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Jean-Jacques Champin

dessinateur, peintre à l'aquarelle et lithographe
Jean-Jacques Champin
Naissance
Décès
(à 63 ans)
Paris 1er
Nationalité
Activité
Maître
Mouvement

Jean-Jacques Champin, né le à Sceaux et mort le à Paris 1er, est un peintre, aquarelliste et lithographe français.

Sommaire

BiographieModifier

 
La Place de la Bastille et la barricade à l'entrée du faubourg Saint-Antoine, le 25 juin 1848, Paris, musée Carnavalet.

Jean-Jacques Champin naît en 1796 à Sceaux dans l'actuelle rue des Écoles, ses parents étant Pierre Champin et son épouse née Amélie Cauchoix. Pierre Champin, écuyer fourrier du logis du Roi, maire de Sceaux, fut également graveur et contribua à établir le plan des jardins de Sceaux-Penthièvre : en même temps qu'il doit son prénom à l'admiration parentale pour Jean-Jacques Rousseau, cet artiste doit son goût pour le paysage historique à cette vocation paternelle[1].

Du premier mariage de Jean-Jacques Champin avec Céleste Biolay naîtront trois enfants, Antoine, Amélie et Adolphe. La santé délicate de Céleste contraint le couple à vivre un temps en Bourgogne avant de s'installer à Paris en 1815. Champin s'y intéresse à un art encore nouveau, la lithographie (inventée en 1798) et produit ainsi en 1816 sa première lithographie, L'Église de Sceaux et l'entrée du parc de Trévise[1].

Élève de Félix Storelli et de Jacques Auguste Regnier, ce dernier demeuré fidèle à la pédagogie de son propre maître, Jean-Victor Bertin, par la pratique de la peinture d'histoire et du paysage d'après nature, Jean-Jacques Champin se consacre ainsi principalement aux paysages historiques. Il entreprend à cette fin des voyages, depuis la visite de la Grande Chartreuse en 1823, les Pyrénées en 1825, jusqu'à l'Italie en 1830[1] et, en liaison avec Regnier, produit les Vues pittoresques des principaux châteaux et des maisons de plaisance des environs de Paris et des départements (parmi lesquelles le pavillon de chasse de Charles X au bord de l'étang de la Tour, dans la forêt de Rambouillet[2]) en 1826, les Habitations des personnages les plus les célèbres de la France depuis 1790 jusqu'à nos jours de 1831 à 1835, La Seine et ses abords en 1836, Paris historique. Promenades dans les rues de Paris (trois tomes en 1838).

Durant cette péridode de collaboration avec son maître Regnier, Jean-Jacques Champin est introduit dans le cercle parisien du Salon littéraire que tient à la bibliothèque de l'Arsenal celui qui en est l'administrateur à partir de 1824, Charles Nodier, et où Champin va pouvoir rencontrer Pierre-Jean David d'Angers, Honoré de Balzac, Eugène Delacroix, Marceline Desbordes-Valmore, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Franz Liszt, Prosper Mérimée, Alfred de Musset, Gérard de Nerval, Joseph-Nicolas Robert-Fleury, Isidore Taylor ou Alfred de Vigny. C'est de la sorte que Charles Nodier est l'auteur de l'introduction à l'ouvrage ci-dessus cité Habitations des personnages les plus célèbres de la France depuis 1790 jusqu'à nos jours pour lequel il dessine, outre l'Arsenal, la maison de Victor Hugo rue Notre-Dame-des-Champs, celles d'Honoré de Balzac rue Cassini, du baron Gérard à Auteuil ou de Juliette Récamier à Aulnay[1].

En 1835, année du décès de son épouse Céleste, Jean-Jacques Champin installe son atelier au no 2 rue des Pyramides à Paris. En 1837, il épouse en secondes noces Élisa Honorine Petiet, aquarelliste et lithographe attachée aux thèmes des fleurs et des fruits[3], union dont naît une fille, Marie, en 1840. Le couple est amicalement et régulièrement reçu à Sceaux par Napoléon Mortier de Trévise et son épouse née Anne-Marie Leconte Stuart, héritière du domaine. Jean-Jacques Champin dessine Sceaux, Fontenay-aux-Roses, Bagneux, Le Plessis-Robinson, Verrières-le-Buisson, Meudon, la vallée de Chevreuse, le parc du Mesnil à Savigny-sur-Orge[4], Étampes, cette part de son œuvre faisant document sur le développement du chemin de fer qui est le mode de déplacement utilisé, tandis que son épouse peint des fleurs chez Vilmorin à Verrières-le-Buisson[1]. Il contribue ensuite par ses dessins au Magasin pittoresque, à La Mode, à L'Illustration (de 1835 à 1854) et à de nombreuses autres publications illustrées de son temps. Le Dictionnaire Bénézit[3], Gérald Schurr[5] et Micheline Henry[6] s'accordent à rappeler que, vers 1850-1852, Jean-Jacques Champin exécute des tableaux religieux qui, à l'instar de Jésus sur la montagne, L'Entrée du Christ à Jérusalem, Jésus aux oliviers, sont remarqués par la critique de leur temps[7], part de l'œuvre où la deuxième voit l'influence de l'orientalisme[1] et que le troisième qualifie d'« assez austère »[5].

Jean-Jacques Champin meurt en 1860. Ses traits nous restent fixés par un médaillon en bronze de 1850, œuvre de Pierre-Jean David d'Angers conservée à Paris au musée Carnavalet[8].

Contributions bibliophiliquesModifier

  • Jean-Jacques Champin (notice historique de Félix Crozet), Excursion à la Grande Chartreuse en montant par Saint-Laurent-du-Pont, visitant les bords du Guyer-Mort et descendant par le Sapey, recueil de trente-six planches de vues dessinées d'après nature, Prudhomme, 1838.
  • Album lyonnais - Vues pittoresques de Lyon et de ses environs dessinées et lithographiées par Jean-Jacques Champin, Jules Coignet, Adrien Dauzats, Desjardins, Édouard Hostein et Louis Villeneuve, Imprimerie Lemercier, Paris, 1839[9].
  • Jean-Jacques Champin, Album portatif de l'Italie, destiné à l'étude du paysage d'après nature, trente-deux lithographies (vues de Gênes, Rome, Florence, Naples, H. Gache, Paris, 1840.
  • Salvador Tuffet, Paris-Orléans ou parcours pittoresque du chemin de fer de Paris à Orléans - Paysages, sites, monuments, aspects de localités par Champin, cinquante lithographies par Jean-Jacques Champin, A. Collin et Cie, 1845[10].
  • Jean-Jacques Champin, Album portatif de la Suisse destiné à l'étude des paysages d'après nature, H. Gache, éditeur d'estampes à Paris, sans date (vers 1840-1850).
  • Boulevards de Paris, vues de Paris signées Jean-Jacques Champin et gravées par Andrew Best-Leloir, L'Illustration, 1846[11].
  • Jean-Jacques Champin, Album portatif dédié aux amateurs et particulièrement aux voyageurs en Suisse - Quarante dessins d'après nature, Paris, 1850.
  • Théophile Lavallée, Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850, quarante planches par Jean-Jacques Champin, Éditions J. Hetzel, 1850.
  • Francis de Laporte de Castelnau, Expédition dans les parties centrales de l'Amérique du Sud, de Rio de Janeiro à Lima et de Lima au Pará, exécutée par ordre du gouvernement français pendant les années 1843 à 1847, sous la direction de Francis de Castelnau, lithographies de Jean-Jacques Champin, P. Bertrand, libraire éditeur, 1850.
  • Alexandre Michal Ladichère, Uriage et ses environs - Guide pittoresque et descriptif, gravures de Jean-Jacques Champin d'après Alexandre Debelle, Édition Établissement thermal d'Uriage / Merle, libraire à Grenoble, 1859[12].

Expositions collectivesModifier

  • Palais du Luxembourg, 1818, 1830[1].
  • Salon de peinture et de sculpture, Paris, de 1819 à 1859 (médaille d'encouragement en 1822, médaille de deuxième classe en 1824, médaille de première classe en 1831)[1].
  • Salon de Cambrai, 1828[1].
  • Salon de Bordeaux, 1839[1].
  • Regard sur les Alpes. Lithographies anciennes, Maison Ravier, Morestel, avril-mai 1993.
  • Lyon pittoresque. Vues de Lyon à travers dessins, estampes, photographies, bibliothèque municipale de Lyon, mai-juillet 2007.
  • D'eau et de lumière. Mémoires d'aquarelles essonniennes, Conseil général de l'Essonne, 2009[13].
  • Le dessin français de paysage aux XVIIe et XVIIIe siècles, Musée d'Île-de-France, Sceaux, mai-août 2011[14].
  • Paysages à Sceaux, bibliothèque municipale de Sceaux, février 2016[15].
  • Paysages du romantisme à l'impressionnisme. Les environs de Paris, château du Domaine départemental de Sceaux, mars-juillet 2016[16].

Expositions personnellesModifier

  • Reflets du XXe siècle : Jean-Jacques Champin (1796-1860), bibliothèque municipale de Sceaux, mai-juin 1988.
  • Jean-Jacques Champin. Paysages de Chartreuse, mairie de Saint-Laurent-du-Pont, mars-avril 2012.

Réception critiqueModifier

  • « C'est à lui que nous devons les aquarelles les plus importantes qui aient jamais été faites. Il s'est placé depuis longtemps au nombre de nos plus habiles lithographes, et travaille ardemment à perfectionner cet art qui ne manque pas d'avenir. Jean-Jacques Chamin a publié deux ouvrages fort remarquables. Nous voulons parler de Paris Historique, dont le texte est sorti de la plume élégante et spirituelle de Charles Nodier, et surtout La Grande Chartreuse, série de vues admirablement exécutées et d'une exactitude parfaite. » - Jules Robert[17].
  • « Il tient de ses maîtres Félix Storelli et surtout Auguste Regnier, disciple de Bertin et fidèle au paysagisme historique, la rigueur dans l'écriture et le goût des monuments. Il procède par vues plongeantes, éclaire les grandes masses et les foules par des effets de lumière qui en hiérarchisent habilement le rôle et l'importance. Ses couleurs sont franches mais délicates, ses compositions toujours rythmées par de grandes verticales. » - Gérald Schurr[18].
  • « Jean-Jacques Champin est un artiste peintre spécialisé dans les vues d'architecture, particulièrement celles de la région parisienne qui ont fait sa notoriété. C'est à lui que The Illustrated London News commande pour le nouvel an 1848 un panorama de Paris, vu du haut des tours de Notre-Dame, dont la gravure gigantesque est un véritable chef d'œuvre de virtuosité… À cette vaste planche, répond l'illustration liminaire, par le même artiste, du Tableau de Paris à vol d'oiseau (1857), vue prise du clocher de Saint-Louis-en-l'Île. Ces deux gravures d'exception et de prestige témoignent de l'attrait que présente l'architecture urbaine des grandes capitales pour les grands journaux illustrés de l'époque, à la fois concurrents et complices, et soulignent le prestige de Paris au sein de cette famille de journaux qui fonctionne presque comme un groupe de presse. » - Ségolène Le Men[19].

Collections publiquesModifier

États-UnisModifier

FranceModifier

MalteModifier

  • La Valette, musée national des beaux-arts : Île de Malte, vue de la marina de La Valette, lithographie.

Pays-BasModifier

SuisseModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i et j Micheline Henry, Jean-Jacques Champin, numéro spécial du Bulletin des amis de Sceaux, 1988.
  2. Michel Péricard, Les peintres et les Yvelines, Éditions Sogemo, 1988.
  3. a et b Dictionnaire Bénézit, tome 3, Gründ, 1999, p. 463.
  4. a et b Musée du Domaine départemental de Sceaux, Jean-Jacques Champin dans les collections.
  5. a et b Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'amateur, 1996, p.166.
  6. Micheline Henry, « Jean-Jacques Champin », numéro spécial du Bulletin des amis de Sceaux, 1988.
  7. Alphonse Royer, « Jean-Jacques Champin », Le Siècle, 28 avril 1852.
  8. Musée Carnavalet, Pierre-Jean David d'Angers dans les collections.
  9. Album lyonnais, présentation de l'ouvrage
  10. Christophe Marcia, Paris-Orléans par Champin, présentation de l'ouvrage
  11. Hinck & Wall Rere Books, Boulevards de Paris, présentation de l'ouvrage
  12. Bibliothèque dauphinoise, Uriage et ses environs - Guide pittoresque et descriptif, présentation de l'ouvrage
  13. Conseil général de l'Essonne, D'eau et de lumière - Mémoires d'aquarelles essonniennes, livret d'exposition, 2009 (Jean-Jacques Champin page 11)
  14. Le dessin français de paysage aux XVIIe et XVIIIe siècles, présentation de l'exposition, 2011
  15. Bibliothèque municipale de Sceaux, Paysages à Sceaux, livret de l'exposition, 2016
  16. Domaine départemental de Sceaux, Paysages du romantisme à l'impressionnisme - Les environs de Paris, dossier de presse de l'exposition, 2016
  17. Jules Robert, Album du Salon de 1840, Paris,, Challamel éd., 1840.
  18. a et b Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, Les Éditions de l'Amateur, tome 6, 1985, pp. 16-17.
  19. Ségolène Le Men, « La ville vive. Représentations architecturales dans « L'Illustration », in Les périodiques d'architecture, XVIIIe – XXe siècle, École des chartes, 2001, pp. 39-65.
  20. Agnes Mongan, David to Corot - French drawings in the Fogg Art Museum, Harvard University Press, 1996, pages 24-25.
  21. Archives municipales de Fontenay-sous-Bois, Jean-Jacques Champin dans les collections.
  22. Musée dauphinois, Jean-Jacques Champin dans les collections
  23. Estampe reproduite dans le livre Le Domaine national de Meudon, cinq siècles d'histoire, Éditions du Musée d'art et d'histoire de Meudon.
  24. Bibliothèque du Chevalier Victor de Cessole, Jean-Jacques Champin dans les collections.
  25. Musée Carnavalet, Proclamation de la deuxième République, place de la Concorde par Jean-Jacques Champin.
  26. Musée Carnavalet, Plantation d'un arbre de la liberté sur la place de l'hôtel de ville de Paris par Jean-Jacques Champin.
  27. Musée Carnavalet, Proclamation de la République devant le Palais Bourbon par Jean-Jacques Champin.
  28. Musée Carnavalet, La Fête de la Concorde, le 21 mai 1848 par Jean-Jacques Champin.
  29. Jean-Jacques Champin, La Place de la Bastille et la barricade à l'entrée du faubourg Saint-Antoine, le tableau resitué dans l'histoire.
  30. Musée Carnavalet, Les Funérailles des victimes de juin 1848 par Jean-Jacques Champin.
  31. Musée Carnavalet, Illunination de Notre-Dame pour célébrer l'élection du Prince Louis-Napoléon Bonaparte par Jean-Jacques Champin.
  32. Musée du Louvre, Jardin d'hiver aux Champs-Élysées de Jean-Jacques Champin, dans les collections.
  33. Musée du Louvre, Vue de la grande cascade du parc du château de Vaux-le-Vicomte de Jean-Jacques Champin, dans les collections.
  34. Musée du Louvre, Une Briqueterie au milieu d'un terrain vallonné près de Verrières de Jean-Jacques Champin, dans les collections.
  35. Les Amis du parc de Chartreuse, Jean-Jacques Champin, collection ville de Saint-Laurent-du-Pont
  36. Musée d'art et d'archéologie de Senlis, Jean-Jacques Champin dans les collections.
  37. Bibliothèque de Genève, Jean-Jacques Champin dans les acquisitions.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Jules Robert (préface du baron Isidore Taylor), Album du Salon de 1840. Collection des principaux ouvrages exposés au Louvre reproduits par les peintres eux-mêmes, Paris, Challamel éd., 1840.
  • (en) Mychael Bryan, Dictionary of painters and engravers biographical and critical, Londres, Robert Edmund Graves / George Bell & Sons, 1886.
  • Pierre Hainglaise et François Boucher, Jean-Jacques Champin, dessinateur, peintre, lithographe (1796-1860), Imprimerie de la Haute-Loire, 1937.
  • Pierre Hainglaise et François Boucher, « Jean-Jacques Champin », Bulletin des amis de Sceaux, 1937, pp. 31-82.
  • (de) Ulrich Thieme et Felix Becker, Allgemeines Lexikon des Bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, Leipzig, Éditions E.A. Seemann, 1950.
  • Gérald Schurr, Les peits maîtres de la peinture, valeur de demain, Les Éditions de l'Amateur, tome 1 en 1975, tome 6 en 1985.
  • Micheline Henry, « Jean-Jacques Champin », Bulletin des amis de Sceaux, numéro spécial, 1988.
  • Collectif, Reflets du XXe siècle : Jean-Jacques Champin (1796-1860), Éditions de la ville de Sceaux, 1988.
  • Michel Péricard, Les peintres et les Yvelines, Éditions Sogemo, 1988.
  • (en) Gary Tinterow et Henri Loyrette, Origins of Impressionnism, Metropolitan Museum of Art, 1994.
  • (en) Agnes Mongan, David to Corot. French drawings in the Fogg Art Museum, Harvard University Press, 1996.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Michel Leniaud et Béatrice Bouvier (dir.), Les périodiques d'architecture, XVIIIe – XXe siècle, École des chartes, Paris, 2001.
  • Textes réunis par Alain Guyot et Chantal Massol, Voyager en France au temps du romantisme. Poétique, esthétique, idéologie, Grenoble, Ellug, Université Stendhal, 2003.
  • Thierry Cazaux, Paris romantique, la capitale des enfants du siècle, Éditions Parigramme, 2012 (présentation en ligne).
  • Véronique Decomble et Oriol Solé, Villeneuve-les-Avignon, source d'inspiration artistique, Éditions Alain Barthélémy, 2016 (présentation en ligne).

Liens externesModifier