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Jean Marie Paul Bouyssonie
Biographie
Naissance [1]
Brive-la-Gaillarde
Ordination sacerdotale
Décès (à 87 ans)[1]
Brive-la-Gaillarde
Autres fonctions
Fonction laïque
  • Professeur de Sciences Naturelles et Physiques au petit Séminaire de Brive
  • Historien

Le chanoine Jean Bouyssonie, né le à Brive-la-Gaillarde dans le département de la Corrèze en France et décédé le dans la même ville[1], est un prêtre catholique, chanoine et préhistorien français qui s'intéressa aux vestiges des départements du Lot et de la Corrèze[2].

Sommaire

BiographieModifier

Jean Bouyssonie est né à Brive le [1]. Il est le fils de Jean-Baptiste Bouyssonie (pharmacien) et de Gabrielle Mazeyrac de Beaulieu. Il a deux frères ainés Amédée et Paul[2].

Il obtient son baccalauréat ès Lettres et Philosophie en 1894 au lycée de Clermont-Ferrand, puis en 1895 son baccalauréat ès Lettres-Mathématiques. En , il est élève au Séminaire de Philosophie Saint-Sulpice à Issy. Il y fait la connaissance d'Henri Breuil et ils suivent pendant deux années des cours de géologie, paléontologie, archéologie et préhistoire. Ils ont comme professeurs Jean Guibert, auteur d'un traité intitulé Les Origines, questions d'Apologétique sur les rapports de la science et de la religion. En juillet 1897, Jean Bouyssonie accueille son ami Henri Breuil. Avec son frère ainé Amédée et l'abbé Louis Bardon, ils visitent les sites préhistoriques autour de Brive : grottes de la vallée de Planchetorte, site de Chez Pourré et de Puy-de-Lacan. En 1898, il est en classe de théologie et Henri Breuil lui apprend à dessiner les silex[2].

Après son service militaire en 1899, Jean Bouyssonie est ordonné prêtre le à Beaulieu. À la suite de ses études à l'Institut catholique de Paris et à la Sorbonne, il obtient une licence ès Sciences-Physique en 1904 et une licence de Physique Générale à Clermont-Ferrand en 1907. Dès 1904, il est professeur de Sciences Naturelles et Physiques au petit séminaire de Brive[2] avec son frère Amédée chargé des cours de philosophie[3]. Ils resteront fidèles à cet établissement qui sera transféré en 1907[4] à l'école Bossuet de Cublac à la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, puis à Brive dans un nouvel établissement inauguré le à la suite de la baisse des effectifs due à l'isolement de cette école de Cublac[4].

En 1914, il est mobilisé comme infirmier lors de la Première Guerre mondiale. Il est cité à l'Ordre de sa division en 1916 puis reçoit la Croix du combattant 1914-1918[2]. Le , Henri Breuil lui remet la Légion d'honneur, puis il reçoit la même année la Médaille interalliée 1914-1918. Le lors de la célébration des cinquante ans de la découverte de l'homme de la Chapelle-aux-Saints. Le , il devient Commandeur du Mérite National Français[2].

Il meurt à Brive le [1]. Il a donné l’intégralité de ses collections préhistoriques au musée Labenche de Brive[5].

Travaux archéologiquesModifier

Acquis aux idées de l'abbé Jean Guibert, son professeur de sciences naturelles au séminaire Saint-Sulpice, Jean Bouyssonie et des prêtres comme l'abbé Breuil contractent la maladie de la pierre, c'est selon cette expression qu'ils qualifient leur passion pour la préhistoire. Ils font partie d'une minorité de religieux comme Pierre Teilhard de Chardin qui scandalisent l'opinion en se détachant d'une lecture littérale de la Bible où l'homme est, depuis sa création, un être parfait à l'image de Dieu. Ils sont convaincus que la défense de la foi catholique est compatible avec l'indépendance de la science et la théorie de l'évolution[3],[6].

Pendant 50 ans, Jean Bouyssonie prospecte, fouille, forme des jeunes à l'archéologie et publie les découvertes réalisées avec son frère Amédée et l'abbé Louis Bardon[2]. En 1900, ils étudient les gisements situés aux alentours de Brive-la-Gaillarde[7].

Le , Paul Bouyssonie extrait une calotte crânienne à La Chapelle-aux-Saints. Les trois frères dégagent alors l'ensemble du squelette d'un homme de Néandertal : La Chapelle-aux-Saints 1, surnommé « le vieillard »[8].

Le , Maurice Thaon apprend par les hôteliers du Soleil d’Or de Montignac la découverte de la grotte de Lascaux. Il prévient Jean Bouyssonie et l'abbé Breuil, alors dans la région. Le 20, Maurice leur apporte les premiers croquis et le 21, Maurice et Jean accompagnent l’abbé Breuil pour sa première visite à Lascaux. Le , Jean Bouyssonie annonce la découverte dans La Croix. En 1942 et 1947, il est sollicité pour superviser les fouilles, avant les travaux d'aménagement pour l'ouverture au public, mais ce projet n'aboutit pas et Lascaux ne sera jamais fouillée[9].

Ouvrages, articlesModifier

  • « Grattoirs carénés, rabots et grattoirs nucléiformes. Essai de classification des grattoirs », Revue Anthropologique, décembre 1912 (avec Maurice Bourlon et Amédée Bouyssonie). (en ligne).
  • Jean Bouyssonie et Louis Capitan, Limeuil ; son gisement à gravures sur pierres de l'âge du renne, Paris, Nourry, 1924, 103pp
  • Jean Bouyssonie, « La préhistoire en Corrèze », Bulletin de la Société scientifique; historique et archéologique de la Corrèze,‎ , p. 5-23 (résumé)
  • Jean Bouyssonie, Le Saint-Sépulcre de Reygades : Corrèze, Brive, coll. « Bulletin de la Société Scientifique, Historique et Archéologique de la Corrèze », , 34 p.

Membre de sociétés savantesModifier

Décorations, titres honorifiques et hommagesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e « Jean Bouyssonie (1877-1965) », sur Bibliothèque nationale de France (consulté le 7 février 2015)
  2. a b c d e f g et h Josseline Bournazel-Lorblanchet, L'Abbé Amédée Lemozi : Prêtre et préhistorien(1882 - 1970), Liège, Université de Liège, coll. « Études et Recherches Archéologiques de l'Université de Liège », , 149 p. (ISBN 978-2-930495-11-8, présentation en ligne), p. 117-118.
  3. a et b Fanny Defrance-Jublot, « Quand des abbés lèvent le doute sur les néandertaliens », sur Pour la Science, (consulté le 7 février 2015)
  4. a et b Aurélie Verlhac, « Du petit séminaire à l'école Bossuet : Petit historique d’une institution », sur http://www.anciensedmichelet.net, (consulté le 8 février 2015)
  5. a et b « Qui se cache derrière les noms des salles du musée Labenche : Jean Bouyssonie (1877-1965) », sur http://museelabenche.brive.fr (consulté le 8 février 2015)
  6. a b et c Nicole Lemaitre, « BOUYSSONIE Jean Marie Paul », sur http://cths.fr, (consulté le 7 février 2015)
  7. Beauval, C., Bismuth, Th., Bruxelles, L., Mallye, J.-B. et Berthet, A.-L. (2007) - « La Chapelle-aux-Saints : 1905-2004. Un siècle de recherche », in: Un siècle de construction du discours scientifique en Préhistoire, Congrès du Centenaire de la Société Préhistorique Française, 26e session du Congrès préhistorique de France, Avignon, 21-25 septembre 2004, vol. 2, pp. 197-214.
  8. Bouyssonie, « La découverte de La Chapelle-aux-Saints », Bulletin de la société scientifique historique et archéologique de la Corrèze, no 80,‎ , p. 45-82
  9. « Les premiers chercheurs dans la Grotte de Lascaux. Troisième partie. », sur http://www.hominides.com, (consulté le 6 février 2015).
  10. Alain Roussot (Extrait du Bulletin de la Société Historique et Archéologique du Périgord - Tome LXXXVIII - Année 1961), « Hommage à l'abbé Breuil » (consulté le 8 février 2015)
  11. « Musée de l'Homme de Néandertal Jean Bouyssonie », sur http://www.tourismecorreze.com (consulté le 7 février 2015)