Jean Chalopin (réalisateur)

auteur français de dessins animés, cinéaste

Jean Chalopin est un producteur et scénariste français né le (72 ans) à Saint-Christophe-des-Bois (Ille-et-Vilaine). Au cours des années 1980 et années 1990, il a participé à la création de nombreux dessins animés.

Jean Chalopin
Image dans Infobox.
Jean Chalopin à la convention Cartoonist de Nice en 2013
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BiographieModifier

Jean Chalopin est né le [1] à Saint-Christophe-des-Bois (Ille-et-Vilaine). Sa passion pour l'écriture, qu'il entretient depuis ses neuf ans[2], se concrétise en 1961, lorsqu’il présente sa première œuvre au concours d'art dramatique du casino d'Enghien[2]. Il s’intéresse alors également au théâtre et aux publications relatives au théâtre et au cinéma[2] de L'Avant-scène[Note 1]. Il quitte l'école après l'obtention du BEPC en 1964 et travaille ensuite comme plongeur, laveur de wagon et distributeur de prospectus[2].

En 1965, le voisin de palier de Jean Chalopin, Paul Guimezanès, alors professeur aux beaux-arts de Tours, lui présente un de ses élèves qui « pisse la peinture », Bernard Deyriès[2]. Outre la vente de ses poèmes sous la forme de carnets polycopiés aux terrasses de café tourangelles et parisiennes, Chalopin crée le club de l'« Arche Crypthéope » (pour crypte théâtre poésie peinture)[2] produisant différents artistes locaux dans un café du vieux Tours, le « Trou dans le mur ». Chalopin y récite ses poèmes ; il y retrouve Bernard Deyriès, qui chante et joue à la guitare[2].

En 1968, Jean Chalopin crée sa société de distribution de prospectus publicitaires, l'OGAP (Office de Gestion et d'Action Publicitaire)[2], dont les premiers contrats sont signés avec des commerçants du quartier d'abord, puis des entreprises de Tours. La société gagne en importance et distribue sur les villes alentour[2]. La télévision se développant en France, l'OGAP rachète en 1969 le studio de films publicitaires « Pierre Dubiau »[3]. La société crée alors des films publicitaires pour lesquels Jean écrit les scénarios qui seront réalisés par Dominique Ferrandou[3]. Jean contacte alors le circuit de distribution des cinéma UGC « Circuit A » dirigé par Jean-Charles Edeline, ce qui permet des contrats supplémentaires, grâce à l'appui de Michel Luneau et avec Pierre Colombel[3] ; l'OGAP se lance aussi dans la réalisation de films institutionnels.

En 1971, grâce à l'apport de 20 000 francs de la part du quotidien régional La Nouvelle République du Centre-Ouest[3], l'OGAP devient la SARL DIC (Diffusion Information Commerciale). Le directeur financier du quotidien La Nouvelle République, Philippe de Closet, accompagne Jean dans son apprentissage de la finance[3], ce qui lui permet de développer DIC. À l'occasion d'une demande de l'association professionnelle des opticiens et acousticiens d'Orléans qui souhaitent réaliser un dessin animé publicitaire, Jean Chalopin contacte Bernard Deyriès qui enseigne alors l'animation à l'école Brassart[3]. Avec l'aide de Marie-Pierre Journet, ils vont réaliser une bande annonce animée d'environ une minute[3]. Lorsqu'il prend contact avec « Vidéogrammes de France »[Note 2], Jean fait la rencontre de Jasmine Delacroix qui s'est occupé de la publicité institutionnelle pour France Inter pendant quinze ans, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de prospection pour DIC[4].

En 1974, Bernard Deyriès rejoint DIC en tant que directeur artistique et embauche Marie-Pierre Journet, Jasmine Delacroix intègre l'équipe ainsi que Max Saldinger, en tant que directeur de production[5]. La plupart des émissions vendues sont des dessins animés et un studio d'animation est créé à Tours ; un autre suivra à Paris en 1980.

Suivant des réflexions qu'il mène avec René Borg, Jean Chalopin décide de créer une filiale de DIC au Japon, afin de se rapprocher du lieu de production, et crée KKDIC[6] qui produira notamment Ulysse 31, Jayce et les Conquérants de la lumière, Pole Position, MASK, etc.[7].

À partir de 1978, il participe à la création du dessin animé Les Mystérieuses Cités d’or, projet qui aboutit en 1982 et devient rapidement un immense succès.

En 1982, il part s'installer à Los Angeles, où il monte la filiale DIC Entreprise, en s'associant avec Andy Heyward. Dès 1984, le succès de la filiale américaine propulse DIC au rang de première société mondiale de création et de production de programme télévisé pour enfants, faisant de Jean Chalopin un des auteurs français les plus prolifiques [8].

En 1987, à la suite de tensions en interne, Jean Chalopin décide de revendre ses parts de DIC pour créer une autre société, C&D (Créativité et Développement). Cette transaction est une fusion/acquisition par DIC de Computer Memories Inc. par échange d'action permettant à Andy Heyward d'acquérir plus de 50 % des parts[9].

Jean Chalopin a créé des concepts originaux et des histoires originales qu'il faisait réaliser par des studios de l'Asie du Sud-Est, du Japon et de la Corée du Sud. Parfois, Chalopin produira ses réalisations dans son propre studio de production KK DIC / KK C&D Asie mais aussi avec d'autres studios.[pas clair]

À la fin des années 1980, il lance un projet de parc d'attraction intérieur : Planète magique. Installé à Paris, dans l'ancien théâtre de la Gaîté, ce parc très novateur pour l'époque (utilisation de technologies naissantes comme les écrans tactiles) ne connaîtra pas le succès escompté. Ayant été fini à la hâte pour ouvrir pour les fêtes de fin d'année en 1989, il décevra le public. Des mises aux normes et un nouvel investissement seront effectuées mais le parc sature facilement et les pannes sont récurrentes. Il sera définitivement fermé en 1991 car les recettes ne couvraient même pas les salaires des employés. Il a été détruit pour laisser place à un centre des arts numériques et musiques actuelles, la Gaîté-Lyrique.

En 1996, C&D est revendu à Fox Kids. Il se consacre à la création de la Fondation StoryPlus, pour encourager l’apprentissage de la lecture auprès des enfants, en mettant notamment en place un groupe d’écrivains venus des quatre coins du monde et dédiant une partie de leur temps à écrire des histoires qui « donneront envie de lire ». La fondation finance la réhabilitation d’une école au Mozambique, organise un programme alimentaire via une école à Soro au Burkina Faso et soutient une école bouddhiste au Bhoutan. Le site web StoryPlus, qui propose des histoires pour les enfants, est créé en 2002[10].

En parallèle, il continue à travailler en indépendant à travers plusieurs sociétés (Jetlag, Jean Chalopin Consulting ou JCC). Il est auteur sur la nouvelle série d’Inspecteur Gadget (Gadget et les Gadjetinis) pour DIC USA et Saban, et à la production des deux films de l'inspecteur en prises de vues réelles pour Walt Disney.

Il développe un certain nombre de projets, y compris une série pour la chaîne HBO (Confessions), la série Cyrano 2022 pour France 2 (2001). Il écrit et produit en partie Touch of the Panda (titre original en chinois, traduit en anglais par Trail of the Panda) un long-métrage en prise de vues réelles réalisé par Disney pour le marché asiatique en 2009[11],[12].

Il est un moment producteur chez Movie Plus[13].

Il fonde « Unique Heritage Media » en 2014, un magazine pour les jeunes enfants.

Il est aujourd'hui directeur de Deltec, une banque située aux Bahamas dans laquelle il avait commencé à investir en 1987, jusqu'à en devenir l'actionnaire majoritaire[14]. Sa banque détient une part des fonds couvrant la cryptomonnaie Tether, de type stablecoin[14]. Il a investi dans celle-ci en [14].

Vie privéeModifier

Jean Chalopin se marie avec la top-model singapourienne[15] Ethel Fong[16] en [17]. Ils ont deux enfants[17] : Janvier (né en ) et Tanis (né en )[18].

De à , il est propriétaire du château de Farcheville situé à Bouville en Essonne[19],[20].

ŒuvreModifier

AnimationModifier

DICModifier

C&DModifier

AutresModifier

Prise de vue réelleModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. L'Avant-scène est également le nom de plusieurs périodiques français qui présentent à chaque numéro textes et photos d'une représentation artistique contemporaine.
  2. Vidéogrammes de France est une société créée par l'ORTF et Hachette pour l'exploitation commerciale des enregistrements des émissions télévisuelles : Rovan 1974, p. 38.

RéférencesModifier

  1. KaZo, « Jean Chalopin », sur Les Mystérieuses Cités d'Or - ELIOSDEN, (consulté le ).
  2. a b c d e f g h et i Eluasti et Zemrak 2012, p. 8.
  3. a b c d e f et g Eluasti et Zemrak 2012, p. 9.
  4. Eluasti et Zemrak 2012, p. 10.
  5. Eluasti et Zemrak 2012, p. 11.
  6. Chalopin Jean, interview par Acerdim, Jean Chalopin,  (consulté le ). « La première rencontre avec TMS s’est faite au MIP. Mes relations avec Yukata Fujioka et toute son équipe sont très vite devenues très bonnes. Je me suis retrouvé à travailler sur les scripts de ‘Nobody’s Boy’ (Rémi). Bientôt DIC allait ouvrir sa filiale KKDIC, notre propre société au Japon. Bernard et moi sommes allés nous installés là-bas. »
  7. Stéphane CLEMENT, « Planète Jeunesse - KKDIC », sur www.webmail.planete-jeunesse.com (consulté le ).
  8. « Planète Jeunesse - Staff & Cast - Jean Chalopin », sur www.planete-jeunesse.com (consulté le )
  9. (en) Andrea Adelson, « For Maker of Cartoons, A Chance to Go Public », The New York Times, (ISSN 0362-4331, consulté le ) : « If the stock deal, worth about $75 million, is approved by shareholders, Computer Memories Inc. will no longer exist and DIC, based in Burbank, Calif., will absorb the company's $25 million in cash. The computer company's stockholders will receive a one-third interest in DIC (pronounced DEEK), which is now more than 50 percent owned by Mr. Heyward, its president. »
  10. William Coop, « En ligne avec... Les histoires de Jean Chalopin », lexpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. « Interview Jean Chalopin », sur Coyote Magazine, (consulté le )
  12. AlloCine, « Trail of the Panda » (consulté le )
  13. « Jean Chalopin », sur www.unifrance.org (consulté le )
  14. a b et c (en) Zeke Faux, « Anyone Seen Tether’s Billions? », sur Bloomberg Businessweek, (consulté le ).
  15. (en) Melody Zaccheus, « Celebrating 51 years of local fashion », (consulté le ) : « Among the luminaries was former model Ethel Fong, who in the 1980s was one of the rare Asian faces on international runways. »
  16. (en) Genevieve Jiang, « 10 questions with Ethel Fong », Prestige Singapore, (consulté le ).
  17. a et b (en) Wong Kim Hoh, « Ethel Fong is living the good life », sur asiaone.com, The Straits Times, (consulté le ) : « She quit the catwalk 23 years ago to marry entrepreneur Jean Chalopin, a Frenchman with a 700-year-old mediaeval castle, and raise two children, both of whom are now in university. ».
  18. (en) Melissa Heng, « Not following in mum's footsteps », The Straits Times, (consulté le ).
  19. « Les déboires du château des milliardaires », sur Le Parisien, (consulté le ).
  20. Nolwenn Cosson, « En sommeil depuis 40 ans, le château de Bouville reprend vie », sur Le Parisien, (consulté le ).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier