Jean-Baptiste Santerre

peintre français
Jean-Baptiste Santerre
Image dans Infobox.
Autoportrait, cat. Lesné no 9, 1704, Château de Versailles, no  d'inv. MV 5891.
Naissance
Décès
(à 66 ans)
Paris
Nationalité
Français
Activité
Maître
Lieu de travail
Mouvement
Influencé par
A influencé

Jean-Baptiste Santerre est un peintre français né à Magny-en-Vexin en et mort à Paris le .

BiographieModifier

Jean-Baptiste Santerre naquit à Magny-en-Vexin, fils d'André Santerre et de Madeleine Delespinay, douzième enfant d'une famille nombreuse et peu fortunée. Sa date de naissance et sa filiation ont souvent été confondues avec celles d'un lointain cousin né à Magny-en-Vexin le .

D'abord apprenti chez le portraitiste François Lemaire puis chez le peintre Bon Boullogne, il commence sa carrière comme portraitiste et son portrait de Michel-Richard de Lalande, surintendant de la musique du Roi, sera interprété en gravure par Simon Thomassin.

 
Suzanne au bain, cat. Lesné no 2, avant 1704, Musée du Louvre, no  d'inv. 7836

ŒuvreModifier

Après ses portraits, il acquit une grande réputation grâce à ses figures de fantaisie féminines, dont les thèmes sont souvent issus des modèles nordiques : cuisinières, brodeuse, femmes à la lettre, femme endormie, rêvant ou dessinant. Sa toile la plus célèbre est sans doute Suzanne au bain, conservée au musée du Louvre, à Paris. Morceau de réception de l'artiste à l'Académie royale de peinture et de sculpture remis le , elle constitue une bonne illustration du raffinement de l'artiste. Si ses peintures religieuses manquaient d'inspiration, sa Suzanne n'était pas dépourvue d'érotisme, ce qui fait de Santerre, surnommé le « Corrège français »[1], le précurseur de François Boucher (1730-1770) et de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806).

Farouche partisan du dogme de l'anomphalie, il termine le son ultime tableau Adam et Ève au milieu du paradis terrestre qui fit scandale, non seulement par le fait que les visages sont ceux du duc d'Orléans (1674-1723) et sa maîtresse d'alors, Marie-Madeleine de La Vieuville, marquise de Parabère, mais surtout parce qu'il força le réalisme anatomique, et que, selon ses propres dires, « dans aucun de ses ouvrages, il n'avait poussé si loin, selon lui, l'élégance et la correction du dessin, la finesse de l'expression et la vérité du coloris ». Le tableau de Santerre passa en vente en 1776 et fut acheté par le financier Nicolas Beaujon, pour la somme considérable pour l'époque de 12 400 livres. Une traduction en gravure fut exécutée en 1779 par François-Anne David[2].

  • Suzanne au bain, cat. Lesné no 2, avant 1704, 205 × 145 cm, Musée du Louvre, Paris[3]
  • Portrait de Madame Pelletier des Forts, cat. Lesné no 17, 1707, huile sur toile, 101 × 81 cm, Collection privée, Vente Artcurial 2016[4]
  • Le Billet doux donné, cat. Lesné no 118, huile sur toile, 100 × 80 cm, Collection privée, Vente Artcurial 2016[5]
  • Une cuisinière, cat. Lesné no 39, huile sur toile, 84 × 69 cm, Musée des beaux-arts de Nantes[6]

IconographieModifier

AnnexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Voir Pierre-Édouard Lémontey, Histoire de la Régence et de la minorité de Louis XV jusqu'au ministère du cardinal de Fleury, t. II, Paris, Paulin, , 486 p. (lire en ligne), p. 363
  2. Notice du Catalogue général, BnF.
  3. Suzanne, Louvre
  4. Me. Pelletier, Artcurial
  5. Billet doux, Artcurial
  6. Cuisinière, Nantes
  7. Explication des ouvrages de peinture et dessins, sculpture, architecture et gravure des artistes vivans…, Paris, Vinchon, , 228 p. (lire en ligne), p. 136
  8. Lesné et Waro 2011, p. 113–114.

BibliographieModifier

Sources anciennesModifier

  • « Journal de Paris, qui commence par l'Eloge de feu M. Santerre », Le Nouveau Mercure,‎ , p. 185–194 (lire en ligne).
  • « Abregé de la vie de M. Santerre Peintre », Le Nouveau Mercure,‎ , p. 69–75 (lire en ligne).
  • Antoine Joseph Dezallier d'Argenville, Abregé de la vie des fameux peintres, vol. 4, Paris, De Bure l'aîné, (1re éd. 1745), 494 p. (OCLC 1038762407, lire en ligne), p. 258–263.
  • Anatole de Montaiglon, Procès-verbaux de l'Académie royale de peinture et de sculpture, 1648-1793, vol. 3 : 1689–1704, Paris, J. Baur, , 416 p. (OCLC 1050795149, lire en ligne).
  • Anatole de Montaiglon, Procès-verbaux de l'Académie royale de peinture et de sculpture, 1648-1793, vol. 4 : 1705–1725, Paris, J. Baur, , 412 p. (OCLC 1050846128, lire en ligne).
  • Alfred Potiquet, Jean-Baptiste Santerre, peintre : sa vie et son oeuvre, Magny-en-Vexin, Petit, , 2e éd., 21 p. (OCLC 458077934).
  • (sv) Gunnar Wilhelm Lundberg, « Jean Baptiste Santerre 1651-1717 : Kring någro av Hans Tavlor i Sverige », Tidskrift för Konstvetenskap,‎ , p. 28–48.

Sources récentesModifier

Autres référencesModifier

Liens externesModifier

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