennent la direction successivement du théâtre Hébertot (Le Légume, L'Amour fou), puis du théâtre Édouard VII avant de prendre la succession d'André Bernheim au théâtre de la Madeleine de 1980 à 2002. Il joua souvent des rôles de bourgeois aisé.

En 1989, on le retrouve dans l'adaptation télévisée des Grandes Familles, où il joue le rôle de l'abbé Boudret, ami de la famille Schoudler-De la Monnerie.

En 2002, ils jouent leur ultime succès, La Maison du lac, une pièce d'Ernest Thompson, mise en scène par Georges Wilson.

À sa mort, sa mémoire est saluée par la ministre de la Culture Christine Albanel, qui évoque « un merveilleux acteur qui incarnait naturellement et à un degré supérieur, la distinction et « le charme discret de la bourgeoisie » dans chacun de ses rôles. »[3] Il est inhumé à Vert-le-Petit (Essonne).

Vie privéeModifier

Jean Desailly a eu deux enfants avec sa première épouse, la comédienne Nicole Desailly (née Ginette Nicolas).

Il rencontre Simone Valère (Simone Gondolf) en 1942 sur le tournage du film Le Voyageur de la Toussaint (sorti en 1943) mais c'est lors de la tournée de la compagnie Renaud-Barrault au Brésil en 1950 qu'ils unissent leurs vies pour toujours tant à la ville que sur scène.

Après 48 ans de vie commune, ils se marient le 9 février 1998 à la mairie du 6e arrondissement de Paris[4].

Simone Valère est morte le 11 novembre 2010[5] et repose auprès de lui[6].

FilmographieModifier

CinémaModifier

TélévisionModifier

ThéâtreModifier

Comédie-Française 1942-1946Modifier

Compagnie Renaud-Barrault 1946-1968Modifier

Théâtre Hébertot 1972-1975Modifier

Théâtre Edouard VII 1976-1977Modifier

Théâtre Marigny 1978Modifier

Théâtre de la Madeleine 1980-2002Modifier

Voix off de documentairesModifier

LivresModifier

RéférencesModifier

  1. a et b « Actes de naissance et de décès », sur CinéArtistes (consulté le 19 novembre 2018)
  2. Annonce de la mort dans le Figaro.fr du 12 juin 2008
  3. Hommage de Christine Albanel à Jean Desailly, 12 juin 2008
  4. « INA 1998 »
  5. « Simone VALÈRE - Décès - Rue du conservatoire », sur www.rueduconservatoire.fr (consulté le 20 novembre 2016)
  6. Collectif Sarka-SPIP, « VERT-LE-PETIT (91) : cimetière - Cimetières de France et d'ailleurs », sur www.landrucimetieres.fr (consulté le 20 novembre 2016)
  7. La Saison cinématographique, vol. 30, UFOLEIS, , publication réalisée sous la direction de François Chevassu et Jacques Zimmer, en collaboration avec la Ligue de l'enseignement, la Ligue française de l'enseignement et de l'éducation permanente, l'Union française des œuvres laïques d'éducation par l'image et le son, recherche iconographique effectuée par Marianne Duvannès (OCLC 15118592, notice BnF no FRBNF39772173, lire en ligne), p. 164
    « ... Le Point du jour. France. 1949. 1h41. Noir et blanc. Réal. : Louis Daquin. Ast. réal. : Stellio Lorenzi et Sacha Vierny. ... Int. ; Loleh Bellon (Marie), Marie-Hélène Dasté (Mme Bréhard), Catherine Monot (Louise), Yvette Étiévant, Hélène Gerber (Emma Maries), Suzanne Demars (la mère Gohelle), Lise Graf (la mère Maries), Jean Desailly (Larzac), René Lefèvre (Dubard), Michel Piccoli (Georges Gohelle). Gaston Modot (Tiberghien), Paul Frankeur (Bac), Jean-Pierre Grenier (Marles), Serge Grave (Corentin), Guy Sargis (Roger), Julien Lacroix, Pierre Latour (Noël), Pierre Français (Brezza), Léon Larive (Vetusto), Guy Favières (un vieux mineur), ... »

Liens externesModifier