Jean Étienne Valluy

général français

Jean Étienne Valluy, né à Rive-de-Gier, dans la Loire, le , mort à Paris le est un général et historien français.

Jean Étienne Valluy
Fonction
Président
La Saint-Cyrienne (d)
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 70 ans)
Paris
Nom de naissance
Jean Etienne ValluyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Allégeance
Formation
Activité
MilitaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflit
Grade
Commandement
Distinctions
Archives conservées par

FormationModifier

Jean Valluy a fait toutes ses études à l'école Ozanam et au lycée Ampère à Lyon, ainsi qu'au collège Stanislas de Paris, avant d'être admis à Saint-Cyr en 1917 (promotion La Fayette). Il sort aspirant en et rejoint le régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM) en . Il participe aux quatre derniers mois de la Première Guerre mondiale, est blessé et cité.

Militaire de carrière entre les deux guerresModifier

Après un bref retour à Saint-Cyr, il participe aux campagnes de Syrie et du Maroc et à l'occupation des territoires rhénans. Admis à l'École supérieure de Guerre à Paris en 1927, il retourne au Maroc en 1929, puis est désigné pour servir en Chine et débarque à Shanghai en .

Deuxième Guerre mondialeModifier

De retour en France en 1939, il est en chef du bureau des opérations du 21e corps d'armée, est fait prisonnier et reste un an en captivité.

Rapatrié en 1941, il est envoyé à Dakar comme sous-chef d'état-major, est nommé commandant du 18e régiment de tirailleurs sénégalais puis chef d'état-major du commandant supérieur. En 1943, il est directeur des troupes coloniales à Alger. Il est promu officier général en .

Il devient chef d'état-major du général de Lattre de Tassigny à la 1re armée française en 1944, débarque en Provence et participe à la bataille des Vosges et à la bataille d'Alsace. En 1945, il prend le commandement de la 9e division d'infanterie coloniale qui, la première, franchira le Rhin à Leimersheim, prend Karlsruhe, Baden-Baden, Rastatt et Kehl, avant de pousser vers le Haut-Danube et la frontière suisse.

L'IndochineModifier

Débarqué en avec la 9e division d'infanterie coloniale, il est nommé commandant supérieur des troupes d'Indochine en 1946 en remplacement du général Leclerc.

À Haïphong, les Vietnamiens s'opposent à un contrôle douanier, le . Hô Chi Minh propose de réunir immédiatement la commission mixte des douanes. Mais le général Valluy, remplaçant d'Argenlieu, après avoir câblé au colonel Dèbes le 22 : « Suite événement du 20, estime indispensable profiter incident pour améliorer notre position Haïphong » lui donne l'ordre suivant : « Le moment est venu de donner une dure leçon à ceux qui nous ont traîtreusement attaqués. Par tous les moyens à votre disposition vous devez vous rendre maître complètement d'Haïphong et amener le Gouvernement et l'armée vietnamienne à résipiscence. » Cette décision causa plus de 6 000 victimes parmi les civils.[1],[2]

À la suite de la reconquête du Sud de l'Indochine par l'armée française (en particulier à la mi-1946), il publia des ordres pour arrêter les pratiques de torture[3]. À la suite de la décision politique de réduire le nombre de militaires du corps expéditionnaire, il fut dans l'obligation de retirer des unités du Nord Tonkin (notamment sur la route coloniale 4) pour intervenir en Cochinchine. N'estimant n'avoir plus les moyens de sa mission, il démissionna en 1948[4]. Il rentre en France en comme inspecteur des forces terrestres d'Outre-mer.

En métropoleModifier

En 1952, il entame une carrière interalliée comme adjoint du général Gruenther au SHAPE. Il est ensuite le représentant de la France au groupe permanent de l'OTAN à Washington en 1953. Trois ans plus tard, il devient commandant en chef de centre-Europe à Fontainebleau.

Ainsi il alterne au cours de sa carrière les séjours métropolitains avec les expéditions et les séjours Outre-mer et à l'étranger, totalisant sept ans en Asie, neuf en Afrique et trois en Amérique. Il prend sa retraite en .

Il est nommé secrétaire général de l'Association internationale du traité de l'Atlantique (ATA) et président de la Saint-Cyrienne en 1961 et le restera jusqu'en 1965. Grièvement blessé lors d'un accident de chemin de fer près de Vallorbe en , il consacre ses années de retraite à l'histoire et à la pensée militaire.

Décédé à Paris, le , il est inhumé à Rive-de-Gier le .

ŒuvresModifier

Il est l'auteur de divers articles dans la Revue des deux Mondes, la Revue de la Défense Nationale, et le XXe Siècle fédéraliste. Il a fait paraître deux ouvrages, l'un Se Défendre (Plon, 1960 - Prix du maréchal Foch 1961 de l’Académie française), l'autre Honneur et Patrie (Nouvelles Éditions Latines, 1964) et dirige le comité de rédaction de La Première Guerre mondiale (Larousse, 1968).

DécorationsModifier

Grand-croix de la Légion d'honneur, deux fois blessé, titulaire de treize citations, le général Valluy est décoré de nombreux ordres français et étrangers.

Notes et référencesModifier

  1. Georges Chaffard, Les deux guerres du Vietnam, de Valluy à Westmoreland, Paris, La Table Ronde de Combat, , 464 p. (ISBN 978-2710312048, lire en ligne), pp.42-44
  2. Général Yves Gras, Histoire de la guerre d'Indochine, Paris, Plon, , 600 p. (ISBN 978-2259004787), p.146
  3. Guerre d'Indochine. Dictionnaire. Faculté des sciences humaines, Université du Québec à Montréal, Canada. http://indochine.uqam.ca/fr/le-dictionnaire/1420-torture-french.html
  4. Wainstock Miller, Indochine et Vietnam 35 ans de guerre, Nouveau Monde Edition, 2019.