Jean-Pierre Ramel (1768-1815)

général français

Jean-Pierre Ramel
Naissance
Cahors (Lot)
Décès (à 46 ans)
Toulouse (Haute-Garonne)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de brigade
Années de service 1783-1815
Commandement Commandant militaire de la Haute-Garonne
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Chevalier de la Légion d'honneur

Jean-Pierre Ramel, né le à Cahors (Lot) et mort le à Toulouse (Haute-Garonne), est un général de brigade de la Restauration.

Son frère Jean-Pierre Ramel, né en 1760 à Cahors et guillotiné le , a été un parlementaire, un constitutionnel et un général des armées de la République.

BiographieModifier

Fils de Pierre Ramel, procureur et notaire royal, et de son épouse Françoise Guiches, Jean-Pierre Ramel — le jeune — est entré à 15 ans comme volontaire dans un régiment d’infanterie. En 1791, il est nommé adjudant-major dans la légion du Lot, et devient, l’année suivante, capitaine dans celle des Pyrénées. Il est promu en 1793 au grade de chef de bataillon. En 1794, il est incarcéré avec son frère Jean-Pierre Ramel l'aîné, ancien membre de l'Assemblée législative qui sera assassiné pendant la Terreur. Il doit sa liberté au général Dugommier, et il est nommé adjudant-général chef de brigade le , dans l'armée de Rhin-et-Moselle.

Adjudant-général et déportation en GuyaneModifier

En cette qualité, il fait la campagne du Rhin sous les ordres de Moreau, et, chargé de la défense de Kehl, il repousse avec succès les attaques de l’archiduc Charles. La même année, il est appelé au commandement de la garde du Corps législatif. Il y dénonce la conspiration royaliste organisée par Gabriel Brottier le , mais suspecté lui-même de sympathie pour les royalistes, il est désarmé par Augereau lors du coup d'État du 18 fructidor an V (). Il est arrêté et conduit à la prison du Temple.

Le lendemain, une loi le condamne, avec les proscrits de la veille, Pichegru, Barthélemy, Laffon-Ladebat, Barbé-Marbois. On le destitue et on l'envoie en déportation en Guyane, à Sinnamary.

Évasion vers LondresModifier

Il parvient, en , à s’échapper de cette colonie à bord d'une pirogue et à gagner l’établissement hollandais de Paramaribo avec Pichegru, Murinais, Willot, Barthélemy, Barbé-Marbois, etc. Il se rend à Hambourg puis à Londres et y fait paraître en 1799, un journal des faits relatifs à la journée du 18 fructidor, du Transport, du Séjour et de l’Évasion des Déportés, in-18.

Ayant ensuite reçu de Bonaparte la permission de rentrer en France, il est réintégré dans l'armée sous le Consulat. Il fait un récit de son séjour au bagne de Cayenne, publié en 1799 et traduit en anglais.

Campagnes d'Italie, d'Espagne et du PortugalModifier

Il obtient un emploi dans l’expédition de Saint-Domingue, sous les ordres du général Rochambeau, et y est blessé, le , d’un coup de feu dont les suites l’empêcheront longtemps de faire un service actif. Nommé commandant de l'île de la Tortue, le général Jean-Pierre Ramel reçoit un ordre écrit daté du , et signé de la main de Rochambeau : « Je vous envoie, mon cher commandant, un détachement de cent cinquante hommes de la garde nationale du Cap. Il est suivi de vingt-huit chiens bouledogues. Ces renforts vous mettront à même de terminer entièrement vos opérations. Je ne dois pas vous laisser ignorer qu'il ne vous sera pas passé en compte ni ration, ni dépense pour la nourriture de ces chiens. Vous devez leur donner à manger des nègres. Je vous salue affectueusement, Donatien Rochambeau. »

En l’an XIII, il est envoyé en Italie ; il y fait la campagne de cette année, sous les ordres de Masséna. Il est chargé ensuite du commandement des côtes de la Méditerranée.

En 1809, il est employé à la gendarmerie, et fait, en 1810 et 1811, les campagnes d’Espagne et du Portugal ; il s’y distingue à plusieurs occasions, notamment lors de la prise d’Astorga, où, avec quelques troupes de la division Souham, il se rend maître d’un pont défendu par 30 pièces de canon qui tombent en son pouvoir. Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur le .

Maréchal de campModifier

Après la première Restauration, Ramel est enfin élevé par Louis XVIII au grade de maréchal de camp et reçoit la décoration de Saint-Louis. Pendant les Cent-Jours, il est confirmé dans le grade de général de brigade le . Lors du second retour du roi, il est nommé au commandement du département de la Haute-Garonne.

Il rend inutiles, pendant quelque temps, les efforts des « réactionnistes » pour exciter des désordres à Toulouse, s'impose face à l’esprit de parti, et fait mettre en liberté plusieurs personnes que leurs opinions avaient rendues suspectes. Mais bientôt il lui faut désarmer les compagnies secrètes qui s’étaient constituées, dans le Midi, sous le nom de Verdets, comme une milice royale.

Assassiné à ToulouseModifier

Ces opérations lui font des ennemis de tous ceux qui organisent la Terreur blanche de 1815, et le , il est mortellement blessé à Toulouse, comme partisan de Napoléon Ier[1].

M. de Villèle, alors maire de Toulouse, n'intervient pas et ne pourchasse pas les criminels. Deux ans plus tard, les assassins du général seront traduits devant la Cour prévôtale de Pau. Deux d’entre eux sont condamnés à la réclusion ; les autres sont acquittés.

Joseph-Marie de Combettes de Caumont (1771-1855), conseiller à la Cour royale (d'appel) de Toulouse, instruit sous la seconde Restauration l'affaire du meurtre du général Ramel. En témoignage de satisfaction, Louis XVIII accorde à ce dernier le titre de vicomte par lettres royales du , enregistrées par la Cour royale de Toulouse le .

Notes et référencesModifier

  1. « À sept heures du soir, un rassemblement se forme devant son hôtel et y exécute une farandole, aux cris de « à bas Ramel ! mort à Ramel ! » Le général sort et se présente. « Que voulez-vous à Ramel ? » dit-il d’une voix forte. Cette contenance impose un instant aux brigands ; mais au moment où il se retire, les assassins se précipitent sur lui et sur le factionnaire placé à la porte, et tous deux tombent percés de coups. On porte le général dans son hôtel ; mais bientôt les Verdets, apprenant qu’il respire encore, font irruption dans l’hôtel, le mettent au pillage, pénétrent jusque dans la chambre de leur victime, et l’achevent sur son lit ».

SourceModifier

Liens externesModifier