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Jean-François Nicot

auteur et directeur d'école normale
Jean-François Nicot
Description de cette image, également commentée ci-après
Jean-François Nicot à la fin de sa vie
Naissance
Chagny (France)
Décès (à 74 ans)
Asnières-sur-Seine (France)
Nationalité Drapeau : France française
Domaines Education, Pédagogie, Rédaction d'articles pédagogiques et terminologiques
Institutions Ecole normale de Mâcon
Diplôme Certificat d'aptitude aux fonctions d'inspecteur de l'enseignement primaire

Jean-François Nicot est un pédagogue et auteur français, né le à Chagny en Saône-et-Loire et mort le à Asnières-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine (ancienne Seine).

Il a été directeur d'école normale primaire.

BiographieModifier

L'enfant et l'écolierModifier

Jean-François Nicot[1] est le fils de François (1793-1872), serrurier, et de Pierrette Brunot (1801-1865), sans profession.

Troisième d'une fratrie de sept enfants, il descend d'une longue lignée de laboureurs, de vignerons et d'artisans bourguignons issue des villages de la côte de Beaune.

Il entre à l'école de Chagny en 1833 et y suit ses études élémentaires jusqu'en 1844.

À cette époque, l'instruction étant payante, l'instituteur, en plus de recevoir un traitement annuel de 500 francs, et une prime de logement de 150 francs, est rémunéré par les familles, entre un franc cinquante et six francs par mois et par élève en fonction du niveau et du contenu des études.

Le normalienModifier

« Son oncle, le colonel Brunot de l'infanterie de marine (plus tard général), voulait faire de lui un soldat, mais le jeune Nicot préféra la carrière de l'enseignement. »[2]

Il est admis à 16 ans à l'école normale de Mâcon (département de Saône-et-Loire) et obtient une bourse en contrepartie d'un engagement de servir dix ans dans l'instruction publique. La seule charge de sa famille est son habillement: son uniforme d'étudiant, son trousseau ainsi que « les livres et objets à son usage ».

Il obtient son brevet élémentaire à la fin de l'année scolaire 1845 et son brevet supérieur en septembre 1846 en étant major de sa promotion.

Le 1er octobre 1846, il est nommé maître-adjoint et surveillant des études pour quatre ans dans l'école primaire supérieure annexée à l'école normale. Son traitement annuel s'élève à 300 francs auxquels pourra s'ajouter « une gratification de 100 francs en fin d'année scolaire si l'on est satisfait de ses services ».

En 1848, lors du tirage au sort pour satisfaire aux obligations militaires, il doit signer un nouvel engagement décennal dans l'instruction publique afin d'être dispensé du service[3].

L'instituteurModifier

En juin 1850, il revient à Chagny où il est nommé « en qualité d'instituteur pour y tenir l'école élémentaire ». L'établissement compte à cette époque 140 élèves environ, dont une quarantaine d'enfants de familles indigentes, avec un sous-maître pour seconder Jean-François. Celui-ci perçoit un traitement annuel de 600 francs auquel s'ajoute la rétribution mensuelle des familles.

Il en profite pour expérimenter « la dictée préparée »[4].

Faisant suite au coup d'État du 2 décembre 1851 qui permet à Napoléon III, plébiscité, de devenir empereur des Français, Jean-François, comme de nombreux autres fonctionnaires, prête le serment de fidélité exigé par le nouveau pouvoir.

Le 12 avril 1853 à Chassagne-Montrachet, il épouse Judith-Françoise Ropiteau[5], née le 26 août 1835 à Savigny-lès-Beaune, fille de Jacques Ropiteau, originaire de Pommard, maître-tonnelier à Savigny-lès-Beaune et d'Anne-Judith Simonnot, sans profession.

À la rentrée scolaire 1853, Jean-François s'installe, avec sa jeune épouse, dans les nouveaux locaux de l'école élémentaire que la commune a fini d'aménager.

Sa première fille Louise nait le 11 juin 1856 à Chagny. Elle épousera le 10 février 1878 à Guéret (Creuse) Pierre Germain Clairin Estienne, qui sera plus tard directeur d’école normale.

La même année, il obtient la médaille de bronze[6].

Remplissant désormais les conditions (âge, ancienneté, diplôme), il décide de se présenter aux épreuves de l'examen d'inspecteur. Il obtient le certificat d'aptitude aux fonctions d'inspecteur de l'enseignement primaire le 5 octobre 1857. Dès le 29 décembre, il adresse une demande de poste d'inspecteur à « Son Excellence Monsieur le Ministre de l'Instruction Publique et des Cultes » mais il lui faudra patienter jusqu'au mois d'avril 1862 pour obtenir sa mutation. Pour y parvenir, il sollicite les interventions des députés Guillaume Félix Alphonse Marey-Monge et Henri Charles Roulleaux Dugage, ce dernier écrivant au ministre que Monsieur Nicot est « un sujet distingué et recommandable à tous égards ». Le préfet, faisant suite à une tournée de révision dans le canton où se situe l'école, adresse un courrier au ministre[7]. L'oncle de celui-ci, le général de brigade Jacques Brunot intervient aussi auprès du ministre. Le recteur, pour sa part, écrit que « Monsieur Nicot serait une acquisition excellente pour cette partie du service (...) Il a de la dignité, du dehors, de la conduite; son éducation est supérieure à celle de ses confrères en général[8]. » Enfin, faisant suite aux interventions des 10 mai et 18 septembre 1861 du sénateur le baron Alceste de Chapuys-Montlaville, décrivant « un jeune homme actif et qui peut rendre de bons services », un arrêté signé par Gustave Rouland, ministre de l'instruction publique et des cultes, le 9 avril 1862, nomme Jean-François Nicot inspecteur de l'instruction primaire de 3e classe pour l'arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne.

L'inspecteur PrimaireModifier

Saint-Jean-de-MaurienneModifier

De mai 1862 à avril 1867, il est inspecteur à Saint-Jean-de-Maurienne (3000 habitants en 1866) en Savoie département récemment rattaché à la France. Son traitement annuel passe à 1600 francs auxquels s'ajoutent les 1000 francs annuels de remboursement de frais de tournées exigées par son statut d'inspecteur. Il est étonné par le nombre d'écoles existantes et le niveau d'alphabétisation[9]. Dès la 1ère année, il parvient à visiter 230 écoles.

 
Vallée de la Maurienne depuis l'Armélaz (cliché de Floflo)

En mai 1863, il est envoyé en mission extraordinaire avec le sous-préfet et le médecin de la commission d'hygiène à Aiton. En effet, plus de 100 enfants, sur les 150 que compte l'école, ainsi que l'instituteur et l'institutrice, ont subi une assez forte indisposition. Après enquête, le malaise est attribué à l'influence des noyers situés près de la fenêtre des classes. Et le rapport de conclure: « On s'occupe des moyens de faire disparaitre cette indisposition générale ».

À partir de 1864, il institue chaque jeudi des conférences cantonales destinées au perfectionnement du savoir-faire professionnel des instituteurs. Aux cours de celles-ci sont abordés les sujets qui lui semblent les plus urgents: « les méthodes les plus pratiques », « la distribution du temps et du travail ».

En juillet 1864, Jean-François sollicite sa hiérarchie pour une demande de mutation dans le département de la Côte-d'Or. Le dernier rapport le concernant précise que celui-ci est « capable, exact, consciencieux, il ne néglige rien pour se mettre et se tenir au courant de la situation des instituteurs et des écoles placées sous sa direction et pour leur imprimer une bonne impulsion (...) Homme de jugement, prudent et connaissant bien le service. Son influence sur les autorités locales est bien établie. Il a réussi dans un arrondissement des plus difficiles, et réussira partout ».

Dans le cadre de sa mission, celui-ci n'a eu à sévir que rarement: Il obtient le renvoi d'un instituteur pour brutalité et grossièreté; celui d'un autre pour avoir quitté son poste en compagnie d'une femme mariée; enfin, il sanctionne un instituteur qui s'était permis de visiter une école en se présentant comme « Inspecteur délégué ».

Il obtient le titre d'Officier d'Académie le 28 décembre 1865.

Sa seconde fille, Marguerite, nait le 6 décembre 1866 à Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie.

BesançonModifier

Le 22 mars 1867, il obtient du ministre Victor Duruy sa mutation à Besançon (47 000 habitants en 1866) dans le département du Doubs où il est officiellement nommé début avril. Il y restera 3 ans. Faisant droit à sa demande, le ministère lui octroie une indemnité de 204 francs venant en déduction de ses frais de déménagement. Son traitement annuel a été porté à 1800 francs auxquels s'ajoutent une prime de 1067 francs pour frais de tournées et de 100 francs de frais de bureau.

Il a sous sa responsabilité un nombre beaucoup plus important d'établissements répartis sur plus de 200 communes. En outre, il lui incombe d'assurer le secrétariat du Conseil départemental de l'instruction publique.

Dès le 22 décembre 1867, Jean-François Nicot adresse à sa hiérarchie une demande de direction d'école normale et sollicite le poste de celle de Chaumont dans la Haute-Marne mais qui ne connaitra pas de suite. Celle-ci est toutefois appuyée par son recteur qui le considère « comme le premier des onze inspecteurs du ressort » et écrit « avoir la conviction qu'il conviendrait à des fonctions de directeur d'école normale ». Celui-ci note également que son instruction est « un peu plus développée que ne le ferait supposer le brevet de capacité du degré supérieur dont il est pourvu ». Également « il possède à un degré assez marqué les qualités principales qui dénotent l'aptitude à l'administration ».

 
Besançon et sa citadelle (cliché d'Arnaud 25)

Le 1er janvier 1868, faisant suite à sa demande du 27 novembre précédent, soutenue par le député Guillaume Félix Alphonse Marey-Monge, le préfet du Doubs et Léonel de Moustier, ministre des affaires étrangères et ancien député du Doubs, celui-ci est promu inspecteur de 2e classe avec un traitement annuel de 2300 francs, l'allocation départementale étant maintenue à 100 francs, les frais de tournées portés à 1400 francs.

À la fin du mois de novembre 1868, celui-ci dépose sa candidature au poste de directeur de l'école normale de Dijon (Côte-d'Or) déclaré vacant. L'inspecteur d'académie appuie sa demande en écrivant « Monsieur Nicot, par son intelligence, son expérience et son amour du devoir, possède toues les garanties de succès désirables et il réussira dans la direction d'une école normale. » L'Inspecteur général, dans un rapport, place « Monsieur Nicot au 1er rang parmi les inspecteurs de l'Académie. »

Le 4 avril 1870, par arrêté signé du ministre Alexis Segris, Jean-François est nommé directeur de 3e classe de l'école normale de Draguignan dans le Var. Celui-ci demande à ne pas être affecté à ce poste, mais le ministre répond par la négative en ajoutant qu'il est toutefois disposé à lui accorder des frais de déplacement (439,80 francs pour une dépense réelle de 700 francs environ) et qu'il prend note de son souhait d'obtenir une direction d'école normale « dans le ressort des Académies de Besançon, Dijon ou Lyon ».

Le 23 avril, Jean-François Nicot s'installe avec sa femme et ses deux filles à Draguignan (9800 habitants en 1866).

Le directeur d'école normaleModifier

DraguignanModifier

Il prend officiellement ses fonctions le 25 avril 1870. L'école est placée sous le contrôle d'une commission de surveillance composée du maire, de l'archiprêtre-curé, de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et du commandant du génie. Cette commission a le pouvoir de rédiger le règlement intérieur, de dresser le budget, de fixer les quantités de produits à acquérir et de décider si les approvisionnements se font par adjudication ou non. Elle répartit également les bourses entre les candidats reçus. A cette époque, le total de l'effectif des trois promotions réunies s'élève à 28 élèves qui ont entre 17 et 22 ans.

Outre ses missions de direction (surveillance générale de l'établissement, contrôle de l'enseignement des professeurs, tenue du registre des notes des élèves, de l'économat, de la comptabilité, de l'inventaire des matériels, établissement de la liste des livres à confier aux élèves, et rédaction des différents rapports qu'il doit adresser à la hiérarchie et au président de la commission), Nicot est chargé de cours de langue française, de lecture, de récitation et de pédagogie pour les 2e et 3e années à raison d'une dizaine d'heures par semaine. En tant que directeur, il dispose d'un logement de fonction.

Quelques mois plus tard, c'est la guerre de 1870 qui voit, en septembre, la chute du second empire et la proclamation de la Troisième République: l'école normale sert pendant plusieurs mois de casernement à une compagnie de soldats constituée à Draguignan. Les études se poursuivent pour les élèves mais avec quelques perturbations.

Faisant suite aux examens du brevet pour les élèves de 3ème année, le procès-verbal des délibérations du conseil départemental de l'instruction publique du 14 août 1871 note: « Ce sont là des résultats satisfaisants qui témoignent d'une direction ferme, intelligente et habile, et qui prouve de la part des élèves un travail sérieux et persévérant ».

À la suite d'un conflit avec Nicot, deux de ses maîtres-adjoints sont déplacés par l'inspecteur d'académie vers un autre établissement.

À la rentrée 1871, il fait la connaissance de Pierre Estienne admis à 16 ans comme élève-maître dans son établissement et qui sera nommé plus tard maître-adjoint à l'école normale de Guéret.

À la rentrée de 1872, seulement onze candidats se présentent pour sept places de 1ère année. Selon un rapport de Jean-François Nicot de cette époque: « la carrière dans l'enseignement primaire est peu recherchée, les jeunes gens qui possèdent les connaissances exigées par le programme d'admission à l'École trouvent sans peine à se placer dans le commerce et l'industrie, et ils se créent ainsi des positions souvent plus lucratives, toujours plus indépendantes ».

Toujours directeur de 3e classe, le traitement annuel de Nicot est, vers cette époque, de 2700 francs. En octobre 1874, il est porté à 3000 francs.

Afin de favoriser l'intérêt des élèves-maîtres pour la lecture des cartes de géographie, celui-ci leur fait réaliser des cartes en relief de la région qui seront présentées à l'exposition internationale de géographie de 1875. Cette innovation lui vaudra une mention honorable.

Le 30 avril 1876, il est notifié par arrêté du ministre de l'instruction publique et des beaux-arts William Henry Waddington, de sa nouvelle affectation à l'école normale de Guéret dans la Creuse. Etonné par cette mutation, il demande sans succès à être maintenu, pour des raisons financières, dans ces anciennes fonctions.

GuéretModifier

 
L'Ecole normale de Guéret en 2016 (cliché de Daladriel)

Il devient directeur de l'école normale de Guéret dans la Creuse en mai 1876 (5800 habitants en 1876).

Vers cette époque, la situation de l'instruction publique est plutôt bonne dans ce département, puisque toutes les communes sont pourvues d'écoles et plus de 90 % des enfants sont scolarisés: 95 % des garçons et 90 % des filles vont à l'école alors que plus de la moitié des mères de famille et le tiers des hommes sont analphabètes[10].

L'école normale de Guéret, créée en 1830, est annexée au collège municipal vers 1833 et s'installe dans ses propres locaux en 1835. Nicot semble avoir été appelé à ce poste parce que le Recteur demandait « un fonctionnaire d'élite pour la relever ». Il y est chargé notamment de l'enseignement de la langue française et de la pédagogie.

Au 1er octobre 1877, Nicot fait nommer Pierre Estienne maître-adjoint dans son établissement.

Le 22 octobre, faisant suite à une demande de promotion à la 2e classe de son grade, pour laquelle il sollicite le soutien de Louis Bandy de Nalèche un des députés du département, du sénateur Léonce Guilhaud de Lavergne, ainsi que du préfet de la Creuse, son traitement annuel passe à 4000 francs. L'inspecteur général décrit Jean-François Nicot comme « un homme en bonne santé, à la conduite irréprochable, au caractère froid, estimé, bien à son devoir ».

Le 31 août 1878, il assiste à La Sorbonne à la conférence donnée par Ferdinand Buisson, à ce moment inspecteur général de l'instruction publique, sur l'enseignement intuitif, dans le cadre des conférences pédagogiques faites aux instituteurs délégués de l'Exposition universelle de 1878[11].

Le 26 février 1879, par arrêté du tout nouveau ministre de l'instruction publique Jules Ferry, il est nommé à la direction de l'école normale de Villefranche-sur-Saône.

Villefranche-sur-SaôneModifier

Le 16 mars 1879, il quitte Guéret pour Villefranche-sur-Saône dans le département du Rhône (12500 habitants en 1876).

Dans cet établissement, il n'aura à connaître qu'un seul incident: quelques élèves-maîtres un peu trop portés sur la bouteille, note le Recteur dans un rapport, « sont assez oublieux de leur dignité pour se rafraîchir avec excès ». Le Recteur note que ce nouveau directeur ne lui inspire qu'une « confiance modérée », mais assure qu'il se « garde bien d'un jugement prématuré ». Toutefois, l'inspecteur général peu après, voit en lui « Un homme distingué par sa tenue et ses manières que cependant on pourrait trouver légèrement prétentieuses (...) Beaucoup de réserve et de mesure, du tact, ce qui le rendra capable de bien prendre les hommes. On voit qu'il n'est pas à ses débuts. Il se pique avec raison de connaissances pédagogiques ».

Le 12 mai 1880, un article du journal local Le Lyon républicain attaque violemment l'école normale de Villefranche pour son cléricalisme. Il reproche à l'établissement de faire la part belle à l'enseignement religieux (morale, catéchisme, plain-chant, harmonium, service quotidien de la messe, prières, etc.). Le journaliste termine son article en s'interrogeant: « Comment se fait-il que l'école normale soit transformée en pépinière de Jésuites? ».

Peu après, le Préfet, Louis Oustry, en visite à l'école normale, note dans un rapport: « Les dortoirs, les lavabos, tout l'étage est dans un état de malpropreté et de désordre qu'on ne tolérerait pas dans une caserne ou une prison. » Un autre rapport évoque les mauvais résultats de l'école à l'examen du mois de mars: « Les études et la discipline sont en souffrance. Il ne faudrait pas que les maîtres-adjoints fussent rendus responsables de cet état de choses ». Et le rapport de conclure de la nécessité de réintégrer Jean-François Nicot dans le corps de l'inspection.

Le 22 juin 1880, celui-ci adresse à Ferdinand Buisson, directeur général de l'instruction primaire au ministère, la copie d'une leçon de pédagogie qu'il a rédigée à l'intention de ses élèves. Elle porte sur la « leçon de choses » et tient en une quinzaine de pages manuscrites grand format. Il précise que l'idée lui est venue de la soumettre au directeur général afin de juger s'il a fait « une judicieuse application des principes énoncés lors de la conférence du 31 aout 1878 » qui portait sur « l'enseignement intuitif ». Dans ce même courrier, celui-ci annonce l'envoi prochain d'un autre mémoire portant sur « l'organisation pédagogique d'une école-annexe en ce qui touche au service des élèves-maîtres »[12]. Il profite de ce courrier pour exprimer le souhait de passer à la 1ère classe de son grade.

En juillet, Jean-François Nicot fait l'objet d'une inspection. Le rapport précise que celui-ci « n'a pas le don du commandement », mais qu'on peut le maintenir en fonction « encore un an ou deux ».

Au début du mois d'août, l'un des maîtres-adjoints de l'établissement, un certain Ravassard, s'est fait communiquer des observations de Ferdinand Buisson, directeur général de l'enseignement primaire, évoquant « la marche peu satisfaisante » de l'école normale de Villefranche. Aussitôt, Jean-François Nicot adresse à celui-ci un courrier de près de quatre pages afin de se justifier. Il rappelle que « si un seul élève sur huit a réussi l'examen de mars, tous ont été reçus à la session de juillet, ainsi que huit sur dix des élèves de deuxième année présentés ». Quant au niveau général de l'école, « s'il est encore modeste, il était bien bas lorsque [Jean-François Nicot] en avait pris la direction ». Il termine en se disant convaincu que « de bons résultats ne tarderont pas à se produire ».

Peu après, Jean-François Nicot apprend que le transfert de l'école normale vers Lyon est effectif pour la rentrée. Le recteur semble en prendre prétexte pour demander un changement de directeur.

Le 7 octobre, Nicot est reçu par Ferdinand Buisson qui lui signifie qu'il est muté à l'école normale de Rodez. Affectation qu'il refuse aussitôt. Faisant suite à un second article du journal Le Lyon Républicain qui dénonce une collecte faite à l'école par l'aumônier en faveur de l'Œuvre de la Propagation de la Foi, il adresse une nouvelle longue lettre au directeur de l'enseignement primaire « pour replacer l'incident sous son vrai jour ». Il y énumère toutes les mesures qu'il a prises pour réduire les pratiques traditionnelles: suppression de l'assistance aux sermons de la Semaine Sainte à la paroisse, des exercices du mois de Marie, du port du costume ecclésiastique par les élèves servant l'office à la chapelle de l'école, du service du chant à la messe paroissiale, des lectures de piété suivant la prière du soir, des reposoirs de la Fête-Dieu et du Vendredi Saint, de la visite au reposoir des Jésuites. Enfin, il ajoute qu'il « a fait placer dans la salle d'études, un buste de la République ».

Le 24 octobre, il est informé qu'en définitive il est nommé à la direction de l'école normale d'Alençon dans l'Orne, en Normandie. Il répond qu'il s'y rendra dès le lendemain.

AlençonModifier

 
Alençon en Normandie (carte réalisée par Ratachwa)

Le 26 octobre 1880, il arrive à Alençon (17 000 habitants la même année). Il prend officiellement ses fonctions le lendemain en présence de l'inspecteur d'académie et du président de la commission de surveillance, un certain monsieur de la Tournerie. Il est logé dans l'appartement de 8 pièces qui occupe le premier étage de l'aile droite de l'établissement.

L'école normale d'Alençon a été créée en 1831. En 1843, elle s'installe dans un bâtiment neuf aux frontières de la ville. Les locaux, en 1880, sont encore éclairés au moyen de lampes à pétrole. Quarante-huit élèves-maîtres fréquentent l'établissement, mais le souhait de la hiérarchie est de porter les effectifs à soixante. C'est vers cette époque que l'accès aux études des écoles normales devient gratuit. Egalement, pour être admis à l'école normale, il convient désormais d'être pourvu du brevet élémentaire, et d'obtenir le brevet supérieur à la sortie. Le personnel de service comprend quatre personnes: un domestique, une cuisinière, un jardinier et une concierge, tous logés sur place et qui seront plus tard placés sous l'autorité de l'économe de l'école.

La journée des élèves-maîtres est minutieusement réglée : lever à cinq heures et demie, petit-déjeuner à sept heures, déjeuner à midi et souper (dîner) à huit heures. Dans la continuité de la libéralisation du régime qui interviendra avec le vote des lois de Jules Ferry, il est désormais permis aux élèves « de parler sur un ton modéré » dans le réfectoire.

En 1881, il assiste au Cirque d'Hiver à une conférence donnée par Paul Bert alors ministre de l'instruction publique.

Faisant suite à la création de l'école normale supérieure de Saint-Cloud, le titre de « Professeur » est conféré à tous les maîtres comptant dix ans d'exercice et ayant quarante ans d'âge. C'est le cas de Jean-François Nicot qui obtient en 1882 le titre de Professeur dans l'ordre des Lettres exerçant la fonction de Directeur.

Après le vote de la loi relative à l'obligation et à la laïcité de l'enseignement (), par le ministre de l'instruction Jules Ferry, le poste d'aumônier, chargé notamment de l'enseignement du catéchisme et de l'histoire sainte aux élèves-maîtres, est supprimé dès 1883. Cette matière est remplacée par l'instruction morale et civique. Un programme ministériel portant sur cette matière mais aussi sur la pédagogie avait déjà été élaboré dès le mois de janvier 1881. Également, les programmes détaillés de toutes les autres matières, accompagnés d'une instruction générale pour les appliquer, avaient été publiés au mois d'août de la même année par le ministère. Enfin, une plus large place est donnée à l'enseignement scientifique et aux manipulations de physique et de chimie[13].

Des conférences pédagogiques permettent aux élèves de l'école de s'exercer fréquemment à l'enseignement oral: à tour de rôle, ils font devant leurs maîtres et leurs camarades une courte leçon qui est ensuite passée au crible de la critique de tous les participants. Nicot fait tenir aux élèves un cahier dans lequel les leçons et les observations critiques sont consignées. Des cultures potagères et un jardin botanique sont créés au sein de l'établissement ainsi que des ateliers de travaux manuels: l'école normale d'Alençon compte à cette époque un atelier de bois et un atelier de fer. En 1882, le sous-officier de la garnison qui faisait fonction de moniteur de gymnastique est remplacé par un « vrai » professeur. Parmi les exercices militaires obligatoires, le tir au fusil est enseigné aux élèves qui brûlent chaque année jusqu'à neuf cents cartouches.

Pendant la décennie de direction de Nicot, la bibliothèque des élèves de l'école normale compte près d'un millier de volumes dont les deux tiers sont des ouvrages classiques. Le nombre de livres empruntés s'accroit jusqu'à près de quatre cents.

Les rapports rédigés sur sa direction sont tous positifs: « Il a de l'autorité sur les maîtres et sur les élèves, sa direction est intelligente et paternelle, sa gestion est satisfaisante. Il s'entend aux détails de l'enseignement, aux méthodes et il fait convenablement les cours dont il est chargé.(...) Il s'est acquis en ville une grande considération ». Souhaitant accéder à la première classe de son grade, Nicot fait intervenir le député de Domfront Albert Christophle qui écrit en ce sens au ministre Jules Ferry le 3 juillet 1882, puis de nouveau en septembre. Enfin, le 24 décembre 1882, Jean-François Nicot est nommé, par arrêté du ministre Ferry, à la première classe de son grade, ce qui a pour effet de porter son traitement annuel de 4500 francs à 5000 francs. Il écrit aussitôt au ministre pour le remercier dans le style qu'il affectionne: « Je puiserai dans ma reconnaissance, de nouvelles forces pour mener à bien l'œuvre qui m'est confiée, en m'inspirant comme toujours de votre pensée sagement libérale ».

En 1884, il obtient le titre d'officier de l'instruction publique.

En 1885, un poste d'économe et professeur dans l'ordre des sciences est créé, ce qui permet de décharger Jean-François Nicot des questions d'intendance et de gestion. Il peut ainsi se consacrer pleinement à sa fonction de pédagogue.

Toujours respectueux de l'autorité, Jean-François Nicot, dans un courrier adressé à son ministre, n'hésite pas à attribuer les progrès réalisés dans son école normale « à la puissante initiative d'une administration centrale éminente et passionnée pour l'œuvre de l'éducation populaire ».

À partir de 1887, l'enseignement d'une langue vivante, l'anglais, est introduit pour les deuxièmes années.

La même année, faisant suite à une consultation du ministre de l'époque auprès des directeurs d'école normale, pour juger de l'utilité de décharger ou non ceux-ci des cours d'instruction civique et de morale, Jean-François Nicot répond que l'enseignement de la morale « réclame une préparation sérieuse et prend, par suite, un temps considérable ». Par contre, il estime que l'instruction civique « peut rester à la charge du directeur ».

Comme pour ces deux précédents postes de directeur, il continue d'initier les élèves à la confection de cartes en relief de la région. Cela leur permet, selon lui, tout en pratiquant un travail manuel, d'approfondir leurs notions de géographie, d'arpentage, de calcul et de dessin. Durant l'année scolaire 1887/1888, un jeune professeur de vingt-cinq ans Gaston Mouchet, est chargé de cours d'anglais pour quelques heures par semaine à l'école normale d'Alençon. Celui-ci épousera la fille de Jean-François Nicot, Marguerite, le 5 avril 1888 dans cette même ville.

Quelques jours plus tard, atteint par la limite d'âge et en dépit de sa demande de report de départ à la retraite, Jean-François Nicot est notifié, par arrêté du ministre Edouard Lockroy en date du 11 avril 1888, qu'il est admis « à faire valoir ses droits à la retraite » le 12 mai suivant. Celui-ci lui confère l'honorariat « en raison de ses mérites ».

Ses ressources financières annuelles passent de 5000 francs, plus la jouissance d'un logement de fonction et tout ce qui l'accompagnait, à la somme de 3298 francs[14].

L'auteurModifier

À la demande de son directeur, Jean Chaumeil inspecteur de l'enseignement primaire, il collabore à la revue mensuelle Le Progrès de l'Enseignement Primaire, éditée aux Éditions Larousse, créée en 1886, pour laquelle il rédige une cinquantaine d'articles pédagogiques entre 1889 et 1894. Ses premiers articles de la rubrique Correspondance scolaire sont destinés à répondre aux abonnés de la revue qui le consultent sur les difficultés d'interprétation de la législation scolaire ou autres sujets pouvant intéresser le personnel de l'enseignement primaire. Plus tard, il se voit proposer, par le même Jean Chaumeil, de tenir la rubrique Causerie pédagogique dans laquelle il s'agit d'apporter, sur un ton familier, à des instituteurs soucieux de leur perfectionnement, des informations, des conseils ou des suggestions, des réflexions sur l'art d'enseigner. Chaque article tient sur environ trois pages et deux colonnes dans chaque numéro de la revue. Des sujets variés sont abordés: la réforme de l'orthographe, la grammaire, la lecture expressive, la lecture expliquée, la récitation, l'analyse littéraire, l'enseignement du français dans les écoles indigènes, l'enseignement de l'arithmétique, des sciences physiques et naturelles, de l'agriculture, du chant, du dessin, etc. Les thèmes de l'éducation morale, la vérité, la politesse sont également abordés.

Vers cette époque, il est nommé délégué cantonal aux jurys d'examens du certificat d'études primaires.

À partir de l'année 1894, il participe aux commissions d'examen d'instruction primaire de la Seine.

À la demande du lexicographe Claude Augé, il fait partie, à partir de 1897, des 150 collaborateurs participant à la rédaction du Nouveau Larousse illustré[15] (1897-1904) en sept volumes (237 000 articles répartis sur 7 600 pages) qui assurera le succès de l'éditeur pendant trente ans[16].

Il meurt le 15 février 1903 à son domicile d'Asnières, ville dans laquelle il s'était installé en 1893 et est inhumé au cimetière de la ville le 17 février.

Son épouse Judith s'éteindra le 10 juillet 1910 à Aix-en-Provence et sera inhumée au cimetière Saint-Pierre de la ville.

Liens familiauxModifier

Il était le beau-père des pédagogues Pierre Estienne et Gaston Mouchet, le grand-père du linguiste ethnologue Jean Mouchet, le grand-père de l'épouse du judoka Jean Andrivet, et l'arrière-grand-père de l'universitaire Patrick Andrivet.

PublicationsModifier

 
Nouveau Larousse illustré 1897-1904

Il est l'auteur d'une cinquantaine d'articles parus à partir de 1889 dans la revue pédagogique Le Progrès de l'Enseignement Primaire (jusqu'en 1894) et La Revue de l'Enseignement Primaire et Primaire Supérieur (voir ci-dessous).

Il est également l'auteur de plusieurs définitions terminologiques des sept volumes du Nouveau Larousse Illustré qui paraissent aux éditions Larousse à partir de 1897.

 
Liste des collaborateurs du 1er volume (1897) du Nouveau Larousse Illustré (page 833). Le nom de Jean-François Nicot apparait dans la 3ème colonne
 
Définition du terme « Pédagogie » rédigée par Jean-François Nicot, tome 6 du Nouveau Larousse Illustré, 1903, page 749

ArticlesModifier

Le Progrès de l'Enseignement PrimaireModifier

direction Jean Chaumeil, Editions Larousse (1886-1894)[17]:

Rubriques Correspondances scolaires et Causeries pédagogiques:

  • La prochaine application de la loi 19 juillet 1889 sur les traitements, n°40, 1er décembre 1889
  • La réforme de l'orthographe, n° et date inconnus
  • La grammaire par la langue, n° et date inconnus
  • L'instruction des indigènes en Algérie, n° et date inconnus
  • Une caravane scolaire en Kabylie, n° et date inconnus

La Revue de l'Enseignement Primaire et Primaire SupérieurModifier

Direction M. H. Baudéan, Editions Lecène, Oudin et Cie, Paris, puis Société Française d'Imprimerie et de Librairie, puis Bibliothèque d'Education (1890-1929):

  • Le Préfet Pédagogue, rubrique L'École et l'opinion des Maîtres, page 83, 3 novembre 1895
  • Libre ou esclave? in Causerie pédagogique, page 273, 1895-1896[18]
  • A propos d'un carnet d'inspection ; une classe de chimie in Causerie pédagogique, page 419, 1895-1896[18]
  • La nomination des Instituteurs in Causerie pédagogique, page 197, 1901-1902[18]

Le Nouveau Larousse illustré en sept volumesModifier

direction Claude Augé, éditions Larousse, 1897-1904

  • Rédaction de plusieurs articles

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Cette biographie s'appuie largement sur la monographie familiale, éditée à titre privé en tirage limité, 219 pages, réalisée entre 1987 et 1989, à partir de documents familiaux et personnels et un travail de recherche approfondie effectué dans les différentes archives (AD 21, AD 25, AD 61, AD 71, AD 73, AD 83, AM de Chagny, Pommard, Beaune, Savigny-lès-Beaune, Asnières, Aix-en-Provence, AN Paris, INRP, Archives militaires des Armées de Terre et de Mer à Vincennes) par Monique Andrivet (née en 1925), arrière-petite-fille de Jean-François Nicot. Centre d'entraide généalogique de France: Cote 1 664-00/C ANDRIVET Monique Jean-François NICOT, 1828-1903, directeur d'École Normale. Paris, 1989, 217p https://www.cegf.org/numeric/pages/biblio/f_idf.htm
  2. Extrait de la notice de présentation rédigée par Jean-François Nicot pour son adhésion à l'Amicale des Anciens Elèves de l'École Normale de Macon en 1896.
  3. Un demi-siècle après, Jean-François Nicot se remémorant cet épisode de sa vie écrira: « Le brigadier de gendarmerie, à l'appel de mon nom, me demande si je sais lire et écrire. Je méditais une réponse à effet dite sur un ton d'assurance qui ne devait lui laisser aucun doute. Le trait cherché n'arrivant pas, je lui répondis simplement: Oui. Si je savais lire! J'avais le brevet supérieur et je dirigeais presque une école primaire supérieure annexée à une école normale! Eh bien non, j'avoue aujourd'hui ma présomption, je ne savais pas lire. Que ceux qui n'ont jamais eu vingt ans me jettent la première pierre! »
  4. « Aussitôt que les enfants du cours élémentaire avaient une écriture assez formée pour se passer momentanément du modèle, je leur donnais chaque jour une dictée de deux ou trois lignes en augmentant la dose à mesure que leurs progrès le permettaient. Le sujet pris dans le livre de lecture était indiqué quelques minutes avant l'exercice pour permettre aux élèves de faire d'avance leurs remarques, selon leur seule inspiration, sur les mots qui leur étaient le moins familiers. Dans les commencements, je les aidais un peu en leur signalant les cas les plus difficiles. Pour la correction commune qui suivait immédiatement la dictée, je dus renoncer dans les premiers essais au procédé de l'épellation, que les enfants étaient inhabiles à suivre: un élève plus avancé circulant derrière eux se contentait de souligner leurs fautes; ils les corrigeaient ensuite à vue du texte, et un coup d'œil rapide me suffisait pour contrôler les corrections. » Jean-François Nicot in Causeries Pédagogiques, Le Progrès de l'Enseignement Primaire (date et numéro inconnus)
  5. A noter que Judith-Françoise Ropiteau est une descendante directe (8ème génération) de Jeanne de Razout (environ 1630-1683), fille illégitime de Charles de Bourbon-Busset (1590-1632), lui-même descendant direct de Louis IX et d'Hugues Capet https://www.capedia.fr.
  6. Je n'ai pas encore trouvé, dans les archives de Jean-Francois Nicot, ni la raison, ni l'origine de cette distinction
  7. « Je dois à la vérité de faire connaître à votre Excellence que cet instituteur, très capable, dirige sa classe avec beaucoup de zèle et de soins et que les progrès de ses élèves sont satisfaisants. Il a su, par sa bonne conduite et son caractère, s'attirer l'estime et la considération des autorités et des pères de famille. D'une moralité éprouvée et d'une bonne tenue, il me parait digne, sous tous les rapports, d'être attaché au service de l'inspection. » (in Dossier individuel de Jean-François Nicot, Archives Nationales, Paris).
  8. in Dossier individuel de Jean-François Nicot, Archives Nationales, Paris
  9. "J'ai débuté dans l'inspection en Savoie, peu de temps après l'annexion. Les écoles y étaient encore organisées comme sous le régime Sarde: chaque hameau avait la sienne, entretenue pendant les mois du plus gros de l'hiver à l'aide d'une modeste fondation particulière. La plupart des communes, disséminées dans les montagnes en hameaux d'un accès difficile, en possédaient plusieurs; on en trouvait dans quelques-unes jusqu'à dix, douze, quinze et même davantage, généralement ouvertes aux enfants des deux sexes (...) Quant aux lumières intellectuelles, elles se bornaient à la récitation du catéchisme, au mécanisme de la lecture, à l'écriture avec un peu d'orthographe et à la pratique des quatre opérations du calcul (...) Mais tel était leur zèle, telle était l'application des élèves que ceux-ci finissaient tous par acquérir ce modeste bagage d'instruction qui assurait à leur département un rang honorable dans le classement basé sur la statistique des conscrits sachant lire et écrire." Article rédigé par Jean-François Nicot dans Le Progrès de l'Enseignement Primaire vers 1892.
  10. in L'Enseignement primaire dans la Creuse, 1833-1914, de Daniel Dayen, Clermont-Ferrand, Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Clermont-Ferrand II, 1984, (Publication de l'Institut d'études du Massif Central) http://www.persee.fr/doc/hedu_0221-6280_1985_num_26_1_1327
  11. http://ecolereferences.blogspot.fr/2012/01/ferdinand-buisson-lenseignement.html
  12.  « Pour les premiers, le stage pratique a une valeur pédagogique incomparable, mais leur fait manquer des cours: le directeur de l'école normale doit agencer l'emploi du temps de telle sorte que les élèves-maîtres manquent un minimum de cours sur les matières importantes. D'un autre côté, les enfants de l'école annexe reçoivent des élèves-maîtres, inexpérimentés par définition, un enseignement éclaté par l'incessant mouvement des stagiaires. Pour leur éviter d'être trop pénalisés par ce rôle de cobayes qu'on leur fait jouer, le directeur de l'école annexe doit être un pédagogue de haut niveau, rectifiant et faisant progresser les élèves-maîtres dans l'art d'enseigner, articulant et rendant cohérent pour les enfants le programme fragmenté auquel ils sont soumis. »
  13. in « Histoire de l'instruction primaire au XIXe siècle » de Pierre Giolitto, édition Fernand Nathan.
  14. Les archives du dossier de Jean-François Nicot, entreposées au ministère de l'éducation nationale jusqu'aux années 1990, sont désormais consultables aux Archives Nationales à Pierrefitte-sur-Seine. Elles comptent plus de trois cents pièces (correspondances, fiches annuelles de renseignement et de vœux d'avancement et de mutation, comptes-rendus d'inspections et notations des supérieurs hiérarchiques).
  15. Format 24 × 32 cm et environ 7 cm d'épaisseur. Reliure de cuir vert.
  16. (en) Robert Collison, Encyclopaedias: Their History Throughout the Ages, London, Hafner, 1964, réédité en 1966 (ISBN 978-0-0284-3100-0), p. 190
  17. Archives de l'Institut Français de l'Education (ex-Institut National de Recherche Pédagogique, rue d'Ulm, Paris)
  18. a b et c http://numerisation.bibliotheque-diderot.fr/

AnnexesModifier