Jean-Henri de Moravie

Jean-Henri de Luxembourg (en tchèque : Jan Jindřich Lucemburský), né à Mělník le , mort le , est comte de Tyrol du droit de son épouse de 1335 à 1341 et margrave de Moravie de 1346 à 1375.

Jean-Henri de Moravie
JanJindra.jpg
Titres de noblesse
Comte de Tyrol
-
Prédécesseur
Successeur
Margrave de Moravie
-
Prédécesseur
Successeur
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 53 ans)
BrünnVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Chiesa di San Tommaso (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoints
Margarete Maultasch
Margaret d'Autriche (d)
Marguerite d'Opava (en)
Elizabeth of Oettingen (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Jobst de Moravie
Catherine of Luxembourg (d)
Jean de Mähren (d)
Procope de Moravie
Elizabeth of Moravia (en)
Jean Sobeslav
Anna Moravská (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Armoiries Jean-Henri de Luxembourg.svg
blason

BiographieModifier

 
Les dominions des Habsbourg, Luxembourg et Wittelsbach dans le Saint-Empire au XIVe siècle

Jean-Henri est le fils cadet du roi Jean Ier de Bohême, comte de Luxembourg, de son premier mariage avec Élisabeth de Bohême, la petite-fille du roi Ottokar II et dernière héritière des Přemyslides. Le futur empereur Charles IV était son frère aîné. Peu après, les relations familiales étaient déjà brisées et Èlisabeth, accompagnée de son plus jeune enfant, a pris la fuite pour se rendre à Cham en Bavière, où sa fille aînée Marguerite été mariée avec le duc Henri XIV.

TirolModifier

Dans ce temps-là, le roi Louis IV du Saint-Empire, avec le soutien de Jean de Bohême, a lutté pour le pouvoir contre l'antiroi Frédéric le Bel de la maison de Habsbourg. Louis IV a remporté la bataille de Mühldorf le et réussit à s'assurer une position ferme. Cependant, Jean a ouvert des négociations avec son ancien rival Henri de Goritz, duc de Carinthie, comte de Tyrol et aussi roi de Bohême jusqu'à sa destitution en 1310, pour organiser les fiançailles de son fils Jean-Henri et la fille et héritière d'Henri, Marguerite de Carinthie. La cérémonie a eu lieu en 1327; le couple se marie le à Innsbruck.

La maison de Luxembourg en attend une augmentation de son pouvoir et ses capacités, surtout le libre accès aux cols alpins stratégiques du Tyrol et de la Carinthie. Néanmoins, les Luxembourg n'avaient aucun droit sur le royaume d'Italie au sud. Préoccupés par les tentatives de Jean de Bohême, les anciens adversaires Louis IV et Frédéric le Bel se rapprochaient et ont convenu secrètement de partager les domaines d'Henri de Goritz après son décès.

Henri meurt le . L'empereur Louis IV a reconnu que sa fille Marguerite ètait héritière; toutefois, il donna le duché de Carinthie et la marche de Carniole ainsi que le sud du Tyrol avec les bailliages de Trente et de Bressanone aux ducs habsbourgeois, Albert II et Othon d'Autriche. Immédiatement, Jean de Bohême a terminé son conflit au titre de roi avec Casimir III de Pologne et envahit le duché d'Autriche. Après un armistice en octobre 1336, il renonçait finalement aux pays de la Carinthie et la Carniole; en contrepartie, Marguerite et Jean-Henri pouvaient prendre la succession en Tyrol.

 
Le château de Tirol

Le mariage de Jean-Henri et Marguerite, de quatre ans son aînée, fut profondément malheureux. De plus, les Luxembourgs ont envoyé Charles IV comme un régent de Tyrol, accompagné de nombreux fonctionnaires, au grand regret des seigneurs. En mai 1340, au même moment que Jean-Henri et son frère Charles sont partis pour la cour de Pologne à Cracovie, les aristocrates tyroliens ont créé une alliance contre les Luxembourgs qui bénéficiaient des aides de la comtesse Marguerite et de l'empereur Louis IV[réf. nécessaire]. Lorsqu'il revint le , Jean-Henri a trouvé la porte de sa résidence au château de Tirol fermée. Il devait se retirer, humilié, au patriarche d’Aquilée.

Marguerite chercha à romprer le mariage. L'empereur Louis a mandaté les érudits Marsile de Padoue et Guillaume d'Ockham afin de déclarer le pacte conjugal nul et non avenu lors qui'il n'était pas consommé. Ensuite, Louis IV a ordonné le divorce et Marguerite s'est mariée avec son fils Louis V le .

MoravieModifier

Les Luxembourg n'étaient pas disposés à accepter la perte de Tyrol et l'humiliation publique de Jean-Henri. Ils ont notamment partagé la position du pape Clément VI dans son conflit avec l'empereur. En 1346, Charles IV, le frère de Jean-Henri, est élu roi des Romains avec l’appui du pape. Au mois d'août de l'année, son père, le roi Jean de Bohême, mourut à la bataille de Crécy. Peu avant sa mort, il a établi un testament et désigné Jean-Henri comme margrave de Moravie.

Seulement après le divorce en droit canonique, en 1349, Jean-Henri a pu épouser Marguerite de Troppau, une fille du duc Nicolas II d'Opava, avec qui il aura six enfants. Le , Charles IV lui assigna le fief de Moravie comme un pays de la couronne de Bohême. Le margraviat a connu une période splendide sous son gouvernement. Juste avant son décès en 1375, il fonde la chartreuse de Königsfeld près de Brno.

Mariage et descendanceModifier

 
Jean-Henri de Luxembourg, miniature dans le Codex Gelnhausen (1405)

Il épouse en premières noces en septembre 1330 Marguerite de Goritz, comtesse de Tyrol (1318 † 1369), fille d'Henri de Goritz, roi de Bohême, duc de Carinthie et comte de Tyrol, et d'Anne de Bohême. Les époux se séparent en juillet 1349.

Il se remarie en février 1350 avec Marguerite de Troppau (1330 † 1363), fille de Nicolas II d'Opava et d'Anne de Ratibor. Ils ont :

Veuf, il se remarie en troisièmes noces en avec Marguerite d'Autriche (1346 † 1366), fille d'Albert II de Habsbourg, archiduc d'Autriche, et de Jeanne de Ferrette.

À nouveau veuf, il épouse vers 1366 Élisabeth d'Öttingen († 1409).

AscendanceModifier

Liens externesModifier