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Jean-Pierre Lévy (résistant)

résistant français, Compagnon de la Libération
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Ne doit pas être confondu avec Jean-Pierre Lévy (juriste).
Jean-Pierre Lévy
Description de l'image defaut.svg.
Naissance
Strasbourg, Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Décès (à 85 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Nationalité Drapeau de la France Français
Activité principale
Résistant

Jean-Pierre Lévy, né le à Strasbourg et mort le à Paris, est le chef de l'un des trois grands mouvements de Résistance française, Franc-Tireur.

Sommaire

BiographieModifier

Juif d'Alsace, endossant des responsabilités de chef de famille à onze ans, après la mort de son père, ingénieur commercial à 18 ans, avant la guerre, il est employé dans une entreprise de filature. Mobilisé en 1939 comme lieutenant de réserve, puis démobilisé après l'armistice de , il se fixe avec sa famille à Lyon où il noue des contacts avec des Alsaciens réfugiés comme lui, notamment Élie Péju, un entrepreneur de déménagement[1]. Le petit cercle ainsi constitué décide en d'éditer un journal clandestin intitulé Franc-Tireur. Le premier numéro est tiré à 5 000 exemplaires.

Les membres du groupe sont de tendance républicaine, souvent proches des radicaux, mais comprenant aussi d'anciens communistes. Jean-Pierre Lévy est le plus jeune et le moins politisé du groupe, mais son sens de l'organisation et son statut de célibataire, libre de toute charge de famille font de lui la cheville ouvrière du groupe. Comme cadre commercial, il est amené à beaucoup voyager, et ce sont autant d'occasions pour nouer des liens dans les principales villes de la zone sud. Il est arrêté une première fois par la police française le , dans l'appartement lyonnais qui sert au groupe de quartier général.

France Pejot (mère de Jean-Michel Jarre) et Micheline Altmann, une autre résistante, parviennent à orienter les soupçons sur elles en s'avouant résistantes pour permettre la fuite de Jean-Pierre Levy. France Pejot reçoit la médaille de la Résistance que le général de Gaulle lui fait parvenir par un parachutiste venu de Londres[2].

Dominique Veillon, la biographe de Jean-Pierre Lévy note que dans le processus de regroupement avec Libération-Sud et Combat, Lévy apparaît comme un novice en face de dirigeants plus âgés, introduits politiquement et qui peuvent se montrer condescendants à son égard, mais en revanche, il accorde un plein soutien à Jean Moulin, l'envoyé de Gaulle et peut ainsi jouer un rôle modérateur non négligeable pour amener les fortes personnalités que sont Emmanuel d'Astier de La Vigerie et Henri Frenay à accepter la fusion des trois mouvements. En , Lévy fait un voyage à Londres où il est reçu par de Gaulle. Il revient ensuite à Lyon, puis se fixe à Paris où il est arrêté au domicile de Gilbert Védy, responsable du mouvement Ceux de la Libération. Alors qu’il est interné à la prison de la Santé, ses camarades, sous la direction de Charles Gonard, réussissent au cours d'un transfert, le , à le faire évader en neutralisant l'escorte allemande du convoi dans une rue de Villejuif[3].

Après la Libération, s'abstenant d'engagements politiques publics, il fait une carrière de haut fonctionnaire, comme directeur des industries et des textiles au ministère de l'Industrie et du Commerce de 1947 à 1970. Il est également le fondateur de la Fondation de la Résistance et s'engagera au sein du Comité des Œuvres Sociales des Organisations de la Résistance (COSOR).

Distinctions et hommagesModifier

 
Plaque de la rue de Lyon.

Dans la culture populaireModifier

Notes et référencesModifier

  1. Isabelle von Bueltzingsloewen, Laurent Douzou, Jean-Dominique Durand, Hervé Joly et Jean Solchany, Lyon dans la Seconde guerre mondiale : villes et métropoles à l'épreuve du conflit, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 361 p. (ISBN 978-2-7535-4359-1, notice BnF no FRBNF44499152), p. 274.
  2. « Décès de la résistante France Pejot, mère de Jean-Michel Jarre », sur leparisien.fr, Le Parisien (consulté le 20 août 2010).
  3. Benoit Hopquin, « Le résistant Charles Gonard est mort », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 13 juin 2106).

BibliographieModifier

  • Léon Strauss, « Jean-Pierre Lévy », dans Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 24, p. 2333.
  • Dominique Veillon, article « Jean-Pierre Lévy », dans Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François Marcot, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2006.
  • Dominique Veillon, Le Franc-Tireur : un journal clandestin, un mouvement de Résistance, 1940-44, Paris, Flammarion, 1977.
  • Jean-Pierre Lévy avec la collaboration de Dominique Veillon, Mémoires d'un franc-tireur, itinéraire d'un résistant, 1940-44, Bruxelles, Complexes-Paris, IHTP, 1998.

Liens externesModifier