Jean Baubérot

historien et sociologue français

Jean Baubérot, né Jean-Ernest Baubérot le à Châteauponsac (Haute-Vienne), est un historien et sociologue français, professeur émérite spécialiste de la sociologie des religions et fondateur de la sociologie de la laïcité.

Après avoir occupé la chaire d'« Histoire et sociologie du protestantisme » de 1978 à 1990, il devient titulaire de la chaire d'« Histoire et sociologie de la laïcité » de 1991 à 2007 à l’École pratique des hautes études dont il est actuellement le président d'honneur et professeur émérite. Il a écrit trente-deux ouvrages, dont un roman historique, et a dirigé treize livres collectifs et publié plus d'une centaine d'articles dans des revues à Comité de lecture. Il est le coauteur d'une Déclaration internationale sur la laïcité signée par 250 universitaires de 30 pays.

« Plume » de François Mitterrand pour les sujets concernant la laïcité, il a soutenu publiquement plusieurs candidats du Parti socialiste.

BiographieModifier

Jean Baubérot est le fils du professeur d'histoire René Baubérot, fondateur du musée de Châteauponsac qui porte son nom.

Une formation d'historienModifier

Fils d'enseignants, il suit ses études secondaires au lycée Gay-Lussac à Limoges et obtient le premier prix d'histoire au concours général des lycées en 1959. Il est lauréat de la fondation Zellidja (3e prix) en 1960. À l'université Paris IV-Sorbonne, il obtient un doctorat en histoire (sous la direction de Jean-Marie Mayeur) en 1966, un doctorat ès lettres et sciences humaines en 1984. En 1967, il avait aussi obtenu un diplôme de l'École pratique des hautes études (EPHE)[1].

Carrière universitaireModifier

Débutant comme collaborateur technique à l'EPHE en 1967, il y devient assistant de recherches en 1971, puis directeur d'études à partir de 1978. Il préside la section des sciences religieuses entre 1986 et 1994 et sera nommé président de l'École en 1999, avant d'en devenir président honoraire en 2003.

Il est le fondateur en 1995 puis le directeur jusqu'en 2001 du Groupe de sociologie des religions et de la laïcité (CNRS-EPHE), devenu le Groupe Sociétés, Religions, Laïcités. Il est également professeur émérite de la chaire « Histoire et sociologie de la laïcité » (EPHE-Sorbonne).

Conseiller ministériel et engagements politiquesModifier

En 1971, il refuse de rejoindre le Parti socialiste qu'il juge « trop social-démocrate »[2]. Il est « la plume » de François Mitterrand pour les sujets concernant la laïcité[2].

En 1997 et 1998, il est conseiller technique au cabinet de Ségolène Royal, ministre délégué chargé de l'enseignement scolaire (Éducation à la citoyenneté). Il est membre de la commission consultative des cultes, ministère de l’Emploi et de la Solidarité de 1999 à 2004, membre de la mission d’évaluation, d’analyse et de propositions relatives aux représentations violentes à la télévision du ministère de la Culture de juin à décembre 2002, membre de la commission sur l’enseignement supérieur privé du ministère de l'Éducation nationale de 2003 à 2007. Il est membre de la commission « Sigma », commissariat général du Plan de 2004 à 2006.

De juillet-décembre 2003, il est membre de la commission indépendante sur l’application du principe de laïcité dans la République, dite « commission Stasi », et s'abstient lors du vote concernant l'interdiction du voile à l'école. Il dénonce, dans un essai publié en 2008, la laïcité de Nicolas Sarkozy[1].

Il soutient Ségolène Royal à la présidentielle de 2007 et à la primaire de 2011.

Il vote François Hollande à la présidentielle de 2012 par opposition à N. Sarkozy[2].

En 2017, il participe à l'ouvrage collectif dirigé par B. Hamon et Y. Jadot, La politique et à nous (Robert Laffont), et vote Emmanuel Macron par opposition M. Le Pen [3].

Décorations et distinctionsModifier

DécorationModifier

DistinctionsModifier

Travaux sur l'histoire de la laïcité en FranceModifier

Le pacte laïqueModifier

Jean Baubérot soutient l'idée que la France doit se dégager de ses « racines chrétiennes »[2]. Dans son ouvrage Histoire de la laïcité en France (2005), il précise que la notion de pacte laïque n'implique nullement que la séparation des Églises avec l'État soit le résultat d'une négociation de puissance à puissance, mais rend compte du passage d'une laïcité qui était le bien exclusif d'une des deux France en conflit (celle des tenants de la Révolution française et celle de « la fille ainée de l'Église »), à une laïcité qui peut inclure les membres des deux France lorsque, en 1946, la laïcité est devenue constitutionnelle avec la Quatrième République, de même en 1958 dans la constitution de la Ve République où il est indiqué: "La République est laïque (...). Elle respecte toutes les croyances.".

La laïcité n'est pas une "exception française"et la France, elle-même ne pratique pas une laïcité absolue[4] (Concordat en Alsace-Moselle, loi Debré subventionnant les écoles privées, dévolution gratuite et indéfinie d'édifices religieux propriété publique, aumôniers émargeant au budget public, fêtes catholiques chômées,....).

Quatre critères permettent d'évaluer le degré de laïcité dans différents pays (que le terme soit socialement utilisé ou non): 1) Le fondement du pouvoir politique est immanent, conformément à la philosophie politique du "contrat social". 2) L'Etat est indépendant des Eglises et autres groupement religieux ou convictionnels. 3) La citoyenneté est indépendante des religions et des convictions. Tous les citoyens sont juridiquement égaux, quelle que soit leur religion ou leur conviction. 4) L'Etat assure la liberté de conscience, il garantit la liberté de religion et de conviction ainsi que le libre exercice du culte tels que les définissent les grands textes internationaux.[5]

Les seuils de laïcisationModifier

Jean Baubérot est également l'auteur de la notion de seuils de laïcisation il distingue trois seuils, le premier est le résultat de la révolution française et du recentrage opéré par Napoléon Bonaparte, le second des lois laïcisant l'école publique (1882-1886) et séparant les Églises et l'État (1905, 1907, 1908), le troisième s'est élaboré de 1968 (contestation anti-institutionnelle de mai 68) à 1989 (chute du mur de Berlin, 1re affaire de foulard)[6].

Les différents courantsModifier

Jean Baubérot estime que la société française en 2015 est traversée par sept laïcités au sens où laïcité veut dire « courant de penser la laïcité »[7]

  1. le courant antireligieux ;
  2. le courant gallican ;
  3. le courant séparatiste canal historique (1905) ;
  4. le courant séparatiste moderne ;
  5. le courant laïcité ouverte ;
  6. le courant identitaire ;
  7. le courant concordataire.

A ceux qui lui reprochent "d'adjectiver la laïcité", Jean Baubérot répond : "La croyance qu'il n'existe qu'une (représentation de la) laïcité essentialise celle-ci. Le slogan de la "laïcité sans adjectif" a voilé qu'une transformation s'est produite dans l'usage social dominant du terme de 'laïcité' "[8].

Nouvelle laïcitéModifier

La nouvelle laïcité est une expression popularisée par Jean Baubérot pour désigner une interprétation droitière voire extrême-droitière de la laïcité, qui se manifeste notamment par la création d'une inégalité entre les religions et entre les croyants (comme les lois sur le voile islamique), contrevenant ainsi directement à l'esprit originel de la loi[9],[10].

HistoriqueModifier

L'année 1989 et l'affaire des collégiennes de Creil marquent l'apparition d'un nouveau conflit. Si jusqu'à cette date le débat autour de la laïcité avait opposé les militants laïques à l'Église catholique, c'est l'Islam qui devient à partir de 1989 « l'objet de toutes les interrogations, voire de toutes les suspicions, à grand renfort médiatique »[11]. « Le développement de l'Islam dans l'Hexagone » se trouve ainsi pris dans « une mutation profonde de la laïcité en France »[12].

Ce débat s'est cristallisé en 2004 lors de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises. Lors de la commission Stasi (juillet-décembre 2003) il est le seul à s'être abstenu. Il s'est à nouveau exprimé contre la loi interdisant la burqa en 2010 au nom de l'ordre public (et non de la laïcité).[13]

Dans un récent ouvrage, Laurent Bouvet consacre un long développement à réfuter la perspective de Jean Baubérot (cf ci-dessous la partie 4 "Critique").[14]

Avis des utilisateurs de cette notionModifier

Selon Baubérot[15] et le politologue Raphaël Liogier[16], l'année 2003 constitue un tournant dans la conception de la laïcité. C'est en effet en 2003 que François Baroin rend un rapport commandé par le premier ministre Jean-Pierre Raffarin et intitulé "Pour une nouvelle laïcité". Selon Jean Baubérot, le rapport se détourne de la conception libérale de la laïcité issue de la loi de 1905. Jean Baubérot constate que la « nouvelle laïcité », contrairement à celle issue de la loi de 1905, n'est pas anti-cléricale mais anti-communautariste; elle est liée au passé colonial de la France plus qu'aux guerres de religion et à la Révolution; elle est liée au contexte géopolitique de la « mondialisation » et de la crainte d'un « Islam politique transnational », plus qu'à une survivance du « conflit des deux France »; elle s'affirme comme une « exception française » opposée au « modèle anglo-saxon » jugé « trop accommodant envers les religions »; elle est moins une construction politique que médiatique: ainsi est-elle « focalisée sur des "affaires" médiatiquement construites »[17]. Par ailleurs, cette « nouvelle laïcité » signe une appropriation par la droite[18] (puis par l'extrême droite) de la lutte pour la laïcité, appropriation rendue possible par la division de la gauche sur ce sujet[19],[20].

Selon les professeurs de droit Stéphanie Hennette-Vauchez et Vincent Valentin, auteurs d'un ouvrage sur la question, écrit dans le prolongement de l'affaire Baby Loup[21], cette « nouvelle laïcité » est, contrairement à celle issue de la loi de 1905, « dans une logique de contrôle. Elle veut neutraliser tout ce qui, dans le religieux, différencie, singularise. On mobilise la laïcité pour aseptiser le religieux, perçu comme un microbe qui corrompt le vivre-ensemble. Les citoyens devraient renoncer à la part d’eux qui n’est pas commune, dès lors qu’ils entrent dans l’espace public. Cette vision large de la laïcité est portée par des personnes de droite comme de gauche. Mais ces défenseurs, qui se réclament de la loi de 1905, sont en réalité en rupture avec elle. Ils la subvertissent, l’inversent. Dans les discours politiques, dans les médias, se répand l’idée, comme une évidence, que la laïcité serait menacée. Comme si la laïcité était un état de la société, et non un devoir pour l’État ». Les auteurs ajoutent: « On entend souvent : «La religion doit rester une affaire purement privée.» Or, ce n’est pas du tout l’esprit de la loi de 1905. Encore une fois, ce que dit cette loi depuis un siècle, c’est que la religion ne doit pas être une affaire d’État. Le projet politique, républicain, de la nouvelle laïcité cherche à créer un espace commun, une société pacifiée. Mais il lui faut alors une société laïque - plus seulement un État laïc. Voire une société athée »[22].

La « nouvelle laïcité » opère donc un transfert du principe de laïcité et de l'exigence de neutralité, de l'État vers la société civile, et des agents du service public vers les usagers de l'espace public[23],[24],[25]. Les partisans de la « nouvelle laïcité » associent ainsi la laïcité à la « sécularisation » de la société[26],[27].

Selon Jean Baubérot, pour appuyer cette « confusion », ce « glissement fallacieux », la rhétorique de la « nouvelle laïcité » se fonde sur « une lecture simpliste et fausse [du concept de laïcité] au regard de la loi de 1905 »[24], lecture qui repose sur l'équivocité du mot « public », qui se trouve en l'espèce mobilisé dans une logique spatiale. En effet, si la laïcité instaurée par la loi de 1905 et évoquée à l'article 1er de la Constitution de 1958 affirme la neutralité de l'État en la fondant sur une distinction entre le « privé » et le « public » (au sens de « République »[28], d'« affaires publiques »[29] et de « services publics »[30], i.e. les institutions politiques et administratives de l'État[31]), cette distinction ne recouvre cependant pas celle entre « espace privé » et « espace public »[31],[32],[33],[34], ni celle entre « sphère intime » (ou « domestique »[35]) et « sphère publique ». En effet, la loi de 1905 (et la jurisprudence y relative) n'interdit pas mais au contraire autorise (voire favorise[36]) les pratiques, manifestations, expressions religieuses dans ce qu'il semble aujourd'hui convenu d'appeler « l'espace public »[37].

Cette logique de spatialisation de la « nouvelle laïcité », et l'extension corrélative de l'exigence de neutralité aux membres de la société civile, s'illustre tout particulièrement dans le rapport de la Commission Stasi et dans les rapports parlementaires qui précèdent l'adoption en 2004 de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises (la loi ayant vocation à préserver la « laïcité dans l'espace scolaire » et la « neutralité de l'espace scolaire »[38],[39],[40],[41]) et dans la loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public de 2010. La loi de 2010 est ainsi la première à intégrer la notion d'espace public dans le droit[36],[31].

La logique de cantonnement du religieux dans le domaine de « l'intime » (par opposition à « l'espace public »), prônée par les partisans de la « nouvelle laïcité », est reprise par le président François Hollande lors du discours d'installation de l'Observatoire de la laïcité. À cette occasion (et en pleine affaire de la crèche Baby Loup) il affirme: « les lignes de séparation entre secteur public et secteur privé ont évolué. Il y a donc une nécessité de clarification. En 1905 la laïcité était simplement la séparation de l’État et des cultes. Aujourd’hui, elle est une frontière entre ce qui relève de l’intime, qui doit être protégé, et ce qui appartient à la sphère publique qui doit être préservé. Et comme toute frontière, il n’est pas toujours aisé de la tracer ».

CritiqueModifier

L'itinéraire[42] et les travaux de Jean Baubérot ont provoqué des débats. Le dernier en date, et le plus détaillé, provient du politologue Laurent Bouvet, co-fondateur du Printemps républicain [43]. Au-delà de ses passages polémiques, il indique clairement de véritables divergences entre deux représentations actuelles de la "laïcité à la française".

Les côtés polémiques ne visent pas toujours juste. Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple, Bouvet écrit que le "programme républicain" proposé par Baubérot, lors de la campagne présidentielle de 2012, se situe "sur fond de liberté de conscience réduite à la liberté religieuse et de séparation entre Etat et cultes réduite à une tolérance très générale pour toute forme de religiosité dans la société". Or ce programme demande "de. nouvelles 'libertés laïques': la possibilité du mariage entre personnes du même sexe, (...) des avancées en matière de bioéthique, (...) la possibilité de choisir l'euthanasie". Et il est précisé que de telles lois déplairont à "certaines religions (...). Mais c'est précisément sur le terrain de la liberté que la laïcité s'impose aux religions".[44] Pas de réductionnisme donc. Bouvet est plus convainquant quand il pointe la tendance "normative" de certains essais de Baubérot, alors que d'autres sont surtout dans l'analyse (ainsi il montre, avec pertinence, la différence de démarche entre La laïcité falsifiée de 2012 et Les 7 laïcités de 2015). Effectivement, Baubérot reconnait que certains de ses ouvrages sont de genre mixte[45].

Surtout, Bouvet expose les divergences, aussi bien académique que politique, entre sa propre approche et celle de Baubérot. Il lui reproche d'avoir construit "un récit unificateur" pour combattre ce que l'historien "appelle les 'dérives'qui ont conduit à la situation actuelle, celle d'une offensive de la 'nouvelle laïcité' républicaine contre l'originale, libérale de 1905". Bouvet affirme qu'il existe une confusion car le terme de "libéralisme" a changé de sens entre le début du XXe siècle et aujourd'hui. Selon le politologue, ce terme s'est coloré de "multiculturalisme" à l'anglo-saxonne (en fait, c'est plutôt "l'interculturalisme" québécois qui est présent dans l'oeuvre de Baubérot[46]) et minimise les spécificités propres à la laïcité française. Bouvet critique aussi l'importance que donne Baubérot à la "société civile" face à l'Etat, et aux "minorités" (hier le protestantisme, aujourd'hui l'islam) face aux courants dominants ("gallicanisme, jacobinisme, bonapartisme").  Il lui reproche, enfin, d'avoir "fait [de son travail] un combat politique en se transformant depuis une vingtaine d'années en un véritable entrepreneur politico-intellectuel afin de le promouvoir et de le diffuser dans la société."

Jusqu'à présent, Baubérot n'a pas répondu à ces attaques, mais peu après l'ouvrage de Bouvet, il a lui-même publié un livre érudit (430 p.), qui constitue le  tome 1 d'une Histoire politique des Séparations des Eglises et de l'Etat" (1902-1908) (6), où il insiste sur l'existence, en 1905, de plusieurs conceptions républicaines de la laïcité (Bouvet en est d'accord, tout en tirant des conclusions divergentes) et sur les emprunts, effectués par la loi de 1905 elle-même, aux séparations des Eglises et de l'Etat existant d'ans d'autres pays.Le débat continue donc.


ŒuvresModifier

  • Le tort d'exister, des Juifs aux Palestiniens, Ducros éditeurs Bordeaux, 1967, 262 p.
  • Un christianisme profane ? Royaume de Dieu, socialisme et modernité culturelle dans le périodique « chrétien-social » L'avant-garde (1899-1911), Paris, PUF (Bibliothèque de l'École des Hautes Études, Section des Sciences religieuses), 1978, 2e éd. Archives Karéline, 2009.
  • La marche  et l'horizon, Cerf, 1979.
  • Le Pouvoir de contester, Genève, Labor et Fides, 1983.
  • La laïcité quel héritage ? De 1789 à nos jours, Genève, Labor et Fides, 1990.
  • Vers un nouveau pacte laïque ?, Paris, Seuil, 1990.
  • Pluralisme et minorités religieuses. Colloque organisé par le CNRS et la Section des Sciences religieuses de l'École Pratique des Hautes Études. Avec le concours de la Mission du bicentenaire de la Révolution française, Louvain, Peeters (Bibliothèque de l'École des Hautes Études, Section des Sciences religieuses), 1991 (direction).
  • Religions et laïcité dans l'Europe des douze, Paris, Syros, 1994.
  • La morale laïque contre l'ordre moral, Paris, Seuil, 1997, 2e éd. Archives Karméline, 2009. Critique
  • Histoire du protestantisme, Paris, PUF (Que sais-je ?), 8e édition., 2013.
  • Une haine oubliée. L’anti protestantisme avant le « pacte laïque » (1870-1905), avec Valentine Zuber, Paris, Albin Michel (Sciences des religions), 2000, prix Eugène-Colas 2000 de l'Académie française.
  • Religion, modernité et culture au Royaume-Uni et en France, 1800-1914, avec Séverine Mathieu, Paris, Seuil (Points Histoire), 2002.
  • La Laïcité à l'épreuve. Religions et Libertés dans le monde (ouvrage collectif sous la direction de Jean Baubérot), Encyclopædia Universalis, 2004.
  • Le voile que cache-t-il ?, avec Dounia Bouzar et Jacqueline Costa-Lascoux, L'Atelier, 2004.
  • Laïcité 1905-2005, entre passion et raison, Seuil, 2004.
  • De la séparation des Églises et de l'État à l'avenir de la laïcité, avec M. Wieviorka, éd. de l'Aube, 2005.
  • Faut-il réviser la loi de 1905 ?, avec Jean-Paul Scot, Christian Delacampagne, Henri Peña-Ruiz, et René Rémond, Paris, PUF, 2005.
  • Émile Combes et la princesse carmélite : Improbable amour, roman, éd. de l'Aube, 2005, réédit. poche, 2007
  • L'intégrisme républicain contre la laïcité, éd. de l'Aube, 2006.
  • Laïcité et séparation des Eglises et de l'Etat. Histoire et actualité, avec Mireille Estivalèzes, Presses Universitaires de Limoges, 2006
  • Histoire de la laïcité en France, Paris, PUF (Que sais-je ?), 7e édit. 2017.
  • Les Laïcités dans le monde, Paris, PUF (Que sais-je?), 4e édition, 2010.
  • Petite histoire du christianisme, Paris, Librio, 2008.
  • Relations églises et autorités outre-mer de 1945 à nos jours, (ouvrage collectif sous la direction de J. B.) éd. Indes Savantes, 2008.
  • La laïcité expliquée à Nicolas Sarkozy et à ceux qui écrivent ses discours, Paris, Albin Michel, 2008.
  • Une laïcité interculturelle. Le Québec avenir de la France?, L'Aube, 2008
  • Sacrée médecine : Histoire et devenir d'un sanctuaire de la Raison, avec Raphaël Liogier, Entrelacs, 2011.
  • Laïcités sans frontières, avec Micheline Milot, Seuil, 2011.
  • La laïcité falsifiée, Paris, Éditions La Découverte, coll. « Cahiers libres », 2012, réédit poche avec une postface, 2014
  • Une si vive révolte, préface Edwy Plenel, Éditions de l'Atelier, autobiographie, 2014.
  • Laïcité, laïcités. Reconfigurations et nouveaux défis (Afrique, Amériques, Europe, Japon, Pays arabes),avec M. Milot et Ph. Portier, Maison des Sciences de l'Homme, 2014.
  • Co-écrit avec Rokhaya Diallo, Comment parler de la laïcité aux enfants, Éd Le Baron Perché, octobre 2015, 80 p.
  • Les sept laïcités françaises. Le modèle français de laïcité n'existe pas, Paris, Maison des Sciences de l'Homme, , 173 p. (ISBN 9782735119851)
  • Histoire des Protestants. Une Minorité en France (XVIe-XXIe Siècle), avec Marianne Carbonnier-Burkard, Ellipses Marketing, 2016
  • Petit Manuel pour une laïcité apaisée à l'usage des profs, des élèves et de leurs parents, avec le Cercle des Enseigants.e.s Laïques, la Découverte, 2016.
  • Parlons laïcité en trente questions, avec M. Milot, La Documentation française, 2017.
  • La loi de 1905 n'aura pas lieu, tome 1, L'impossible loi de liberté (1902-1905), Maison des sciences de l'homme, 2019
  • La Sécularisation en question. Religions et laïcités au prisme des sciences sociales, avec Ph. Portier et J.-P. Willaime, Classiques Garnier, 2019..

Notes et référencesModifier

  1. a et b Anne Chemin, « Jean Baubérot, grand penseur de la laïcité », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 24 mars 2019)
  2. a b c et d « Jean Baubérot. Laïc hérétique », Alice Géraud, Libération, 31 mars 2014.
  3. Jean Baubérot, « Voter pour la démocratie », sur Club de Mediapart (consulté le 13 janvier 2020)
  4. Baubérot, Jean, 1941-, Laïcité 1905-2005, entre passion et raison, Éditions du Seuil, (ISBN 2-02-063741-3 et 978-2-02-063741-1, OCLC 300265071, lire en ligne)
  5. J. Baubérot: "La sociologie de la laïcité, dépassement de la sociologie de la religion", in J. Baubérot, Ph. Portier et J.-P. Willaime (dir.), La Sécularisation en question. Religions et laïcités au prisme des sciences sociales, Classiques Garnier, 2019, p. 540.
  6. Jean Baubérot, « Laïcités et seuils de laïcisation », dans Les sept laïcités françaises, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, (ISBN 978-2-7351-1985-1, lire en ligne), p. 133–150
  7. Jean Baubérot, Les sept laïcités françaises. Le modèle français de laïcité n'existe pas, Paris, Maison des Sciences de l'Homme, , 173 p. (ISBN 9782735119851)
  8. Les 7 laïcités, MSH, 2015, p.153
  9. http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_laicite_falsifiee-9782707182173.html
  10. https://www.saphirnews.com/Jean-Bauberot-La-nouvelle-laicite-atrophie-les-libertes-individuelles_a13831.html
  11. Régis Meyran, "Laïcité, le conflit des modèles", Sciences humaines, n° 270S, mai 2015, p. 25.
  12. Jean Baubérot, Histoire de la laïcité en France, PUF, coll. "Que sais-je?", 2013, p. 105.
  13. Baubérot: "Voile intégral et laïcité: la Mission d'information parlementaire sur le voile intégral", in D. Koussens - O. Roy, Quand la burqa passe à l'Ouest, Presses Universitaires de Rennes, 2013, p. 67-77.
  14. Bouvet, La nouvelle question laïque, Flammarion, 2019, p.150
  15. Jean Baubérot, Histoire de la laïcité en France, PUF, coll. "Que sais-je?", 2013, p. 118.
  16. Raphaël Liogier, "L'islamisation est un mythe", lemonde.fr, 28 mars 2013.
  17. Jean Baubérot, Histoire de la laïcité en France, PUF, coll. "Que sais-je?", 2013, p. 118-122.
  18. Le rapport Baroin énonce ainsi que la laïcité pourrait devenir une « valeur de droite ». Cf. "Introduction" et "Conclusion", in François Baroin, Pour une nouvelle laïcité, Rapport au premier ministre, 2003.
  19. Jean Baubérot, Histoire de la laïcité en France, PUF, coll. "Que sais-je?", 2013, p. 120.
  20. Jean Baubérot, "Une laïcité conviviale", Revue du MAUSS, 2014/1, no 43, p. 201.
  21. Stéphanie Hennette Vauchez et Vincent Valentin, L'affaire Baby Loup ou la nouvelle laïcité, LGDJ, coll. "Exégèses", 2014, 116 p.
  22. "La présence de la religion est désormais jugée insupportable", Libération.fr, 28 novembre 2014.]
  23. Régis Meyran, "Laïcité, le conflit des modèles", Sciences humaines, n° 270S, mai 2015, p. 24-27.
  24. a et b "La laïcité, une interprétation fallacieuse de la neutralité de l'État. Entretien avec Jean Baubérot", lexpress.fr, 6 février 2015.
  25. Jean-Pierre Ricard, "Laïcité de l'État, laïcité de la société", discours du Cardinal Ricard au Centre Culturel Saint-Louis de Français de Rome, 27 septembre 2012 (discours reproduit dans le journal La Croix).
  26. "Les nouvelles donnes de la laïcité. Entretien avec Jean Baubérot et Micheline Milot", Esprit, 2011/2, p. 82-90.
  27. Jean Baubérot, "Sécularisation, laïcité, laïcisation", EMPAN, 2013/2, no 90, p. 31-38.
  28. "Quelle laïcité aujourd'hui?", portail vie-publique.fr, 30 mai 2006.
  29. http://www.vie-publique.fr/th/glossaire/laicite.html
  30. Communiqué de la Cour de cassation relatif à l'arrêt Baby Loup de l’Assemblée plénière du 25 juin 2014.
  31. a b et c Olivia Bui-Xuan, "L'espace public : l'émergence d'une nouvelle catégorie juridique ?", Revue française de droit administratif, 2011, p. 511
  32. Christine Delphy et Raphaël Liogier, "Nouvelle laïcité ou ordre moral ?", lacroix.com, 4 juillet 2013.
  33. Alain Bondeele, responsable du groupe de travail sur la laïcité au sein de la Ligue des Droits de l'Homme, lors de son audition par la mission d'information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national: « Il ne faut pas confondre la sphère publique, qui s'oppose à la sphère privée dans la loi de 1905, et l'espace public. Il s'agit d'une dérive extrêmement grave. Durant les débats qui ont conduit à la loi de 1905, il a été question de réglementer les costumes religieux catholiques. Le rapporteur, Aristide Briand, avait alors demandé si l'on allait faire la chasse aux religieux, sachant qu'à l'époque, il y avait à l'assemblée des prêtres en soutane. Réglementer, au nom de la laïcité les vêtements me semble absurde, même s'il est gênant de voir des femmes adopter le voile intégral ou, de manière générale, des gens afficher leur religion de manière ostensible. Mais la laïcité doit permettre un pluralisme. » (Rapport de la mission d'information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 26 janvier 2010, pp. 376-377).
  34. Audition de Marc Blondel, président de la Fédération nationale de la libre pensée, par la mission d'information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national (Rapport de la mission d'information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 26 janvier 2010, p. 344).
  35. Raphaël Liogier (Une laïcité "légitime". La France et ses religions d'État, Entrelas, 2006, et Ce populisme qui vient, Textuel, 2013) cité par Régis Meyran, "Laïcité, le conflit des modèles", Sciences humaines, n° 270S, mai 2015, p. 26.
  36. a et b Frédéric Dieu, "Laïcité et espace public", Revue du droit public et de la science politique en France et à l'Étranger, 01 mai 2013 no 3, p. 566.
  37. Pierre-Henri Prélot, "Les signes religieux et la loi de 1905", Société, droit et religion, 2012/1 (Numéro 2), p. 25-46.
  38. Rapport de la Commission Stasi, 11 décembre 2003.
  39. Rapport de Jean-Louis Debré à l'Assemblée Nationale, 4 décembre 2003.
  40. Rapport de Pascal Clément à l'Assemblée Nationale, 28 janvier 2004.
  41. Rapport au Sénat de Jacques Valade, 25 février 2004.
  42. Itinéraire retracé dans Baubérot, Une si vie révolte, l'Atelier, 2014.
  43. Bouvet, La nouvelle question laïque.
  44. Baubérot, La laïcité falsifiée, p. 134.
  45. P. Boniface, Les intellectuels intègres, éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2013, p. 47-79.
  46. Sous-tire de Baubérot, La loi de 1905 n'aura pas lieu, Maison des sciences de l'homme, 2019.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • André Encrevé et Perrine Simon-Nahum, « Jean Baubérot », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 199-200 (ISBN 978-2846211901)
  • Henri Peña-Ruiz, Qu'est ce que la laïcité ?, Paris, Gallimard, , 347 p. (ISBN 9782070303823), p. 16
  • Boniface, "Jean Baubérot ou la laïcité caustique", Les intellectuels intègres, éd. Jean-Claude Gawsewitch, 2013, p. 47-79
  • Valentine Zuber, Patrick Cabanel et Raphaël Liogier (dir.), Croire, s'engager, chercher : autour de Jean Baubérot, du protestantisme à la laïcité, Paris, Brepols, coll. « Bibliothèque de l’École des hautes études en sciences religieuses », , 484 p. (ISBN 978-2503567495).
  • Pierre Lassave, "Jean baubérot ou Grillon rebelle", La sociologie des religions. Une communauté de savoir, 2019, éditions de l'EHESS, p. 51-158.                 

Articles connexesModifier

Liens externesModifier