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Jean-Pierre Voyer
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Biographie
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Jean-Pierre Voyer (né le à Bolbec en Normandie) est un essayiste français.

PrésentationModifier

Les travaux philosophiques de Jean-Pierre Voyer sont autant de variations et d'approfondissements sur un thème principal : la communication entre les hommes, considérée comme le principe de toute humanité.

Selon lui, l'humanité commence réellement avec la communication : La présupposition première de toute existence humaine n'est pas, comme l'écrit Marx, que les hommes doivent être à même de vivre pour pouvoir faire l'histoire, et que pour cela il faut avant tout — le « avant tout » est bien de Marx — boire, manger, se loger, s'habiller et quelques autres choses encore. Cela tous les animaux le font et ne sont pas pour autant des hommes, ils ne font pas pour autant leur histoire. C'est simplement la présupposition de la vie de n'importe quel animal : il faut qu'un animal mange, boive, dorme s'il veut vivre, il faut qu'un animal vive s'il veut vivre. Voilà le genre de tautologie qui a cours pompeusement depuis 100 ans chez les savants social-démocrates qui veulent éduquer le peuple, cet ignorant. Au contraire, la présupposition première de toute existence humaine, partant de toute histoire, est que certains animaux utilisent leur vie d'animal, utilisent ce qui était un but et en fassent donc un simple moyen — en un mot suppriment l'indépendance de ce but — pour communiquer. Evidemment, seuls des animaux vivants peuvent s'aviser de faire cela, mais ce n'est pas le fait qu'ils soient vivants, qu'ils mangent, qu'ils boivent, qui permet de dire qu'ils sont des hommes, mais seulement qu'ils utilisent cela pour communiquer. Les hommes pour être à même de vivre, et de vivre comme des hommes et non seulement comme des animaux, doivent être justement capables — c'est cette capacité qui est refusée aux esclaves salariés ou non, aux assujettis, aux pauvres de tous les temps — d'utiliser leurs besoins animaux, la satisfaction de leurs besoins de manger, de boire, de se loger, de s'habiller à des fins de communication, comme matière à communication.

Dès la fin des années 1970, il réfute l'économie et la conception utilitariste de l'activité humaine, notamment celle de Karl Marx. Il préfère se rattacher directement à celle de Hegel : « Être homme, c'est communiquer, c'est rechercher la reconnaissance ». Il propose une conception anti-utilitariste de la médiation de l'autre.

Un certain nombre de points peuvent être dégagés de ses théories :

  • la réfutation de l'économie : selon Jean-Pierre Voyer, L'économie n'est en fait qu'une croyance et un mythe, elle est devenue massive depuis seulement quarante ans, Cette croyance en l’existence d’une prétendue chose sociale a remplacé la croyance en un prétendu dieu: « l'économie n'existe pas »
  • une critique de l'utilitarisme dans sa version marxiste, libérale ou sociale-démocrate et un soutien affirmé de la résistance à cet utilitarisme dont la figure la plus importante est celle de la religion survivant essentiellement dans la résistance islamiste à l'impérialisme américain.
  • un horizon d'attente autour d'une vraie communication à propos de laquelle il affirme qu'on ne peut savoir ce qu'elle est mais plus modestement ce qu'elle n'est pas. À cet effet Mai 68, période durant laquelle des inconnus pouvaient s'adresser la parole dans la rue et discuter de choses importantes pour eux, a constitué l'expérience récente la plus aboutie mais aussi la plus falsifiée.
  • un mépris affiché à l'égard des intellectuels présents ou représentés sur la scène médiatique, comme Guy Debord ou Bernard Henri Lévy qu'il qualifie respectivement de « vieux pédé » et de « pute intellectuelle ».
  • sur son site, il expose ses réflexions théoriques et celles sur l'actualité plus immédiate dans Le knock-blot de M. Ripley[1]. Principalement sur la question palestinienne en publiant surtout des textes critiquant l'axe américano-sioniste et en faisant l'éloge de personnalités aussi diverses que Ben Laden ou Alain Soral. Son anticonformisme l’amène à puiser ses sources sur des sites multiples et éclectiques.

Depuis 1975 il pratique l'analyse conceptuelle[2].

À partir de 1997 il s'attaque à la critique littéraire. Dans Réponse à Rideau de Marc-Edouard Nabe il affirme notamment que « Céline est génial parce qu'antisémite et antisémite parce que génial »[3].

En 2010, Jean-Pierre Voyer intervient à propos des questions financières sur le blog de Paul Jorion[4].

Champ libreModifier

Ses conceptions théoriques se présentent comme issues de l'héritage critique de l'Internationale situationniste. Il a travaillé quelque temps aux éditions Champ libre où il était aussi édité, mais s'en est séparé après que Gérard Lebovici se fut indigné d'une affiche Le Tapin de Paris affirmant que la pensée de Marx et de Hegel n'avait pas encore été critiquée. Sur ce point il faut cependant signaler que les versions divergent. Dans son livre Un cavalier à la mer, Gérard Guégan indique le dépliant-affiche Reich, mode d’emploi comme origine du courroux du mécène[5].

Guy Debord écrit en 1984 que Jean-Pierre Voyer est « fou »[6].

BibliographieModifier

 
Un style influencé par Hegel.
  • Reich, mode d'emploi, 1971, Champ Libre.
  • avec Jean-Jacques Raspaud : L'internationale situationniste. Chronologie, bibliographie, protagonistes (avec un index des noms insultés), 1972, Champ Libre.
  • Introduction à la science de la publicité, 1975, Champ Libre.
  • Une enquête sur la cause et la nature de la misère des gens, 1976, Champ Libre.
  • Correspondance, Vol. 1, 1978, Champ Libre. On y trouve les lettres échangées entre Voyer et Gérard Lebovici, Champ Libre.
  • Rapport sur l'état des illusions dans notre parti suivi de Révélations sur le principe du monde, 1979, Institut de préhistoire contemporaine.
  • Fin du situationnisme paisible, 1981, Institut de préhistoire contemporaine.
  • Revue de préhistoire contemporaine no 1, 1982, Institut de préhistoire contemporaine (articles « Le Jugement de Dieu est commencé » et « Réponse à l'auteur de “Marx envers et contre Marx” »).
  • Hécatombe, 1991, La Nuit. On y trouve, notamment, la totalité de ses lettres à Gérard Lebovici.
  • L'Imbécile de Paris, 1995, Éditions anonymes.
  • Limites de conversation, 1998, Éditions anonymes.
  • Diatribe d'un fanatique, 2002, Éditions anonymes (largement consacrée au 11 septembre ; la version sur le site est actualisée).

CritiquesModifier

  • Le spectacle de Jean-Pierre Voyer[7].
  • Yves Tenret, Comment j'ai tué la Troisième Internationale situationniste, 2004, La Différence.
  • Le Maître du Bas Château — Portrait de Jean-Pierre Voyer / 12[8].

RéférencesModifier

Voir aussiModifier