Jean-Marc Rochette
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Jean-Marc Rochette au festival Quai des Bulles 2015.
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Œuvres principales

Jean-Marc Rochette, né le à Baden-Baden (Allemagne)[1], est un peintre, un sculpteur, un illustrateur et un auteur de bande dessinée français. Il est connu pour être le co-créateur des séries Edmond le cochon, en 1979, et Le Transperceneige, à partir de 1982, ainsi que le créateur des albums Ailefroide, altitude 3954 en 2018 et Le Loup en 2019.

BiographieModifier

 
Jean-Marc Rochette en 2016.

Jean-Marc Rochette, originaire de Grenoble suit pendant un an des cours en histoire de l'art puis s'inscrit en arts plastiques à Aix en Provence[2].

Il se destine d'abord au métier de guide de haute montagne[3]. En 1976, après un grave accident dû à une chute de pierre, il délaisse l'alpinisme et commence une carrière d'auteur de bande dessinée. Il raconte plus tard cette période de sa vie dans Ailefroide, altitude 3954 (2018). Il publie d'abord dans Actuel et ensuite dans l’Écho des savanes. Il réalise un court-métrage d'animation, La Chasse, en 1975, qui lui vaut le prix des Ciné-clubs de France[2]. Avec Martin Veyron, il crée la série Edmond le cochon (1979)[3] et il crée le personnage de Claudius Vigne, qui paraît dans la revue (À suivre), où il publie ensuite d'autres récits[2]. Rochette succède au dessinateur Alexis pour la série Le Transperceneige, scénarisée par Jacques Lob, dans (À suivre) en 1982-1983[3]. Le premier volume reçoit en 1985 le prix Témoignage chrétien[4]. Bien que la série connaisse un succès critique, sa diffusion demeure presque confidentielle[3]. En 1986 paraît l'album À tes souhaits, sur un scénario de Tito Topin[2]. Avec Benjamin Legrand, il dessine Requiem blanc en 1987[5]. En parallèle, il illustre l'histoire jeunesse Nemo et le capitaine vengeur sur un texte de Jean-Pierre Hugot en 1987[2].

Au milieu des années 1990, il s'intéresse à la littérature jeunesse sur des textes de Jean-Luc Cornette et à l'illustration de classiques, Le Petit Poucet, Le Chat Botté, Pinocchio[2]... Il dessine également des narrations humoristiques[2]. Il se remet à la science-fiction à la fin des années 1990 en reprenant Le Transperceneige et il créé Le Tribut avec Benjamin Legrand[2]. En 2000, il crée Napoléon et Bonaparte, qui obtient l'année suivante l'Alph-Art humour au festival d'Angoulême[6]. En 2003, avec René Pétillon, il donne naissance à la série burlesque Louis et Dico[2] et, en 2005 avec Martin Veyron, à la parodie historique Cour Royale[7]. Il poursuit un travail de peintre et d'illustrateur sur le Candide de Voltaire en 2002 et sur L'Odyssée d'Homère en 2006. En 2009 paraît Himalaya Vaudou, chez Drugstore, avec Fred Bernard[8],[9].

Après avoir dessiné pour les journaux Le Sport et L'Équipe[3] entre 1987 et 1994[2] et rencontré un accueil mitigé pour ses albums de bande dessinée[10], il s'installe à Berlin, où il apprend l'allemand et s'adonne « à la peinture de paysages abstraits »[3]. En 2004, le réalisateur coréen Bong Joon-ho lit une version pirate du Transperceneige et, aussitôt séduit, souhaite le porter à l'écran : le film sort en 2013, sous le même titre[10]. Après sept années passées à Berlin de 2009 à 2016, où Rochette se consacre presque exclusivement à la peinture, plusieurs expositions en France et en Allemagne, il revient en France, pour exercer dans un atelier parisien et s'installer dans la vallée du Vénéon[3].

En 2015 avec Terminus, il relance Le Transperceneige en collaboration avec Olivier Bocquet. Il publie en 2018, toujours avec Olivier Bocquet, Ailefroide, altitude 3954, bande dessinée autobiographique exprimant sa passion de jeunesse pour l'alpinisme. L'ouvrage remporte le prix Ouest-France - Quai des bulles 2018[11]. Elle marque un tournant dans sa carrière, en raison de son important succès critique et public (60 000 exemplaires vendus en date de [10]) et parce que Rochette, qui souffrait de dyslexie dans sa jeunesse, n'osait pas écrire lui-même ses scénarios[10] ; en parallèle, l'artiste reprend l'alpinisme[3]. Après cette expérience « libératrice », en , coup sur coup, paraissent Le Loup ainsi qu'un prequel au Transperceneige : Extinctions, scénarisé par Matz[12]. En 2019, les éditions Daniel Maghen publient Vertiges, un livre d'illustrations et d'interviews avec la journaliste Rebecca Manzoni[13].

ŒuvresModifier

Bande dessinéeModifier

  1. Edmond le cochon, Les Éditions du Fromage, 1980 (ISBN 2-902503-39-3)
  2. Edmond le cochon va en Afrique, Les Éditions du Fromage 1981 (ISBN 2-902503-46-6)
  3. Le continent mystérieux, Albin Michel, 1983 (ISBN 2-226-04870-7)
  4. Le mystère continental, Albin Michel, 1993 (ISBN 2-226-06189-4)
  1. Le Transperceneige, scénario de Jacques Lob, 1984 (ISBN 2-203-33418-5)
  2. L'Arpenteur, scénario de Benjamin Legrand, 1999 (ISBN 2-203-33480-0)
  3. La Traversée, scénario de Benjamin Legrand, 2000 (ISBN 2-203-33489-4)
  4. Terminus, scénario d'Olivier Bocquet, 2015 (ISBN 978-2-203-08941-9)

ParticipationModifier

  • Nimbus présente le grand orchestre, Cumulus, 1980
  • Luc Leroi Contre les Forces du Mal, Futuropolis, 1982
  • Le livre des bides, scénario de Stephen Pile, éditions du Cygne, 1983
  • Il était une fois…, adaptation de Le Garçon qui criait au loup, 1995
  • Pierre Desproges en BD, Jungle !, 2005
  • Tooloose , Casterman, 2007
  • Cornélius ou l'art de la mouscaille et du pinaillage, Cornélius, 2007
  • L'épisode 204 de la série Les Autres Gens, paru dans le double tome 10/11, Dupuis, 2013

IllustrationModifier

  • Candide, illustration du roman de Voltaire, Albin Michel, 2002
  • L'Odyssée, illustration du livre d'Homère, Albin Michel, 2006
  • Anabase, en collaboration avec Bernard Amy, éditions Le Tripode, 2016
  • Rochette du Privilège de la Verticalité, avec Elisabeth Chambon, éditions Lienart, 2011

Adaptations de son œuvreModifier

DistinctionsModifier

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Quentin Girard, « Jean-Marc Rochette, le train d’une vie  » sur Libération, 14 octobre 2015
  2. a b c d e f g h i et j Gaumer 2010.
  3. a b c d e f g et h Frédéric Potet, « Jean-Marc Rochette, le dessin au sommet », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  4. Jacky Bornet, « "Le Transperceneige", film apocalyptique adapté d'une BD française », sur francetvinfo.fr, .
  5. D. Wesel, « Requiem blanc », sur BD Gest', .
  6. « La bande dessinée " L'Enquête corse ", de René Pétillon, meilleur album à Angoulême », Le Monde,‎ .
  7. Pierre Vavasseur, « Un Roi Soleil qui déménage », Aujourd'hui en France,‎ .
  8. Charles-Louis Detournay, « Himalaya Vaudou - Par Fred Bernard & Jean-Marc Rochette - Drugstore », sur Actua BD, .
  9. L. Cirade, « Himalaya Vaudou », sur BD Gest, .
  10. a b c et d Romain Brethes, « Jean-Marc Rochette, l'appel du loup », Le Point,‎ (lire en ligne).
  11. La rédaction, « La BD « Ailefroide » couronnée à Saint-Malo », Aujourd'hui en France,‎
  12. Frédéric Potet, « Jean-Marc Rochette, le dessin au sommet », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  13. Vincent Bernière, « Rochette au sommet de son art », Les Cahiers de la bande dessinée, no 10,‎ , p. 20.
  14. Jean-Marc Rochette (int.) et Sonia Déchamps, « Du loup, de l'homme et de la femme », Casemate, no 131,‎ , p. 92-95.
  15. Romain Brethes, « Prix Wolinski de la BD du « Point » 2019 - Le loup, de Jean-Marc Rochette », Le Point,‎ (lire en ligne).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Patrick Gaumer, « Jean-Marc Rochette », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, (ISBN 9782035843319), p. 729-730.
  • Jean-Marc Rochette (int. par Philippe Morin et Dominique Poncet), « Rochette : Rencontres », PLG, no 38,‎ , p. 48-58.
  • Jean-Marc Rochette (interviewé) et Philippe Peter, « Jean-Marc Rochette, réconcilier l'homme et la nature », dBD, no 133,‎ , p. 26-35.
  • Jean-Marc Rochette (interviewé), "A la fin, c’est le loup qui va gagner…", L'inactuelle, .

Liens externesModifier