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Jean-Henri Dombrowski

général polonais ayant combattu avec Napoléon
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dąbrowski.

Officier général francais 3 etoiles.svg Jan Henryk Dąbrowski
Jean-Henri Dombrowski

Naissance
Pierzchowice
Décès (à 62 ans)
Winna Góra
Origine Drapeau de la Pologne Pologne
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 1788-1816
Conflits guerres napoléoniennes
Hommages Cité dans l'hymne national polonais qui porte son nom Mazurek Dąbrowskiego

Jan Henryk Dąbrowski né le à Pierzchowice et mort le à Winna Góra, est un général-major dans le mouvement insurrectionnel de Kościuszko (1794), il passa en France, où il organisa une légion polonaise. Il participa aux campagnes d'Italie (1797-1801) et défendit le grand-duché de Varsovie. Il se distingua lors du passage de la Berezina et à Leipzig (1813).

BiographieModifier

 
Blason des Dombrowski.

Ses débuts (1788-1795)Modifier

Issu d'une ancienne famille noble polonaise, Dąbrowski fait ses premières armes de 1788 à 1791 dans l'armée saxonne. Il prend part à la confédération de Targowica après la promulgation de la Constitution polonaise du 3 mai 1791.

Pendant insurrection de Tadeusz Kościuszko à la Racławice, il bat les Prussiens à Gniezno et Bydgoszcz et il s'illustre à la défense de Varsovie ce qui lui valut le grade de général. Après avoir tenu tête aux armées prussiennes et russes, il est fait prisonnier.

Après l'échec de l'insurrection et le troisième partage de la Pologne (1795), tout comme plusieurs milliers d'officiers et patriotes compromis, il se réfugie en France. Il songe à recréer les unités polonaises au sein de l'armée française. Les victoires de Bonaparte en Italie en fournissent l'occasion.

Les Légions polonaises (1795-1814)Modifier

Dąbrowski en fait la proposition au Directoire et est envoyé par celui-ci à Milan. Bonaparte accueille favorablement l'idée d'une légion polonaise qui viendrait renforcer les unités lombardes. Le 9 janvier 1797, Dąbrowski et le gouvernement de la République cisalpine signèrent un accord, ratifié par Bonaparte en tant que général en chef. L'uniforme des légionnaires doit rappeler celui de l'armée polonaise avec des épaulettes italiennes et la cocarde française. Dąbrowski lance un appel à ses concitoyens et, au bout d'un an, l'armée polonaise reconstituée comptait déjà dix mille hommes. Les légions polonaises prennent part aux opérations d'Italie. Dąbrowski se distingue particulièrement lors de la bataille de Novi et est nommé général de division le 7 janvier 1797. La première légion, commandée par Dąbrowski s'illustre en 1798, lors de la campagne de Naples. Elle entre à Rome le 3 mai 1798 et à Naples en 1799. En 1799, elles subissent de lourdes pertes : une légion fut livrée aux Autrichiens après la capitulation de Mantoue, une autre fut décimée lors de la bataille de La Trébie le 19 juin 1799. Dąbrowski soutient avec un admirable sang-froid le feu de l'artillerie ennemie. Débordée par les forces russes supérieures en nombre, puis enveloppée, la légion polonaise se forme en carré, se défend longtemps avec le courage du désespoir et est presque détruite. Dąbrowski est atteint d'une balle dans la poitrine et ne doit son salut qu'à l'exemplaire de l’Histoire de la guerre de Trente Ans, par Friedrich von Schiller, qu'il portait sous son habit et qui arrête une balle.

La légion polonaise se renforce avec les hommes tirés des dépôts ; Barthélemy Catherine Joubert y réunit la 17e légère et la 55e de ligne. Avec cette division, Dąbrowski donne, sous les ordres de Gouvion-Saint-Cyr et de Masséna, de nouvelles preuves de dévouement et de capacité.

 
Dombrowski à la tête des légions polonaises, peinture de Juliusz Kossak.

Après la bataille de Marengo, Napoléon Bonaparte ordonne la formation de deux nouvelles légions polonaises que Dąbrowski est chargé d'organiser à Milan. Il participe au blocus de Venise en 1805, puis est affecté à l'armée de Naples. À la paix d'Amiens, il passe au service de la République cisalpine en qualité de général de division et contribue à hâter l'organisation militaire de ce pays.

En 1806, Napoléon annonçant le projet de rétablir la Pologne, Dąbrowski reparaît, après quinze ans, dans ces mêmes voïvodies où il avait cueilli ses premiers lauriers. En moins de deux mois 30 000 hommes sont levés et équipés par ses soins ; deux divisions sont réunies sous ses ordres et font partie du corps du maréchal Mortier. Renforcé ensuite par un corps de troupes badoises, Dąbrowski est employé au siège de Gdansk jusqu'à sa reddition. Lors de la campagne de 1806, il commande la division polonaise qui combat à la bataille de Friedland, puis est intégrée à l'armée du duché de Varsovie commandée par Józef Poniatowski. Après la paix de Tylża (Tilsitt), Dąbrowski reste en Pologne à la tête d'un corps d'armée nationale et établit son quartier général à Poznań.

À la reprise des hostilités en 1809, l'armée autrichienne, devenue quatre fois plus forte, force le prince Poniatowski à évacuer Varsovie. Dąbrowski organise des corps volants sur les arrières de l'ennemi et lui fait beaucoup de mal. Nommé commandant de la 3e division du grand-duché de Varsovie en 1809, il repousse les Russes qui envahissent alors la Pologne.

Lors de la campagne de Russie en 1812, il commande une des trois divisions du 5e corps polonais et reste dans la Russie blanche. Il occupe Moguilev sur le Dniepr et se montre de tous côtés, poussant ses partisans dans toutes les directions avec une admirable activité. Quand l'armée française évacue Moscou, il est chargé de maintenir les communications entre Minsk et Vilna. Avec les débris du corps de Poniatowski, il contribue avec succès à couvrir les ponts de la Bérézina le 26 novembre. Il se distingue en défendant, face à des Russes très supérieurs en nombre, la ville de Borissov au moment du passage de la Bérézina. Il y est grièvement blessé mais combat cependant à la bataille de Mockern et à celle de Leipzig, où il succède, à la tête du VIIIe corps, au maréchal Józef Poniatowski, noyé dans l'Elster Blanche. Il ne rentre à Varsovie que vers la fin de décembre 1812.

Il ramène les débris de l'armée polonaise en deçà du Rhin et est nommé commandant du dépôt de l’armée polonaise formé à Sedan en 1813. Il forme une nouvelle légion polonaise sur les bords du Rhin et avec elle reparait en automne, dans le 7e corps. Cette division se couvre de gloire dans toutes les rencontres et surtout à Leipzig.

 
Le nom Dąbrowski est inscrit sur la 24e colonne, celle de gauche au milieu, de l'arc de triomphe de l'Étoile.

Le retour en Pologne (1814-1818)Modifier

Après l'abdication de Napoléon en 1814, Dąbrowski retourne en Pologne. Il fait partie du comité des généraux à qui le tsar confie le soin de réorganiser l'armée polonaise et en 1815 est élevé au grade de colonel général de cavalerie, nommé sénateur palatin et décoré de la première classe de l’ordre de Saint-Vladimir et de l'ordre de Sainte-Anne.

Il se retire en 1816 et passe ses dernières années à rédiger son Histoire de la légion polonaise en Italie, publiée par Chodźko à Paris en 1829. Il meurt le 6 juillet 1818 à Winna Góra, dans ses terres du grand-duché de Poznan passé en 1815 sous le joug de la Prusse.

Dąbrowski dans la mémoire des PolonaisModifier

L'esprit qui animait les légions trouva son expression dans les paroles du chant composé en 1797 par Józef Wybicki : « La Pologne n'est pas encore morte puisque nous vivons [...]. Bonaparte nous a donné l'exemple comment il faut vaincre [...]. Marche, marche, Dąbrowski, de la terre italienne jusqu'en Pologne. » Ce chant devint avec le temps l'hymne national polonais (Mazurek Dąbrowskiego). C'est le seul hymne national au monde à rendre hommage à Napoléon Bonaparte.

Un tertre commémoratif a été édifié dans son village de naissance en 1997.

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Articles connexesModifier

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Liens externesModifier