Jean Courvoisier (banquier)

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Jean Courvoisier (Paris, - Paris, ) est un banquier protestant français, qui fut président-directeur général puis président de la banque privée Odier Bungener Courvoisier. Laïc très engagé dans la vie de l'Église réformée de France, il préside la Fédération protestante de France de 1970 à 1977.

BiographieModifier

Après ses études d’ingénieur civil des mines, il entre dans la banque familiale où il fait toute sa carrière[1].

Avec son associé François Propper, il est l’artisan de la fusion des banques Odier Bungener et Courvoisier (deux maisons de banque protestantes) qui est effective en 1960. Il devient directeur général de la banque Odier Bungener Courvoisier (OBC) qui résulte de cette fusion[2].

En 1948, il a dirigé le service de l'aumônerie des camps de prisonniers. Il fut ensuite président de la Société des missions évangéliques de Paris. Il est élu, en 1970, président de la Fédération protestante de France, où il succède à Charles Westphal.

Son élection n’est pas facile car il s’agit d’un laïc, relativement âgé (il a 66 ans), et surtout parce qu’il est le PDG d’une banque. La Mission populaire évangélique s’oppose à son élection qu’elle considère comme une mainmise de la HSP sur la Fédération protestante de France. Élu par une voix de majorité (22 voix pour une majorité absolue de 21 voix), il lui est demandé s’il accepterait de démissionner de son poste de PDG. Il accepte tout en annonçant qu’il restera président du conseil d'administration de sa banque. Un nouveau vote lui accorde alors 28 voix[3]. Il restera à ce poste pendant sept ans[1]. Le pasteur Jacques Maury lui succède.

Jean Courvoisier décède le mardi 2 mars 1982 à Paris[1].

PostéritéModifier

Sous son mandat ont lieu les événements de mai 1968 qui ont de nombreuses répercussions dans les églises et les mouvements protestants. Sous sa conduite, la Fédération protestante de France prit plusieurs initiatives courageuses pour répondre aux défis de l’époque[4] :

  • 1971 : diffusion du texte Église et Pouvoir, document de réflexion sur les liens entre Églises et pouvoir politique
  • 1973 : texte commun de l’épiscopat français et du conseil de la FPF prenant position sur le commerce des armes
  • 1975 : publication du document La Sexualité : pour une réflexion chrétienne

Malgré les craintes qu’avaient pu mourir certains au moment de son élection, son appartenance sociale ne faisait pas de lui un homme aux idées étroites ou conservatrices[3].

En 1975, la FPF accueille en son sein la Mission évangélique tzigane[4].

Particulièrement attaché à l'unité des Églises. Il laisse le souvenir d'un homme modeste, désintéressé, dont le rayonnement est international[1].

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Nécrologie de Jean Courvoisier, parue le 5 mars 1982 dans le journal Le Monde
  2. Nécrologie de François Propper dans Les Échos du 5 mai 2006]
  3. a et b Jean Baubérot, « Le pouvoir de contester : contestations politico-religieuses autour de mai 68 et le document "Église et pouvoirs" », Histoire et société no 2, éditions Labor et Fides, 1983 (ISBN 9782825900116), 335 pages, p. 108
  4. a et b Page historique du site de la Fédération protestante de France, accès le 1/10/2016